mar 08

Alors que les réputations usurpées se dévoilent et se dénoncent, que beaucoup se sentent trahis, qu’affirmer une conviction soulève le doute, il est bon de retrouver un peu de fraîcheur en s’attardant sur le passé.
Les réputations de nos contemporains se confrontent aux rumeurs véhiculées complaisamment par les mauvaises langues ou les bonnes âmes. Pour maquiller l’intention de détruire on parle de post-vérité. Après le principe de précaution, le principe de suspicion influence nos jugements.

A qui se fier?

Il est vrai que l’actualité éclaire douloureusement la question. Il est vrai aussi que s’en remettre à la réputation relève plus souvent de la facilité que de l’analyse critique. Mais il est tout aussi vrai qu’entre l’aventure et la promesse, quelquefois fallacieuse, qu’apporte la réputation, celle-ci engendre moins de déceptions.

Laissons de côté l’actualité politique largement commentée!
Regardons plutôt la légende et au delà le mythe qui la nourrit souvent.

Une marque, au contraire de bien des hommes publics ne peut bâtir sa réputation dans le mensonge. Le Tribunal du Marché est plus exigeant que celui de l’Opinion et moins versatile que les médias qui préfèrent trop souvent l’écume. Lorsqu’une marque est prise en flagrant délit, la sanction morale rejoint celle du marché et au besoin de la justice. Elle se défend mais ne se dérobe pas, car il lui faut être au rendez-vous tous les jours et non à de simples échéances.

Il y a même des marques qui ne mentent jamais.
Chacun en connaît dans son univers.
Dans la beauté, le luxe, les vins, les voitures ou les motos, par exemple. Leur promesse est rassurante.
Mythiques par leur histoire, elles nous font partager un imaginaire. Le mythe n’a pas de religion normée, ni de pays. Il crée un « entre soi ». On s’y reconnaît, se retrouve en confiance. La Ford T est un mythe tout comme la Harley-Davidson aujourd’hui. Nul besoin de littérature pour promouvoir les valeurs de la Harley, la liberté bien sûr, la solidarité aussi lorsqu’on entre dans la famille étroite des passionnés.

L’histoire parle pour ces marques mythiques.

La petite histoire parle aussi, hélas, pour beaucoup de nos hommes publics.

Pino, « on the  road again »

fév 07

Il en faut du temps, du talent, des mains serrées, du courage quelquefois, des couleuvres avalées, pour se bâtir une réputation en politique.

Créer cette relation de confiance qu’il faudra mériter tous les jours, et qui entraine d’autant plus d’obligations que l’on se réclame de valeurs qui relèvent plus de la morale de l’époque que de l’éthique personnelle.

Plus votre réputation est élevée dans l’esprit de vos contemporains, plus elle vous oblige. Tel élu aux multiples casseroles est mieux protégé contre les mauvaises nouvelles que celui qui a patiemment construit une réputation d’honnêteté que les français exigent, tout en élisant de moins vertueux.

Bref, à quoi servirait une bonne réputation si on ne peut s’en réclamer ?

En réalité, rien n’est jamais définitivement acquis.

Accéder à la réputation est difficile. Mais il n’est pas non plus aisé de vivre avec elle. Sur elle. De savoir rester à sa hauteur. D’éviter les déboires qu’elle peut inversement provoquer. Elle crée des exigences pour soi même, et pour les autres.

On peut devenir en effet prisonnier de sa réputation.

Ils sont nombreux les acteurs qui se plaignent d’être confinés dans des rôles comiques, alors qu’ils se sentent une âme de tragédiens. Et quelle difficulté de jouer les boute en train quand on est porté à la sinistrose…La famille, les voisins, les collègues, le public vous enferment dans une fonction, dans un rôle. Quelquefois l’habit de scène devient trop étroit, ou alors c’est la mode qui change. La réputation, notre réputation, s’installe dans un ensemble dont nous ne maîtrisons que certains paramètres.

Bâtie avec patience sur des réalités et des promesses, elle peut être fragilisée par des fautes, maladresses, ou des agressions. Il faut alors la protéger, quelquefois la défendre. Certaines égratignures ne font que l’humaniser. D’autres blessures plus profondes réclament un traitement spécifique, parfois l’assistance  de conseillers ou d’experts. D’autres enfin supposent une intervention d’ordre chirurgical. On ne peut tout laisser dire, tout laisser faire, au risque de gangrène. Il y va de sa propre intégrité.

