avr 24

Il ne suffit pas de se bâtir un patrimoine réputation, un capital sur lequel on pourrait tirer au fur et à mesure des besoins ou des mésaventures.

Plus solide qu’on ne le croit, la réputation, notamment celle des hommes publics, est fragile. D’autant plus fragile qu’on l’a construite sur le respect de valeurs partagées.

Il faut la nourrir par des actes et non de simples déclarations.

L’écueil principal avec une « bonne » réputation réside dans les exigences du comportement.

L’homme public devient l’obligé de sa réputation dans sa vie privée !

Après tout, il l’a bien cherché, lui qui, pour quelques suffrages, a entrouvert la porte de sa maison.

Avoir une réputation sulfureuse, ne crée pas les mêmes obligations.

La révélation d’un tourment ne suscite pas la surprise et affecte peu la réputation. Souvent même, elle l’a conforte.

Lorsque la réputation des uns est ternie et que le doute s’installe, que celle des autres est cantonnée dans une idéologie, il ne reste plus qu’à se tourner vers la nouveauté ou le plus offrant.

Ainsi en va t’il des élections présidentielles ?

Un premier tour qui voit la défaite d’un candidat favori à la réputation soudain écornée et celle de ceux qui promettaient la lune.

Un second tour ou le jeune favori fait tout pour ne pas emprunter la réputation de ceux qui le rejoignent par conviction ou intérêt.

Face à des électeurs déçus par les professionnels de la politique, il ne veut pas devenir prisonnier d’une réputation à crédit.

Moderne, il préfère l’image à la réputation.

Un pari !

Pino, attentif

mar 10

Alors que les réputations usurpées se dévoilent et se dénoncent, que beaucoup se sentent trahis, qu’affirmer une conviction soulève le doute, il est bon de retrouver un peu de fraîcheur en s’attardant sur le passé.
Les réputations de nos contemporains se confrontent aux rumeurs véhiculées complaisamment par les mauvaises langues ou les bonnes âmes. Pour maquiller l’intention de détruire on parle de post-vérité. Après le principe de précaution, le principe de suspicion influence nos jugements.

A qui se fier?

Il est vrai que l’actualité éclaire douloureusement la question. Il est vrai aussi que s’en remettre à la réputation relève plus souvent de la facilité que de l’analyse critique. Mais il est tout aussi vrai qu’entre l’aventure et la promesse, quelquefois fallacieuse, qu’apporte la réputation, celle-ci engendre moins de déceptions.

Laissons de côté l’actualité politique largement commentée!
Regardons plutôt la légende et au delà le mythe qui la nourrit souvent.

Une marque, au contraire de bien des hommes publics ne peut bâtir sa réputation dans le mensonge. Le Tribunal du Marché est plus exigeant que celui de l’Opinion et moins versatile que les médias qui préfèrent trop souvent l’écume. Lorsqu’une marque est prise en flagrant délit, la sanction morale rejoint celle du marché et au besoin de la justice. Elle se défend mais ne se dérobe pas, car il lui faut être au rendez-vous tous les jours et non à de simples échéances.

Il y a même des marques qui ne mentent jamais.
Chacun en connaît dans son univers.
Dans la beauté, le luxe, les vins, les voitures ou les motos, par exemple. Leur promesse est rassurante.
Mythiques par leur histoire, elles nous font partager un imaginaire. Le mythe n’a pas de religion normée, ni de pays. Il crée un « entre soi ». On s’y reconnaît, se retrouve en confiance. La Ford T est un mythe tout comme la Harley-Davidson aujourd’hui. Nul besoin de littérature pour promouvoir les valeurs de la Harley, la liberté bien sûr, la solidarité aussi lorsqu’on entre dans la famille étroite des passionnés.

L’histoire parle pour ces marques mythiques.

La petite histoire parle aussi, hélas, pour beaucoup de nos hommes publics.

Pino, « on the  road again »

jan 29

On ne se méfie jamais assez de ceux qui se prétendent être vos amis.

Toujours prompts à colporter les nouvelles et absents ou maladroits lorsqu’il s’agit de déminer. Si leur rôle est clé pour diffuser, il n’en va pas de même pour leur crédibilité.

