jan 02

La déjà longue expérience de l’Observatoire de la réputation nous avait appris que la réputation apporte bien des satisfactions, que les efforts et le talent sont récompensés, tout au moins en Bourse !

2016 nous a apporté bien des surprises et souvent un monde à l’envers.

Les entreprises du CAC 40 n’ont pas toujours échappé à cet étrange dérapage du destin.

Début 2015, l’étude de notation de l’Observatoire classe Lakshmi Mittal en tête du classement des patrons qui ont la plus mauvaise réputation et dans la foulée, ArcelorMittal est l’entreprise du CAC 40 qui a la plus mauvaise réputation (R) .

A l’inverse, Bernard Arnault est reconnu comme le patron ayant la meilleure réputation et LVMH l’entreprise qui a la meilleure réputation.

Et, dans l’un des nos derniers « posts » de l’Observatoire, nous nous étions avancés à affirmer que la réputation avait en Bourse un caractère spéculatif. Imprudemment, sans doute, comme le confirme l’année boursière 2016.

En 2016, ArcelorMittal est l’entreprise qui, et de loin avec + 75%, fait la meilleure performance, alors que l’indice CAC 40, ne progresse que de 5%.

Heureusement, et pour la morale de l’histoire, LVMH tire bien son épingle du jeu, avec +27 %.

Les experts ou même les boursicoteurs, nous expliqueront que les sociétés côtées à « la casse », ne peuvent que remonter; du bon sens.

Pas faux. Surtout si l’on observe la performance moyenne des entreprises notées RR, avec + 16%, comme si la performance était inverse de la réputation !

Bref, le monde à l’envers.

Ou alors, la confirmation que la réputation est d’abord un actif « patrimonial », qu’on peut la mobiliser à court terme pour traverser une mauvaise passe, mais que son principal bénéfice s’inscrit dans le temps.

En 2016, les valeurs notées RRRRR ( LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Essilor, Airbus, Air Liquide) ont fait mieux que résister avec + 11 %. En revanche, sur les 5 dernières années, elles ont progressées de plus de 45% en moyenne quand l’indice CAC 40 gagnait 16%.

Rassurant!

Bonne bourse 2017.

Pino patient

déc 21

On savait que la réputation faisait partie de notre patrimoine.

Que constituée en valorisant nos talents, grands ou petits, avec patience et quelquefois habileté, elle s’inscrit dans la mémoire longue de la société.

Que se gardant du bruit et de la confusion, elle se bâtit davantage sur des faits que des images.

Qu’elle se fonde davantage sur la raison que l’émotion, sans pouvoir s’en soustraire.

On a cru un moment que les medias et réseaux faisaient le jugement de nos contemporains.

Et pourtant, force est de constater que les efforts pour construire une solide réputation se soldent par de vrais dividendes.

En Bourse, bien sûr, comme le démontrent de longue date l’Observatoire de la réputation, avec le reputation index, ou le Reputation Institute avec son classement des « most admired companies », classées par Fortune sur le critère de leur réputation.

Mais l’actualité rejoint nos réflexions, avec la décision de la Cour de Justice de la République qui condamne Christine Lagarde pour sa « négligence » mais ne prononce pas de peine, en raison de sa bonne réputation !… Et le gouvernement français lui renouvelle sa confiance dans l’heure qui suit le prononcé du jugement.

Que Christine Lagarde ait bonne réputation tant en France qu’à l’étranger ne fait aucun doute. Qu’elle participe à la « bonne » réputation de la France en présidant l’une des organisations internationales les plus puissantes du monde est une évidence. Qu’elle ait été manipulée ou se soit montrée naïve est plus que probable. Mais comment expliquer qu’en l’espèce, l’ancienne Ministre ait été sauvée par sa réputation tel que cela a été écrit dans un jugement ?

Si cela est réjouissant pour ceux qui consacre tant d’efforts à mériter la confiance de leurs concitoyens, c’est aussi très inquiétant d’être ainsi jugé sur son passé alors que le droit se réclame des faits. Il existerait un capital juridique de réputation, mobilisable en cas de problème. Mais déjà on parle de justice à deux vitesses. Celle des personnes publiques, exposées aux turpitudes mais respectables. Celle des anonymes, dont les vertus restées discrètes, ne les protègeraient guère des rigueurs de la justice.

Mauvaise querelle !

Car dans le fond, la réputation est présente dans la plupart des décisions de justice concernant des personnes.
En revanche une condamnation sans peine laisse pantois, et en dit long sur l’étrange raisonnement juridique de cette Cour d’exception.

