juin 28

Ça devait arriver.

Certains l’avaient prédit, d’autres s’y étaient opposés et bien peu l’avaient affectivement souhaité.

Il est vrai qu’après des liaisons passionnées et épistolaires, empruntant davantage aux intérêts du moment qu’à Roméo et Juliette, la rupture ne devrait pas surprendre.

Après des siècles de fiançailles ponctués de multiples infidélités, de serments ou de simples promesses, il avait pourtant été question de mariage. De doctes juristes avaient préparés des papiers aux contenus ambigus et obscurs. Bien peu avaient été signés.

Chacun a fait semblant, tout en se méfiant de l’autre, expérience séculaire aidant. Il y eut même des moments, lors des tempêtes, où un témoin aurait pu croire à la force de leur union. Mais, il y en eut surtout, lorsqu’il était question d’argent, où le couple se déchira.

Réalistes, les concubins, traversèrent la plupart de ces épreuves au détriment du plus sentimental.

La belle et perfide « isolée » avait bien des atouts et son passé méritait le respect. Il ne fallait pas la laisser filer, ne serait-ce que pour ne pas donner le mauvais exemple aux plus frivoles des compagnons ?

Mais, l’union battait de l’aile et, au détour d’une échéance, le chef de la concubine réveilla la fierté du peuple, y ajoutant que l’ile était proche de l’invasion ; d’autres ajoutèrent qu’il fallait fermer le tunnel et laisser les envahisseurs sur le continent, mais pas leurs sous.

Bref, le vers était dans tous les fruits, et le divorce fut réclamé…alors que le mariage n’avait jamais été célébré. Bien sûr, il y avait eu – au fil des siècles – large consommation ; avec de bons et mauvais souvenirs. On trouve même, surtout dans les livres, de part et d’autres du grand Canal, des traces de moments passionnels entre deux bagarres.

Sans mariage pas de divorce, mais beaucoup de papiers accumulés au fil de « marathons » administratifs et politiques. Beaucoup de promesses, d’engagements, d’arrangements de circonstance et surtout d’affaires en commun.

Après plus de 30 années de concubinage, avec plus de méfiance que d’affection, de « non-dits » et de clashs, de célébration des moments glorieux et partagés de chacun, on finissait par croire à l’amitié.

Et d’ailleurs, lorsque le peuple prit la parole, bien peu crurent à la séparation.

Il faut un certain  courage pour se séparer. Et les insulaires n’en manquent pas, d’orgueil aussi.

Dans la vie personnelle comme dans la vie politique on s’habitue à un certain confort, affectif et économique. Lorsque le cœur n’y est pas, les conflits d’intérêt se multiplient, y compris lorsque la sortie concerne des adultes soi-disant intelligents. La séparation réveille aussi les passions.

Et, il est bien fréquent que celui qui demandait la liberté, soit le premier à renâcler devant le nouveau chantier. Après avoir vécu dans l’hypocrisie, le rappel à la réalité est une épreuve révélatrice de la force des caractères.

Dans les belles histoires, chacun reprend son chemin et solde les comptes ; on se souhaite bonne chance en tentant de préserver l’essentiel.

Après ces expériences douloureuses, il y en a même qui se retrouvent.

Il ne faut jamais dire « jamais » !

Good luck

Pino sorry

juin 06

On a cru longtemps se rassurer en affectant de croire que la mauvaise image des français n’affectait pas la réputation de la France.

Et, il est vrai que l’on entend plutôt de la part de nos voisins – même les plus lointains – « j’aime la France » que « j’aime les français » !

Comme si l’histoire de la France n’était pas le produit de nos heurs et malheurs.

Bien sûr, la réécriture de notre glorieux passé insiste davantage sur le siècle des Lumières et le pays des « Droits de l’homme », que sur les moments douloureux …rappelés avec maladresse, ou manipulés.