La réputation se diffuse par cercle concentrique, lorsqu’il s’agit de la bâtir. Et la crédibilité des propos se dégrade au fur et à mesure de l’éloignement du sujet…quand tout va bien. Dans la crise, la crédibilité s’inverse ! Le soutien – même intéressé – de tel adversaire, donne davantage de crédit que celui d’un proche. Pourquoi serait-il suspect alors qu’il est sensé en tirer avantage ?

La rumeur s’épanouit dans l’ambiguïté.

Elle apparaît comme une réponse raisonnable à une situation « floue ». L’observateur connait bien ses terrains d’élection : le sexe bien sûr, l’argent et la santé. Pour qu’elle prenne corps, elle a besoin de relais, d’amplificateurs, qui, sans y apporter du fond, la « commercialiseront », comme une marchandise précieuse.

Après les media traditionnels, on a cru que les réseaux sociaux seraient les vecteurs préférés des rumeurs. Quelques mots assassins, un réseau, une curiosité entretenue et c’est la gloire ou le rejet. Avec un peu de chance (sic), des journalistes en panne d’actualité, apporteront le crédit de leur signature ou de leur journal. Vite bien sûr, car peu importe la vérité, la mode est à la « post-vérité », celle qu’on arrange après pour coller avec ce que la plupart croient.

Le ragot est d’une autre nature. Il emprunte à la calomnie – mot plus élégant – ce fumet de caniveau qui assure le succès de la nouvelle. Pour connaître le succès populaire, le ragot se nourrit des mêmes ingrédients que la rumeur, mais il s’appuie sur des témoins, surtout des faux, qui veulent profiter de l’aubaine pour exister. On connaît la rumeur Adjani qui périt devant les faits expliqués. Mais on connaît aussi la calomnie contre Baudis qui fit « pschitt » après la rétractation de témoins et la condamnation de Karl Zéro qui paya une prostituée pour étayer son scoop !

« La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer. Sans quoi, elle revient à la charge, plus furieuse que jamais», écrivait Nicolas Chamfort.

Pour résister aux agressions des rumeurs et ragots, une solide réputation ne suffit pas, hélas ! La « victime » a peu de temps pour dire sa vérité. Le recours aux armes lourdes est préférable sinon nécessaire. Le renversement de l’opinion, expose Dominique Baudis dans son livre « Face à la calomnie » s’est fait lors de son intervention sur TF1. Alors que les commentateurs virent de la culpabilité dans l’émotion de l’invité, le public y vit de la sincérité. Mais ce qui a été décisif, fût la contre-attaque juridique. Cela calme les ardeurs des colporteurs de mauvaises nouvelles, des procureurs médiatiques d’opérette qui oublient le sens de leur métier.

A condition de ne pas laisser la plaie s’infecter et quelquefois de préférer la chirurgie à la médecine douce, entre gens bien élevés.
Avant qu’il ne soit trop tard !

Pino pas surpris

jan 28

Il est pour le moins curieux de constater que lors des primaires de droite comme de gauche le rôle de nos dirigeants d’entreprise n’ait jamais été évoqué.

Si le chômage ne diminue guère, c’est la faute des impôts, du coût du travail, des charges sociales, de la conjoncture, de l’union européenne, mais en tout état de cause, il semble que nos dirigeants ne se sentent en aucun cas impliqués !

Le CICE, une immense incitation à agir, a donné lieu à des déclarations de Pierre GATTAZ et son fameux pin’s : on s’engage pour un million d’emploi. Mais on n’a rien vu sinon une augmentation conséquente des rémunérations des grands  dirigeants.

Les dirigeants semblent davantage préoccupés par les aides de l’état, par leurs placements financiers, que par l’innovation, la qualité de leurs produits, de leurs services.

Focus clients, disent-ils, alors que leur vrai focus est le cours de la bourse !

Où sont les investissements promis, où sont les efforts commerciaux ?

Il est vrai qu’en France le commerce est un mot banni des écoles de commerce.

Ces écoles forment des managers, des gestionnaires, des traders, des auditeurs, des consultants, jamais des vendeurs.