Pino sceptique

déc 15

« Les cons, ça ose tout…c’est même à cela qu’on les reconnaît ! »

Célèbre et si souvent vérifiée, la réplique de Michel Audiard par Lino Ventura dans l’inoubliable chef d’œuvre « les tontons flingueurs », est toujours d’actualité.

Et en période électorale, il faut dire que la « connerie » est au coin de la rue. Pour la plupart des candidats, le concours « ma binette à la télé » est lancé.

Car la connerie peut prendre bien des formes, et elle atteint aussi ceux que l’on croyait jusque là épargnés.

Elle peut prendre des formes douces comme la mauvaise foi, la petite tricherie révélée, le mensonge ou plus cruelle, la trahison.

Par les temps qui courent, chacun veut sauver son courant, son parti, et même la France pour les plus présomptueux. Bref, rassembler, autour d’idées – souvent empruntées –  les français. Avec un mode d’emploi importé : d’abord se déchirer, puis recoudre les morceaux et se partager le gâteau, ou ses miettes.

Et comme le peuple prend goût au spectacle, il rentre dans le jeu, un brin désabusé et ironique.

Le citoyen a appris qu’en politique, se réclamer d’une vertu ou promettre, n’engage que celui qui écoute ; ce qui se vérifie tous les jours du haut en bas de l’échelle des élus ou postulants. Le constat s’applique à de grandes affaires mais aussi au quotidien.

Hier, par exemple, on apprenait que celui qui, pour les Primaires de la gauche, se réclame de l’éthique, n’aurait pas payé ses cotisations ; simple oubli, vite réparé paraît-il …et qui concernerait la plupart des candidats ?

Venu de nulle part (prof de philo en Suisse, pourquoi pas ?)), Vincent Peillon est – sans doute par nature – un monument de contradiction. Pour l’éthique, on l’avait vu avec son ex-ami Montebourg faire le tour des paradis fiscaux pour mieux les dénoncer, sans effet. Son activisme est vite récompensé par un maroquin à l’éducation où peu se souviennent de lui.

Marginalisé, ami de longue date du recasé Pierre Moscovici, il se fait élire député européen. On ne le rencontre pas plus à Bruxelles qu’à Strasbourg, pourtant si proche de la Suisse. Alors que le « besoin » de Peillon pour les Primaires, semble absent dans les dernières semaines, voilà qu’il sort du bois après l’annonce de la candidature de Valls. Une révélation paraît-il …sous la pression amicale de quelques ennemis de l’ancien Premier ministre ?

Bien sûr, la réplique d’Audiard ne saurait s’appliquer à la lettre à ce brillant citoyen. On peut toutefois craindre qu’elle ne se retourne contre les électeurs, à moins qu’ils ne soient de simples gogos.

Pino qui ose

déc 01

Être populiste, c’est dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Le plus dangereux c’est quand être populiste devient populaire. Quand les digues de l’éducation ou de la simple humanité sont rompues.

A quelques dictatures près, les leaders populistes sont venus par les urnes.

Ce qui devrait nous conduire à la plus grande prudence avec le « Grand Turc », par exemple.

Le levier traditionnel du populiste est de proclamer qu’il faut redonner le pouvoir au peuple et sa fierté à la nation.

Bref, réveiller le patriotisme du bon citoyen.

Et, ça marche !

Ça marche d’autant mieux que le danger réel  ou imaginaire est aux frontières et que le ver est dans le fruit.

Le populiste est plus d’autant plus dangereux qu’il affiche rarement la couleur. Pour gratter quelques voix, beaucoup revendiquent la préférence nationale. La promesse minimum, avant de flatter le sentiment national, avec tout ses excès.

Partout, le populisme est en embuscade et ouvre la voie à l’intolérance au mieux, au nationalisme au pire.

Après la générosité centrifuge et sur fond de crise d’identité, le repli est engagé.

En Europe, le Brexit symbolise l’égoïsme des nations, version douce.

En Russie, Chine, Turquie, il se pare de civisme.

Avec le « Make America Great Again », Donald Trump instille le poison!

Dommage pour une si vieille démocratie.

Dommage aussi pour nous car le nationalisme est une maladie contagieuse comme l’histoire nous l’a appris.

L’histoire enseigne aussi qu’à la fin, c’est la démocratie qui gagne.

