jan 28

 Pas facile de se créer une réputation de Président.

Il y faut à coup sûr du talent, du travail, du temps et aussi un peu de chance.

S’afficher comme un homme normal témoigne d’une fausse modestie ou d’une singulière habileté :  il n’y a rien qui ne rapproche plus que de se réclamer de la corporation du commun. De toute façon, chacun conviendra que pour briguer le mandat suprême, il faut une extraordinaire ambition et des amis qui se chargeront de raconter la belle histoire de votre parcours, sans arrière-pensées bien sûr.

Car toute réputation se construit de façon concentrique. La crédibilité passe par les propos de sa famille, ses voisins, ses collègues…éventuellement relayés. C’est au travers de ces différents cercles que se diffusent les rumeurs, bonnes ou mauvaises, prennent leur crédit ou s’étouffent dans l’œuf.

Pour avoir joué en solo, un moment ignorer la famille, Ségolène Royal, et même Lionel Jospin, qui affirmait sans rire que son « programme n’était pas socialiste », ont loupé la marche.

Le travail, pour un homme politique, c’est d’abord la perception de la pertinence de ses choix et décisions. C’est aussi un constat : un bilan contre un programme et des « engagements » qui laissent le citoyen largement incrédule. Le réalisme du bilan face au rêve d’un avenir meilleur. On peut évidemment nier la réalité et déclarer « préférer la prospective à la rétrospective »; jouer sur les mots.

Le temps nous a permis de mieux connaitre, sinon apprécier, la personnalité des candidats. La campagne électorale exacerbe les travers et fait découvrir quelques qualités. Mais le caractère change peu. Untel, méprisant par nature, pourra cultiver une proximité de circonstance. Tel autre, au tempérament plus jovial, joue l’ »austère », quitte à nous ennuyer. Les spécialistes appellent cela des postures. D’autres parlent d’impostures. Le citoyen, pense plutôt, qu’on le prend pour un gogo. Il y a une grande différence entre faire sourire et faire rêver…quoique la conquête passe souvent par un trait d’humour.

Et puis, il y a les événements et la chance.

Les événements révèlent tous les cent ans des hommes d’exception. Hélas, faute de stratèges, il faudra se contenter de tacticiens, un peu « bricoleurs »!

La chance, on l’a vu, sourit aux plus habiles, et vient souvent du malheur des autres…avec éventuellement un coup de pouce de ses faux amis. Encore faut-il savoir la saisir?…car celui qui gagnera, sera aussi celui qui limitera les fautes de goût et maladresses.

Trois mois, c’est quelquefois long.

Pino spectateur abusé

jan 10

 

La force d’un « conseil » est rarement dans la qualité de ses recommandations, mais plutôt dans sa capacité à convaincre son »client » de faire ce qu’il préconise. 

Dans ce curieux métier, on peut être payé cher, et finalement ne voir que rarement ses conseils mis en oeuvre. Et, logique oblige, plus on monte dans la hiérarchie, moins de temps un client prestigieux aura à consacrer aux analyses et injonctions du gourou.

Bien sûr, l’addition, et éventuellement les méandres financiers pour rémunérer de précieuses élucubrations, seront à la hauteur de la notoriété et des soucis du client.

Se réclamer d’être le confident de tel important personnage, peut même trouver gratification de toute nature, en réputation notamment.

Sans malice, on s’étonnera quand même de voir l’intérêt que suscitent encore les augures de Jean-Marie Messier,…qui a couté si cher à ses actionnaires.

D’autres brillants esprits, lors de leur passage en entreprise ou institution comme Alain Minc ou Jacques Attali, ont laissé des souvenirs mitigés. Leur intelligence affutée et médiatique, s’exprime mieux en prévoyant le pire, qu’en exerçant le pouvoir.

A chacun son talent!

Avec le temps, et beaucoup de réalisme, ils savent qu’être bien en Cour suppose quelques arrangements avec ses convictions.

Il y a aussi des conseillers – politiques – forts gourmands, tels Patrick Buisson, qui se font une spécialité de commenter les sondages d’instituts amis, tout en prélevant au passage une juste commission.

Après tout, il n’y a pas grand chose à redire à ces échanges entre adultes consentants sinon éclairés. Chacun y trouve son compte, et au hazard des conversations, il est rare que le rappel à un peu de bon sens, et une pointe d’habileté, ne fassent avancer les choses.