L’agression la plus grave est à coup sûr la calomnie, cette accusation devant le Tribunal de l’Opinion portée sciemment contre quelqu’un, afin de jeter sur lui le discrédit.

Elle se présente comme une attaque frontale, complaisamment relayée, amplifiée, exploitée, entretenue. Et le public attend l’affrontement, il s’invite au spectacle, guettant, faute d’aveux, la moindre maladresse ou inexactitude qui nourrira la « série ». A moins qu’une révélation, conservée au frais par un soi-disant journaliste en mal de notoriété, ne vienne stimuler l’audience.

Une « erreur » devient mensonge. Peu  importe de « livrer aux chiens » l’honneur d’un homme, sans attendre le jugement.

Après tout, en recherchant notre confiance puis nos suffrages, il l’a bien cherché !

Pino fâché

jan 29

On ne se méfie jamais assez de ceux qui se prétendent être vos amis.

Toujours prompts à colporter les nouvelles et absents ou maladroits lorsqu’il s’agit de déminer. Si leur rôle est clé pour diffuser, il n’en va pas de même pour leur crédibilité.

La réputation se diffuse par cercle concentrique, lorsqu’il s’agit de la bâtir. Et la crédibilité des propos se dégrade au fur et à mesure de l’éloignement du sujet…quand tout va bien. Dans la crise, la crédibilité s’inverse ! Le soutien – même intéressé – de tel adversaire, donne davantage de crédit que celui d’un proche. Pourquoi serait-il suspect alors qu’il est sensé en tirer avantage ?

La rumeur s’épanouit dans l’ambiguïté.

Elle apparaît comme une réponse raisonnable à une situation « floue ». L’observateur connait bien ses terrains d’élection : le sexe bien sûr, l’argent et la santé. Pour qu’elle prenne corps, elle a besoin de relais, d’amplificateurs, qui, sans y apporter du fond, la « commercialiseront », comme une marchandise précieuse.

Après les media traditionnels, on a cru que les réseaux sociaux seraient les vecteurs préférés des rumeurs. Quelques mots assassins, un réseau, une curiosité entretenue et c’est la gloire ou le rejet. Avec un peu de chance (sic), des journalistes en panne d’actualité, apporteront le crédit de leur signature ou de leur journal. Vite bien sûr, car peu importe la vérité, la mode est à la « post-vérité », celle qu’on arrange après pour coller avec ce que la plupart croient.

Le ragot est d’une autre nature. Il emprunte à la calomnie – mot plus élégant – ce fumet de caniveau qui assure le succès de la nouvelle. Pour connaître le succès populaire, le ragot se nourrit des mêmes ingrédients que la rumeur, mais il s’appuie sur des témoins, surtout des faux, qui veulent profiter de l’aubaine pour exister. On connaît la rumeur Adjani qui périt devant les faits expliqués. Mais on connaît aussi la calomnie contre Baudis qui fit « pschitt » après la rétractation de témoins et la condamnation de Karl Zéro qui paya une prostituée pour étayer son scoop !

« La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer. Sans quoi, elle revient à la charge, plus furieuse que jamais», écrivait Nicolas Chamfort.

Pour résister aux agressions des rumeurs et ragots, une solide réputation ne suffit pas, hélas ! La « victime » a peu de temps pour dire sa vérité. Le recours aux armes lourdes est préférable sinon nécessaire. Le renversement de l’opinion, expose Dominique Baudis dans son livre « Face à la calomnie » s’est fait lors de son intervention sur TF1. Alors que les commentateurs virent de la culpabilité dans l’émotion de l’invité, le public y vit de la sincérité. Mais ce qui a été décisif, fût la contre-attaque juridique. Cela calme les ardeurs des colporteurs de mauvaises nouvelles, des procureurs médiatiques d’opérette qui oublient le sens de leur métier.

A condition de ne pas laisser la plaie s’infecter et quelquefois de préférer la chirurgie à la médecine douce, entre gens bien élevés.
Avant qu’il ne soit trop tard !

Pino pas surpris

jan 28

Il est pour le moins curieux de constater que lors des primaires de droite comme de gauche le rôle de nos dirigeants d’entreprise n’ait jamais été évoqué.

Si le chômage ne diminue guère, c’est la faute des impôts, du coût du travail, des charges sociales, de la conjoncture, de l’union européenne, mais en tout état de cause, il semble que nos dirigeants ne se sentent en aucun cas impliqués !

