mai 03

Les fées s’étaient penchées sur son berceau.

Esprit, habileté, courage et presque témérité, visage avenant quoique souvent crispé, ardent, il avait tout ou presque, à quelques pouces près.

Ainsi gâté, mais peu aimé par son père, il choisit d’être admiré sinon craint. Très vite, il sut que son chemin serait celui de la conquête et que le quotidien n’était pas pour lui. Relisant les « dix commandements », il sortit convaincu que ceux-ci s’appliquaient au menu fretin,  que « convoiter la femme de son voisin », quitte à ébrécher de fausses amitiés, convenait à une nature généreuse. Lorsque, après moult escarmouches avec des cadets, on devient jeune Prince, le mérite vaut récompense !

Bien sûr, à ce jeu-là, on s’attache davantage de courtisans que d’amis loyaux. Et d’ailleurs, attirés par les promesses et les prébendes, les gens de Cour, reniflant un futur glorieux, se pressèrent au Manoir. Attiré par ce qui brille, il regardait d’ailleurs ces hommes d’argent et de pouvoir comme devant servir son ambition. Car son destin ne devait être que suprême, dut-il passer par les urnes. Très vite, il eut à s’attacher parmi les barons celui qu’il servirait avant de le trahir. Il choisit donc un grand gaillard, peu fortuné mais habile sabreur et plein de charme. De ceux qu’on aime plus qu’on n’écoute et qui vous font marcher sur les eaux. Ce furent de belles années. Il apprit beaucoup, fit montre de courage et fut récompensé.

Ayant pris le goût des ors, fréquentant les beaux salons, il se pensa bientôt prêt pour les premiers rôles. L’ambition d’un baron peu scrupuleux lui offrit l’occasion de tester ses talents d’infidèle. Hautain, méprisant avec les petits, maladroit, le baron félon, malgré sa bonne gestion des affaires du pays, ne convînt pas au peuple appelé à choisir.

Dépité par cet épisode, le prince choisit de se retirer un moment au Manoir, persuadé que les citoyens ne sauraient se passer de lui. Il dut subir quelques quolibets, battre sa coulpe, envoyer ses émissaires au château. Bon roi, celui que le peuple aimait se dit qu’il valait mieux, après pénitence, l’avoir à sa Cour que lire ses pamphlets dans les gazettes.

Rassuré sur son destin, le Prince décida de former sa propre armée, achetant à bon compte ceux qui, voyant la vigueur du Roi décliner, son règne se finir dans le doute, cherchaient à tout prix à garder honneurs et avantages.

Beau parleur, sabrant à droite et à gauche, le Prince fut bientôt l’héritier naturel. Plus heureux dans sa vie politique que domestique, le Prince n’eut guère de difficultés à se défaire d’une Dame aux accents mystiques.

On allait voir ce qu’on allait voir !

Il allait épater la galerie, faire la reconquête de son aimée, régaler ses amis, mettre au pas les jaloux et se faire admirer par ses pairs. Enfin, le regard des autres lui renverrait cette image désirable ! Mais hélas aussi, il allait vérifier ce que la littérature lui aurait appris : « un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Car la femme de son cœur, jadis reprise à un ménestrel, attirée par l’aventure choisit finalement de le quitter en pleine gloire.

Au comble du désespoir, le nouveau Roi se réfugia dans le travail, s’appliquant à mettre en œuvre sans réfléchir des promesses peu judicieuses. Lorsqu’il avait promis « je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas… », le monarque était aussi convaincu que les manants qui battaient des mains.

Depuis, le gros temps s’était levé.

Bon père, inquiet pour sa succession devant les manœuvres des courtisans, le Roi s’enquit de l’avenir de ses enfants. Il y avait surtout ce prince Jean, fort avenant, un peu truqueur mais peu travailleur. Il se résolut à lui mettre le pied à l’étrier quitte à chasser un baron indocile. De faux-amis applaudirent l’idée et le monarque n’y vit pas malice. Mais ses ennemis firent tant de bruit auprès des gazettes qu’il dut renoncer à ce royal projet et renvoya le prince à l’école. Le Roi en conçut quelque dépit mais n’en tira aucune leçon.

