juin 29

En choisissant Eric Woerth pour mener à bien « sa » réforme des retraites, Nicolas Sarkozy avait fait le choix de la vertu affichée dans une République « irréprochable ».

Respecté de tous, reconnu pour sa compétence, apprécié pour son sens du consensus, le nouveau ministre, à la réputation enviable, était l’homme du moment.

Hélas, c’était sans compter avec le comportement stupide de ses camarades du gouvernement et un brin de naïveté et d’arrogance de sa part.

Côté camarades, l’addition est lourde : jet privé et permis de construire bidon pour Joyandet, cigares aux frais de la République pour Christian Blanc, appartement de fonction prêté à la famille par Fadela Amara,…déclarations inconséquentes de Rama Yade.

Saluons ici le rôle irremplaçable du Canard Enchainé qui dénonce consciencieusement tous les mercredis les magouilles, maladresses et manipulations des puissants,…sans verser dans le populisme.

Côté Ministre, il y a probablement quelque provocation à jouer avec le feu en cumulant les risques. Etre trésorier d’un parti politique est une fonction éminemment louche. On y est vite rattrapé par la patrouille surtout si on a la main sur le Budget de la nation,…et que sa femme conseille le plus gros contribuable du pays.

Croire que sa bonne mine et son intégrité revendiquée, évitent de respecter quelques règles de prudence, relève de la forfanterie. La vertu est suspecte. S’en réclamer crée beaucoup plus d’obligation que d’obligés.

Après avoir été l’ « homme de la situation », Eric Woerth, présumé innocent (mais la question n’est plus là), est devenu un « obligé » du président, un de plus.

Un moment au dessus du lot politique, le ministre encore « droit dans ses bottes » rentre dans le rang.
Au fait, à qui profite le crime ?

Pino le vertueux

juin 12

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« Il n’y a rien qui fonde mieux la réputation que la disgrâce »
Winston Churchill

Longue à bâtir, délicate à cultiver, une réputation sans tache est selon William Shakespeare “le plus pur trésor que puisse donner l’existence humaine”.
Construite avec patience sur des comportements et des réalités, la réputation est un patrimoine plus solide qu’on ne le croit souvent.

En fait, la réputation des marques, des entreprises, des personnes ou des institutions s’inscrit dans un cycle. Il faut d’abord la bâtir, et pour cela exploiter avec habileté les opportunités.

Puis, il faut la nourrir par des réalités et des comportements qui la confortent. Vivre sur sa réputation est par la suite un exercice périlleux, car on sort vite du jeu. Mais il faut aussi et surtout la protéger car comme le dit Montesquieu : “les réputations les plus brillantes sont les plus exposées”.

Pour se bâtir une réputation, il faut du talent bien sûr, beaucoup de travail souvent, et surtout du temps. La combinaison de ces facteurs nécessaires peut varier avec l’époque. Beaucoup de talent (et un peu de chance) peut conduire à créer une image, vite diffusée sur le net, et souvent volatile. La réputation est d’une autre nature, elle se construit par sédimentation, en additionnant des images, certaines plus prégnantes que d’autres, formant ainsi le film de la vie publique d’une personne ou d’une institution. La réputation sera jugée bonne ou mauvaise suivant que l’intention et le scénario s’accordent plus ou moins bien avec les valeurs du moment.

Il n’y a pas de réputation sans talent. Certaines vedettes du sport ou du spectacle crèvent rapidement l’écran. Au-delà de leurs dons, c’est surtout leur personnalité qui fascine : Michael Jackson ou Tiger Woods illustrent le propos.

La reconnaissance du talent est moins fréquente dans le monde politique où les suffrages des citoyens se fondent davantage sur la perception de l’action que sur la réalité des actes.

Il faut aussi « travailler » son talent. Derrière un swing parfait ou une note tenue, il y a souvent des milliers d’heures de travail. Et, le talent, c’est aussi de faire oublier le travail pour partager un instant magique.

Il n’y a pas de réputation sans Histoire. Certes il y faut de petites anecdotes qui aideront à bâtir la légende et l’illustreront. Mais la réputation,  regard des autres, ne s’apprécie que dans le temps. Bien peu d’élus accèderont à cette reconnaissance car les pièges sont nombreux et le Tribunal de l’opinion est peu indulgent.

