juin 26

patriceOn sait que de nombreuses entreprises ont leur charte bien mises en évidence dans les bureaux des dirigeants et managers.
Ces chartes indiquent en principe des valeurs auxquelles se réfèrent l’entreprise. Mais ces chartes demandent aujourd’hui plus que jamais un décodage précis.

Ouand une entreprise écrit dans sa charte :

- « La responsabilité est partagée par tous ». Le décodage est : la décision appartient aux dirigeants mais s’il y a une erreur, c’est la faute du personnel.

- « Nous veillons à la transparence ». Le décodage est : vous ne serez rien de ce qui est vraiment important, nous avons le goût du secret.

- « Nous développons les compétences de notre personnel ». Le décodage est : le budget de formation est réduit au stricte minimum et réservé aux cadres supérieurs.

- « le respect de nos clients est notre premier parti-pris ». Le décodage est : quels sont les produits bientôt obsolètes qu’on pourra « refiler » aux clients ; nos retards de livraison ne sont jamais de notre ressort.

- « Nous revendiquons notre intégrité professionnelle ». Le décodage est : ce sont les commissions occultes et autres compromis qui nous permettent de survivre : il faut bien être réaliste.

De principes en principes non appliqués, de valeurs en fausses valeurs, l’entreprise se décrédibilisent : advienne ce qui pourra.

Patrice Stern

juin 24

pin-de-d1En 2009, l’Observatoire de la Réputation a choisi de s’intéresser aux artistes qui nous bernent, et même de les célébrer par des Pinocchios d’or, argent ou bronze suivant le mérite reconnu ou supposé.

La compétition est rude entre des acteurs internationaux comme Bernard Madoff, recordman absolu en $, ou DSK qui représente fièrement son pays dans la galipette.

Et finalement, c’est un régional de l’étape, qui a rallié le plus de suffrages dans le hit-parade permanent de l’Observatoire de la Réputation.

Ponctuel, beau joueur et rigolard, Julien Dray - aux côtés de quelques pros de la baliverne comme Bernard Tapie – a reçu son Pinocchio d’or, le 23 juin, jour de la Saint-Théodulphe, martyr et incompris, bien entendu.

Belote, pétanque, pêche à la ligne ont réunis une centaine d’invités autour du vainqueur, au Fruit Défendu, ” Terrasses en bord de Seine “.

Petit tricheur, Richard Virenque s’est fendu de quelques conseils à son ami Julien.

Mais le clou de la soirée a été le bref discours (3 minutes, montres en mains) du député de l’Essonne, victime d’un « règlement de comptes » (sans rire), qui s’est finalement estimé « piégé » par l’Observatoire de la Réputation, et a souligné que « présence à la Fête des Menteurs » ne signifie en rien « culpabilité ».

Après Gaston la Gaffe, Richard de plein gré, il y a maintenant Julien le faux naïf.

Pino

juin 06

menotte-terAlors que les leaders se traitent de menteurs à longueur de débat (dernier pugilat sur France 2, avec Bayrou, Aubry, Cohn-Bendit, de Villiers, Besancenot & co), il ne fait pas bon être simple bloggeuse et qualifier de menteuse un second couteau de la politique comme Nadine Morano: au poste direct!
L’ex égérie du président, Madame Sans-Gêne comme l’appellent affectueusement les journalistes, fait davantage parler d’elle au travers de ses gaffes et plaintes qu’elle dépose au moindre canular, que par ses initiatives politiques.

Convoquée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne pour s’être risquée à un commentaire rigolard (Hou la menteuse), une Landaise de 49 ans fait les frais des tendances caractérielles de la harpie politicarde.

Dénuée de tout sens de l’humour, Madame Morano ne mérite même pas un Pinocchio de carton sur notre blog.
Dans l’univers de la tricherie et dans le monde encombré du mensonge, la compétition reste toutefois rude, et, seuls les plus talentueux s’y font une réputation…comme en atteste notre hit parade permanent du mensonge.
Pino (en sursis)
hou la menteuse

mai 27

justice_editedRarement Garde des Sceaux avait suscité plus d’espoir.