Suivant le dicton, on ne saurait « être et avoir été ». Et de citer les grands empires, royaumes, dictatures, qui dominèrent le monde, et sont passés aux oubliettes. Rappeler cette vérité n’explique ni n’excuse notre déclin, qui après avoir touché notre réalité économique s’attaque désormais au patrimoine le plus précieux d’un vieux pays : notre réputation.

Ne pas être aimé, n’est guère agréable, titille notre orgueil, mais peut être inscrit dans un épisode de la vie nationale. En revanche, devenir le pays à qui l’on ne fait plus « confiance » et qui perd ainsi – année après année – toute attractivité, ouvre la porte à l’oubli, à la sortie des livres d’histoire. Ce risque est d’autant plus grand que la génération numérique, accélère la confusion entre image et réputation.

La réputation, autrefois solide, fondée sur du talent, du travail et du temps, s’inscrit dans la mémoire longue. Aujourd’hui, la mémoire longue est dans des livres, qui, numérisés pour la plupart, entrent en concurrence avec l’information au quotidien. Une image chassant l’autre, la vérité repose sur la dernière projetée dans les réseaux et la scène médiatisée. Heureusement, il reste quelques « penseurs », philosophes ou simples polémistes. Mais, leur temps de parole est désormais compté et le public, pour ne pas sombrer dans la réflexion, leur préfère les commentateurs qui cèdent à la facilité de l’actualité et ses contradictions.

Bref, nous sortons en douceur de l’histoire, et surtout semblons nous accommoder de cette soi-disant fatalité.

En un siècle, nous sommes passés de la troisième à la sixième place en tant que « puissance », et le rythme s’accélère !

Et surtout, nous passons doucement à la trappe, en ce qui concerne les intentions d’ « investir » chez nous. On nous « visite », mais de moins en moins.

Il n’y a plus de « désir de France »…qui aurait précédé l’ « amour » de notre pays.

Ne parlons pas du quotidien, des renonciations, des grèves iconoclastes, des réformettes, du manque d’ambition, de vision, d’autorité,…qui déconstruisent le pays et affectent son patrimoine réputation. Certains voyaient en la France un pays-musée ; encore faudrait-il accueillir correctement les visiteurs ?…ce qui est loin d’être le cas en ces jours d’Euro de football !

Dans quelques mois, viendra le temps des promesses, et avec bon sens, parions que les français auront les dirigeants qui leur ressemblent.

D’une manière générale, les masochistes que nous sommes, aiguillonnés par les hommes politiques et par les medias, n’en finissent pas de battre leur coulpe, de se repentir de tout et de rien, par crainte d’être accusés d’orgueil ou d’amnésie.

C’est au point que, dans ce pays de procureurs, nous nous sentons devenir des coupables…Albert Camus écrivait à propos de la République : «  Il est bon qu’une nation soit assez forte de traditions et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s’avouer seule coupable, et de la vouer à la pénitence perpétuelle ».

Pino nostalgique

mai 06

Moi Hollande, je n’ai pas perdu tout espoir d’être réélu en 2017. Mais,  en ai-je envie, en aurais-je envie ?Ce qui me motive, ce qui me motivera, c’est de résister à Sarkozy, et plus encore, battre Marine Le Pen : la voir au second tour serait un drame, mon drame

Tous, public, media, répètent à l’envi que je n’ai pas tenu mes promesses – serai-je influencé par cette phrase du poète Faouzi SKALLI qui écrit « rien ne te mène autant que l’illusion ». Ces promesses étaient donc celles de l’illusion, de mon illusion.

« Employez-vous de n’avoir que des pensées positives, elles feront merveilles en vous » écrivait un autre poète. Cette phrase m’habite également, oui je veux y croire, je veux être positif. Soyez sûrs que je crois aux promesses faites et soyons sérieux et justes, même dans cette conjoncture extrêmement difficile, beaucoup de mes promesses ont reçues leurs preuves.

Mon illusion est donc souvent devenue réalité.

A tout ceux qui râlent, à tout ceux qui crient sur tout et n’importe quoi, j’aimerai leur donner à réfléchir sur ce problème touareg, « ne te lasses pas de crier ta joie d’être en vie et tu n’entendras pas d’autres cris ! »

Alors, vous, patrons, syndicats, députés, maires, et autres frondeurs : arrêtez de crier et je vous le redis, employez-vous à avoir des pensées positives !