Les plus dangereux sont ceux qui exploitant quelque faiblesse et sous prétexte de faire gagner des voix, entrainent le Prince sur des chemins hasardeux, quitte à le mettre en danger. Le vote récent par une poignée de députés d’une loi “pénale” sur la non-reconnaissance du génocide arménien, complétant un texte témoignant d’une position forte de la France sur ce drame, illustre hélas le rôle néfaste de ces charlatans.

Il y a des sujets “citoyens” sur lesquels la crédibilité des historiens, conforte mieux notre vocation de pays des “droits de l’homme”, que l’engagement d’une polémique, qui rappelle de mauvais souvenirs.

Pino conseil en “bon sens”

déc 14

Bonne nouvelle!

Après réflexion, nos politiques auraient retrouvé la recette d’une bonne santé économique et financière.

Les agences de notation et autres charlatans vont pouvoir réserver leurs analyses fumeuses aux pays sans imagination, qui préfèrent se ruiner pour faire venir à grand frais des produits dont ils n’ont pas besoin.

Car, autre bonne nouvelle, la Chine, l’Inde et même les Etats-Unis, auraient à Durban « pris conscience du risque climatique« . De là à préférer le « pousse-pousse » à la pétrolette, il y a bien sûr un pas.

Dans les « bonnes » écoles (pas encore notées), on apprenait qu’il y avait deux types de dépenses. Les achats « primaires », car il faut bien se nourrir, et même se déplacer…Et les dépenses « discrétionnaires », car après tout aussi, il faut bien se distraire, éventuellement cultiver la mémoire collective, et même oublier.

Il y a bien eu ce grand moment d’espérance – en pleine croissance -  lorsqu’à l’initiative de quelques beatniks  nostalgiques (mais pas désintéressés), les pays « riches » ont cédé à la pression et créé des labels de bonne conduite, avec la cohorte de parasites engendrés par ce type d’idée: agences de notation bien sûr, conseils de tout poil, contrôleurs, … Normes et certificats vendus à bon compte. Et, pour les contrevenants, il suffisait d’acheter aux plus pauvres un « droit de polluer ».

Bref, en quelques  années, tout était devenu « durable ». Et jusque dans la vie privée où l’on remplaçait les amitiés de « 30 ans » par les amitiés durables.

Dans un « Point de vue » fort controversé, Pino, se hasardait dans Les Echos: « Si l’adjectif affaiblit l’intention du mot, il est fort probable que la traduction approximative de « sustainable » (sustainable development) par « durable », fera long feu à l’épreuve du quotidien. Engagement généreux et solidaire, le concept de développement durable est au coeur du vocabulaire politique, économique et financier, alors que la réalité vécue est la précarité, l’incertitude, et pour beaucoup,  le repli et l’égoïsme.

Les « guerres préventives » et les licenciements boursiers ne s’inscrivent-ils pas dans cette logique, qui vise à sacrifier en partie le présent? Il y a là un véritable paradoxe du temps qui mène à conjurer la menace immédiate en prenant un engagement durable, dont le terme sera repoussé par réalisme. »

Après un grand moment de solidarité, au nom des générations futures, il nous faut, avec le  même impératif, et les mêmes imprécateurs, nous résoudre aux arbitrages douloureux.

Soyons démagogues, mais pas trop.

Mais soyons aussi réalistes. Le premier pays touristique, du luxe et des fromages peut-il se  passer de vendre aussi du plaisir « made in France »?…ce qui n’a jamais empêché d’acheter nos TGV, Airbus, et même des voitures.

Réputation oblige.

Pino le recycleur

nov 30

Pour placer le fruit de son travail en Bourse, il faut avoir le coeur solide.

Sensibles aux humeurs et aux rumeurs, exagérant les événements, les marchés financiers, que l’on croyait fondés sur des réalités font la fortune des uns, ruinent les autres et donnent le tournis à chacun.

A qui se fier?

Aux analystes? Certainement pas. Démentis par les faits, la plupart ont perdu de leur arrogance et se réfugient dans le commentaire. Au pays des borgnes, et avec un peu de vocabulaire, quelques uns font encore illusion.