Homme de guerre plus que de Cour, il eut bientôt l’occasion d’entrer sur la scène des puissants de ce monde. Il s’y montra souvent maladroit, quelquefois touchant. Volontaire, aimant plus la France que les Français, il voulut faire briller les couleurs du royaume, avec un inégal succès. L’histoire montre que le peuple est toujours peu reconnaissant envers ceux qui le protègent aux frontières et veulent faire son bonheur malgré lui.

Devant tant d’ingratitude, le monarque eut quelques tentations de se replier, faute de projets à sa dimension. Il écouta les sornettes de son mauvais génie Patrick, délaissant les jolies phrases de sœur Emmanuelle. Il préféra même la chansonnette aux Beaux-Arts, croyant se rapprocher du peuple ! Mais trop tard, celui-ci ne l’écoutait plus : le doute, chaque jour distillé par les rubricards, s’était installé pour longtemps. On rappelait de fallacieuses promesses, en oubliant que l’orage grondait. Surtout, on le trouvait méprisant. Il en fut fort marri.

Vaillant combattant aux divisions clairsemées, le Roi ne s’avoua pas vaincu. Après tout n’était-il pas celui sur qui on peut compter quand tout va mal ?

Face à quelques maladresses reconnues, on ne va quand même pas lui préférer un marquis de Province, certes habile dans l’esquive, fin navigateur et de contact plaisant, mais au verbe public ennuyeux et dénoncé par ses partisans comme plutôt besogneux.

Que fera la France sans lui ?

Qui tiendra les frontières ?

Et, il se regarda et dit : « Quel gâchis ! »

Mais au fond, lorsqu’on ne s’aime pas, comment s’étonner d’être si mal aimé ?

Pino conteur

mai 01

Le succès de la gauche en politique, son retour aux affaires a rarement désespéré les marchés. Même les promesses les plus sinistres (nationalisations en 81, serrage de boulons en 1997, et « sus aux riches » avec le probable président) n’ont que peu d’influence sur l’humeur de la Bourse de Paris. Prudents, les « zinzins » ont déjà largement anticipé l’évidence, et les fonds spéculatifs sont prêts à bondir. Bien sûr, les pigeons, bons citoyens  ou naïfs petits porteurs pour la plupart, inquiets pour certains, vont certainement arbitrer ce qui est déjà dans les cours.

Comment imaginer que le lundi 7 mai, les cours des sociétés françaises, feront autre chose que s’inscire dans les tendances des marchés européens? Peut-être même, foi de Pino fondée sur l’expérience, seront-ils rassurés par la perspective d’un New Deal à la française? Car, si “les chiens ne font pas des chats”, il y a fort à parier que les nouveaux dirigeants remettront du carburant dans le système. A bon compte, puisque les riches devraient payer l’addition, présentée plus tard. Mais, après tout, et comme “les promesses (surtout électorales), n’engagent que ceux qui les écoutent”, la vraie rigueur sera pour plus tard. Espérons seulement qu’il y aura un Delors pour rappeler ses amis à la réalité européenne et internationale.

Lorsque l’argent se fait rare et cher, on préfére jouer à coup sûr. Il suffit alors d’observer le comportement boursier des sociétés qui composent le “Reputation index” (base 2010 pour ne pas être taxé de manipulation statistique), pour comprendre que l’histoire économique et politique ne fait que se répéter.

Pour le meilleur et pour le pire, la réputation des hommes et des entreprises est souvent prédictive de leur comportement futur. Bien sûr, il y a les événements et les contextes, qui favorisent l’éclosion de talents ou défauts simplement pressentis. Mais, au contraire des pays, les entreprises paient cash les erreurs de jugement. C’est sans doute pour cela que la nomination des dirigeants mélange habilement la réputation de manager, regard peu complaisant de la communauté financière, et la réalité. Et, bien rares sont les patrons ainsi choisis qui auront droit à une durable indulgence. Dirigeant malheureux, il pourra toujours délivrer à prix d’or ses précieux conseils, comme Alain Minc ou Jean-Marie Messier.

