sept 11

Lorsque la météo est bonne, que les vents et les augures sont favorables,  la réalité stimule l’optimisme des peuples mais aussi des marchés.

La compétition est alors moins rude, et la plus-value qu’apporte une bonne réputation semble moins utile pour trouver sa place au soleil.

La France a connu ses « trente glorieuses ». Il suffisait de présenter objectivement les qualités requises, et une lecture diagonale d’un CV factuel débouchait sur un « vrai » emploi. Nul besoin de « références » morales, d’appartenance à un réseau pour dire du bien de vous, faciliter la mise en relation.

Il en allait de même pour les marchés financiers, reflets infidèles de l’activité économique et de l’humeur du citoyen. Les anciens racontent qu’à la fin du siècle dernier nombre d’entreprises gagnaient plus d’argent en plaçant leurs liquidités en Bourse que par leur activité nominale. La réputation des sociétés cotées comptait moins que leur résultat à cour terme. Créé en 1994, l’Observatoire de la réputation constatait alors : « en bourse la réputation traine la patte ». C’était le règne de l’image, des directions de la communication confiées à des attachées de presse, plus préoccupées du court terme, du risque médiatique que de la construction d’une réputation, véritable bouclier contre les aléas de la vie, même économique.

Le concept de développement durable traversait l’Atlantique, obligeant les entreprises à créer de nouvelles fonctions, alibi pour la plupart.

Puis boum ! Le 11 septembre  2001 a rappelé à la réalité du monde.

Un réveil bien douloureux pour les nations, les personnes et les entreprises. On se méfie du voisin, l’espionne au besoin à titre préventif.

Le principe de précaution fait son entrée dans la constitution des pays les moins entreprenants ; la France en tête.

En creusant, on s’aperçoit même que les banquiers ont créé, avec les subprimes de véritables bombes à retardement qui ne tardent pas à exploser, propulsant l’économie dans la tourmente. La confiance donnée aux entreprises ou aux candidats n’est plus un préalable. Le CDD est la règle. On n’investit à long terme que lorsque la personne ou l’entreprise présente des références. Bref, avoir la réputation de la fonction. Il ne suffit plus de savoir faire ; il faut que le regard des autres vous soit favorable. La technologie vient en partie au secours des inconnus. Les réseaux sociaux explosent. Tout le monde peut dire n’importe quoi sur tout le monde ; l’investigation indiscrète remplace l’enquête de voisinage. Il faut être « transparent ». Et, se pose aujourd’hui la question de la crédibilité, voire de la réputation des réseaux. Ceux à qui l’on peut faire confiance et les autres : une guerre des réseaux sur le terrain de la réputation et même sur les sols les plus glauques.

Dans la tourmente, on se penche sur le passé, probable garantie d’un succès futur.

Les marchés financiers reflètent en partie ces interrogations.

On savait qu’en Bourse la réputation apporte aux entreprises une « survaleur ».

Les études de notation conduites par l’Observatoire de la réputation depuis 1994 sur la réputation  des entreprises du CAC 40, indiquent que cette « plus-value » est en moyenne de 5 % par an pour les 10 entreprises les plus réputées par rapport à l’indice CAC 40.

Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il lorsque les événements Brexit, Grèce, banques italiennes, entretiennent l’incertitude, et le yoyo boursier ?

Conduite début 2015, la dernière étude de notation a consacré  sans surprise LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Airbus, Essilor, Air Liquide… en tête des 10 entreprises les plus réputées. 20 mois plus tard, ces 10 entreprises, qui constituent le « Reputation index », progressent en Bourse de plus de 14%,  quand l’indice CAC 40 ne gagne que de 1%.

Airbus (notée 5R) progresse de 29% et Arcelor Mittal, (notée R), ferme la marche avec -44% ! Les sceptiques diront qu’Air Liquide, valeur patrimoniale de base, a perdu 7% sur la période.

La fidélité des actionnaires du nouveau leader mondial des gazs, qui ont vu le titre progresser de plus de 40% sur les 5 dernières années, devrait les faire réfléchir.

La réputation n’est pas une assurance.

Fondée sur la confiance, celle d’Air Liquide est totalement acquise auprès des personnes. Pour un « gérant », une telle valeur qui suppose de s’inscrire dans le temps dérange. Le moindre déficit d’explication sur une opération complexe ouvre la porte à un espoir spéculatif, qui sera déçu à coup sûr.