Parler commerce, vendeur est vulgaire. Démarcher, vous n’y pensez pas ?

Dire que mon fils ou ma fille est représentant de commerce : quelle déchéance !

V.R.P : quelle injure !

Et pourtant lorsque l’un ou l’autre est au chômage, ce ne sont pas les gestionnaires qui retrouvent le plus vite du travail mais bien les commerciaux, ceux dont on sait, qu’ils savent créer la relation avec les clients dont l’entreprise a besoin !

Patrice

déc 01

Être populiste, c’est dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Le plus dangereux c’est quand être populiste devient populaire. Quand les digues de l’éducation ou de la simple humanité sont rompues.

A quelques dictatures près, les leaders populistes sont venus par les urnes.

Ce qui devrait nous conduire à la plus grande prudence avec le « Grand Turc », par exemple.

Le levier traditionnel du populiste est de proclamer qu’il faut redonner le pouvoir au peuple et sa fierté à la nation.

Bref, réveiller le patriotisme du bon citoyen.

Et, ça marche !

Ça marche d’autant mieux que le danger réel  ou imaginaire est aux frontières et que le ver est dans le fruit.

Le populiste est plus d’autant plus dangereux qu’il affiche rarement la couleur. Pour gratter quelques voix, beaucoup revendiquent la préférence nationale. La promesse minimum, avant de flatter le sentiment national, avec tout ses excès.

Partout, le populisme est en embuscade et ouvre la voie à l’intolérance au mieux, au nationalisme au pire.

Après la générosité centrifuge et sur fond de crise d’identité, le repli est engagé.

En Europe, le Brexit symbolise l’égoïsme des nations, version douce.

En Russie, Chine, Turquie, il se pare de civisme.

Avec le « Make America Great Again », Donald Trump instille le poison!

Dommage pour une si vieille démocratie.

Dommage aussi pour nous car le nationalisme est une maladie contagieuse comme l’histoire nous l’a appris.

L’histoire enseigne aussi qu’à la fin, c’est la démocratie qui gagne.

Pino inquiet

nov 22

Les plus cultivés ou simplement curieux d’entre nous connaissent l’ »effet papillon « .

Ainsi, un fait anodin suffirait à provoquer un événement majeur, par un jeu inattendu de cascades.

L’effet papillon observé en climatologie s’appliquerait-il aussi en politique?

Cela donnerai matière à réflexion aux sondeurs et commentateurs mis à mal ces dernières semaines.

Appliquons-nous à l’exercice sur la Primaire de la droite pour donner un brin de logique a posteriori à des résultats prenant à revers les soi-disants experts.

Le fait générateur du tsunami politique, c’est à dire le papillon, ne serait-il pas tout simplement la négligence du candidat Bruno Le Maire?

Croyant incarner le renouveau en s’abstenant de porter cravate, il s’est mis hors jeu, empruntant l’habit d’un invité, oubliant le statut du candidat. Décrédibilisé dans le premier débat pour ce qui n’aurait pu être qu’une simple faute de goût, il s’est mis sur la touche d’emblée. Alors qu’il devançait François Fillon pour une modeste troisième place, il lui a ouvert un boulevard!

Encouragé par des sondages plus flatteurs, l’ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy s’est permis dans le second débat de contredire son ancien patron. Et comme on ne s’affirme vraiment qu’en s’opposant, il est apparu clairement comme un vrai challenger.

Trop sûr de lui, limite arrogant, Juppé n’a rien vu venir et l’a joué tranquille dans le troisième débat. Focalisé sur Nicolas Sarkozy, il a sous-estimé celui qui se montrait le plus pugnace. Il n’en fallait pas plus pour faire basculer les « anti-Sarko » du mollasson Juppé à celui qui voulait en découdre. Il ne suffit pas de revendiquer la « confiance », il faut aussi afficher sa « volonté ».

Les médias ont fait le reste; en rajoutant au besoin!

Ce qui n’aurait pu être qu’une défaite est devenu en quelques jours une déconfiture.

Tout cela pour un col ouvert et une pointe de mépris.

L’effet papillon simplement.

Merci Bruno Le Maire pour cette négligence.