Pino inquiet

nov 22

Les plus cultivés ou simplement curieux d’entre nous connaissent l’ »effet papillon « .

Ainsi, un fait anodin suffirait à provoquer un événement majeur, par un jeu inattendu de cascades.

L’effet papillon observé en climatologie s’appliquerait-il aussi en politique?

Cela donnerai matière à réflexion aux sondeurs et commentateurs mis à mal ces dernières semaines.

Appliquons-nous à l’exercice sur la Primaire de la droite pour donner un brin de logique a posteriori à des résultats prenant à revers les soi-disants experts.

Le fait générateur du tsunami politique, c’est à dire le papillon, ne serait-il pas tout simplement la négligence du candidat Bruno Le Maire?

Croyant incarner le renouveau en s’abstenant de porter cravate, il s’est mis hors jeu, empruntant l’habit d’un invité, oubliant le statut du candidat. Décrédibilisé dans le premier débat pour ce qui n’aurait pu être qu’une simple faute de goût, il s’est mis sur la touche d’emblée. Alors qu’il devançait François Fillon pour une modeste troisième place, il lui a ouvert un boulevard!

Encouragé par des sondages plus flatteurs, l’ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy s’est permis dans le second débat de contredire son ancien patron. Et comme on ne s’affirme vraiment qu’en s’opposant, il est apparu clairement comme un vrai challenger.

Trop sûr de lui, limite arrogant, Juppé n’a rien vu venir et l’a joué tranquille dans le troisième débat. Focalisé sur Nicolas Sarkozy, il a sous-estimé celui qui se montrait le plus pugnace. Il n’en fallait pas plus pour faire basculer les « anti-Sarko » du mollasson Juppé à celui qui voulait en découdre. Il ne suffit pas de revendiquer la « confiance », il faut aussi afficher sa « volonté ».

Les médias ont fait le reste; en rajoutant au besoin!

Ce qui n’aurait pu être qu’une défaite est devenu en quelques jours une déconfiture.

Tout cela pour un col ouvert et une pointe de mépris.

L’effet papillon simplement.

Merci Bruno Le Maire pour cette négligence.

Pino étonné

nov 15

Parfois, un de nos amis confortablement installé au Café de Flore parvient, lors d’une conversation plutôt banale, à vous glisser « tu sais, on ne relit pas assez Spinoza »..« et toi, as-tu relu les maximes de La Rochefoucauld?…il a tout dit de notre société d’aujourd’hui. »

En effet, il avait prévu et écrit.

Sur François Hollande et son scooter:

« La prudence et l’amour ne sont pas faits l’un pour l’autre: à mesure que l’amour croît, la prudence diminue.»

Sur Nicolas Sarkosy:

«On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a, que par celles que l’on affecte d’avoir.»

Sur Alain Juppé:

« Peu de gens savent être vieux

Sur les Primaires:

« Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplait pas.»

Sur Patrick Buisson:

« On donne des conseils, mais on n’inspire point de conduite

Sur Emmanuel Macron:

«Le désir de paraitre habile empêche souvent de le devenir. »

Sur les médias:

«On loue et on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer

Et enfin, sur Donald Trump:

«La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés qui ne sont en sûreté que parce qu’on ne les cherche pas.»

Patrice

nov 03

Brassens l’avait chanté, certains l’ont vécu plutôt bien, mais la plupart s’y perdent.

Petit tricheur Richard Virenque a fait sourire.

Gros menteur Jérome Cahuzac n’est plus fréquentable.

A l’inverse DSK fait toujours le plein dans des conférences lucratives.

Les plus pathétiques sont les footballeurs. Passer d’une enfance difficile au statut d’enfant gâté, adulé, entouré de parasites de tout poil est paraît-il un exercice redoutable.

Le public est prêt à pardonner les sorties de route à condition que le talent reste au rendez-vous et que le ballon aille au fond du filet.

A la moindre baisse de régime c’est le désamour. Les commentateurs  sont au coin du bois. Cantonna ne doit sa survie que grâce à un exil au pays du foot et des kyrielles de buts.

On pardonne beaucoup aux « bad boys » ; cela fait partie de leur brève légende. Excès de vitesse, déclarations irresponsables, bagarres,… On excuse même la bêtise de propos dans le feu de l’action. Car la  star – dans son domaine -  a une fonction sociale. Elle nous fait rêver.

Landru ou Mesrine entretiennent encore bien des fantasmes.

Il n’en va pas de même avec les vedettes d’un jour qui gâchent leur talent par le ridicule de leur comportement.

