nov 24

dessin-jppRien de plus facile que de reconnaître un menteur.

Que ce soit pour éviter des ennuis ou se faire mousser,

le menteur se trahit par sa mine ou ses formules.

Voici les mots qui devraient vous alerter,


Moi vivant, jamais ! Il y a très peu de harakiris politiques en France.

J’en prends l’engagement solennel, « parole, parole »…

Après une large concertation, veut dire « j’en ai parlé à ma femme ou ma maîtresse ».

Ce n’est pas moi le père, c’est-à-dire « j’aurais bien aimé ».

Je n’ai pas l’habitude, ou plutôt « pas question de changer ».

Tu peux me faire confiance,..pour l’instant bien sûr.

Je suis certain, signifie « c’est pas clair »

Il n’en est pas question, prépare un virage à 180°.

Les yeux dans les yeuxcélèbre formule.

Sincèrement, ou honnêtement, en début de phrase, surtout.

…mais vous aussi avez noté les formules qui préparent un gros mensonge.
N’hésitez pas à les partager en ajoutant un commentaire.

Pino

oct 31

On peut séduire de multiples façons.

On peut soulever l’intérêt, voire l’enthousiasme, susciter le doute, créer le désir sans pour autant convaincre.
On peut ainsi être choisi par défaut, faute de combattants  (ou excès !) crédibles.

Mais la plupart du temps, ceux qui choisissent cette voie, qui suppose talent et opportunisme, bénéficient d’un minimum de notoriété, voire d’un brin de réputation de la fonction convoitée.

Dans la vie artistique, l’explosion d’un talent et sa reconnaissance publique est aussi fréquente que la descente aux enfers qui la suit. Les medias « chauds » ne font aucun cadeau. Leur appétit d’ogre veut de la chaire fraiche pour un public infidèle à ses idoles.

Dans la vie quotidienne, ces mêmes medias – accessibles à tous – peuvent donner l’illusion de nous sortir de l’anonymat, un moment. La plupart y cèdent pour « rester dans le coup » ; sans conviction.

Dans la vie politique, reflet d’une société impatiente et crédule, on confie désormais son destin à de nouveaux venus dans ce monde de grands carnassiers. La jeunesse ou l’inexpérience devient avantage et les nouveaux venus n’ont pas les casseroles traditionnelles des vieux routiers. Tant mieux, sans doute.

Faute de réputation dans l’exercice du pouvoir, il y a urgence pour le public – et leurs adversaires – à les « classer », les mettre dans un « ghetto » de perception dont il sera bien difficile de sortir.

Certain affiche une pensée « complexe ». Il faudra simplifier. Alors ce sera plus commode de le brocarder comme président des « riches » alors qu’il ne fait que tenter de recoller notre fiscalité à celle de pays « mieux portants ».

Tel autre, habile bonimenteur, richissime après de multiples faillites, roi des démagogues, qui affirme au quotidien la toute puissance de son pays, flattant les uns et promettant aux autres l’intenable, échappe à tout qualificatif. Alors, il sera le président « imprévisible »…et sa pathétique réputation se bâtit ainsi.

A la fin de leurs mandats, ils auront ainsi – a posteriori – une réputation de Président.

Au lieu de se fonder sur un passé (avec le succès que l’on sait pour nos derniers présidents qui promettaient tant !), les électeurs font désormais des paris. Sur l’intelligence dans un cas, le populisme dans l’autre.

Imputer ce changement aux nouveaux medias serait inexact car il y a bien des « heures de vérité » dans les débats qui opposent les candidats. Il y a des moments de révélation des insuffisances, des personnalités, des faux talents…

Etre un bon acteur ne suffit pas mais peut largement aider des personnages aux accents de télé-évangélistes, vendeurs de rêve.

Etre volontariste, surfer sur le mécontentement naturel ou les peurs des électeurs, ne suffit pas à compenser une évidente incompétence.

Sans oublier que pour être l’ « élu », il faut aussi être là au bon moment, exploiter les erreurs de ses concurrents et un peu de chance !

Pour la réputation, tant pis, on verra plus tard.