Pino étonné

oct 17

Certains de mes amis de gauche souhaitent peser sur l’élection présidentielle en votant aux primaires de la droite. Ils semblent n’avoir aucun problème moral en s’engageant à signer la Charte des valeurs de la droite et du centre.

Par ailleurs, disent-ils, nous ne savons pas clairement ce qui distingue aujourd’hui les valeurs de la droite de celles de la gauche. Et il est vrai que les décisions, attitudes et comportements de chacun ne font pas apparaître de visibles différences.

C’est pourquoi je propose cette charte qui pourrait mettre tout le monde d’accord.
Charte des 15I.

-       Inspiré…dans la vision

-       Intrépide…dans les réformes

-       Inventif…dans les solutions

-       Incapable…de lâcheté

-       Inflexible…dans sa mission

-       Insoumis…face aux pressions

-       Indépendant…de tous les lobbies

-       Incorruptible…dans toutes les affaires

-       Infini…dans son imagination

-       Inextinguible…dans la soif de liberté

-       Indifférent…aux flatteries

-       Intransigeant…dans la prise de décision.

Cette Charte ne pourrait-elle pas être signée par tous ceux qui se voient un destin national?

Patrice

oct 13

Parmi nos moteurs les plus puissants on trouve peu de vertus.

En revanche, l’argent, le sexe ou le pouvoir, quelquefois réunis, occupent une place de choix. Le souci de sa gloire, sa réputation,  est réservé à un petit nombre, même si chacun d’entre nous souhaiterait laisser une trace, plutôt favorable, dans la petite histoire de nos familles, amitiés, professions. Bien sûr ce n’est pas un ressort ; juste un souci de ne pas décevoir le regard de nos proches.

Chez les hommes politiques, le souci s’exaspère, devient obsédant, pour le meilleur et pour le pire, car il s’agit de l’Histoire, celle d’un village qui accueillera une place à notre nom, voire une statue, un monument, celle aussi du pays, du monde, pour entrer dans les livres. L’homme politique contemporain pressent que les posts , tweets et autres messages numériques n’impriment pas les mémoires ; il y faut le sceau de l’écrit et de l’image. Napoléon l’avait bien compris, qui, dans les brumes de Sainte Hélène, se résolut à écrire le vécu de son action. De Gaulle ou Churchill firent de même avec talent et sincérité sans doute. L’exercice fût d’autant moins difficile que le récit se fondait sur l’action. La réputation s’établit d’autant mieux que l’on a été au cœur des choses, que le temps a consacré la réalité visible et que de mauvais esprits n’ont pas trop travesti la réalité du moment.

L’exercice se complique lorsque, en cours de bilan, il y a peu à conter ou raconter.

Ceci explique sans doute la foison d’ouvrages médiocres qui, faute d’actions déterminantes, relatent les anecdotes qui ne font que banaliser nos élus. Au lieu de les « présidentialiser » (mot curieux), il les rapprochent du peuple sous nos cotés les plus affligeants.

Et lorsque les commentateurs sont défaillants, alors le sujet, devenu objet, dicte à des journalistes consciencieux, ce qu’il aimerait que l’on croit. Jeu de dupes pour chacun. Fasciné par sa propre démarche, le candidat à la postérité oublie simplement la liberté du lecteur dont l’opinion fera un citoyen heureusement critique, souvent caustique. Quant à l’auteur, les miettes de bruit et d’argent adouciront la perception de sa complaisance.

Mais une image en chasse une autre, une nouvelle en remplace une autre ; ne restent que les actes, qui eux fondent la réputation, bien difficile à acquérir en ces temps d’impatience.

L’absence de culture, ou son oubli, ouvrent la voie, de part et d’autres de l’océan, à bien des petitesses.

Dans l’Art de la prudence, le jésuite espagnol Balthasar Gracian écrivait ce que Jacques Pilhan a justement professé au Phénix François Mitterrand : « Une nouveauté médiocre l’emporte d’ordinaire sur la plus haute excellence qui commence à vieillir. Il est donc besoin de renaître en valeur, en esprit, en fortune, en toutes choses, et de montrer toujours de nouvelles beautés, comme le fait le Soleil, qui change si souvent d’horizon et de théâtre, afin que la privation le fasse désirer quand il se couche, et que la nouveauté le fasse admirer quand il se lève. »

JPP

mai 01

Nous vient l’envie d’appliquer à Monsieur Platini ce poème de Rimbaud : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… sous les tilleuls verts de la promenade ».