Ne soyez pas de ceux qui se rattachent à leurs certitudes et à une vision toute faite d’un monde qui ne laisse pas penser, car, « dès lors qu’on pense, on se questionne ».

Que vos râles, vos plaintes soient remplacées par des questions, et que vos réponses soient des actions !

Patrice

mai 01

Nous vient l’envie d’appliquer à Monsieur Platini ce poème de Rimbaud : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… sous les tilleuls verts de la promenade ».

On n’est donc pas sérieux Monsieur Platini quand on a 60 ans et qu’on se promène sur les rives du lac de Lausanne.

Monsieur Platini vous êtes furieux, vous en voulez à la terre entière, les médias, les méchants journalistes, le juge Eckert et le TAS bien entendu. Tous ceux qui – vous semble-t-il – veulent mettre fin à votre carrière exceptionnelle de dirigeant où vous deviez finir naturellement dans le fauteuil de Président de la FIFA.

Et pourtant je voudrais vous dire que pour nous, supporters de toujours, votre attitude nous choque et qu’on souhaiterait vous poser une seule question : pourquoi ces 2 millions de dollars pour des travaux effectués entre 2002 et 2004 ? Qu’est ce qui fonde ce tarif ? Quelles sont vos compétences, vos savoir- faire qui justifient qu’on puisse vous payer environ  100 000 dollars par mois ?

Pouvez-vous nous dire les travaux réellement effectués, pouvez-vous nous dire si les rapports existent et qui démontrent votre travail ? De cela vous n’en parlez pas : comprenez donc nos doutes !

Pour nous hélas vous vous êtes disqualifié vous-même ; oui cette fois-ci le carton rouge est pour vous !

Il nous semble que vous l’avez bien mérité.

Patrice

avr 15

Pas facile de se faire une réputation.

Bien sûr, il faut du talent et du temps. Mais il faut aussi la manière sinon une méthode, au mieux, une stratégie, et des « amis », un « réseau » pour relayer la nouvelle.

Comme la réputation se diffuse de façon concentrique, une réputation bâtie à l’ancienne suppose que l’on s’inscrive et progresse dans des cercles idéologiques, politiques. Bref, de grandes familles supposées réunir ceux qui partagent des idées et surtout des intérêts. Faute de famille ad-hoc, on peut aussi choisir de la créer, d’emprunter la longue route.

Si on vise la fonction suprême, il faudra se créer la réputation du meilleur candidat, ce qui n’a rien à voir avec celle du meilleur président !

Le cas de François Hollande illustre curieusement ce paradoxe. A un an de l’échéance, seuls 3% des électeurs voyaient en lui le futur président. Et dans son cercle élargi, il rassemblait moins de 10% des encartés. Et pourtant, profitant du désarroi de son propre camp et surtout du rejet massif de son adversaire, il parvint dans une France coupée en trois à l’emporter.

Premier président à être élu, sans en avoir la réputation. Rude tâche que de se construire une réputation de président, tout en exerçant la fonction, en pleine tempête. D’autant plus qu’il avait beaucoup promis ; un peu plus que les autres. Elu de la République, mais surtout apparatchik, tacticien plus sympathique que fidèle, le retour sur terre n’est pas si facile, surtout lorsque la fonction réclame de prendre de la hauteur.

Après avoir remercié les siens, fait les poches des moins modestes, découragé les plus entreprenants, les premiers ennuis vinrent de l’extérieur, avec un décrochage du pays, le regard méprisant des voisins et un léger bras de fer perdu avec l’ami allemand. Le théoricien du « rapport de force » dut en rabattre. Devant les premiers résultats catastrophiques de son entrée chez les grands, François Hollande, bon élève de Mitterrand, choisit de faire diversion. De faire de ce qui devait être un simple rattrapage, le « mariage pour tous », un vrai sujet de société. Bien joué ! La mayonnaise a pris rapidement, frisant l’hystérie chez les plus conservateurs. « Il faut cliver chez l’adversaire » disait Mitterrand. Hélas, semer le désordre chez un adversaire, distrait l’opinion mais ne construit pas la confiance nécessaire à l’action en profondeur et son bénéfice en réputation. L’épisode amoureux et ses conséquences littéraires ne furent qu’anecdotiques. On aime bien que son président nous ressemble un peu ; sans toutefois être goujat.