Le CICE, une immense incitation à agir, a donné lieu à des déclarations de Pierre GATTAZ et son fameux pin’s : on s’engage pour un million d’emploi. Mais on n’a rien vu sinon une augmentation conséquente des rémunérations des grands  dirigeants.

Les dirigeants semblent davantage préoccupés par les aides de l’état, par leurs placements financiers, que par l’innovation, la qualité de leurs produits, de leurs services.

Focus clients, disent-ils, alors que leur vrai focus est le cours de la bourse !

Où sont les investissements promis, où sont les efforts commerciaux ?

Il est vrai qu’en France le commerce est un mot banni des écoles de commerce.

Ces écoles forment des managers, des gestionnaires, des traders, des auditeurs, des consultants, jamais des vendeurs.

Parler commerce, vendeur est vulgaire. Démarcher, vous n’y pensez pas ?

Dire que mon fils ou ma fille est représentant de commerce : quelle déchéance !

V.R.P : quelle injure !

Et pourtant lorsque l’un ou l’autre est au chômage, ce ne sont pas les gestionnaires qui retrouvent le plus vite du travail mais bien les commerciaux, ceux dont on sait, qu’ils savent créer la relation avec les clients dont l’entreprise a besoin !

Patrice

jan 02

La déjà longue expérience de l’Observatoire de la réputation nous avait appris que la réputation apporte bien des satisfactions, que les efforts et le talent sont récompensés, tout au moins en Bourse !

2016 nous a apporté bien des surprises et souvent un monde à l’envers.

Les entreprises du CAC 40 n’ont pas toujours échappé à cet étrange dérapage du destin.

Début 2015, l’étude de notation de l’Observatoire classe Lakshmi Mittal en tête du classement des patrons qui ont la plus mauvaise réputation et dans la foulée, ArcelorMittal est l’entreprise du CAC 40 qui a la plus mauvaise réputation (R) .

A l’inverse, Bernard Arnault est reconnu comme le patron ayant la meilleure réputation et LVMH l’entreprise qui a la meilleure réputation.

Et, dans l’un des nos derniers « posts » de l’Observatoire, nous nous étions avancés à affirmer que la réputation avait en Bourse un caractère spéculatif. Imprudemment, sans doute, comme le confirme l’année boursière 2016.

En 2016, ArcelorMittal est l’entreprise qui, et de loin avec + 75%, fait la meilleure performance, alors que l’indice CAC 40, ne progresse que de 5%.

Heureusement, et pour la morale de l’histoire, LVMH tire bien son épingle du jeu, avec +27 %.

Les experts ou même les boursicoteurs, nous expliqueront que les sociétés côtées à « la casse », ne peuvent que remonter; du bon sens.

Pas faux. Surtout si l’on observe la performance moyenne des entreprises notées RR, avec + 16%, comme si la performance était inverse de la réputation !

Bref, le monde à l’envers.

Ou alors, la confirmation que la réputation est d’abord un actif « patrimonial », qu’on peut la mobiliser à court terme pour traverser une mauvaise passe, mais que son principal bénéfice s’inscrit dans le temps.

En 2016, les valeurs notées RRRRR ( LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Essilor, Airbus, Air Liquide) ont fait mieux que résister avec + 11 %. En revanche, sur les 5 dernières années, elles ont progressées de plus de 45% en moyenne quand l’indice CAC 40 gagnait 16%.

Rassurant!

Bonne bourse 2017.

Pino patient

déc 21

On savait que la réputation faisait partie de notre patrimoine.

Que constituée en valorisant nos talents, grands ou petits, avec patience et quelquefois habileté, elle s’inscrit dans la mémoire longue de la société.

Que se gardant du bruit et de la confusion, elle se bâtit davantage sur des faits que des images.

Qu’elle se fonde davantage sur la raison que l’émotion, sans pouvoir s’en soustraire.

On a cru un moment que les medias et réseaux faisaient le jugement de nos contemporains.

Et pourtant, force est de constater que les efforts pour construire une solide réputation se soldent par de vrais dividendes.

En Bourse, bien sûr, comme le démontrent de longue date l’Observatoire de la réputation, avec le reputation index, ou le Reputation Institute avec son classement des « most admired companies », classées par Fortune sur le critère de leur réputation.

Mais l’actualité rejoint nos réflexions, avec la décision de la Cour de Justice de la République qui condamne Christine Lagarde pour sa « négligence » mais ne prononce pas de peine, en raison de sa bonne réputation !… Et le gouvernement français lui renouvelle sa confiance dans l’heure qui suit le prononcé du jugement.