Chez les humbles et les faibles, les mal-nés, les toujours-moins de la République, les blacks, beurs et les petits blancs, dans les cités et les pavillons, on misait gros sur la Cosette de Chalon, l’aide-soignante des grabataires, la mère-courage de la tribu Dati prenant sa fratrie sous son aile, la bûcheuse qui payait ses études en bossant à Prisunic.
Rarement ministre avait su gagner autant de sympathies. Celles des puissants, des nantis, hommes et femmes politiques, de droite comme de gauche, patrons du CAC 40, manitous des media, heureux de jouer les Pygmalion de cette beurette sans pareille.
Ils n’étaient pas les seuls à se laisser séduire par celle qui se battait pour se hisser jusqu’au faîte du pouvoir, en usant de ses armes, sa beauté et ses charmes, ses craintes de ne pas savoir, son culot d’y aller quand même, ses rires et ses larmes, sa rage de vaincre, son sens de l’intrigue et de la calomnie, ses talents de manipulatrice, ses bouffées de haine, et, bien sûr, ses mensonges.
Elle avait conquis les cœurs des anonymes, de ceux qui sont sûrs de gagner, un jour, au loto, de rencontrer le prince charmant et rêvent, par à-coups électoraux, de lendemains chantants dans une France égalitaire et fraternelle.
Rêves et réalité dissonent bien souvent. Comme eux, vérité et politique peinent à s’accorder au siècle de la politique-spectacle.
C’est peu dire que Rachida Dati a raté son examen de passage place Vendôme.
« 30 réformes en 30 mois selon elle ».
Oui, mais pour beaucoup inappliquées, faute de moyens de mise en œuvre, et surtout imposées par la force, sans dialogue, dans la précipitation et la brutalité là où il aurait fallu mobiliser les bonnes volontés qui ne manquaient pas. Les circonstances se prêtaient aux réformes. Le drame d’Outreau questionnait jusqu’aux plus conservateurs. La France pouvait enfin et devait se doter d’une justice capable d’en tirer les leçons. Mais on ne change pas une société par décret, pas plus qu’on ne change mentalités et comportements par l’arrogance et le mépris affiché à l’égard des serviteurs de la loi.
C’est peu dire que Rachida Dati, qui sait comme personne forcer la chance, a bien peu l’art de la faire fructifier.
N’a-t-elle pas déçu nombre de ses « amis », dévoués à sa réussite, qui avouent aujourd’hui leur naïveté ou leur orgueil d’avoir cru en ses protestations d’admiration, de gratitude, en ses lettres enamourées pour service rendu ou à rendre, en ses doléances d’éternelle victime du racisme, du sexisme, du machisme de notre société ? Bienheureux celui qui n’a reçu en récompense que le dédain de l’oubli quand d’autres se mordent les doigts d’avoir croisé sa route.
C’est peu dire, aussi, que Rachida Dati a surpris ceux qui comptaient sur son intelligence des situations pour la voir endosser l’habit de ses fonctions au « ministère des malheureux ».
Mais elle a choisi l’habit de lumière. Drôle de choix. Drôle de dame dont on attendait moins de « starisation » et plus d’ardeur au travail, moins de souci de sa propre personne et plus d’engagement au service de l’Etat, moins de paraître et plus d’être, moins de mensonges aux autres et à soi-même sur ses diplômes, sa famille, ses amis, ses ennemis, ses absences, ses retards, ses croyances.
« Exfiltrée » du gouvernement, Rachida n’est en rien défaite. Pas sûr qu’elle s’implique davantage dans cette « Europe qui s’occupe dans ce qu’on lui donne à s’occuper ». L’important, c’est de continuer à faire rêver l’électeur. Elle n’a rien perdu de ses atouts la Cosette de Chalon : ses yeux, ses sourires, sa fantaisie, ses larmes, Zohra et son père inconnu, ses combats, ses victoires et sa disgrâce. La presse people et ses lecteurs en redemandent.
Icône bling-bling consacrée par le prince, déchue de son rang de favorite pour avoir trop fidèlement copié son maître, Rachida est au fond une victime, rôle qu’elle affectionne pour son pouvoir de séduction. Une victime du « coup de génie politique » qui l’a placée à la Chancellerie à rebours de sa personnalité. Cette erreur sur la personne est un mensonge d’Etat.