Quand la réputation est bonne, on peut aussi accepter d’être prisonnier de sa réputation, avec ses bons et mauvais cotés.

Pino confiant.

sept 04

Le paradoxe de la réputation d’un Président.

Parmi les multiples qualités que l’on souhaite voir incarner par un Président de la République, l’honnêteté figure naturellement au premier plan, avec, bien sûr, l’autorité nécessaire au père de la nation, surtout dans la tempête.

L’observation des élections suprêmes dans la grande majorité des pays, y compris les ténors de ce monde, montre qu’il y de l’espace entre la déclaration du citoyen et son comportement.

Un peu d’histoire électorale de la Vème République éclaire aussi ce paradoxe largement partagé.

En 2002, un sondage place en tête des qualités attendues d’un président, l’honnêteté. Une autre question classait les candidats sur ce critère et, en fin de peloton, on retrouvait Jacques Chirac, présumé innocent.

Que croyez-vous qu’il advint ?

Jacques Chirac fut élu, avant d’être condamné au terme de son mandat pour « abus », et d’être le président préféré des français. Bien sûr, il ne s’agissait que de broutilles. Rien à voir avec les détournements d’hommes et femmes politiques africains ou d’Amérique du Sud, ou même russes.

Bref, il ne faut guère se fier à ces sondages qui mélangent morale affichée et éthique pragmatique. On n’est pas obligé de respecter pour faire confiance et donner les clés de sa maison. Surtout en période difficile.

Pour beaucoup, le principal est plus dans la promesse que dans celui qui l’énonce.

Ainsi de François Hollande dont les promesses ne sont que la caricature du mensonge politique. Faire rêver d’un monde meilleur est un talent de bonimenteur, et non de menteur en politique.

L’actualité est l’interrogation sur la candidature d’Emmanuel Macron.

Au cours de la Vème République, tous les présidents avaient en se présentant, une véritable réputation de Président forgée avec le temps, l’expérience et le talent.

A bien y regarder, à part un vrai talent, Macron ne semble pas répondre aux autres critères.

Au pays de Voltaire, son expérience paraît un peu courte,…et même discutable.

Les plus sévères à gauche soulignent même que « sa » grande réforme se résume à quelques bus et dimanches d’ouverture, et que la révolution numérique qu’il revendique doit beaucoup à Fleur Pellerin.

Le temps pourrait jouer pour lui. La France rêve toujours d’un Kennedy français. Nous avons eu Giscard, mais celui-ci a fait défaut ; du gâchis !

Mais revenons à l’honnêteté. Le calcul de François Hollande, plutôt un souhait, est de se confronter à Nicolas Sarkozy au second tour. Un souhait largement partagé par l’ex-président, sur le fil du rasoir judiciaire…Encore faudrait-il qu’ils soient au second tour ?

Le pire, pour le pays, est d’avoir « des » présidents élus par défaut et l’actualité ne rend guère enthousiaste.

Pino compréhensif

août 16

Depuis bientôt 20 ans, Simone Veil occupe les premiers rangs parmi les « personnalités préférées » des français et s’inscrit dans  notre « mémoire longue », à juste titre.

Souvent en tête du Top 50 du JDD, elle fut – au gré des événements –  rejointe par des chanteurs, sportifs, artistes, mais jamais par des   »politiques », que l’on retrouve plutôt au fond de la classe.

Lorsque Yannick Noah est « préféré », il faut certainement y voir le succès de la chanson de l’été « Saga Africa » et le souvenir d’une brillante carrière de tennisman et d’entraîneur.

Citoyen fiscal suisse, Noah est d’abord populaire.

Jean-Jacques Goldman, personnalité préférée en 2015, est certes populaire, talentueux et discret, mais ce qui a surtout forcé l’admiration et le respect était son engagement dans les « Restos du Cœur ». Chapeau et merci l’artiste.

L’arrivée d’Omar Sy en tête du palmarès de l’été 2016, interpelle davantage non sur le résultat, image et non réputation, mais sur la méthode.

Rien à voir avec le talent plébiscité de l’acteur, probablement très sympathique, qui a choisi de faire carrière à Hollywood.