L’équation de Gracian

L’observateur, un peu cynique, se régale tous les jours des maladresses des « puissants ».

Le philosophe qui a le mieux exposé le risque sur la réputation est un Jésuite espagnol du XVIIème siècle. Selon Gracian, le “management” de la réputation s’écrit en une équation simple composant mérite et réputation. Lorsque la réputation est supérieure au mérite, il faut être “réservé”. A l’inverse, lorsque le mérite est supérieur à la réputation il faut “se produire”…. Et de poursuivre “le monde est une carrière qu’il est difficile de bien commencer et de bien finir ; l’expérience nous manque pour l’un, souvent elle nuit pour l’autre”.

Tout est dit ou presque sur la difficile maîtrise de ce patrimoine culturel complexe : la réputation. Lire la suite »

mai 22


« Le meilleur moyen de conserver sa réputation est la modestie ».

Montesquieu

On a longtemps cru que la réputation n’était qu’une rente.

Qu’il avait fallu beaucoup de patience, et quelque talent pour accumuler un petit capital sur lequel il faudra bien vivre.

Que ce magot, souvent plus culturel que financier, reflétait davantage les efforts du passé que les espoirs d’un avenir entreprenant.

Et pourtant, le souci de sa réputation, l’hommage recherché du regard des autres, le jugement du Tribunal de l’Opinion, sont des moteurs essentiels à l’action humaine.

Au-delà d’un capital, la réputation est un patrimoine mobilisable dans les moments difficiles pour les personnes, mais aussi pour les entreprises. C’est en effet dans les crises que l’on apprécie le mieux le bénéfice défensif qu’apporte la reconnaissance sociale.

Le magazine Fortune (« Best reputation companies ») et l’Observatoire de la réputation* (« Reputation index ») évaluent à 5% la plus value-value annuelle moyenne apportée aux entreprises cotées par la réputation sur les 10 dernières années ! Les entreprises les mieux notées par l’Observatoire, et notamment Air Liquide réjouissent leurs actionnaires : + 65% quand l’indice CAC 40 perd 34%.

Et dire que l’on a raillé ces entreprises discrètes et industrieuses, aux dirigeants anonymes ou presque !

La plus-value qu’apporte la confiance en Bourse est tout aussi spectaculaire à court terme. En 2009, les 10 entreprises les plus réputées (notation 2000) rebondissent de 51% quand le CAC 40 ne reprend que 22% ! Ce que Fortune résume en une formule:  “forget about day trading on the internet, buy the stocks of the top ten, beat the S&P. “

Ainsi, la réputation, concept défensif en période de morosité, devient en Bourse un concept spéculatif lorsque les affaires reprennent.
La réputation est aussi promesse de performances.

Par tactique ou dans l’urgence, l’entreprise peut tenter – à court terme – d’infléchir la pente pour recouvrer de l’intérêt, de la crédibilité ou même de la séduction. L’entreprise en panne de réputation, peut céder à la tentation de « louer » la réputation d’un dirigeant réputé pour redresser la barre ; ce qui relève autant de la bonne gestion que de l’habileté de la communication.

Dans le registre spéculatif, il faut saluer les « sauveteurs » d’entreprise…amateurs de challenges. On leur confie les clés d’une société aux dettes abyssales et on se prend à espérer.

Auréolé de ses succès en tant que Président de la FFSA (la puissante Société Française des Sociétés d’Assurance) et surtout de son rôle exceptionnel en tant que penseur et stratège de la refondation sociale du Medef, Denis Kessler prend la tête de la Scor, croulant sous les dettes. Aussitôt on parle d’ « effet Kessler » et celui-ci relève non sans humour qu’il faut distinguer les profils de redresseur : médecin ou croque-mort.

Jean-René Fourtou accepte de prendre la barre de Vivendi Universal que Jean-Marie Messier a conduit au bord du gouffre. Et, en quelques semaines, le cours se redresse, les banquiers se font plus conciliants et l’entreprise retrouve la confiance de ses partenaires. En fait, on ne loue pas seulement les talents des managers, on emprunte aussi leur réputation, dans un pari partagé.

Pour une entreprise, la réputation est une valeur d’autant plus spéculative que son activité s’appuie plus sur des talents que sur des investissements matériels. C’est bien sûr le cas des entreprises de la TNT confrontées à des bouleversements technologiques, mais aussi celui des  marques sensibles aux effets de mode.