Mira Bô

mai 22
dessin-jppLorsque tout va mal, que l’essentiel n’est pas acquis, avoir le souci de sa réputation relève de la frivolité

On a cru un moment que, fondée sur la confiance méritée, la réputation était le meilleur garde-fou contre les turbulences. Hélas, l’actualité donne raison aux plus cyniques, et dans la crise, le regard des autres s’attache davantage aux réalités qu’aux supposées vertus.
La sécurité d’abord !
Et, ce n’est pas un hasard, si l’entreprise préférée des français est désormais EDF…
Côté patrons, le retour de Bernard Tapie sur le devant de la scène et le départ honteux de Daniel Bouton qui s’était érigé en « père la morale », laissent pantois ceux qui croyaient qu’éthique et affaires pouvaient faire bon ménage.
Mais ne soyons pas injustes, la nomination de Pierre Bellon au « Comité Ethique » du Medef, est plutôt une bonne nouvelle. Pour lui, la réputation paye, même en Bourse, puisque Sodexo a plutôt bien résistée aux coups de tabac. En revanche, les autres entreprises « réputées » ne sont pas toujours à la fête. Michelin a été élue il y a peu de temps entreprise « préférée » des français et GM nommée « most admired company » des Américains !
Peut-être ne se pose t-on pas les bonnes questions ?
Vaut-il mieux être riche et mal aimé comme Total (en être actionnaire ou salarié) ou respecté et fragile comme tant d’autres ?
A chacun sa réponse.
Pino
mai 12

rgUn Richard peut en cacher un autre !

On avait découvert avec Richard Virenque que les français pouvaient se donner pour héros un tricheur, touchant de maladresse. Pas vraiment menteur, car le mensonge a un côté réfléchi, intellectuel, au mieux.
La tricherie est d’ordre strictement émotionnel. Le tricheur perd ses repères, ne distingue plus le bien et le mal. Piteux, il n’avoue pas, il craque et quelquefois trépigne. Avouer, c’est accepter de rétablir la vérité. Craquer, c’est seulement s’effondrer devant l’évidence, sans reconnaître ses responsabilités. Il y a une logique dans l’aveu du menteur, pas dans l’effondrement du tricheur.
Avec Richard Gasquet, joueur fragile et talentueux, on découvre un gamin qui a sans doute mis – à l’insu de son plein gré, bien sûr – le doigt dans le pot de confiture.
Virenque, en reconnaissant que finalement « tout le monde se dope » a davantage gagné en popularité qu’au travers de victoires d’étapes (comme celle de Morzine, pour les amateurs) lorsqu’il a laissé sur place des poursuivants, moins chargés, ou complaisants.
Le Tribunal de la Justice l’a condamné mais le Tribunal de l’Opinion l’a acquitté.
Innocent ou piégé, Gasquet est enfin rentré dans le monde des méchants adultes,…avec toute notre affection.

Pino, the crazy rider

Lire aussi Virenque, le tricheur bien aimé

mai 01

pin-de-d13Hit parade permanent du mensonge, les Pinocchios sont décernés grâce à vos suffrages.

Vous pouvez voter sur le blog de l’Observatoire de la réputation pour choisir le menteur de l’année. N’hésitez pas à nous propoer des personnages, politiques, sportifs, vedettes du show-biz ou simples quidams de la finance, talents de menteur en herbe ou professionnels à la réputation établie. Ils méritent vos commentaires, ayant déjà pour la plupart vos suffrages.

Défendez votre reputation sur le net

avr 20

rep-second-chanceLe cliché du mensonge des hommes politiques a la vie dure!