Et puis vint l’opportunité que redoutent ou espèrent tous les dirigeants : le conflit aux portes, même lointaines, du pays. L’occasion de donner du sens au « suprême » de la fonction. Sarkozy eut la Lybie, pour Hollande, ce sera le Mali. Et là, l’opinion de reconnaître qu’il a fait le job de la fonction. Les attentats, hélas, confirmèrent qu’après tout il était peut-être l’homme de la situation et des grandes décisions. C’est dans les grands moments que se révèle l’homme d’état et que la porte de la réputation s’entrouvre. L’élu exploite alors – à force d’images symboliques et de coups de menton – le tragique de la situation. Il occupe le terrain, pensant que le peuple en oublierait son quotidien. Erreur, la « bonne » gestion des conflits et attentats n’est qu’un cache-misère d’une réalité qui le rattrape. D’autant plus qu’autour de lui les défaillances et trahisons se multiplient, et les ambitions se réveillent. Le doute précède le rejet. Et la réputation de « président » n’est pas suffisamment installée pour protéger l’occupant de l’Elysée.

Ses amis ou plutôt ses « obligés » en font trop. Les « troubadours » de la République réécrivent maladroitement l’histoire des premières années ; pour la plupart, ils chantent faux, et leur voix ne couvre pas le bruissement des multiples frondeurs et aujourd’hui déserteurs.

Engagé sur un malentendu, poursuivi en zig-zag, soutenu par une opposition déchirée, le septennat se termine de triste façon.

Avec Nicolas Sarkozy, il y avait eu un moment d’enthousiasme, et quelques mois d’espérance, vite gâchés.

Avec François Hollande, il y eut une grande fête célébrant surtout le départ de son prédécesseur, discrédité, mais il a suffi de quelques semaines pour que les trois-quarts des français déclarent qu’ « ils n’attendaient pas grand chose » du nouveau président.

Déjà résignés !

Pino un peu triste.

mar 27

Pour bâtir une réputation il faut du talent, bien sûr, du travail et du temps.

S’agissant d’une réputation de Président, le temps peut être compensé par l’argent mobilisé par le candidat ou ses amis, nombreux ou puissants. Mais, quelle que soit la mise, elle ne remplace pas la résonnance des idées avec celles de l’opinion du moment.

Avec JFK, Bill Clinton et plus récemment Barack Obama, la force des idées se fondait sur le « rêve américain ». Et le monde d’espérer !

Avec la plupart des candidats actuels, il se fonde sur le repli et la peur, pour garder son statut individuel ou collectif. Et le nationalisme de se réveiller.

Dans la vieille Europe – caricaturalement en France – et s’agissant toujours de la réputation du Président, on fait davantage confiance au temps qu’au talent. On préfère une promesse, même implicite, de médiocrité, à l’aventure des idées.

La clé du succès électoral est de s’engager à préserver notre modèle social.

Le pays berceau de la révolution est le seul à avoir inscrit le principe de précaution dans sa constitution !

Pour « un » Emmanuel Macron, critiqué par son camp pour n’être pas du sérail politique, on ne rencontre que des routiers de la politique blanchis sur les bancs du syndicalisme étudiant et recasés, embourgeoisés par le « système ». Il est vrai que les réussites de ministres venant de la société civil ne sont pas légions. Aux Finances, certains disent que Thierry Breton ou Christine Lagarde s’en seraient plutôt bien « tirés » ; en tout cas mieux que Francis Mer, plein de certitudes, n’écoutant personne et empêtré dans ses propres réseaux patronaux. En réalité, ils n’ont été bien souvent que des alibis dans un monde de « professionnels », peu enclin à la fraternité. Les ouvertures de Giscard, les Juppettes, les Sarkozettes, et même les récentes nominations du gouvernement Valls 2, tiennent plus de la combinaison que d’une équipe de combat. De toutes façon, il y aura toujours « des » Placé, qui ne sont des « poils à gratter », pour rêver d’un maroquin et vendre leur âme au diable ; peu importe la couleur !