Les entreprises réputées ont  toujours su garder les patrons qu’elles méritaient, et les résultats sont au rendez-vous.

En 2010, l’Observatoire de la reputation, désignait le hit-parade des 10 sociétés du CAC 40 (“Reputation index”) bénéficiant de la meilleure réputation: Air Liquide, Essilor (Xavier Fontanet élu “meilleur patron de l’année 2010) puis Danone se partageaient le podium!

Au 1er mai 2012, le cours de bourse de ces  3 entreprises progresse en moyenne de 36%, alors que l’indice CAC perd 18% sur la même période. Quant au “Reputation index”, sa progression n’est que de …24%.

Bref, la réputation des entreprises et de leurs dirigeants, semble bien être leur meilleur actif, et le “garant” d’un futur coloré.

Après tout la France n’a pas si mauvaise reputation!…

Pour valoriser son patrimoine exceptionnel, souhaitons que le regard social ne se trompe pas.

Pino citoyen

avr 14

Rien de nouveau sous le soleil électoral !

Et François Bayrou reste fidèle à sa bonne réputation. Un récent sondage confirme l’enquête « inattendue » conduite en 2007 qui dressait ainsi le portrait chinois du béarnais : « Un compagnon sympathique (le koala), et fiable comme une Peugeot (ancien modèle) ; un lutteur un peu ours (des Pyrénées) ; de la nostalgie avec la 2 CV, et beaucoup de malice avec la Twingo ; tout le monde l’aime bien ou presque comme Patrick Bruel…mais on y voit aussi du Poulidor».

Et lorsqu’il s’agissait de partir en vacances, un tiers des enquêtés choisissait François Bayrou contre un sur dix pour Nicolas Sarkozy.

Si la réputation est aussi promesse d’un comportement, l’actuel président s’est révélé lui aussi fidèle à sa nature supposée : « malin, habile comme un renard,…mais attention, il mord aussi ; un homme pressé, qui préfère les voitures rapides, quitte à bousculer ; confiant dans sa bonne étoile, il est aussi bon encaisseur ». 57% des enquêtés se déclaraient même sans illusions sur ses engagements, tout en le mettant en tête sur la proposition « en cas de coup dur, on pourra compter sur lui ».

Ainsi la réputation de chacun, confrontée à la réalité n’a trompé personne.

Reconnu bon capitaine par gros temps, Nicolas Sarkozy aurait pourtant dû passer facilement le cap électoral. Hélas, maladroit avec l’équipage, méprisant quelquefois, le président a perdu ses plus fervents soutiens, et sans enthousiasme, les citoyens choisiront par défaut. Lorsque Hollande revendique son affection pour les français, Sarkozy parle d’une France forte. Personne ne prend le candidat socialiste au sérieux lorsqu’il parle aussi de « mettre les marchés financiers au pas » ; pas plus lorsqu’il s’agit « d’imposer la parole de la France »…Les vœux supplantent les programmes, dans la quasi-indifférence, sinon la complicité. Après l’agitation sarkozienne, on devrait prendre un peu de repos démocratique, comme si la France était une ile dans une Europe désolée.

Au jeu du portrait chinois, les Français hésitaient pour Nicolas Sarkozy entre le renard et le loup, avec François Hollande, ce sera plutôt un animal de bonne compagnie.

Pino désabusé

avr 03

Pas si simple de choisir !

Entre se fonder sur l’expérience ou sur la réputation souvent usurpée de candidats dont la plupart ne cherchent qu’une tribune ou un argument de négociation, un tiers des électeurs préfèrent la pêche.

Pour la plupart il faudra arbitrer entre des sentiments confus, son intérêt bien compris et la faible crédibilité des promesses. Conjuguer l’élan du cœur, la logique du réel et celle du portefeuille est un exercice impossible.

Au regard de l’histoire, Giscard aura probablement été le Président qui aura fait le plus appel à l’intelligence. Convaincant, il est aussi celui qui a le plus déçu ceux qu’il a séduits par le verbe. Avec le temps, il cherche sans succès à faire partager ses rêves sinon ses fantasmes, alors que d’autres présidents se sont attachés, sans calcul, le cœur des français. Il s’est trompé de siècle ou de République.