Le français d’”en bas” reconnaît mentir deux fois par jour; celui d’”en haut” déclare ne pas mentir.

Et, même lorsque ce privilégié est pris la main dans le sac, il n’a fait qu’arranger la vérité, pour nous ménager, bien sûr.

En bon bonimenteur, l’homo politicus préfère séduire par la parole que convaincre par l’action.

Expert en balivernes, il nous fait rêver à un monde meilleur. Les théoriciens du mensonge nous expliquent qu’il y aurait deux types de mensonge. Celui que l’on fait pour s’éviter des ennuis ou des désagréments: de la migraine opportune à l’agenda surchargé. Celui qui nous fait mousser, en s’inventant des diplômes (les deux tiers des CV seraient faux!), des amis (Paul Léautaud, par exemple), en prenant des engagements qu’on sait ne pouvoir tenir…
Séducteur mais aussi bon praticien, l’homme politique nous dit en mots simples ce que l’on a envie d’entendre.

Pas de mensonge donc, mais des promesses, avec notre étrange complicité. Promettre du sang et des larmes, cela ne se fait qu’une fois au bord du gouffre. Aujourd’hui, après la surenchère du catastrophisme, il faut redonner espoir, avec modération, bien sûr.

En matière de démocratie, on en est encore au rapport médecin-malade des années 70: on ne veut pas entendre la vérité…ce qui fait bien l’affaire des professionnels de la promesse.

Paradoxalement, on pourrait soutenir que les hommes politiques  mentent rarement. Le mensonge suppose la duperie, et un minimum de crédibilité.

Ne soyons pas cyniques ! En fait, on n’a jamais démontré qu’un homme, a fortiori une femme, politique nous bernerait plus que ceux qui nous sont les plus proches.
C’est peut-être pour cela qu’on les aime.

Pino

Lire aussi un Président ne ment jamais

mar 29

dessin-jppRien de plus facile que de reconnaître un menteur.

Que ce soit pour éviter des ennuis ou se faire mousser,

le menteur se trahit par sa mine ou ses formules.

Voici les mots qui devraient vous alerter,


Moi vivant, jamais ! Il y a très peu de harakiris politiques en France.

Tout va mieux que bien, comme disait JMM au bord du gouffre.

J’en prends l’engagement solennel, « parole, parole » comme chantait Dalida.

Après une large concertation, veut dire « j’en ai parlé à ma maîtresse ».

Ce n’est pas moi le père, c’est-à-dire « j’aurais bien aimé ».

Je n’ai pas l’habitude, ou plutôt « pas question de changer ».

Tu peux me faire confiance, pour l’instant bien sûr.

Je suis certain, signifie « c’est pas clair »

Il n’en est pas question, prépare un virage à 180°.

Les yeux dans les yeux…célèbre formule.

Sincèrement, ou honnêtement, en début de phrase, surtout.

…mais vous aussi avez noté les formules qui préparent un gros mensonge.
N’hésitez pas à les partager en ajoutant un commentaire sur ce blog.

Pino

mar 13

chichiVous verrez, Chirac sorti de la vie publique, la France ne mettra pas longtemps à le regretter…même si certains bons Français ne manqueront pas de lui chercher des poux dans la tête.

(Extrait d’Histoires de réputation, réflexions sur le mensonge des hommes publics, Ed Eska 2005).

On l’avait vu la mine ravie et l’oeil gourmand au Salon de l’Agriculture, et aujourd’hui les sondeurs (que ferait-on sans eux?) le confirment, Jacques Chirac a retrouvé sa popularité auprès de 80% des Français, devenus nostalgiques.

Le Supermenteur des Guignols est désormais associé à nos bonnes années.

Jamais vraiment attaqué dans sa vie personnelle, il a bati sa réputation (le film de sa vie politique) sur quelques images fortes et formules originales. Plutôt rassurant, il nous a même rendu quelque fierté, en s’opposant  à G.W Bush, au grand dam de certaines belles figures, comme Bernard Kouchner.

Pino

Le président immobile