Mais revenons à l’ouvrage de Theodore White, The making of the President.

Machiavel est la référence sur les tactiques et stratégies pour garder et renforcer son pouvoir. White est clairement la référence d’aujourd’hui, pour qui veut le conquérir. Ecrit en 1960, le livre du journaliste, raconte au travers de la campagne de JFK, ce qu’est une campagne multimedia moderne pour conquérir le pouvoir lorsqu’on est intelligent, séduisant, plein de charisme et d’argent. Mais le livre illustre surtout la force d’une idée plus que d’une promesse. Lorsque l’idée rencontre l’opinion, la rumeur verbale, sociale ou numérique fait le reste. La promesse inquiète de plus en plus. A juste titre. Il faut y mettre les moyens, humains et financiers pour la soutenir, surtout si le passé la contredit. Bien sûr, on peut comme en France, faire du neuf avec du vieux. Mais en regardant autour de nous, c’est plutôt avec du neuf, et peu d’occasion, qu’on voit nos voisins redresser la barre, puis la tête.

Mas après tout, rien n’est joué, et il est probable qu’en France ce sera plus avec du courage que de l’argent (surtout celui des autres) que l’on fera bouger les choses.

Pino agaçé

mar 01
Il faut pour acquérir une réputation, du talent, du travail mais aussi du temps, surtout en France.

Sans doute le poids de l’histoire, et un brin de méfiance vis-à-vis des nouveaux venus, ne facilitent pas l’éclosion des talents.

En politique, le préjugé est plutôt négatif. Et si la confiance se mérite, il est clair que ceux qui tiennent le manche ne sont guère accueillants. La réputation est longue à installer. Une fois bâtie elle constitue un capital, moins fragile qu’on ne le pense.

Il a fallu à DSK bien des frasques (financières ou autres) pour que le tribunal de l’opinion ne se détache d’un personnage à la fois populaire et réputé. Il a fallu aussi bien du temps à Nicolas Sarkozy pour développer un rejet, fatal en 2012, et qui lui colle encore à la peau aujourd’hui.
Elu par défaut, François Hollande est un des rares présidents de la République de la Vème, qui n’ait pas été précédé par une solide réputation. Se présentant comme « normal », il ne pouvait que décevoir, dans un contexte difficile, alors que la fonction suppose un comportement à la hauteur d’une charge créée par un autre. L’habit ne fait pas le moine, mais les événements peuvent révéler un caractère ! Confronté à des événements exceptionnels, il a occupé le terrain, laissant peu de place à une critique institutionnelle. Son image de politicien habile, s’est enrichie, un temps,  d’une dimension d’homme d’Etat respecté hors de nos frontières, avec des retombées positives …en son pays. En quelques mois, il avait construit les fondements d’une réputation de Président de la République, alors qu’il est à l’Elysée depuis 2012 ! Bien sûr, son bilan local n’est pas très brillant. Manipulateur, limite combinard, il est le roi du tango politique, mais aujourd’hui se prend les pieds dans le tapis. L’embryon de réputation qu’il avait su bâtir au gré de tragiques événements, est largement écorné par ceux qui, dans son camp, s’estiment bernés. Car la réputation se diffuse de façon concentrique. Et il n’est pas aisé d’avoir bonne réputation si sa famille et ses proches vous tirent dans le dos. En politique les choses sont plus compliquées, car on compte davantage de courtisans intéressés que d’amis fidèles. Lorsque souffle un vent mauvais, les regards se détournent dans le meilleur des cas.
Ce qui est souvent un mauvais calcul. L’histoire récente avec l’élection présidentielle de 1995, avait vu le ralliement précoce de Nicolas Sarkozy à Edouard Balladur, avant son effondrement. Magnanime, Jacques Chirac a réduit sa pénitence à quelques années de purgatoire politique, avant de se laisser convaincre que la droite ne saurait se passer de ce talent.
Le « sauve qui peut » à gauche et la « bataille de chiffonniers » à droite, augurent surtout d’une belle incertitude qui fait déjà les délices des commentateurs de tout-poil et remplit les caisses des sondeurs et autres pythies, payés pour dire ce que chacun pressent.
Avec le temps, les affaires, les revanches et trahisons, le paysage se complique singulièrement.
Les réalités rejoignent les réputations. Prêts à tout – se renier est le moindre des pêchés – les candidats fourbissent leurs armes. Entre le tacticien empêtré dans ses contradictions, le fonceur, le sage psychorigide, le gendre idéal qui ne séduit pas la fille de la maison, et celui qui « joue le coin du bois », les paris sont ouverts,…à moins que comme souvent, les événements ne se chargent de forcer les destins.