On n’est donc pas sérieux Monsieur Platini quand on a 60 ans et qu’on se promène sur les rives du lac de Lausanne.

Monsieur Platini vous êtes furieux, vous en voulez à la terre entière, les médias, les méchants journalistes, le juge Eckert et le TAS bien entendu. Tous ceux qui – vous semble-t-il – veulent mettre fin à votre carrière exceptionnelle de dirigeant où vous deviez finir naturellement dans le fauteuil de Président de la FIFA.

Et pourtant je voudrais vous dire que pour nous, supporters de toujours, votre attitude nous choque et qu’on souhaiterait vous poser une seule question : pourquoi ces 2 millions de dollars pour des travaux effectués entre 2002 et 2004 ? Qu’est ce qui fonde ce tarif ? Quelles sont vos compétences, vos savoir- faire qui justifient qu’on puisse vous payer environ  100 000 dollars par mois ?

Pouvez-vous nous dire les travaux réellement effectués, pouvez-vous nous dire si les rapports existent et qui démontrent votre travail ? De cela vous n’en parlez pas : comprenez donc nos doutes !

Pour nous hélas vous vous êtes disqualifié vous-même ; oui cette fois-ci le carton rouge est pour vous !

Il nous semble que vous l’avez bien mérité.

Patrice

jan 28
Des images et des mots.

Les images soulèvent l’émotion alors que les mots parlent d’abord à la raison.

L’un sans l’autre, conçus ou pensés avec talent, laisse une trace affective. L’un avec l’autre contribue à former la réputation, en donnant un sens à ce qui remue le coeur.

Peu d’hommes politiques parviennent à se créer cette réputation, l’entretenir, la réveiller par quelques moments forts.

Bien sûr, il importe que leurs valeurs affichées rencontrent celles de l’époque, que leur soi-disant éthique soit conforme avec la morale du moment. De là à devenir incontournable!
La plupart des hommes ou femmes politiques l’ont bien compris, qui soignent la mise en scène.
Opportunistes, ils s’accrochent aux lieux et événements qui soutiendront l’intention.
Réalistes, ils savent que l’image (quelquefois contrariée par la météo) imprimera davantage que le discours. Hélas, mais plus souvent tant mieux!
On retiendra plus le ridicule ou l’anecdotique que le conventionnel: une chapka, une cravate de travers, une annonce tragique en Lacoste…Bref, la forme ne doit pas contrarier le fond, si elle ne s’accorde. C’est un peu comme un faute d’orthographe…
Et, il y a ceux, artistes de l’image et bâtisseurs de réputation, qui malgré des conseils souvent contre-nature, détiennent les clés de la popularité.
L’actualité met en lumière le grand talent de Christiane Taubira qui produit un sans-faute lors de sa démission; tout au moins quant à l’effet et aux commentaires recherchés.
Une longue préparation psychologique, du suspense mais pas indécent, et le choix des mots: « parfois résister, c’est partir », « par fidélité à moi et à nous », « désaccord politique majeur« ,…
Et, surtout, les images pour donner de la force aux propos et traverser les réseaux sociaux, peu intéressés par les paroles.
Qui ne se souvient du départ « à pied » de Valéry Giscard d’Estaing, accompagné d’un célèbre « au revoir« ?
Dans son registre et à sa place, Christiane Taubira a choisi, de longue date, le vélo. Car il faut aussi attacher à une réputation fragile, une pointe de symbole qui n’est en réalité que fausse modestie.
Son rêve est probablement d’entrer dans l’histoire, comme Simone Veil ou Robert Badinter. La réalité est qu’au filtre du temps, il restera peu de chose du « mariage pour tous » par rapport aux révolutions que furent l’IVG et l’abolition de la peine de mort.
Il restera quand même une « superbe sortie »…qui prépare peut-être un retour difficile.
Pino connaisseur