Que Christine Lagarde ait bonne réputation tant en France qu’à l’étranger ne fait aucun doute. Qu’elle participe à la « bonne » réputation de la France en présidant l’une des organisations internationales les plus puissantes du monde est une évidence. Qu’elle ait été manipulée ou se soit montrée naïve est plus que probable. Mais comment expliquer qu’en l’espèce, l’ancienne Ministre ait été sauvée par sa réputation tel que cela a été écrit dans un jugement ?

Si cela est réjouissant pour ceux qui consacre tant d’efforts à mériter la confiance de leurs concitoyens, c’est aussi très inquiétant d’être ainsi jugé sur son passé alors que le droit se réclame des faits. Il existerait un capital juridique de réputation, mobilisable en cas de problème. Mais déjà on parle de justice à deux vitesses. Celle des personnes publiques, exposées aux turpitudes mais respectables. Celle des anonymes, dont les vertus restées discrètes, ne les protègeraient guère des rigueurs de la justice.

Mauvaise querelle !

Car dans le fond, la réputation est présente dans la plupart des décisions de justice concernant des personnes.
En revanche une condamnation sans peine laisse pantois, et en dit long sur l’étrange raisonnement juridique de cette Cour d’exception.

Pino sceptique

déc 15

« Les cons, ça ose tout…c’est même à cela qu’on les reconnaît ! »

Célèbre et si souvent vérifiée, la réplique de Michel Audiard par Lino Ventura dans l’inoubliable chef d’œuvre « les tontons flingueurs », est toujours d’actualité.

Et en période électorale, il faut dire que la « connerie » est au coin de la rue. Pour la plupart des candidats, le concours « ma binette à la télé » est lancé.

Car la connerie peut prendre bien des formes, et elle atteint aussi ceux que l’on croyait jusque là épargnés.

Elle peut prendre des formes douces comme la mauvaise foi, la petite tricherie révélée, le mensonge ou plus cruelle, la trahison.

Par les temps qui courent, chacun veut sauver son courant, son parti, et même la France pour les plus présomptueux. Bref, rassembler, autour d’idées – souvent empruntées –  les français. Avec un mode d’emploi importé : d’abord se déchirer, puis recoudre les morceaux et se partager le gâteau, ou ses miettes.

Et comme le peuple prend goût au spectacle, il rentre dans le jeu, un brin désabusé et ironique.

Le citoyen a appris qu’en politique, se réclamer d’une vertu ou promettre, n’engage que celui qui écoute ; ce qui se vérifie tous les jours du haut en bas de l’échelle des élus ou postulants. Le constat s’applique à de grandes affaires mais aussi au quotidien.

Hier, par exemple, on apprenait que celui qui, pour les Primaires de la gauche, se réclame de l’éthique, n’aurait pas payé ses cotisations ; simple oubli, vite réparé paraît-il …et qui concernerait la plupart des candidats ?

Venu de nulle part (prof de philo en Suisse, pourquoi pas ?)), Vincent Peillon est – sans doute par nature – un monument de contradiction. Pour l’éthique, on l’avait vu avec son ex-ami Montebourg faire le tour des paradis fiscaux pour mieux les dénoncer, sans effet. Son activisme est vite récompensé par un maroquin à l’éducation où peu se souviennent de lui.

Marginalisé, ami de longue date du recasé Pierre Moscovici, il se fait élire député européen. On ne le rencontre pas plus à Bruxelles qu’à Strasbourg, pourtant si proche de la Suisse. Alors que le « besoin » de Peillon pour les Primaires, semble absent dans les dernières semaines, voilà qu’il sort du bois après l’annonce de la candidature de Valls. Une révélation paraît-il …sous la pression amicale de quelques ennemis de l’ancien Premier ministre ?

Bien sûr, la réplique d’Audiard ne saurait s’appliquer à la lettre à ce brillant citoyen. On peut toutefois craindre qu’elle ne se retourne contre les électeurs, à moins qu’ils ne soient de simples gogos.

Pino qui ose

déc 01

Être populiste, c’est dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Le plus dangereux c’est quand être populiste devient populaire. Quand les digues de l’éducation ou de la simple humanité sont rompues.

A quelques dictatures près, les leaders populistes sont venus par les urnes.

Ce qui devrait nous conduire à la plus grande prudence avec le « Grand Turc », par exemple.