Il en va de même pour les personnes. Ainsi, il y a de « vrais » métiers, ingénieur, comptable,…peu spéculatifs; et d’autres, qui ouvrent sur davantage de notoriété sinon de gloire, mais plus risqués et volatils. Le « métier » de communicant n’exige-t-il pas plus de talent que de technique, pour s’y créer une réputation, finalement bien fragile ?

Défensive ou spéculative, la réputation est à nouveau un concept d’actualité.
Longue à bâtir et délicate à gérer, elle est selon Shakespeare « le plus pur joyau que puisse offrir l’existence humaine ».

JPP

Article extrait de la revue « Hommes et Commerce »

avr 10


La rumeur fonctionne comme un virus.

Ses effets sont d’autant plus graves, que le sujet est fragilisé.

Combien d’entre nous, en pleine forme, sont passés au travers de la grippe pour l’avoir méprisée.

Comme la grippe, la rumeur a ses sujets de préférence. Les puissants, les « people » et ceux qui se poussent du col, constituent des cibles de choix. Souvent surprotégés, ils n’en sont que plus déstabilisés, et résistent aux potions classiques qui conviendraient au commun. Il leur faudra aussi survivre aux couteux conseils des courtisans et parasites qui font flores dans le marigot. Il est vrai que ces faux-amis y trouvent aussi leur compte. Leur pouvoir repose sur l’ambiguïté de la situation. Chacun y va de son traitement et ajoute à la confusion.

Si le virus a ses sujets de prédilection, il a aussi ses objets favoris, ceux sur lesquels la rumeur s’épanouit. Argent, sexe et santé sont ainsi les thèmes préférés permettant à des informations rarement bienveillantes de naître et de proliférer dans un corps social toujours prêt à percer le mystère de l’interdit.

Car si une information, plutôt une rumeur, n’est connue que de quelques initiés, si elle n’est pas officielle donc,  c’est probablement qu’il y a quelque chose à cacher…

En ces années de haute transparence proclamée, ce n’est pas admissible. Il faut, en toute bonne conscience, que le silence soit rompu.

Information, la rumeur est aussi media : c’est même le media principal de la réputation.

Evidemment, pour celui qui est confronté à la rumeur la voie est étroite entre le silence et la réplique car  chacun sait que « qui ne dit mot consent ».

Mais tout bon médecin sait qu’avant le traitement, il faut établir un diagnostic. Et qu’une hypothétique et banale infidélité conjugale se soigne avec un peu de finesse. Qu’il faut éviter les charlatans, et surtout les commères et le dernier qui a parlé. Que les hommes de loi, comme les chirurgiens, auront plutôt tendance à trancher. Que le malade est souvent le plus mal placé pour parler de son état. Bref, qu’avant de sortir l’arsenal de l’action ou de la répression, il faut se poser. Mais aussi que dans la plupart des cas, faute de combustible, le feu s’éteint. Bien sûr, tout cela ne fait que relever du bon sens et non du traitement énergique d’une affection saisonnière. Le bon sens rappelle aussi que les virus comme les rumeurs sont vieux comme le monde ; et tout aussi nécessaires à la vie.

En fait, on a trop tendance à voir le mauvais côté des choses, à considérer que ces épreuves sur notre santé ou notre intégrité, risquent de nous emporter. Au contraire, bien gérées, ces agressions nous renforcent, nous vaccinent d’une certaine façon.

Elles nous rapprochent même du public, nous rendent plus sympathiques, dans une complicité (« bienvenue au club ») qui devrait se retrouver dans le regard des autres.

JPP

nov 21

poisson2Faute avouée, à moitié pardonnée,…surtout devant l’évidence et lorsqu’on ne  risque rien.
On aimerait que nos idoles sportives nous sortent du quotidien et même soient exemplaires, mais semaine après semaine on découvre la banalité de leur comportement, ce qui au fond nous les rend plus proches.

Virenque, Agassi, Zidane, Henry,  …même combat, ou presque. A l’inverse du coup de boule vengeur de Zizou, vite pardonné, la main qui traine de Thierry Henry pourrait rester pour notre  star du foot l’image dominante du film de sa réputation,  l’affiche. Car la réputation se construit sur des valeurs, et on préfère un joueur susceptible à un tricheur par effraction.