Gagner dans l’émotion et l’enthousiasme est un luxe de pays riche. Et pourtant, chacun aimerait s’enflammer à bon compte, au-delà de l’indignation, apporter sa pierre pour construire un monde plus juste, plus fraternel et même raisonnablement solidaire. Mais, avec le temps, le citoyen est devenu plus réaliste lorsqu’il s’agit de passer du sondage à l’urne. Les limites de l’escroquerie politique sont atteintes lorsque les promesses se heurtent aux compromis, que la cuisine et les ambitions se révèlent au détour d’une phrase, d’un rire gourmand et de circonstance.

Malgré le souvenir de 2002, l’électeur voudrait encore croire que le premier tour reste un tour de chauffe et que les choses sérieuses sont pour plus tard. Comme au cinéma, il y a bien des années, lorsque la projection d’un dessin animé ou d’un documentaire ennuyeux précédait le vrai film ! Et gare à celui qui arrivait en retard ; il devait attendre la prochaine séance, se remettre dans la file.

Le curieux spectacle qu’offrent quelques acteurs au talent affirmé et de médiocres figurants n’incite guère à la patience, et le rappel du vote « utile » sonne comme une consigne d’instituteur. Comme s’il y avait des votes « inutiles », que l’on aurait perdu le droit d’exprimer sa colère ou ses regrets, que défendre son pré-carré serait un acte de quasi délinquance, que l’égoïsme personnel ou national n’aurait plus droit de cité.

Au terme de l’exercice démocratique d’un premier tour qui ouvre une place légitime aux camelots et seconds rôles, chacun attend le choc des caractères plus que celui des idées. Bardés de banderilles plantées par les troisièmes couteaux, les duellistes s’affronteront dans l’arène médiatique. Et chacun devra choisir celui qui, jour après jour, pénétrera l’intimité de son quotidien, le convoquera devant le petit écran pour lui annoncer les bonnes et mauvaises nouvelles, parlera au monde en son nom.

Entre le compromis, l’ennui, l’ambition et quelquefois le mépris, il faudra choisir, et de toute façon payer l’addition.
Pino le sage

mar 19

Il en va des candidats comme des acteurs, certains ont la « tête de l’emploi », d’autres moins. Si la providence y avait pourvu, à chaque tête correspondrait son emploi ou l’inverse. Côté acteurs, on en compte bien peu dont le talent s’exprime aussi bien dans le drame que dans le rire. Les tragédiens les plus doués parviennent à arracher un sourire au spectateur; mais on peut aussi rire aux larmes.

Sur la scène politique, il en va de même, ou presque. Et avec le temps, malgré les fards, les régimes et les conseils, la nature reprend heureusement le dessus. François Hollande nous réjouit en retrouvant l’appétit et le sourire (un peu crispé!). Nicolas Sarkozy inquiète les malveillants, en retrouvant le visage tendu des grands moments, renforçant ainsi la gravité d’un propos et la force de l’engagement.

Tout cela n’est guère nouveau. « L’homme c’est le style » écrivait La Bruyère, et il est vrai que lorsque le public devient citoyen, il est moins crédule que les commentateurs aimeraient à nous le faire croire. Devant la vacuité des contenus, l’incohérence des promesses que chacun sait ne pouvoir tenir, le caractère, révélé par l’image volée au détour d’une question, devient programme d’un comportement pressenti.

Pour certains, on parlerait même de « délit de faciès ». Pour d’autres, en coupant le son, on hésite entre « The artist » et les célèbres « muets » de Charlie Chaplin. Des traits, des images, qui révèlent le caractère, un moment masqué par les conseils de faux-amis, qui voudraient donner de chacun la tête de l’emploi. Comme si la réputation, construite au long de leur parcours, ne suffisait pas pour que le citoyen se fasse une idée de ce qui l’attend.

Hélas pour les mauvais comédiens, les Français sont moins nostalgiques qu’ils ne le croient et plus réalistes qu’ils ne l’espèrent.