En revanche, on peut s’interroger sur la fiabilité d’un sondage qui propose une liste « fermée » de personnalités choisies suivant les caprices des sondeurs. 50 noms, avec quelques nouveaux chaque année, en fonction de la mode, des événements, bref de l’actualité.

Ainsi Emmanuel Macron fait-il son entrée au 50ème rang,…une place derrière Alain Juppé?

Il est vrai que le Ministre de l’Economie et des Finances figure parmi les personnalités politiques préférées des français, loin devant François Hollande, qui sort du Top 50.

Que de contradictions entre les experts!

La plupart tiennent aux questions posées par les différents instituts, au contexte, aux concurrents en lice, et à l’humeur du jour des français.

Il reste que la formidable réputation de Simone Veil, fondée sur le courage et l’engagement, assure une continuité dans la reconnaissance. Respectée plus que populaire, attachée à de vraies valeurs, c’est sans doute ce qui explique le mieux la place « à part » qu’elle occupe dans le cœur et la mémoire des français.

Pino curieux

juil 14

On connaissait l’homme providentiel.
Celui qui arrive lorsque les choses vont á vau-l’eau,ou pire,lorsque la fatalité semble avoir pris le pas sur la maîtrise de notre destin.
Á la réflexion,ces hommes qui marquent l’Histoire, sont bien peu nombreux.
Pétain s’était voulu providentiel, qui faisait « don de sa personne » á la France. Fatiguée, démoralisée, celle-ci lui fut un temps reconnaissante…au vu des circonstances.
L’homme providentiel fut à coup sûr De Gaulle, qui par orgueil et volonté, changea le cours des choses.
La Providence choisit ses élus avec parcimonie!
Être reconnu comme « providentiel » présente bien des avantages. Notamment celui d’atténuer, voire effacer quelques maladresses ou errements.
Si Mitterrand a été providentiel pour la gauche, il fut pour beaucoup un opportuniste, Secrétaire d’Etat de Pétain, naviguant avec habileté jusqu’à la conquête d’un pouvoir qu’il exercera au mieux.
Vers quelque horizon que l’on se tourne aujourd’hui, on ne voit guère celui qui redonnera la fierté perdue.
Les ambitieux de tout poil ne manquent pas. Certains veulent simplement prendre position, « faire bouger les lignes  » (sic), remettre le pays sur les rails.
Hollande restera dans la petite histoire, celle d’ une France déclinante, égalitaire, repliée.
Il fut le premier President « circonstanciel » de notre Vème République.
Après la déception Sarkozy, et faute de combattants, il fut porté au Pouvoir par les circonstances, sans parler des mensonges devenus promesses.
Chacun pressentant sa sortie, les hommes circonstanciels se hâtent.
Tacticiens au petit pied pour la plupart, ils bénéficient de l’indulgence et des bonnes grâces des médias en panne de commentaires.
Le cas d’Emmanuel Macron est particulièrement intéressant. Bien sûr, il n’est pas le premier á bénéficier du système qu’il dénonce. Mais il le fait avec fraîcheur, une pointe de talent et un style provocateur.
Hypocrite ou habite? Les deux probablement.
Il est vrai qu’il s’attaque au prince de la combine, caricature du politicard, qui surfe sur les événements plus subis que provoqués, pour tenter de faire oublier la médiocrité de son bilan.
Il sait que si les français ont á choisir entre « la  peste et le choléra « , une troisième voie s’ouvrira
Peu glorieuse sans doute.
Pino curieux
juin 28

Ça devait arriver.

Certains l’avaient prédit, d’autres s’y étaient opposés et bien peu l’avaient affectivement souhaité.

Il est vrai qu’après des liaisons passionnées et épistolaires, empruntant davantage aux intérêts du moment qu’à Roméo et Juliette, la rupture ne devrait pas surprendre.

Réputation oblige.

Après des siècles de fiançailles ponctués de multiples infidélités, de serments ou de simples promesses, il avait pourtant été question de mariage. De doctes juristes avaient préparés des papiers aux contenus ambigus et obscurs.

Bien peu avaient été signés.

Chacun a fait semblant, tout en se méfiant de l’autre, expérience séculaire aidant. Il y eut même des moments, lors des tempêtes, où un témoin aurait pu croire à la force de leur union. Mais, il y en eut surtout, lorsqu’il était question d’argent, où le couple se déchira.