Sorti sur le tard des profondeurs du classement, Benoît Paire est la caricature du joueur de tennis mal embouché. Il ne se contente pas de casser raquettes et arbitres, il crache dans la soupe et finit par déclarer qu’il est « con » et que le « regard des gens » le rend très malheureux. La réalité est plus simple. Celui que les journalistes ont présenté comme « la » révélation tardive a été rattrapé par ses mauvais démons. Traumatisé par sa mauvaise image, il ne laissera que peu de traces et ne bénéficiera même pas d’une réputation. Un contre-exemple du Federer d’aujourd’hui ou du Sampras de toujours. L’élégance, le talent, la discrétion,…

Une mauvaise réputation se mérite.

Il faut savoir déraper avec application et être exceptionnel dans son art.

Pino

oct 23

On sous-estime à tort le besoin d’être aimé des hommes et femmes de pouvoir.Car l’amour, notamment de soi, n’est-il pas le moteur de la plupart d’entre nous ?

Le regard des autres ou son reflet dans le miroir du quotidien fonde beaucoup de nos choix. Pour les plus pressés ou superficiels l’image projetée au travers d’un tweet, d’un article élogieux, d’une émission soi-disant appréciée suffit au bonheur d’un jour.

Les plus ambitieux préfèreront laisser une trace dans la mémoire collective. Leur réputation au sein de leurs proches ou d’une collectivité est un atout puissant qui suppose la rencontre entre leur éthique et la morale de l’époque. Avoir une bonne réputation ne garantit pas le succès à court terme, mais elle y contribue. Ce regard social s’acquiert par l’action commentée. Un peu de complaisance ne nuit pas. L’homme politique dont le principal capital est sa réputation, promesse a priori de futur succès, consacre une considérable énergie à peaufiner son image et mitonner sa réputation.

Les plus naïfs croient que ces jugements populaires peuvent être manipulés. Ils aimeraient être aimés pour ce qu’ils sont…et plébiscités dans la foulée.

Pêché d’orgueil!

C’est prendre l’électeur pour un gogo. On peut être aimé sans être choisi et élu sans être aimé.

Pour être aimés tels qu’ils sont, quelques hommes politiques choisissent la stratégie de l’inoculation. Un chemin pas facile. Quelquefois avec succès comme Bill Clinton. Plus souvent sur un mode suicidaire comme François Hollande.

Le mode d’emploi est simple. Il suffit de faire connaître, avant l’incident, le coté obscur de sa personnalité. Bref, lorsque celui-ci survient, personne n’est surpris. Bien sûr, le coté obscur doit être largement partagé!

Ainsi, aucun américain n’a découvert le goût prononcé de Clinton pour les jeunes femmes. Le reproche portait sur le mensonge, bien banal. Et l’acharnement maladroit du procureur Starr a sauvé la mise d’un président si populaire.

Bon tacticien, mais stratège au petit pied, notre président par défaut s’est emmêlé les pinceaux.

En s’exposant sans limite à la curiosité de journalistes étonnés de l’aubaine, il a cru que cette soi-disant opération vérité allait le faire aimer dans toute sa complexité. Billard à trois bandes ou jeu de la vérité?

Qui est pris qui croyait tenir! Au lieu de se faire accepter tel qu’il est, il révèle un personnage étrange qui rend perplexes ses plus fidèles. Encore une fois raté. Cela n’a fait que conforter une réputation peu enviable d’opportuniste qui donne une réalité à la célèbre phrase de  la grand-mère de Martine Aubry.

Guère rassurant, peu prometteur.

Caramba!

JP

oct 20

Il a suffi de la rumeur de l’arrivée de Carlos Ghosn à la tête d’un Mitsubishi en déroute pour que le titre prenne 10% dans la journée à la Bourse de Tokyo. La nouvelle du sauvetage du constructeur japonais par Renault-Nissan était déjà dans les cours depuis plusieurs semaines ; mais il manquait l’essentiel : un patron.

En politique, on connaît l’effet rassurant de l’arrivée de telle ou telle personnalité ; hélas trop souvent contrarié par les faits. Et pourtant, nombreux sont nos voisins, qui sous l’impulsion d’un vrai leader, courageux et tenace, quelquefois stratège, a embarqué le pays sur la voie du redressement. Le Royaume Uni avant Margaret Thatcher était en bien piteux état et l’Allemagne, au sortir d’une réunification difficile comptait plus de chômeurs que la France, avant l’arrivée de Gerhard Schröder.