Pino
Observateur attentif
jan 28
Des images et des mots.

Les images soulèvent l’émotion alors que les mots parlent d’abord à la raison.

L’un sans l’autre, conçus ou pensés avec talent, laisse une trace affective. L’un avec l’autre contribue à former la réputation, en donnant un sens à ce qui remue le coeur.

Peu d’hommes politiques parviennent à se créer cette réputation, l’entretenir, la réveiller par quelques moments forts.

Bien sûr, il importe que leurs valeurs affichées rencontrent celles de l’époque, que leur soi-disant éthique soit conforme avec la morale du moment. De là à devenir incontournable!
La plupart des hommes ou femmes politiques l’ont bien compris, qui soignent la mise en scène.
Opportunistes, ils s’accrochent aux lieux et événements qui soutiendront l’intention.
Réalistes, ils savent que l’image (quelquefois contrariée par la météo) imprimera davantage que le discours. Hélas, mais plus souvent tant mieux!
On retiendra plus le ridicule ou l’anecdotique que le conventionnel: une chapka, une cravate de travers, une annonce tragique en Lacoste…Bref, la forme ne doit pas contrarier le fond, si elle ne s’accorde. C’est un peu comme un faute d’orthographe…
Et, il y a ceux, artistes de l’image et bâtisseurs de réputation, qui malgré des conseils souvent contre-nature, détiennent les clés de la popularité.
L’actualité met en lumière le grand talent de Christiane Taubira qui produit un sans-faute lors de sa démission; tout au moins quant à l’effet et aux commentaires recherchés.
Une longue préparation psychologique, du suspense mais pas indécent, et le choix des mots: « parfois résister, c’est partir », « par fidélité à moi et à nous », « désaccord politique majeur« ,…
Et, surtout, les images pour donner de la force aux propos et traverser les réseaux sociaux, peu intéressés par les paroles.
Qui ne se souvient du départ « à pied » de Valéry Giscard d’Estaing, accompagné d’un célèbre « au revoir« ?
Dans son registre et à sa place, Christiane Taubira a choisi, de longue date, le vélo. Car il faut aussi attacher à une réputation fragile, une pointe de symbole qui n’est en réalité que fausse modestie.
Son rêve est probablement d’entrer dans l’histoire, comme Simone Veil ou Robert Badinter. La réalité est qu’au filtre du temps, il restera peu de chose du « mariage pour tous » par rapport aux révolutions que furent l’IVG et l’abolition de la peine de mort.
Il restera quand même une « superbe sortie »…qui prépare peut-être un retour difficile.
Pino connaisseur
jan 01

En janvier 2015, les « amis de l’Observatoire de la réputation » ont participé à l’étude de notation des sociétés du CAC 40 sur le critère de leur réputation.
Conduite tous les 5 ans, l’étude a aussi pour objet de valider le « credo » fondateur des travaux de l’Observatoire :  la réputation est d’abord un actif patrimonial qui suppose pour une personne ou une entreprise, du talent, du travail et du temps. Fondée sur la confiance, la réputation réhabilite des valeurs traditionnelles. A l’inverse du trading elle suppose la « fidélité ». C’est peu spectaculaire, mais au total, ça paye !