Réalistes, les concubins, traversèrent la plupart de ces épreuves au détriment du plus sentimental.

La belle et perfide « isolée » avait bien des atouts et son passé méritait le respect. Il ne fallait pas la laisser filer, ne serait-ce que pour ne pas donner le mauvais exemple aux plus frivoles des compagnons ?

Mais, l’union battait de l’aile et, au détour d’une échéance, le chef de la concubine réveilla la fierté du peuple, y ajoutant que l’ile était proche de l’invasion ; d’autres ajoutèrent qu’il fallait fermer le tunnel et laisser les envahisseurs sur le continent, mais pas leurs sous.

Bref, le vers était dans tous les fruits, et le divorce fut réclamé…alors que le mariage n’avait jamais été célébré. Bien sûr, il y avait eu – au fil des siècles – large consommation ; avec de bons et mauvais souvenirs. On trouve même, surtout dans les livres, de part et d’autres du grand Canal, des traces de moments passionnels entre deux bagarres.

Sans mariage pas de divorce, mais beaucoup de papiers accumulés au fil de « marathons » administratifs et politiques. Beaucoup de promesses, d’engagements, d’arrangements de circonstance et surtout d’affaires en commun.

Après plus de 40 années de concubinage, avec plus de méfiance que d’affection, de « non-dits » et de clashs, de célébration des moments glorieux et partagés de chacun, on finissait par croire à l’amitié.

Et d’ailleurs, lorsque le peuple prit la parole, bien peu crurent à la séparation.

Il faut un certain  courage pour se séparer. Et les insulaires n’en manquent pas, d’orgueil aussi.

Dans la vie personnelle comme dans la vie politique on s’habitue à un certain confort, affectif et économique. Lorsque le cœur n’y est pas, les conflits d’intérêt se multiplient, y compris lorsque la sortie concerne des adultes soi-disant intelligents. La séparation réveille aussi les passions.

Et, il est bien fréquent que celui qui demandait la liberté, soit le premier à renâcler devant le nouveau chantier. Après avoir vécu dans l’hypocrisie, le rappel à la réalité est une épreuve révélatrice de la force des caractères.

Dans les belles histoires, chacun reprend son chemin et solde les comptes ; on se souhaite bonne chance en tentant de préserver l’essentiel.

Après ces expériences douloureuses, il y en a même qui se retrouvent.

Il ne faut jamais dire « jamais » !

Good luck

Pino sorry

juin 06

On a cru longtemps se rassurer en affectant de croire que la mauvaise image des français n’affectait pas la réputation de la France.

Et, il est vrai que l’on entend plutôt de la part de nos voisins – même les plus lointains – « j’aime la France » que « j’aime les français » !

Comme si l’histoire de la France n’était pas le produit de nos heurs et malheurs.

Bien sûr, la réécriture de notre glorieux passé insiste davantage sur le siècle des Lumières et le pays des « Droits de l’homme », que sur les moments douloureux …rappelés avec maladresse, ou manipulés.

Suivant le dicton, on ne saurait « être et avoir été ». Et de citer les grands empires, royaumes, dictatures, qui dominèrent le monde, et sont passés aux oubliettes. Rappeler cette vérité n’explique ni n’excuse notre déclin, qui après avoir touché notre réalité économique s’attaque désormais au patrimoine le plus précieux d’un vieux pays : notre réputation.

Ne pas être aimé, n’est guère agréable, titille notre orgueil, mais peut être inscrit dans un épisode de la vie nationale. En revanche, devenir le pays à qui l’on ne fait plus « confiance » et qui perd ainsi – année après année – toute attractivité, ouvre la porte à l’oubli, à la sortie des livres d’histoire. Ce risque est d’autant plus grand que la génération numérique, accélère la confusion entre image et réputation.

La réputation, autrefois solide, fondée sur du talent, du travail et du temps, s’inscrit dans la mémoire longue. Aujourd’hui, la mémoire longue est dans des livres, qui, numérisés pour la plupart, entrent en concurrence avec l’information au quotidien. Une image chassant l’autre, la vérité repose sur la dernière projetée dans les réseaux et la scène médiatisée. Heureusement, il reste quelques « penseurs », philosophes ou simples polémistes. Mais, leur temps de parole est désormais compté et le public, pour ne pas sombrer dans la réflexion, leur préfère les commentateurs qui cèdent à la facilité de l’actualité et ses contradictions.

