déc 01

Être populiste, c’est dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Le plus dangereux c’est quand être populiste devient populaire. Quand les digues de l’éducation ou de la simple humanité sont rompues.

A quelques dictatures près, les leaders populistes sont venus par les urnes.

Ce qui devrait nous conduire à la plus grande prudence avec le « Grand Turc », par exemple.

Le levier traditionnel du populiste est de proclamer qu’il faut redonner le pouvoir au peuple et sa fierté à la nation.

Bref, réveiller le patriotisme du bon citoyen.

Et, ça marche !

Ça marche d’autant mieux que le danger réel  ou imaginaire est aux frontières et que le ver est dans le fruit.

Le populiste est plus d’autant plus dangereux qu’il affiche rarement la couleur. Pour gratter quelques voix, beaucoup revendiquent la préférence nationale. La promesse minimum, avant de flatter le sentiment national, avec tout ses excès.

Partout, le populisme est en embuscade et ouvre la voie à l’intolérance au mieux, au nationalisme au pire.

Après la générosité centrifuge et sur fond de crise d’identité, le repli est engagé.

En Europe, le Brexit symbolise l’égoïsme des nations, version douce.

En Russie, Chine, Turquie, il se pare de civisme.

Avec le « Make America Great Again », Donald Trump instille le poison!

Dommage pour une si vieille démocratie.

Dommage aussi pour nous car le nationalisme est une maladie contagieuse comme l’histoire nous l’a appris.

L’histoire enseigne aussi qu’à la fin, c’est la démocratie qui gagne.

Pino inquiet

nov 22

Les plus cultivés ou simplement curieux d’entre nous connaissent l’ »effet papillon « .

Ainsi, un fait anodin suffirait à provoquer un événement majeur, par un jeu inattendu de cascades.

L’effet papillon observé en climatologie s’appliquerait-il aussi en politique?

Cela donnerai matière à réflexion aux sondeurs et commentateurs mis à mal ces dernières semaines.

Appliquons-nous à l’exercice sur la Primaire de la droite pour donner un brin de logique a posteriori à des résultats prenant à revers les soi-disants experts.

Le fait générateur du tsunami politique, c’est à dire le papillon, ne serait-il pas tout simplement la négligence du candidat Bruno Le Maire?

Croyant incarner le renouveau en s’abstenant de porter cravate, il s’est mis hors jeu, empruntant l’habit d’un invité, oubliant le statut du candidat. Décrédibilisé dans le premier débat pour ce qui n’aurait pu être qu’une simple faute de goût, il s’est mis sur la touche d’emblée. Alors qu’il devançait François Fillon pour une modeste troisième place, il lui a ouvert un boulevard!

Encouragé par des sondages plus flatteurs, l’ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy s’est permis dans le second débat de contredire son ancien patron. Et comme on ne s’affirme vraiment qu’en s’opposant, il est apparu clairement comme un vrai challenger.

Trop sûr de lui, limite arrogant, Juppé n’a rien vu venir et l’a joué tranquille dans le troisième débat. Focalisé sur Nicolas Sarkozy, il a sous-estimé celui qui se montrait le plus pugnace. Il n’en fallait pas plus pour faire basculer les « anti-Sarko » du mollasson Juppé à celui qui voulait en découdre. Il ne suffit pas de revendiquer la « confiance », il faut aussi afficher sa « volonté ».

Les médias ont fait le reste; en rajoutant au besoin!

Ce qui n’aurait pu être qu’une défaite est devenu en quelques jours une déconfiture.

Tout cela pour un col ouvert et une pointe de mépris.

L’effet papillon simplement.

Merci Bruno Le Maire pour cette négligence.

Pino étonné

nov 15

Parfois, un de nos amis confortablement installé au Café de Flore parvient, lors d’une conversation plutôt banale, à vous glisser « tu sais, on ne relit pas assez Spinoza »..« et toi, as-tu relu les maximes de La Rochefoucauld?…il a tout dit de notre société d’aujourd’hui. »

En effet, il avait prévu et écrit.