A la presse financière? Au bord de la faillite, elle ne survit qu’avec une publicité de complaisance, et grâce aux relais de sites d’information financière, qui ont au moins l’avantage du temps réel.

Aux gérants de portefeuille? La simple lecture des palmarès de la plupart encourage à parier les yeux fermés.

Aux conseils en patrimoine? A l’ancienne, leur prudence devient talent. Encore faut-il ne pas être trop gourmand?

Bref, dans un monde financier, gouverné par l’effet d’annonce et la peur du lendemain, et pour mieux préparer l’avenir, il vaut paradoxalement mieux regarder le passé qu’imaginer le futur!

Henry Ford disait que la principale valeur d’une entreprise n’était pas dans son bilan mais dans « ses hommes et sa réputation ». Dans la confiance patiemment méritée dans le temps par le travail et le talent.

Hélas, ou heureusement, l’actualité le vérifie à nouveau et démontre que la réputation, qui est évaluation du passé et promesse de jours meilleurs, a aussi une valeur spéculative.

En créant le « reputation index » (qui regroupe les sociétés ayant la meilleure réputation des 5 dernières années), l’Observatoire de la réputation  souligne encore dans la tempête boursière, que la confiance, fondement de la réputation, est le vrai « moteur » de l’économie d’un pays et du succès des entreprises.

Alors que le CAC 40 perd 20% depuis le début de l’année, le « reputation index » cède moins de 10%!

L’Entreprise la mieux notée (RRRRR en janvier 2010), et dont le patron Xavier Fontanet était élu « dirigeant ayant la meilleure réputation », progresse de 10%.

La réputation se gagne avec des réalités, et la notation de la confiance méritée ne fait que la reconnaitre.

Il ne sert à rien de crier « haro » sur les agences de notation, même sur les très modestes instituts qui, comme l’Observatoire de la réputation ne reflètent que le bon sens partagé.

Citoyens, consommateurs, épargnants, même combat.

Pino

nov 23

Des chercheurs américains auraient découvert que la puissance de diffusion d’une information négative était 12 fois supérieure à celle d’une bonne nouvelle, rumeur oblige!

En résumé, les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne; ce que l’actualité des derniers jours illustre avec bonheur.

D’un côté, Jeannie Longo, notre championne française la plus titrée, est blanchie sur une vilaine rumeur de dopage.

De l’autre, Yannick Noah, personnalité préférée des français, et exilé fiscal bien discret, met les pieds dans le plat en proposant la potion magique en libre service pour nos sportifs. Son « interdiction » expliquerait nos récentes déroutes et les victoires hispaniques.

D’un côté, quelques lignes dans des rubriques sportives relayées avec ironie par quelques chaînes de radio et TV.

De l’autre, notre champion-chanteur lance un débat médiatique et hypocrite, à partir d’un édito dont l’humour nous aurait échappé.

Avec le temps, et la réputation que ces vedettes ont bâties sur les routes, courts et tréteaux, ces épisodes seront vite oubliés.

Si le traitement du champion-chanteur est a priori plus favorable, c’est sans doute parce qu’on pardonne davantage à ceux qui ont su ajouter une pointe d’émotion à la victoire.

Bref, dans un monde médiatique encombré, il vaut mieux être aimé qu’admiré!

Faire rêver plutôt qu’étonner.

Bien sûr, il ne faut pas exagérer. Il y a aussi une différence entre le « coup pour la route » qui donne à chacun un peu de courage, crée de la complicité, et le « coup de pouce » qui fait gagner.

Lorsqu’on truste les médailles de la « cote d’amour », la magie permet d’oublier le coup de tête de Zidane, la potion de Virenque. Ce serait mesquin.

La gloire efface largement la médiocrité du geste.

Comment expliquer autrement que ceux qui, pris la main dans le sac comme Bernard Tapie », figurent encore parmi les personnalités préférées des français?

Bienvenue chez les « humains »!

Dopage, magouille et fraude, même combat!

Pino le connaisseur

nov 08

Selon Médiamétrie, près de 12 millions de téléspectateurs ont répondu à l’invitation du président de la République de s’adresser directement aux Français. Confronté à un record d’impopularité, c’est en réalité moins son image que sa réputation que le probable candidat voulait gérer dans cet exercice bien formaté. Car il sait, compte tenu des faibles marges de manœuvres que l’élection se jouera plus que jamais sur la personnalité des candidats.