Bref, nous sortons en douceur de l’histoire, et surtout semblons nous accommoder de cette soi-disant fatalité.

En un siècle, nous sommes passés de la troisième à la sixième place en tant que « puissance », et le rythme s’accélère !

Et surtout, nous passons doucement à la trappe, en ce qui concerne les intentions d’ « investir » chez nous. On nous « visite », mais de moins en moins.

Il n’y a plus de « désir de France »…qui aurait précédé l’ « amour » de notre pays.

Ne parlons pas du quotidien, des renonciations, des grèves iconoclastes, des réformettes, du manque d’ambition, de vision, d’autorité,…qui déconstruisent le pays et affectent son patrimoine réputation. Certains voyaient en la France un pays-musée ; encore faudrait-il accueillir correctement les visiteurs ?…ce qui est loin d’être le cas en ces jours d’Euro de football !

Dans quelques mois, viendra le temps des promesses, et avec bon sens, parions que les français auront les dirigeants qui leur ressemblent.

D’une manière générale, les masochistes que nous sommes, aiguillonnés par les hommes politiques et par les medias, n’en finissent pas de battre leur coulpe, de se repentir de tout et de rien, par crainte d’être accusés d’orgueil ou d’amnésie.

C’est au point que, dans ce pays de procureurs, nous nous sentons devenir des coupables…Albert Camus écrivait à propos de la République : «  Il est bon qu’une nation soit assez forte de traditions et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s’avouer seule coupable, et de la vouer à la pénitence perpétuelle ».

Pino nostalgique

mai 06

Moi Hollande, je n’ai pas perdu tout espoir d’être réélu en 2017. Mais,  en ai-je envie, en aurais-je envie ?Ce qui me motive, ce qui me motivera, c’est de résister à Sarkozy, et plus encore, battre Marine Le Pen : la voir au second tour serait un drame, mon drame

Tous, public, media, répètent à l’envi que je n’ai pas tenu mes promesses – serai-je influencé par cette phrase du poète Faouzi SKALLI qui écrit « rien ne te mène autant que l’illusion ». Ces promesses étaient donc celles de l’illusion, de mon illusion.

« Employez-vous de n’avoir que des pensées positives, elles feront merveille en vous » écrivait un autre poète. Cette phrase m’habite également, oui je veux y croire, je veux être positif. Soyez sûrs que je crois aux promesses faites et soyons sérieux et justes, même dans cette conjoncture extrêmement difficile, beaucoup de mes promesses ont reçues leurs preuves.

Mon illusion est donc souvent devenue réalité.

A tout ceux qui râlent, à tout ceux qui crient sur tout et n’importe quoi, j’aimerai leur donner à réfléchir sur ce poème touareg, « ne te lasses pas de crier ta joie d’être en vie et tu n’entendras pas d’autres cris ! »

Alors, vous, patrons, syndicats, députés, maires, et autres frondeurs : arrêtez de crier et je vous le redis, employez-vous à avoir des pensées positives !

Ne soyez pas de ceux qui se rattachent à leurs certitudes et à une vision toute faite d’un monde qui ne laisse pas penser, car, « dès lors qu’on pense, on se questionne ».

Que vos râles, vos plaintes soient remplacées par des questions, et que vos réponses soient des actions !

Patrice

mai 01

Nous vient l’envie d’appliquer à Monsieur Platini ce poème de Rimbaud : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… sous les tilleuls verts de la promenade ».

On n’est donc pas sérieux Monsieur Platini quand on a 60 ans et qu’on se promène sur les rives du lac de Lausanne.

Monsieur Platini vous êtes furieux, vous en voulez à la terre entière, les médias, les méchants journalistes, le juge Eckert et le TAS bien entendu. Tous ceux qui – vous semble-t-il – veulent mettre fin à votre carrière exceptionnelle de dirigeant où vous deviez finir naturellement dans le fauteuil de Président de la FIFA.