La fonction d’une « star », c’est de nous permettre d’exister par procuration, de nous identifier dans ses exploits, d’emprunter une part de sa réputation. Une star est aussi un ambassadeur, qui nous représente et bâtit ou abîme notre réputation.

Ainsi on a dit les Italiens « truqueurs » (Materazzi, Berlusconi…) ; et ce qualificatif peu amical, leur colle au maillot.  Avec la main d’Henry, on parle déjà des Français « tricheurs ». On pourra ajouter que les Irlandais sont plutôt « beaux joueurs »…

Bref, une égratignure à une réputation gauloise que l’on disait enviable. Rassurons-nous, ce n’est qu’un léger bobo, qui sera vite soigné, malgré la maladresse des médecins qui préfèrent guérir que prévenir.

Interviewé en connaisseur sur le sujet, Bernard Tapie, nous explique que dans un cas comme cela il faut fermer sa gueule  et que « le problème, c’est plus d’avoir une équipe de bras cassés… » . Et, il est vrai qu’en matière de réputation, Nanard s’y connaît.

Platini, élu sur son conservatisme et ferme opposant à la vidéo (qui existe de fait puisque les matchs sont à la TV en direct !), préfère ajouter des arbitres aux téléspectateurs vigilants…Combien ? Il n’a sans doute pas vu le film « A mort l’arbitre ».

Domenech empoche ses 862 000€, pour avoir permis cette qualification haut  la main.
Le coach le plus détesté des Français répète qu’un « fait de jeu » n’a rien à voir avec une « petite tricherie ». On n’a sans doute pas vu le même match ! Circulez.

En fait, ce débat dans lequel se confrontent de soi-disants intérêts sportifs et une morale élastique, est bien symbolique du moment.

Comme le disent les Chinois, « le poisson pourrit par la tête ».

Et, il faut bien reconnaître qu’en matière de respect des valeurs, l’exemple vient d’en haut.

Les derniers épisodes avec Frédéric Mitterrand, le repenti du tourisme sexuel, ou avec Jean Sarkozy, le jeune homme pressé, ont déjà bien fait rigoler nos voisins. Avec le foot, on élargit les frontières de la moquerie. Dommage.

Pour beaucoup, ce débat n’est qu’un exutoire permettant aux belles âmes de se lever à bon compte et sur un vrai  « détail ». Le scénario est bien rodé. Un événement-émissaire qui permet un moment d’oublier l’essentiel.
On s’en remettra.

Pino le honteux

mai 22
dessin-jppLorsque tout va mal, que l’essentiel n’est pas acquis, avoir le souci de sa réputation relève de la frivolité

On a cru un moment que, fondée sur la confiance méritée, la réputation était le meilleur garde-fou contre les turbulences. Hélas, l’actualité donne raison aux plus cyniques, et dans la crise, le regard des autres s’attache davantage aux réalités qu’aux supposées vertus.
La sécurité d’abord !
Et, ce n’est pas un hasard, si l’entreprise préférée des français est désormais EDF…
Côté patrons, le retour de Bernard Tapie sur le devant de la scène et le départ honteux de Daniel Bouton qui s’était érigé en « père la morale », laissent pantois ceux qui croyaient qu’éthique et affaires pouvaient faire bon ménage.
Mais ne soyons pas injustes, la nomination de Pierre Bellon au « Comité Ethique » du Medef, est plutôt une bonne nouvelle. Pour lui, la réputation paye, même en Bourse, puisque Sodexo a plutôt bien résistée aux coups de tabac. En revanche, les autres entreprises « réputées » ne sont pas toujours à la fête. Michelin a été élue il y a peu de temps entreprise « préférée » des français et GM nommée « most admired company » des Américains !
Peut-être ne se pose t-on pas les bonnes questions ?
Vaut-il mieux être riche et mal aimé comme Total (en être actionnaire ou salarié) ou respecté et fragile comme tant d’autres ?
A chacun sa réponse.
Pino
fév 10

Entre les maladresses de Bernard Kouchner et les indélicatesses de Julien Dray, l’écart est bien faible au regard de la morale, même politique.

Pour le Tribunal de l’Opinion, l’un récupère les valeurs de générosité de la gauche et bénéficie d’un préjugé favorable, alors que l’autre, trotskiste aux goûts de luxe, est déjà passé à la trappe, surtout aux yeux de ses faux-amis.