Alors, quand l’un, François Hollande, champion des sondages, opte pour la stratégie de l’image, l’autre, Nicolas Sarkozy, choisit la stratégie de la réputation.

 Il faut dire que la stratégie de l’image n’a pas particulièrement réussi à l’actuel locataire de l’Elysée, consacré président des riches.  Ayant tiré un trait sur sa période « bling bling », Nicolas Sarkozy désormais austère a, par deux fois dans le cours de l’interview, dénoncé « la maladie qui consiste à vouloir absolument se faire aimer, ne penser qu’à son image et ne pas faire son devoir ». Le message est clair : quand l’un promet de « réenchanter le rêve français », l’autre répète qu’il « fait le job » et « assume totalement sa fonction de président de la République en faisant fi de son image ou des sondages ».

Mais pour faire fi de son image, il faut une solide réputation !

 Le 20e siècle, marqué par la prédominance de la publicité, a instauré le primat de l’image. La notion de réputation, moins glamour, ne retrouve que progressivement droit de cité, à la faveur des réseaux sociaux qui redonnent de l’importance à la parole et au comportement. Car si image et réputation sont également des représentations mentales, des opinions que l’on se forme, l’image se façonne avec des postures et des slogans quand la réputation se construit avec des actes.

 Le mot image vient du latin imago qui désignait les masques mortuaires dans la Rome antique. Étymologiquement, l’image figure donc le portrait d’un mort, une image arrêtée et sublimée pour offrir une flatteuse représentation de la vérité. Le mot réputation qui vient aussi du latin – reputatio – signifie évaluation. Littéralement, la réputation est une appréciation de la valeur d’un homme, au regard de normes sociales – points de vue, comportements – jugées socialement acceptables, respectables, voire remarquables.

Regrettant sans doute de ne pas être aimé, Nicolas Sarkozy mise sur sa capacité à gérer les crises pour se faire apprécier des Français. Faisant sienne la formule d’André Gide, il leur dit : «Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire». A l’opposé, le candidat socialiste qui peut difficilement capitaliser sur ses hauts faits, a redessiné sa silhouette et fait son possible pour se défaire d’une image ambiguë. Sa nouvelle image sera-t-elle assez puissante pour « lever une espérance », comme le souhaite Manuel Valls?

 L’élection présidentielle consacre la rencontre d’un prétendant à la fonction suprême avec son destin. Malgré sa mauvaise image, Nicolas Sarkozy peut-il compter sur sa réputation établie à naviguer par gros temps pour assurer sa réélection ? François Hollande saura-t-il compenser par une image rafraichie son manque de réputation d’homme d’Etat ? Image, réputation, quelle aura été la stratégie gagnante ? Réponse en mai 2012 à cette question de confiance !

Stéphane Billiet

Président de Hill & Knowlton

nov 04

 

Comment s’étonner que le pays qui a inventé la démocratie,  menace un moment de donner la parole au peuple?

La naïveté des européens face aux promesses intenables d’un dirigeant en sursis, un brin méprisant et cachottier est plus surprenante.

Le Grec est  plus habile que stratège. Fin dialecticien, il peut gagner du temps, discuter l’addition, quitte à se fâcher un moment.

La Grèce, c’est l’Histoire.

Bien sûr, fier mais pas arrogant, le peuple grec a une longue tradition de fraude. Gâté et d’une nature généreuse, il en a même fait un sport olympique où il excelle.

Ne soyons pas hypocrites, qui peut dire qu’en invitant la Grèce à rejoindre l’Union Européenne, on croyait en la sincérité des chiffres?

Construire une réputation n’est pas si facile. Cela demande du talent et du temps, quelquefois du courage. Chaque épisode de l’histoire doit conforter cette réputation chèrement acquise.
Celle du Grec, inventeur et maître dans la tragédie, n’est pas plus usurpée que celle de roi de la comedia del arte de nos voisins transalpins.

Plus fêtards que les grecs, mais tout aussi “combinards”, les italiens n’ont-ils pas inventé l’”orgie”? Et certains de leurs édiles s’efforcent, avec succès, de maintenir les traditions. Les nombreux concurrents sur ce terrain n’ont jamais atteint le niveau de raffinement latin.