Et pourtant je voudrais vous dire que pour nous, supporters de toujours, votre attitude nous choque et qu’on souhaiterait vous poser une seule question : pourquoi ces 2 millions de dollars pour des travaux effectués entre 2002 et 2004 ? Qu’est ce qui fonde ce tarif ? Quelles sont vos compétences, vos savoir- faire qui justifient qu’on puisse vous payer environ  100 000 dollars par mois ?

Pouvez-vous nous dire les travaux réellement effectués, pouvez-vous nous dire si les rapports existent et qui démontrent votre travail ? De cela vous n’en parlez pas : comprenez donc nos doutes !

Pour nous hélas vous vous êtes disqualifié vous-même ; oui cette fois-ci le carton rouge est pour vous !

Il nous semble que vous l’avez bien mérité.

Patrice

avr 15

Pas facile de se faire une réputation.

Bien sûr, il faut du talent et du temps. Mais il faut aussi la manière sinon une méthode, au mieux, une stratégie, et des « amis », un « réseau » pour relayer la nouvelle.

Comme la réputation se diffuse de façon concentrique, une réputation bâtie à l’ancienne suppose que l’on s’inscrive et progresse dans des cercles idéologiques, politiques. Bref, de grandes familles supposées réunir ceux qui partagent des idées et surtout des intérêts. Faute de famille ad-hoc, on peut aussi choisir de la créer, d’emprunter la longue route.

Si on vise la fonction suprême, il faudra se créer la réputation du meilleur candidat, ce qui n’a rien à voir avec celle du meilleur président !

Le cas de François Hollande illustre curieusement ce paradoxe. A un an de l’échéance, seuls 3% des électeurs voyaient en lui le futur président. Et dans son cercle élargi, il rassemblait moins de 10% des encartés. Et pourtant, profitant du désarroi de son propre camp et surtout du rejet massif de son adversaire, il parvint dans une France coupée en trois à l’emporter.

Premier président à être élu, sans en avoir la réputation. Rude tâche que de se construire une réputation de président, tout en exerçant la fonction, en pleine tempête. D’autant plus qu’il avait beaucoup promis ; un peu plus que les autres. Elu de la République, mais surtout apparatchik, tacticien plus sympathique que fidèle, le retour sur terre n’est pas si facile, surtout lorsque la fonction réclame de prendre de la hauteur.

Après avoir remercié les siens, fait les poches des moins modestes, découragé les plus entreprenants, les premiers ennuis vinrent de l’extérieur, avec un décrochage du pays, le regard méprisant des voisins et un léger bras de fer perdu avec l’ami allemand. Le théoricien du « rapport de force » dut en rabattre. Devant les premiers résultats catastrophiques de son entrée chez les grands, François Hollande, bon élève de Mitterrand, choisit de faire diversion. De faire de ce qui devait être un simple rattrapage, le « mariage pour tous », un vrai sujet de société. Bien joué ! La mayonnaise a pris rapidement, frisant l’hystérie chez les plus conservateurs. « Il faut cliver chez l’adversaire » disait Mitterrand. Hélas, semer le désordre chez un adversaire, distrait l’opinion mais ne construit pas la confiance nécessaire à l’action en profondeur et son bénéfice en réputation. L’épisode amoureux et ses conséquences littéraires ne furent qu’anecdotiques. On aime bien que son président nous ressemble un peu ; sans toutefois être goujat.

Et puis vint l’opportunité que redoutent ou espèrent tous les dirigeants : le conflit aux portes, même lointaines, du pays. L’occasion de donner du sens au « suprême » de la fonction. Sarkozy eut la Lybie, pour Hollande, ce sera le Mali. Et là, l’opinion de reconnaître qu’il a fait le job de la fonction. Les attentats, hélas, confirmèrent qu’après tout il était peut-être l’homme de la situation et des grandes décisions. C’est dans les grands moments que se révèle l’homme d’état et que la porte de la réputation s’entrouvre. L’élu exploite alors – à force d’images symboliques et de coups de menton – le tragique de la situation. Il occupe le terrain, pensant que le peuple en oublierait son quotidien. Erreur, la « bonne » gestion des conflits et attentats n’est qu’un cache-misère d’une réalité qui le rattrape. D’autant plus qu’autour de lui les défaillances et trahisons se multiplient, et les ambitions se réveillent. Le doute précède le rejet. Et la réputation de « président » n’est pas suffisamment installée pour protéger l’occupant de l’Elysée.