Sur François Hollande et son scooter:

« La prudence et l’amour ne sont pas faits l’un pour l’autre: à mesure que l’amour croît, la prudence diminue.»

Sur Nicolas Sarkosy:

«On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a, que par celles que l’on affecte d’avoir.»

Sur Alain Juppé:

« Peu de gens savent être vieux

Sur les Primaires:

« Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplait pas.»

Sur Patrick Buisson:

« On donne des conseils, mais on n’inspire point de conduite

Sur Emmanuel Macron:

«Le désir de paraitre habile empêche souvent de le devenir. »

Sur les médias:

«On loue et on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer

Et enfin, sur Donald Trump:

«La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés qui ne sont en sûreté que parce qu’on ne les cherche pas.»

Patrice

nov 03

Brassens l’avait chanté, certains l’ont vécu plutôt bien, mais la plupart s’y perdent.

Petit tricheur Richard Virenque a fait sourire.

Gros menteur Jérome Cahuzac n’est plus fréquentable.

A l’inverse DSK fait toujours le plein dans des conférences lucratives.

Les plus pathétiques sont les footballeurs. Passer d’une enfance difficile au statut d’enfant gâté, adulé, entouré de parasites de tout poil est paraît-il un exercice redoutable.

Le public est prêt à pardonner les sorties de route à condition que le talent reste au rendez-vous et que le ballon aille au fond du filet.

A la moindre baisse de régime c’est le désamour. Les commentateurs  sont au coin du bois. Cantonna ne doit sa survie que grâce à un exil au pays du foot et des kyrielles de buts.

On pardonne beaucoup aux « bad boys » ; cela fait partie de leur brève légende. Excès de vitesse, déclarations irresponsables, bagarres,… On excuse même la bêtise de propos dans le feu de l’action. Car la  star – dans son domaine -  a une fonction sociale. Elle nous fait rêver.

Landru ou Mesrine entretiennent encore bien des fantasmes.

Il n’en va pas de même avec les vedettes d’un jour qui gâchent leur talent par le ridicule de leur comportement.

Sorti sur le tard des profondeurs du classement, Benoît Paire est la caricature du joueur de tennis mal embouché. Il ne se contente pas de casser raquettes et arbitres, il crache dans la soupe et finit par déclarer qu’il est « con » et que le « regard des gens » le rend très malheureux. La réalité est plus simple. Celui que les journalistes ont présenté comme « la » révélation tardive a été rattrapé par ses mauvais démons. Traumatisé par sa mauvaise image, il ne laissera que peu de traces et ne bénéficiera même pas d’une réputation. Un contre-exemple du Federer d’aujourd’hui ou du Sampras de toujours. L’élégance, le talent, la discrétion,…

Une mauvaise réputation se mérite.

Il faut savoir déraper avec application et être exceptionnel dans son art.

Pino

oct 23

On sous-estime à tort le besoin d’être aimé des hommes et femmes de pouvoir.Car l’amour, notamment de soi, n’est-il pas le moteur de la plupart d’entre nous ?

Le regard des autres ou son reflet dans le miroir du quotidien fonde beaucoup de nos choix. Pour les plus pressés ou superficiels l’image projetée au travers d’un tweet, d’un article élogieux, d’une émission soi-disant appréciée suffit au bonheur d’un jour.

Les plus ambitieux préfèreront laisser une trace dans la mémoire collective. Leur réputation au sein de leurs proches ou d’une collectivité est un atout puissant qui suppose la rencontre entre leur éthique et la morale de l’époque. Avoir une bonne réputation ne garantit pas le succès à court terme, mais elle y contribue. Ce regard social s’acquiert par l’action commentée. Un peu de complaisance ne nuit pas. L’homme politique dont le principal capital est sa réputation, promesse a priori de futur succès, consacre une considérable énergie à peaufiner son image et mitonner sa réputation.

Les plus naïfs croient que ces jugements populaires peuvent être manipulés. Ils aimeraient être aimés pour ce qu’ils sont…et plébiscités dans la foulée.

Pêché d’orgueil!