Le levier traditionnel du populiste est de proclamer qu’il faut redonner le pouvoir au peuple et sa fierté à la nation.

Bref, réveiller le patriotisme du bon citoyen.

Et, ça marche !

Ça marche d’autant mieux que le danger réel  ou imaginaire est aux frontières et que le ver est dans le fruit.

Le populiste est plus d’autant plus dangereux qu’il affiche rarement la couleur. Pour gratter quelques voix, beaucoup revendiquent la préférence nationale. La promesse minimum, avant de flatter le sentiment national, avec tout ses excès.

Partout, le populisme est en embuscade et ouvre la voie à l’intolérance au mieux, au nationalisme au pire.

Après la générosité centrifuge et sur fond de crise d’identité, le repli est engagé.

En Europe, le Brexit symbolise l’égoïsme des nations, version douce.

En Russie, Chine, Turquie, il se pare de civisme.

Avec le « Make America Great Again », Donald Trump instille le poison!

Dommage pour une si vieille démocratie.

Dommage aussi pour nous car le nationalisme est une maladie contagieuse comme l’histoire nous l’a appris.

L’histoire enseigne aussi qu’à la fin, c’est la démocratie qui gagne.

Pino inquiet

nov 22

Les plus cultivés ou simplement curieux d’entre nous connaissent l’ »effet papillon « .

Ainsi, un fait anodin suffirait à provoquer un événement majeur, par un jeu inattendu de cascades.

L’effet papillon observé en climatologie s’appliquerait-il aussi en politique?

Cela donnerai matière à réflexion aux sondeurs et commentateurs mis à mal ces dernières semaines.

Appliquons-nous à l’exercice sur la Primaire de la droite pour donner un brin de logique a posteriori à des résultats prenant à revers les soi-disants experts.

Le fait générateur du tsunami politique, c’est à dire le papillon, ne serait-il pas tout simplement la négligence du candidat Bruno Le Maire?

Croyant incarner le renouveau en s’abstenant de porter cravate, il s’est mis hors jeu, empruntant l’habit d’un invité, oubliant le statut du candidat. Décrédibilisé dans le premier débat pour ce qui n’aurait pu être qu’une simple faute de goût, il s’est mis sur la touche d’emblée. Alors qu’il devançait François Fillon pour une modeste troisième place, il lui a ouvert un boulevard!

Encouragé par des sondages plus flatteurs, l’ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy s’est permis dans le second débat de contredire son ancien patron. Et comme on ne s’affirme vraiment qu’en s’opposant, il est apparu clairement comme un vrai challenger.

Trop sûr de lui, limite arrogant, Juppé n’a rien vu venir et l’a joué tranquille dans le troisième débat. Focalisé sur Nicolas Sarkozy, il a sous-estimé celui qui se montrait le plus pugnace. Il n’en fallait pas plus pour faire basculer les « anti-Sarko » du mollasson Juppé à celui qui voulait en découdre. Il ne suffit pas de revendiquer la « confiance », il faut aussi afficher sa « volonté ».

Les médias ont fait le reste; en rajoutant au besoin!

Ce qui n’aurait pu être qu’une défaite est devenu en quelques jours une déconfiture.

Tout cela pour un col ouvert et une pointe de mépris.

L’effet papillon simplement.

Merci Bruno Le Maire pour cette négligence.

Pino étonné

nov 15

Parfois, un de nos amis confortablement installé au Café de Flore parvient, lors d’une conversation plutôt banale, à vous glisser « tu sais, on ne relit pas assez Spinoza »..« et toi, as-tu relu les maximes de La Rochefoucauld?…il a tout dit de notre société d’aujourd’hui. »

En effet, il avait prévu et écrit.

Sur François Hollande et son scooter:

« La prudence et l’amour ne sont pas faits l’un pour l’autre: à mesure que l’amour croît, la prudence diminue.»

Sur Nicolas Sarkosy:

«On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a, que par celles que l’on affecte d’avoir.»

Sur Alain Juppé:

« Peu de gens savent être vieux

Sur les Primaires:

« Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplait pas.»

Sur Patrick Buisson:

« On donne des conseils, mais on n’inspire point de conduite

Sur Emmanuel Macron:

«Le désir de paraitre habile empêche souvent de le devenir. »

Sur les médias:

«On loue et on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer

Et enfin, sur Donald Trump:

«La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés qui ne sont en sûreté que parce qu’on ne les cherche pas.»

Patrice