Après avoir battu les estrades, les candidats, stimulés ou fatigués, vont lancer les troupes à l’assaut d’un électorat désabusé. Les militants reviennent sur les marchés avec plus ou moins de conviction, les réseaux s’agitent espérant un relais de journalistes aux aguets des sondages, les messages téléphoniques ennuyeux seront complétés par un “porte à porte” que l’on promet dévastateur. Avec un peu de chance, de belles affiches aux slogans consensuels donneront le ton.

Et beaucoup d’y aller de leur pronostics, de guetter le moindre faux-pas qui leur donnerait raison.

On a craint un moment de s’ennuyer, que les acteurs ne seraient pas au niveau de la pièce, que Sarkozy nous énerverait par sa nouvelle impatience, que Hollande favoriserait la baisse de consommation des tranquillisants. Mais voilà que de nouveaux talents se profilent, occupent le terrain avec générosité et mauvaise foi, bousculent le scénario.

Tant mieux pour le spectacle, mais aussi pour la démocratie.

Pino le curieux

mar 06

 Danone est « l’entreprise qui a la  meilleure réputation » devant LVMH, mais « le patron qui a la meilleure réputation » est Bernard Arnault devant Franck Riboud,…

Henri Proglio ferme la marche. Créée en 1994 par l’Observatoire de la réputation, l’étude de notation des entreprises du CAC 40 consacre en 2012 Danone pour sa réputation exceptionnelle… et durable.
LVMH, L’Oréal, Michelin, Essilor et Air Liquide trustent les places d’honneur,  et sont notées RRRRR. Sans surprise, la Société Générale est considérée comme l’entreprise ayant la « plus mauvaise réputation » devant Total.

L’étude 2012 confirme la plus value qu’apporte la réputation à la valorisation en Bourse des entreprises : + 5% par an en moyenne pour les 10 entreprises les mieux notées en 2000 (« Reputation index »).

Sur 2010 et 2011, en pleine crise boursière, les performances des entreprises les plus réputées sont spectaculaires : + 9%, alors que le CAC 40 perd 20% !

La réputation, concept défensif, serait-il devenu aussi un concept spéculatif ?

Pour Jean-Pierre Piotet, Président de l’Observatoire de la réputation : « La réputation est d’abord un actif patrimonial qui suppose pour une personne ou une entreprise, du talent, du travail et du temps. En France, l’âge de l’entreprise a une influence considérable sur la réputation : les entreprises les mieux notées ont 130 ans, en moyenne ; et les moins bien notées n’atteignent pas 70 ans !ce qui n’est pas un signe de vitalité économique !

Aux Etats-Unis, grâce à Microsoft, Apple, Google et Amazon, les entreprises accèdent à la reconnaissance plus tôt : 60 ans en moyenne en 2012 contre 83 ans en 2005. »

 La réputation exceptionnelle, durable et rentable (+ 104% depuis 2000, quand le CAC perd 47% !) d’Air Liquide se fonde largement sur la confiance qu’inspire l’entreprise et un comportement jugé responsable.

Entreprise attractive, Danone est reconnue d’abord pour la qualité de ses produits, et son management puisque Franck Riboud est le « dirigeant qui a la meilleure réputation », derrière Bernard Arnault.

Henri Proglio est considéré comme le « dirigeant ayant la plus mauvaise réputation », devant Christophe de Margerie, Arnaud Lagardère et Lakshmi Mittal!

fév 25

Il n’est pas convenable que la campagne s’engage dans un climat délétère où chacun invective l’autre sans vergogne et sans mesure.

Il n’est pas convenable que les dirigeants du CAC 40 se soient augmentés de 36% en 2011.

Il n’est pas convenable que Total fasse autant de profits…et paie si peu d’impôts.

Il n’est pas convenable que certains partis politiques, yc ceux dont les idées largement partagées dérangent à juste titre, peinent autant à rassembler leurs 500 signatures.

Il n’est pas convenable que le Conseil Constitutionnel ait retoqué la demande d’anonymat ; alors qu’après tout, ces signatures ne sont-elles pas que des «pré-votes», et que le vote se déroule bien en isoloir ?

Il n’est pas convenable que l’on redécouvre une règle d’or aussi évidente que : « on ne doit pas dépenser plus que ce qu’on gagne », et qu’on veuille inscrire cette règle dans la Constitution.