C’est prendre l’électeur pour un gogo. On peut être aimé sans être choisi et élu sans être aimé.

Pour être aimés tels qu’ils sont, quelques hommes politiques choisissent la stratégie de l’inoculation. Un chemin pas facile. Quelquefois avec succès comme Bill Clinton. Plus souvent sur un mode suicidaire comme François Hollande.

Le mode d’emploi est simple. Il suffit de faire connaître, avant l’incident, le coté obscur de sa personnalité. Bref, lorsque celui-ci survient, personne n’est surpris. Bien sûr, le coté obscur doit être largement partagé!

Ainsi, aucun américain n’a découvert le goût prononcé de Clinton pour les jeunes femmes. Le reproche portait sur le mensonge, bien banal. Et l’acharnement maladroit du procureur Starr a sauvé la mise d’un président si populaire.

Bon tacticien, mais stratège au petit pied, notre président par défaut s’est emmêlé les pinceaux.

En s’exposant sans limite à la curiosité de journalistes étonnés de l’aubaine, il a cru que cette soi-disant opération vérité allait le faire aimer dans toute sa complexité. Billard à trois bandes ou jeu de la vérité?

Qui est pris qui croyait tenir! Au lieu de se faire accepter tel qu’il est, il révèle un personnage étrange qui rend perplexes ses plus fidèles. Encore une fois raté. Cela n’a fait que conforter une réputation peu enviable d’opportuniste qui donne une réalité à la célèbre phrase de  la grand-mère de Martine Aubry.

Guère rassurant, peu prometteur.

Caramba!

JP

oct 20

Il a suffi de la rumeur de l’arrivée de Carlos Ghosn à la tête d’un Mitsubishi en déroute pour que le titre prenne 10% dans la journée à la Bourse de Tokyo. La nouvelle du sauvetage du constructeur japonais par Renault-Nissan était déjà dans les cours depuis plusieurs semaines ; mais il manquait l’essentiel : un patron.

En politique, on connaît l’effet rassurant de l’arrivée de telle ou telle personnalité ; hélas trop souvent contrarié par les faits. Et pourtant, nombreux sont nos voisins, qui sous l’impulsion d’un vrai leader, courageux et tenace, quelquefois stratège, a embarqué le pays sur la voie du redressement. Le Royaume Uni avant Margaret Thatcher était en bien piteux état et l’Allemagne, au sortir d’une réunification difficile comptait plus de chômeurs que la France, avant l’arrivée de Gerhard Schröder.

On sait comment ces leaders charismatiques et visionnaires ont été récompensés !

A 6 mois des élections présidentielles, notre pays semble avoir tiré un trait sur l’homme providentiel pour lui préférer un homme de confiance, un mandataire ad-hoc à mission limitée. Il n’y aura pas de traitement de cheval, peu de chirurgie et quelques antidouleurs. Après l’élection par défaut, ce sera une élection sans enthousiasme,…ce qui conduit habituellement aux potions tièdes et au risque d’immobilisme. La raison et peu de passion.

On aura sans doute évité le pire.

La comparaison avec un monde des affaires si décrié ne tourne vraiment pas à l’avantage des politiques lorsqu’il faut du courage et une vision. Bien sûr, dans l’entreprise, on parle aussi de valeurs, on connaît aussi la sanction faute de les pratiquer. Mais on sait surtout qu’on ne peut pas dépenser durablement  plus que l’on ne gagne, que faute de crédit, l’issue fatale n’est pas loin.

Dans un monde hyper-compétitif, il y a peu de réputations usurpées. Il vaut mieux payer un « patron » à prix d’or, et en tirer de larges bénéfices financiers et sociaux, que d’aller dans le mur.
La plupart des « grands patrons » sont loués sur leur réputation, promesse d’un avenir meilleur.

Ces mercenaires sont peu nombreux, rapportent gros, et leur tarif suscite le débat, même en cas de succès !

La bonne réputation d’un manager est chose infiniment précieuse pour une entreprise, surtout lorsque celle-ci est en panne de réussite ou de réputation.