Jeune république, le pays reste écartelé entre un Nord travailleur, voire laborieux, et un Sud insouciant, voire truqueur, qui se retrouvent dans un goût commun de la fête.

On peut se demander comment un peuple si doué pour la bagatelle a pu s’entendre, au fil des siècles avec ses voisins germains, cousins si éloignés par tempérament. Il y a, à l’évidence, des points et des talents communs: un goût, un don pour la musique, la poésie et les Beaux-Arts…et aussi une méfiance instinctive pour les français. Un respect pour le “chef”, mais un sens différent de l’autorité que l’on accepte ou contourne au gré des événements et des humeurs.

Ainsi, les peuples deviennent prisonniers de cette réputation et s’efforcent de s’y conformer pour ne pas décevoir.

La France n’échappe pas à la règle et on a beaucoup vu s’agiter le coq gaulois dans les dernières semaines.

La scène internationale n’a jamais si bien porté son nom. Sur fond de pièce tragique, les acteurs improvisent au mieux devant un public incrédule et des critiques souvent inconséquents. L’absence de scénario permet à chacun de sortir de son texte et de réveiller le spectateur. Il semblerait même que le G20 de Cannes soit un moment historique. Chaque acteur tirera bien sûr la couverture à lui, espérant un quelconque bénéfice électoral.

Peut-être ont-ils occulté que les peuples oublient vite leurs héros?

Winston Churchill et Charles de Gaulle, en témoigneraient!

Pino le sage

oct 11

Regard social, jugement et promesse, la réputation peut se révéler être aussi un boulet, surtout pour l’homme politique.

Le principal capital d’un élu est sa réputation. Et pour l’acquérir, il y faut, dans une France frileuse, du temps et du travail, et quelque talent.
La « primaire » du parti socialiste illustre bien les différences entre des concepts souvent confondus : notoriété, image et réputation.
La notoriété, réponse à la simple question « je connais ou pas »,  était au départ inégale. Certains postulants partaient avec un lourd handicap, avec une notoriété plutôt locale ou partisane. Et pour eux,  le principal bénéfice de l’exercice citoyen était d’afficher une carte d’identité, un visage, un métier.

L’image, réponse à l’interrogation « j’aime – je n’aime pas », implique une dimension affective. Le Tribunal de l’émotion retient davantage les attitudes que les idées. Certains ont pu paraître plus sympathiques qu’on ne le croyait. D’autres, au caractère en partie révélé, ont confirmé l’électorat dans la mollesse apparente de leur tempérament, la fermeté de leur engagement ou leur capacité à faire rêver.

Mais, dans l’exercice délicat d’une « primaire » partisane, dont l’objet principal est de savoir « qui pourra battre le Président sortant », le citoyen aimerait aussi savoir, en qui placer sa confiance ? L’épisode de 2007 l’a bien montré : il ne suffit pas d’user de son charisme, voire de son charme et de son enthousiasme contrôlé pour convaincre les vieux routiers de la démocratie que nous sommes devenus.Encore faut-il s’être bâti la réputation pour exercer la fonction que l’on sollicite ?

Il faut ajouter aux promesses, que chacun sait aléatoires, ce regard sur le passé qui témoigne de la crédibilité d’un candidat. Les envolées lyriques du moment, télévisées, relayées, commentées, s’inscrivent dans la mémoire courte du public, qui y retrouve un peu de fiction.

Paradoxaux, nos concitoyens (en l’espèce et a priori les sympathisants socialistes) aimeraient à la fois des hommes politiques expérimentés, et des idées nouvelles. Mais, dans le secret de l’isoloir, le choix ira davantage vers les plus légitimes, même si le contexte favorise, devant la banalité des projets, une prime à l’audace…à moindre frais.

Pour ceux qui ont choisi les « idées nouvelles » le choix n’est pas toujours payant. Encore faut-il le soutenir par une réputation « combative » qui donne, avec le temps et l’action, du crédit aux propositions ?

Finalement, le choix se fera bien sur la réputation des « impétrants », sur fond de négociations de couloir et de rancœurs avalées.

Que ne ferait-on pour un maroquin ?

Pino l’observateur

sept 30

Les réseaux sociaux ont toujours existé.