Il n’est pas convenable d’émettre de si bonnes idées 2 mois avant les élections et d’avoir si peu agi pendant 5 ans.

Il n’est pas convenable que les journalistes cherchent constamment à ridiculiser Eva Joly sur son accent, son physique, ses lunettes…

Il n’est pas convenable, quels que soient ses torts, que la Grèce soit humiliée et traitée comme un «gamin voleur et irresponsable»…alors que l’Allemagne lui doit toujours 100 milliards de dommages de guerre.

Et finalement il n’est pas convenable de ne rien trouver convenable.

Patrice

PS – Pourquoi ce proverbe Nahuati cité par Jean-Marie Le Clézio me revient-il en mémoire ? «O poisson d’or, petit poisson d’or, prends bien garde à toi ! Car il y a tant de passes et de filets tendus pour toi dans ce monde.» Peut-être est-ce le désir de l’appliquer à la démocratie ? «O démocratie, prends bien garde à toi ! Car il y a tant…»

fév 13

Qu’y a-t-il de commun entre un président au plus bas de la côte d’amour, élu plus pour faire le boulot que pour plaire, et une multinationale, collecteur d’impôts et sans états d’âme ?

Aucun ne laisse indifférent.

Chacun alimente la chronique, sur le registre de l’émotion. Tout le monde a un point de vue sur l’omni-président ou sur le pétrolier monopoliste,…ou presque. Ils sont tous les deux la caricature du pouvoir.

Personne n’a jamais aimé les pétroliers et bien peu d’entre nous ont aimé les présidents de la République, quoique…avec le temps Jacques Chirac et Georges Pompidou aient retrouvés l’affection de nos concitoyens. Là où de Gaulle inspirait respect, sinon reconnaissance, Giscard et aujourd’hui Sarkozy n’ont jamais trusté les premières places à la côte d’amour. On pardonne  plus facilement les faiblesses, erreurs de jugement, promesses intenables et même mensonges, que le mépris ou l’arrogance. Bien sûr, à la Saint-Valentin, à quelques semaines du jour J, le sourire des postulants s’affiche, les engagements se multiplient pour nous sortir du pétrin, et chacun promet un peu de sueur, quelques larmes …pour un avenir meilleur. Après tout, nous sommes un grand pays, « qui en a vu d’autres » !

A en croire les sondages, Total serait l’entreprise que les français aiment le moins. Faute d’être aimée, l’entreprise pourrait au moins être respectée. Total aussi défend nos couleurs dans un univers sauvage. Son PDG, lui-même en queue du hit-parade de l’affection portée aux dirigeants, souligne portant que Total paie ses impôts, investit pour l’avenir ; et il fait surtout le bonheur de ses actionnaires.

Mais Total a un gros avantage sur Sarkozy, peu importent les inimitiés, les consommateurs votent aux pompes sans avoir vraiment le choix, les investisseurs l’adorent et se votent de gras dividendes à mains levées. Par réalisme, l’aventure économique de l’entreprise continuera, alors que l’aventure politique du président-candidat risque de s’interrompre lorsque le consommateur se souviendra qu’il est aussi électeur.

Dommage !

Pino le pragmatique

jan 28

 Pas facile de se créer une réputation de Président.

Il y faut à coup sûr du talent, du travail, du temps et aussi un peu de chance.

S’afficher comme un homme normal témoigne d’une fausse modestie ou d’une singulière habileté :  il n’y a rien qui ne rapproche plus que de se réclamer de la corporation du commun. De toute façon, chacun conviendra que pour briguer le mandat suprême, il faut une extraordinaire ambition et des amis qui se chargeront de raconter la belle histoire de votre parcours, sans arrière-pensées bien sûr.

Car toute réputation se construit de façon concentrique. La crédibilité passe par les propos de sa famille, ses voisins, ses collègues…éventuellement relayés. C’est au travers de ces différents cercles que se diffusent les rumeurs, bonnes ou mauvaises, qu’elles  prennent leur crédit ou s’étouffent dans l’œuf.