Denis Kessler  prend la responsabilité du réassureur SCOR, croulant sous les dettes. Aussitôt on parle d’« effet Kessler », et l’intéressé relève non sans humour qu’il faut distinguer les profils de redresseurs : médecin et croque mort ! Dix années plus tard, on apprécie le talent du praticien qui a fait entrer la SCOR dans le trio des premiers réassureurs mondiaux.

Jean René Fourtou accepte, de prendre la barre de Vivendi, en pleine déconfiture après le passage de Jean-Marie Messier. En quelques semaines, le cours se redresse, les banquiers se font plus conciliants et l’entreprise au bord du naufrage retrouve la confiance de ses partenaires.

Ainsi existe-t-il, à côté de trop rares entrepreneurs fondateurs, type Bellon ou Michelin, une caste de mercenaires internationaux qui mettent leur talent et leur notoriété au service des entreprises. Pour les attirer, puis pour les garder, celles-ci acceptent de payer des millions d’euros. Il arrive que ces mariages arrangés soient bénéfiques, et que les profits réalisés se chiffrent, eux, en centaines de millions, voire en milliards d’euros, comme avec Lindsay Owen Jones qui a fait passer le patrimoine de son actionnaire principal, Liliane Bettencourt, de 500 millions d’euros à près de 15 milliards durant son mandat.

Dans ces résultats, il n’y a rien de magique !…Une vision claire, une stratégie, de la ténacité et du courage pour la mettre en œuvre, et de la reconnaissance, au moins financière.

En politique, ces qualités sont plus rares et le culte de la popularité, faux gage électoral, occulte l’ouverture sur la réalité.

JP P

oct 17

Certains de mes amis de gauche souhaitent peser sur l’élection présidentielle en votant aux primaires de la droite. Ils semblent n’avoir aucun problème moral en s’engageant à signer la Charte des valeurs de la droite et du centre.

Par ailleurs, disent-ils, nous ne savons pas clairement ce qui distingue aujourd’hui les valeurs de la droite de celles de la gauche. Et il est vrai que les décisions, attitudes et comportements de chacun ne font pas apparaître de visibles différences.

C’est pourquoi je propose cette charte qui pourrait mettre tout le monde d’accord.
Charte des 15I.

-       Inspiré…dans la vision

-       Intrépide…dans les réformes

-       Inventif…dans les solutions

-       Incapable…de lâcheté

-       Inflexible…dans sa mission

-       Insoumis…face aux pressions

-       Indépendant…de tous les lobbies

-       Incorruptible…dans toutes les affaires

-       Infini…dans son imagination

-       Inextinguible…dans la soif de liberté

-       Indifférent…aux flatteries

-       Intransigeant…dans la prise de décision.

Cette Charte ne pourrait-elle pas être signée par tous ceux qui se voient un destin national?

Patrice

oct 13

Parmi nos moteurs les plus puissants on trouve peu de vertus.

En revanche, l’argent, le sexe ou le pouvoir, quelquefois réunis, occupent une place de choix. Le souci de sa gloire, sa réputation,  est réservé à un petit nombre, même si chacun d’entre nous souhaiterait laisser une trace, plutôt favorable, dans la petite histoire de nos familles, amitiés, professions. Bien sûr ce n’est pas un ressort ; juste un souci de ne pas décevoir le regard de nos proches.

Chez les hommes politiques, le souci s’exaspère, devient obsédant, pour le meilleur et pour le pire, car il s’agit de l’Histoire, celle d’un village qui accueillera une place à notre nom, voire une statue, un monument, celle aussi du pays, du monde, pour entrer dans les livres. L’homme politique contemporain pressent que les posts , tweets et autres messages numériques n’impriment pas les mémoires ; il y faut le sceau de l’écrit et de l’image. Napoléon l’avait bien compris, qui, dans les brumes de Sainte Hélène, se résolut à écrire le vécu de son action. De Gaulle ou Churchill firent de même avec talent et sincérité sans doute. L’exercice fût d’autant moins difficile que le récit se fondait sur l’action. La réputation s’établit d’autant mieux que l’on a été au cœur des choses, que le temps a consacré la réalité visible et que de mauvais esprits n’ont pas trop travesti la réalité du moment.