Le besoin ou l’espoir de se retrouver autour d’une croyance, une espérance, une haine ou une affection est le fondement de la vie sociale, de ses multitudes de « cercles », qui se recoupent ou s’opposent pour créer des affinités, voire des conflits.

Certains seront confidentiels, au pire élitistes. D’autres plus populaires ou généreux visent le plus grand nombre.

Entre les premières communautés religieuses et les twitters de Tunisie, on retrouve les mêmes espoirs. La différence est davantage dans le temps que dans l’objet: des siècles pour bâtir une communauté, quelques jours pour en révéler une autre!

La technologie ne fait pas avancer les idées. Elle en accélère la diffusion, suscite au mieux le débat sur des slogans simplifiés, entretient un moment l’esprit critique, mais ne favorise pas l’inscription dans la mémoire des hommes. La vraie mémoire est encore dans les livres et pas dans les disques durs.

Bien sûr, à peine lancée, l’idée qui fonde un pouvoir d’apparence trouvera dans l’univers numérique son contre-pouvoir. Mais le temps digital n’est pas celui de l’Histoire. La grammaire (qui articule les mots pour en faire des idées) ou la réflexion restent souvent affligeantes.

Bien sûr aussi, dénoncer, « tout de go », les caprices, maladresses ou crimes des puissants, rendre le privé au public, relève d’une logique démocratique non négociable.

Tant pis si les mensonges numériques font aussi des dégâts, au nom de la liberté.

Au total, la démocratie y gagne.

Après tout, la justice n’a qu’à faire son travail. Des parlementaires de bonne volonté ont rédigé à la hâte des textes pour limiter le désordre. Des organes de contrôle, comme la CNIL, ont actualisé leurs moyens et méthodes pour que les atteintes à la réputation de chacun soient prévenues, sinon combattues et sanctionnées. Les officines de e-reputation se multiplient, laissant croire que le temps ne fait rien à l’affaire et que, faute d’agir dans l’instant, on va perdre son boulot ou fermer la boutique. C’est aller bien vite en besogne et exagérer la crédulité du public et l’inconséquence de ses médiateurs.

Car la plupart de ces attaques numériques ne sont que des égratignures qui écornent l’image de personnalités fragiles ou peu éduquées.   

Et au fond, Dieu reconnaîtra les siens.

Pino digital

sept 19

 

Lorsque les ingrédients sont réunis, il est rare que le public ne soit pas au rendez-vous du feuilleton, ou de la fiction.

Célébrité, argent, sexe, et bien sûr bataille du pouvoir.
François Mitterrand avait créé sa « chose » publique en favorisant la montée de Le Pen et la naissance de Génération Ecologie.

 En moins doué et chanceux, Nicolas Sarkozy avait imaginé une pilule empoisonnée, en faisant de DSK une personnalité incontournable dans son propre parti.

Stratégie risquée, aléatoire, qui finalement peut s’avérer payante lorsqu’on connaît l’égo de ceux que l’on fait ainsi briller et dont les excès provoqueront la dégringolade. Hélas, le timing – comme les pulsions des acteurs – est souvent hors contrôle. Et, comme la nature a horreur du vide, le favori est bien vite remplacé par un personnage moins brillant, à la crédibilité naissante et qui devrait faire « normalement » l’affaire. Car dans une élection on exclut plus qu’on ne choisit. La réputation joue un rôle plus important que l’efficacité apparente de son rôle public. Après l’agitation sarkozienne, alors que l’empire fuit de partout, la promesse de retour à la normalité semble faire recette.

DSK voulait nous séduire, François ne souhaite que nous convaincre et mettre la France au régime.
D’un côté, l’ambition, le désir de pouvoir, tout terrain ; de l’autre, une France rurale, presque pépère, dans la tourmente.

Dommage que nos hommes politiques ne soient que des hommes… comme on l’a vu dimanche dernier dans une interview de complaisance maitrisée à tous égards.

On y a vu M. Hyde, sûr de lui, requête tronquée du Procureur en main, banalisant une pulsion sexuelle en simple « faute morale »; surtout  « faute de goût » pour la réputation de séducteurs des français.  On y a entendu aussi la pertinence des propos d’un économiste nostalgique, qui hésite entre régler des comptes et donner des leçons.

Dans tous les cas, quel gâchis!

Pino le gogo