Ses amis ou plutôt ses « obligés » en font trop. Les « troubadours » de la République réécrivent maladroitement l’histoire des premières années ; pour la plupart, ils chantent faux, et leur voix ne couvre pas le bruissement des multiples frondeurs et aujourd’hui déserteurs.

Engagé sur un malentendu, poursuivi en zig-zag, soutenu par une opposition déchirée, le septennat se termine de triste façon.

Avec Nicolas Sarkozy, il y avait eu un moment d’enthousiasme, et quelques mois d’espérance, vite gâchés.

Avec François Hollande, il y eut une grande fête célébrant surtout le départ de son prédécesseur, discrédité, mais il a suffi de quelques semaines pour que les trois-quarts des français déclarent qu’ « ils n’attendaient pas grand chose » du nouveau président.

Déjà résignés !

Pino un peu triste.

mar 27

Pour bâtir une réputation il faut du talent, bien sûr, du travail et du temps.

S’agissant d’une réputation de Président, le temps peut être compensé par l’argent mobilisé par le candidat ou ses amis, nombreux ou puissants. Mais, quelle que soit la mise, elle ne remplace pas la résonnance des idées avec celles de l’opinion du moment.

Avec JFK, Bill Clinton et plus récemment Barack Obama, la force des idées se fondait sur le « rêve américain ». Et le monde d’espérer !

Avec la plupart des candidats actuels, il se fonde sur le repli et la peur, pour garder son statut individuel ou collectif. Et le nationalisme de se réveiller.

Dans la vieille Europe – caricaturalement en France – et s’agissant toujours de la réputation du Président, on fait davantage confiance au temps qu’au talent. On préfère une promesse, même implicite, de médiocrité, à l’aventure des idées.

La clé du succès électoral est de s’engager à préserver notre modèle social.

Le pays berceau de la révolution est le seul à avoir inscrit le principe de précaution dans sa constitution !

Pour « un » Emmanuel Macron, critiqué par son camp pour n’être pas du sérail politique, on ne rencontre que des routiers de la politique blanchis sur les bancs du syndicalisme étudiant et recasés, embourgeoisés par le « système ». Il est vrai que les réussites de ministres venant de la société civil ne sont pas légions. Aux Finances, certains disent que Thierry Breton ou Christine Lagarde s’en seraient plutôt bien « tirés » ; en tout cas mieux que Francis Mer, plein de certitudes, n’écoutant personne et empêtré dans ses propres réseaux patronaux. En réalité, ils n’ont été bien souvent que des alibis dans un monde de « professionnels », peu enclin à la fraternité. Les ouvertures de Giscard, les Juppettes, les Sarkozettes, et même les récentes nominations du gouvernement Valls 2, tiennent plus de la combinaison que d’une équipe de combat. De toutes façon, il y aura toujours « des » Placé, qui ne sont des « poils à gratter », pour rêver d’un maroquin et vendre leur âme au diable ; peu importe la couleur !

Mais revenons à l’ouvrage de Theodore White, The making of the President.

Machiavel est la référence sur les tactiques et stratégies pour garder et renforcer son pouvoir. White est clairement la référence d’aujourd’hui, pour qui veut le conquérir. Ecrit en 1960, le livre du journaliste, raconte au travers de la campagne de JFK, ce qu’est une campagne multimedia moderne pour conquérir le pouvoir lorsqu’on est intelligent, séduisant, plein de charisme et d’argent. Mais le livre illustre surtout la force d’une idée plus que d’une promesse. Lorsque l’idée rencontre l’opinion, la rumeur verbale, sociale ou numérique fait le reste. La promesse inquiète de plus en plus. A juste titre. Il faut y mettre les moyens, humains et financiers pour la soutenir, surtout si le passé la contredit. Bien sûr, on peut comme en France, faire du neuf avec du vieux. Mais en regardant autour de nous, c’est plutôt avec du neuf, et peu d’occasion, qu’on voit nos voisins redresser la barre, puis la tête.

Mas après tout, rien n’est joué, et il est probable qu’en France ce sera plus avec du courage que de l’argent (surtout celui des autres) que l’on fera bouger les choses.

Pino agaçé