L’exercice se complique lorsque, en cours de bilan, il y a peu à conter ou raconter.

Ceci explique sans doute la foison d’ouvrages médiocres qui, faute d’actions déterminantes, relatent les anecdotes qui ne font que banaliser nos élus. Au lieu de les « présidentialiser » (mot curieux), il les rapprochent du peuple sous nos cotés les plus affligeants.

Et lorsque les commentateurs sont défaillants, alors le sujet, devenu objet, dicte à des journalistes consciencieux, ce qu’il aimerait que l’on croit. Jeu de dupes pour chacun. Fasciné par sa propre démarche, le candidat à la postérité oublie simplement la liberté du lecteur dont l’opinion fera un citoyen heureusement critique, souvent caustique. Quant à l’auteur, les miettes de bruit et d’argent adouciront la perception de sa complaisance.

Mais une image en chasse une autre, une nouvelle en remplace une autre ; ne restent que les actes, qui eux fondent la réputation, bien difficile à acquérir en ces temps d’impatience.

L’absence de culture, ou son oubli, ouvrent la voie, de part et d’autres de l’océan, à bien des petitesses.

Dans l’Art de la prudence, le jésuite espagnol Balthasar Gracian écrivait ce que Jacques Pilhan a justement professé au Phénix François Mitterrand : « Une nouveauté médiocre l’emporte d’ordinaire sur la plus haute excellence qui commence à vieillir. Il est donc besoin de renaître en valeur, en esprit, en fortune, en toutes choses, et de montrer toujours de nouvelles beautés, comme le fait le Soleil, qui change si souvent d’horizon et de théâtre, afin que la privation le fasse désirer quand il se couche, et que la nouveauté le fasse admirer quand il se lève. »

JPP

oct 05

Extraordinaires nos politiciens !

Leurs dernières productions verbales se partagent entre la simple mauvaise foi et plus souvent la provocation. « Primaristes » de tout bord, ils n’y sont pour rien : croissance, déficit, chômage, impôts, climat…


Tous ces politiciens, professionnels pour la plupart, ont pourtant été Premier ministre, ministres ou même  présidents ; mais ils sont innocents de tout ce qui s’est passé en France dans les 30 dernières années.
Magnifique dédoublement de la personnalité. Au pouvoir ils sont victimes des circonstances ; mais revenus dans l’opposition, ils sont pleins d’idées, de pistes, avec un esprit citoyen qui confine au sacrifice dans le contexte.

Déçus, perplexes, écoeurés, sceptiques pour le moins, nous n’avons plus du tout envie qu’ils continuent à nous rouler dans la farine avec cynisme. L’alternative est une farce qui facilite le retour de chacun.

Mais, nous, nous avons la SOLUTION.

Voilà Chère droite, Chère gauche, on vous pardonne tout, on oublie les affaires, on vous épargne la prison, on vous donne acte de ce qu’aucun de vous n’a creusé le déficit…mais à une seule condition : il vous suffit de faire voter une loi. Cette loi et ses décrets stipuleraient que tous ceux qui depuis 30 ans (l’âge de l’amitié sincère) ont touché de près ou de loin au pouvoir ne peuvent plus y prétendre.

Interdits d’élection !

On vous a laissé 30 ans à la tête du pays : quel échec collectif !
Alors, laissez la place aux autres, laissez la place, passez la main, laissez nous rêver : PARTEZ !

Patrice

sept 21

Lorsque la météo est bonne, que les vents et les augures sont favorables,  la réalité stimule l’optimisme des peuples mais aussi des marchés.

La compétition est alors moins rude, et la plus-value qu’apporte une bonne réputation semble moins utile pour trouver sa place au soleil.

La France a connu ses « trente glorieuses ». Il suffisait de présenter objectivement les qualités requises, et une lecture diagonale d’un CV factuel débouchait sur un « vrai » emploi. Nul besoin de « références » morales, d’appartenance à un réseau pour dire du bien de vous, faciliter la mise en relation.