Pour avoir joué en solo, un moment ignoré la famille, Ségolène Royal, et même Lionel Jospin, qui affirmait sans rire que son « programme n’était pas socialiste », ont loupé la marche.

Le travail, pour un homme politique, c’est d’abord la perception de la pertinence de ses choix et décisions. C’est aussi un constat : un bilan contre un programme et des « engagements » qui laissent le citoyen largement incrédule. Le réalisme du bilan face au rêve d’un avenir meilleur. On peut évidemment nier la réalité et déclarer « préférer la prospective à la rétrospective »; jouer sur les mots.

Le temps nous a permis de mieux connaitre, sinon apprécier, la personnalité des candidats. La campagne électorale exacerbe les travers et fait découvrir quelques qualités. Mais le caractère change peu. Untel, méprisant par nature, pourra cultiver une proximité de circonstance. Tel autre, au tempérament plus jovial, joue l’ »austère », quitte à nous ennuyer. Les spécialistes appellent cela des postures. D’autres parlent d’impostures. Le citoyen pense plutôt qu’on le prend pour un gogo. Il y a une grande différence entre faire sourire et faire rêver…quoique la conquête passe souvent par un trait d’humour.

Et puis, il y a les événements et la chance.

Les événements révèlent tous les cent ans des hommes d’exception. Hélas, faute de stratèges, il faudra se contenter de tacticiens, un peu « bricoleurs »!

La chance, on l’a vu, sourit aux plus habiles, et vient souvent du malheur des autres…avec éventuellement un coup de pouce de ses faux amis. Encore faut-il savoir la saisir?…car celui qui gagnera, sera aussi celui qui limitera les fautes de goût et maladresses.

Trois mois, c’est quelquefois long.

Pino spectateur abusé

jan 10

 

La force d’un « conseil » est rarement dans la qualité de ses recommandations, mais plutôt dans sa capacité à convaincre son »client » de faire ce qu’il préconise. 

Dans ce curieux métier, on peut être payé cher, et finalement ne voir que rarement ses conseils mis en oeuvre. Et, logique oblige, plus on monte dans la hiérarchie, moins de temps un client prestigieux aura à consacrer aux analyses et injonctions du gourou.

Bien sûr, l’addition, et éventuellement les méandres financiers pour rémunérer de précieuses élucubrations, seront à la hauteur de la notoriété et des soucis du client.

Se réclamer d’être le confident de tel important personnage, peut même trouver gratification de toute nature, en réputation notamment.

Sans malice, on s’étonnera quand même de voir l’intérêt que suscitent encore les augures de Jean-Marie Messier,…qui a couté si cher à ses actionnaires.

D’autres brillants esprits, lors de leur passage en entreprise ou institution comme Alain Minc ou Jacques Attali, ont laissé des souvenirs mitigés. Leur intelligence affutée et médiatique, s’exprime mieux en prévoyant le pire, qu’en exerçant le pouvoir.

A chacun son talent!

Avec le temps, et beaucoup de réalisme, ils savent qu’être bien en Cour suppose quelques arrangements avec ses convictions.

Il y a aussi des conseillers – politiques – forts gourmands, tels Patrick Buisson, qui se font une spécialité de commenter les sondages d’instituts amis, tout en prélevant au passage une juste commission.

Après tout, il n’y a pas grand chose à redire à ces échanges entre adultes consentants sinon éclairés. Chacun y trouve son compte, et au hazard des conversations, il est rare que le rappel à un peu de bon sens, et une pointe d’habileté, ne fassent avancer les choses.

Les plus dangereux sont ceux qui exploitant quelque faiblesse et sous prétexte de faire gagner des voix, entrainent le Prince sur des chemins hasardeux, quitte à le mettre en danger. Le vote récent par une poignée de députés d’une loi “pénale” sur la non-reconnaissance du génocide arménien, complétant un texte témoignant d’une position forte de la France sur ce drame, illustre hélas le rôle néfaste de ces charlatans.

Il y a des sujets “citoyens” sur lesquels la crédibilité des historiens, conforte mieux notre vocation de pays des “droits de l’homme”, que l’engagement d’une polémique, qui rappelle de mauvais souvenirs.

Pino conseil en “bon sens”