Sans aller jusqu’au délit de faciès, il est vrai que BK, humanitaire outragé, a un physique plus avenant que JD, au look improbable.

Lorsque le sol se dérobe sous vos pieds, que les regards se font fuyants, bref, que la confiance vacille, il ne sert à rien de proclamer sa bonne foi. L’histoire, votre histoire,  doit parler pour vous. Ceux qui comme Julien Dray n’ont fait qu’additionner des images – agitateur, trotskiste repenti, porte-parole de Ségolène Royal, apparachik mystérieux – n’ont aucune capacité de résistance à la moindre bévue.

Trop d’images ne font pas une réputation !

En revanche, les belles images de la vie politique de Bernard Kouchner, s’organisent pour former un film…avec une intention, un scénario, une cohérence, des moments forts,…et même des valeurs auxquelles on aimerait bien pouvoir se raccrocher. Parce que si lui aussi, il en croque, alors c’est la fin…

Et le moment venu, lorsque le french doctor a besoin de mobiliser sa réputation, alors le bon public répond présent, remplit la salle, tout en sachant que ce n’est pas son meilleur film.

C’est beau, une réputation!

Pas facile de la bâtir, il y faut de la constance. Moins fragile qu’on ne le croit, elle permet de traverser les mauvaises passes de la vie publique, à condition de ne pas trop abuser de l’affection du citoyen et de sa crédulité.  BK et DSK, même combat. Habilement récupérés par Nicolas Sarkozy, leur cote d’amour se maintient, mais leur crédit se dégrade.
Les Américains disent  reputation gives you a second chance.  Attention toutefois à ne pas trop tirer sur la ficelle.

Pino

fév 25

Quelques principes de la réputation, à lire avec humour…et suivre avec prudence

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sept 19

L’histoire d‘un champion reconnu, pas toujours respecté, et qui voudrait aussi être aimé

Extraits d’Histoires de réputation,

Par Jean-Pierre Piotet, Copyright Ed Eska

La vie, la vraie, nous l’apprend : ce sont les événements qui révèlent les tempéraments. C’est à leur occasion que se font, se défont ou s’égratignent les réputations. Ce qui est avéré pour les personnes se vérifie aussi pour les entreprises.

Winston Churchill l’aurait dit : « Il n’y a rien qui mette mieux en valeur le caractère que la disgrâce ». On pourrait donc croire que seules les difficultés révèlent les caractères, et fondent les réputations. En réalité, les bonnes nouvelles ont également de l’effet : elles influent sur la construction d’une réputation autant que les incidents ou les accidents connus du public.

Annoncer soi même que l’on est en bonne santé peut ne pas plaire à tout le monde. Il y a quelques années le recours à des « experts » en communication de crise s’avérait utile pour traverser au mieux les moments difficiles. Aujourd’hui, même en dehors de ces périodes tendues, ces conseils trouvent à s’employer lors de l’annonce d’un succès ou d’une performance.

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sept 13

L’histoire de la marque préférée des consommateurs, devenue aussi à leurs yeux une entreprise


Extraits d’ Histoires de réputation, réflexions sur le mensonge des hommes publics

par Jean-Pierre Piotet, Copyright Ed Eska


L’entreprise doit-elle avoir une vie publique ? La question n’est pas innocente.

Selon la tradition européenne, l’entreprise n’a pas vocation à faire parler d’elle à l’extérieur de son champ d’activité propre. Elle doit rester discrète, s’occuper de ses clients, et les satisfaire si possible. Un point, c’est tout.

L’exemple type est Michelin. Cette société « historique », connue pour la qualité de ses produits, très appréciés du grand public, était aussi la plus secrète, transformant ses usines en bunkers, afin de maintenir autour de Bibendum une atmosphère de mystère. Pionnière dans le service aux automobilistes, Michelin n’avait de manifestations extérieures que le fameux bonhomme en caoutchouc, les bornes kilométriques et le Guide des meilleurs restaurants. François Michelin, affichait d’ailleurs, si l’on ose dire, une volonté presque maladive de ne pas gaspiller. Il recevait ses visiteurs dans une petite pièce sombre et pauvrement meublée - des chaises dépareillées, un bureau miteux – afin de prouver de façon ostensible, jusque dans les détails, son souci de l’économie.

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