On sait comment ces leaders charismatiques et visionnaires ont été récompensés !

A 6 mois des élections présidentielles, notre pays semble avoir tiré un trait sur l’homme providentiel pour lui préférer un homme de confiance, un mandataire ad-hoc à mission limitée. Il n’y aura pas de traitement de cheval, peu de chirurgie et quelques antidouleurs. Après l’élection par défaut, ce sera une élection sans enthousiasme,…ce qui conduit habituellement aux potions tièdes et au risque d’immobilisme. La raison et peu de passion.

On aura sans doute évité le pire.

La comparaison avec un monde des affaires si décrié ne tourne vraiment pas à l’avantage des politiques lorsqu’il faut du courage et une vision. Bien sûr, dans l’entreprise, on parle aussi de valeurs, on connaît aussi la sanction faute de les pratiquer. Mais on sait surtout qu’on ne peut pas dépenser durablement  plus que l’on ne gagne, que faute de crédit, l’issue fatale n’est pas loin.

Dans un monde hyper-compétitif, il y a peu de réputations usurpées. Il vaut mieux payer un « patron » à prix d’or, et en tirer de larges bénéfices financiers et sociaux, que d’aller dans le mur.
La plupart des « grands patrons » sont loués sur leur réputation, promesse d’un avenir meilleur.

Ces mercenaires sont peu nombreux, rapportent gros, et leur tarif suscite le débat, même en cas de succès !

La bonne réputation d’un manager est chose infiniment précieuse pour une entreprise, surtout lorsque celle-ci est en panne de réussite ou de réputation.

Denis Kessler  prend la responsabilité du réassureur SCOR, croulant sous les dettes. Aussitôt on parle d’« effet Kessler », et l’intéressé relève non sans humour qu’il faut distinguer les profils de redresseurs : médecin et croque mort ! Dix années plus tard, on apprécie le talent du praticien qui a fait entrer la SCOR dans le trio des premiers réassureurs mondiaux.

Jean René Fourtou accepte, de prendre la barre de Vivendi, en pleine déconfiture après le passage de Jean-Marie Messier. En quelques semaines, le cours se redresse, les banquiers se font plus conciliants et l’entreprise au bord du naufrage retrouve la confiance de ses partenaires.

Ainsi existe-t-il, à côté de trop rares entrepreneurs fondateurs, type Bellon ou Michelin, une caste de mercenaires internationaux qui mettent leur talent et leur notoriété au service des entreprises. Pour les attirer, puis pour les garder, celles-ci acceptent de payer des millions d’euros. Il arrive que ces mariages arrangés soient bénéfiques, et que les profits réalisés se chiffrent, eux, en centaines de millions, voire en milliards d’euros, comme avec Lindsay Owen Jones qui a fait passer le patrimoine de son actionnaire principal, Liliane Bettencourt, de 500 millions d’euros à près de 15 milliards durant son mandat.

Dans ces résultats, il n’y a rien de magique !…Une vision claire, une stratégie, de la ténacité et du courage pour la mettre en œuvre, et de la reconnaissance, au moins financière.

En politique, ces qualités sont plus rares et le culte de la popularité, faux gage électoral, occulte l’ouverture sur la réalité.

JP P

oct 17

Certains de mes amis de gauche souhaitent peser sur l’élection présidentielle en votant aux primaires de la droite. Ils semblent n’avoir aucun problème moral en s’engageant à signer la Charte des valeurs de la droite et du centre.

Par ailleurs, disent-ils, nous ne savons pas clairement ce qui distingue aujourd’hui les valeurs de la droite de celles de la gauche. Et il est vrai que les décisions, attitudes et comportements de chacun ne font pas apparaître de visibles différences.

C’est pourquoi je propose cette charte qui pourrait mettre tout le monde d’accord.
Charte des 15I.

-       Inspiré…dans la vision

-       Intrépide…dans les réformes

-       Inventif…dans les solutions

-       Incapable…de lâcheté

-       Inflexible…dans sa mission

-       Insoumis…face aux pressions

-       Indépendant…de tous les lobbies

-       Incorruptible…dans toutes les affaires

-       Infini…dans son imagination

-       Inextinguible…dans la soif de liberté

-       Indifférent…aux flatteries

-       Intransigeant…dans la prise de décision.

Cette Charte ne pourrait-elle pas être signée par tous ceux qui se voient un destin national?

Patrice