Depuis la création de l’Observatoire de la réputation en 1995, ce credo de bon sens, a été régulièrement validé.
La réputation apporte une plus-value moyenne annuelle de 5% aux entreprises les plus réputées. Entre 2010 et 2015, les performances boursières des 10 entreprises les plus réputées sont spectaculaires : + 60% alors que l’indice CAC 40 ne progresse que de 20% !
Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il dans une année tourmentée comme 2015, alors que les événements, souvent dramatiques, ont entretenu l’incertitude, et le yoyo boursier ?
L’ étude de notation 2015 a consacré LVMH, L’Oréal  Danone, Michelin, Airbus, Essilor en tête des 10 entreprises les plus réputées. 12 mois plus tard, ces 10 entreprises qui constituent le « Reputation index » progressent en Bourse de plus de 17%, quand l’indice CAC 40 gagne 9%.
Airbus (notée 5R) progresse de 51% et Arcelor Mittal, (notée R), ferme la marche avec -56% !

La réputation, concept défensif, serait-elle devenue aussi un concept spéculatif ?

Bonne année boursière

JPP

déc 13
Le Général de Gaulle avait voulu que la responsabilité suprême de la nation soit exercée par un homme qui ait une relation singulière avec les français.

C’est l’esprit de la Vème République et très peu son vécu.
A part le général, aucun Président ne peut revendiquer cette proximité. Nos présidents sont tous des hommes de parti.
Mitterrand fut sans doute celui qui incarna le mieux l’alternance politique, avant, raison oblige, de se mettre au service des français et de marginaliser son propre parti. La première guerre d’Irak fut pour lui l’opportunité de revendiquer le statut d’homme d’Etat.
Les conflits rassemblent et c’est dans le danger que l’on reconnaît les leaders et leur attribue un statut qui dépasse les urnes et les clivages.
Chirac en s’opposant à Georges Bush s’affirma comme un homme d’Etat, malgré un bilan national plutôt maigre. A l’observation, nos présidents ne sont pas vraiment des « va t’en guerre ». Leur appréciation de l’intérêt du pays prend le pas sur le calcul; faisons leur au moins ce crédit. Il n’empêche que le meilleur moyen de se créer une réputation d’homme d’Etat est d’apparaître en Chef de guerre, quelle qu’elle soit.
Au-delà de la réalité du danger, c’est la mise en scène du rôle de chef, qui installe la fonction et peut-être le statut.
Etre perçu comme un homme d’Etat ne manque pas d’avantages. Celui-ci ne s’occupe pas du quotidien. Il a une vision, prépare l’avenir et ne saurait être jugé sur ses résultats à court terme. Comment lui faire grief d’avoir oublié la plupart de ses promesses? Faute de s’occuper des français, il est en charge de la France, de sa place dans l’histoire et dans le monde.
Cultivé et habile, François Hollande connaît bien l’histoire de France. La chance l’a porté à l’Elysée. Nos malheurs le remettent en scène. Et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il est à la hauteur de la fonction, s’agissant de la France. Ses efforts, complaisamment mis en image et commentés, soulignent ses récents engagements, mieux tenus que ses promesses.
Homme d’Etat, il ferme la porte à toute velléité dans son propre camp et rend dérisoires les querelles de ses adversaires politiques.
Il s’est présenté comme un « président normal », et s’épanouit dans les difficultés. Celles du quotidien se conjuguent au présent et au futur immédiat, et malgré les coups de menton, les « déclarations de guerre » tardives au chômage, les électeurs constatent la désolante réalité de leur situation.
Le capital réputation de François Hollande se construit hors frontières, mais continue de se dégrader sur le terrain.
A suivre, sans cynisme.
Pino