Il en allait de même pour les marchés financiers, reflets infidèles de l’activité économique et de l’humeur du citoyen. Les anciens racontent qu’à la fin du siècle dernier nombre d’entreprises gagnaient plus d’argent en plaçant leurs liquidités en Bourse que par leur activité nominale. La réputation des sociétés cotées comptait moins que leur résultat à cour terme. Créé en 1994, l’Observatoire de la réputation constatait alors : « en bourse la réputation traine la patte ». C’était le règne de l’image, des directions de la communication confiées à des attachées de presse, plus préoccupées du court terme, du risque médiatique que de la construction d’une réputation, véritable bouclier contre les aléas de la vie, même économique.

Le concept de développement durable traversait l’Atlantique, obligeant les entreprises à créer de nouvelles fonctions, alibi pour la plupart.

Puis boum ! Le 11 septembre  2001 a rappelé à la réalité du monde.

Un réveil bien douloureux pour les nations, les personnes et les entreprises. On se méfie du voisin, l’espionne au besoin à titre préventif.

Le principe de précaution fait son entrée dans la constitution des pays les moins entreprenants ; la France en tête.

En creusant, on s’aperçoit même que les banquiers ont créé, avec les subprimes de véritables bombes à retardement qui ne tardent pas à exploser, propulsant l’économie dans la tourmente. La confiance donnée aux entreprises ou aux candidats n’est plus un préalable. Le CDD est la règle. On n’investit à long terme que lorsque la personne ou l’entreprise présente des références. Bref, avoir la réputation de la fonction. Il ne suffit plus de savoir faire ; il faut que le regard des autres vous soit favorable. La technologie vient en partie au secours des inconnus. Les réseaux sociaux explosent. Tout le monde peut dire n’importe quoi sur tout le monde ; l’investigation indiscrète remplace l’enquête de voisinage. Il faut être « transparent ». Et, se pose aujourd’hui la question de la crédibilité, voire de la réputation des réseaux. Ceux à qui l’on peut faire confiance et les autres : une guerre des réseaux sur le terrain de la réputation et même sur les sols les plus glauques.

Dans la tourmente, on se penche sur le passé, probable garantie d’un succès futur.

Les marchés financiers reflètent en partie ces interrogations.

On savait qu’en Bourse la réputation apporte aux entreprises une « survaleur ».

Les études de notation conduites par l’Observatoire de la réputation depuis 1994 sur la réputation  des entreprises du CAC 40, indiquent que cette « plus-value » est en moyenne de 5 % par an pour les 10 entreprises les plus réputées par rapport à l’indice CAC 40.

Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il lorsque les événements Brexit, Grèce, banques italiennes, entretiennent l’incertitude, et le yoyo boursier ?

Conduite début 2015, la dernière étude de notation a consacré  sans surprise LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Airbus, Essilor, Air Liquide… en tête des 10 entreprises les plus réputées. 20 mois plus tard, ces 10 entreprises, qui constituent le « Reputation index », progressent en Bourse de plus de 14%,  quand l’indice CAC 40 ne gagne que 1%.

Airbus (notée 5R) progresse de 29% et Arcelor Mittal, (notée R), ferme la marche avec -44% ! Les sceptiques diront qu’Air Liquide, valeur patrimoniale de base, a perdu 7% sur la période.

La fidélité des actionnaires du nouveau leader mondial des gazs, qui ont vu le titre progresser de plus de 40% sur les 5 dernières années, devrait les faire réfléchir.

La réputation n’est pas une assurance.

Fondée sur la confiance, celle d’Air Liquide est totalement acquise auprès des personnes. Pour un « gérant », une telle valeur qui suppose de s’inscrire dans le temps dérange. Le moindre déficit d’explication sur une opération complexe ouvre la porte à un espoir spéculatif, qui sera déçu à coup sûr.

Quand la réputation est bonne, on peut aussi accepter d’être prisonnier de sa réputation, avec ses bons et mauvais cotés.

Pino confiant.