Pino chagrin

mar 10

Alors que les réputations usurpées se dévoilent et se dénoncent, que beaucoup se sentent trahis, qu’affirmer une conviction soulève le doute, il est bon de retrouver un peu de fraîcheur en s’attardant sur le passé.
Les réputations de nos contemporains se confrontent aux rumeurs véhiculées complaisamment par les mauvaises langues ou les bonnes âmes. Pour maquiller l’intention de détruire on parle de post-vérité. Après le principe de précaution, le principe de suspicion influence nos jugements.

A qui se fier?

Il est vrai que l’actualité éclaire douloureusement la question. Il est vrai aussi que s’en remettre à la réputation relève plus souvent de la facilité que de l’analyse critique. Mais il est tout aussi vrai qu’entre l’aventure et la promesse, quelquefois fallacieuse, qu’apporte la réputation, celle-ci engendre moins de déceptions.

Laissons de côté l’actualité politique largement commentée!
Regardons plutôt la légende et au delà le mythe qui la nourrit souvent.

Une marque, au contraire de bien des hommes publics ne peut bâtir sa réputation dans le mensonge. Le Tribunal du Marché est plus exigeant que celui de l’Opinion et moins versatile que les médias qui préfèrent trop souvent l’écume. Lorsqu’une marque est prise en flagrant délit, la sanction morale rejoint celle du marché et au besoin de la justice. Elle se défend mais ne se dérobe pas, car il lui faut être au rendez-vous tous les jours et non à de simples échéances.

Il y a même des marques qui ne mentent jamais.
Chacun en connaît dans son univers.
Dans la beauté, le luxe, les vins, les voitures ou les motos, par exemple. Leur promesse est rassurante.
Mythiques par leur histoire, elles nous font partager un imaginaire. Le mythe n’a pas de religion normée, ni de pays. Il crée un « entre soi ». On s’y reconnaît, se retrouve en confiance. La Ford T est un mythe tout comme la Harley-Davidson aujourd’hui. Nul besoin de littérature pour promouvoir les valeurs de la Harley, la liberté bien sûr, la solidarité aussi lorsqu’on entre dans la famille étroite des passionnés.

L’histoire parle pour ces marques mythiques.

La petite histoire parle aussi, hélas, pour beaucoup de nos hommes publics.

Pino, « on the  road again »

sept 04

Le paradoxe de la réputation d’un Président.

Parmi les multiples qualités que l’on souhaite voir incarner par un Président de la République, l’honnêteté figure naturellement au premier plan, avec, bien sûr, l’autorité nécessaire au père de la nation, surtout dans la tempête.

L’observation des élections suprêmes dans la grande majorité des pays, y compris les ténors de ce monde, montre qu’il y de l’espace entre la déclaration du citoyen et son comportement.

Un peu d’histoire électorale de la Vème République éclaire aussi ce paradoxe largement partagé.

En 2002, un sondage place en tête des qualités attendues d’un président, l’honnêteté. Une autre question classait les candidats sur ce critère et, en fin de peloton, on retrouvait Jacques Chirac, présumé innocent.

Que croyez-vous qu’il advint ?

Jacques Chirac fut élu, avant d’être condamné au terme de son mandat pour « abus », et d’être le président préféré des français. Bien sûr, il ne s’agissait que de broutilles. Rien à voir avec les détournements d’hommes et femmes politiques africains ou d’Amérique du Sud, ou même russes.

Bref, il ne faut guère se fier à ces sondages qui mélangent morale affichée et éthique pragmatique. On n’est pas obligé de respecter pour faire confiance et donner les clés de sa maison. Surtout en période difficile.

Pour beaucoup, le principal est plus dans la promesse que dans celui qui l’énonce.

Ainsi de François Hollande dont les promesses ne sont que la caricature du mensonge politique. Faire rêver d’un monde meilleur est un talent de bonimenteur, et non de menteur en politique.

L’actualité est l’interrogation sur la candidature d’Emmanuel Macron.

Au cours de la Vème République, tous les présidents avaient en se présentant, une véritable réputation de Président forgée avec le temps, l’expérience et le talent.

A bien y regarder, à part un vrai talent, Macron ne semble pas répondre aux autres critères.

Au pays de Voltaire, son expérience paraît un peu courte,…et même discutable.

Les plus sévères à gauche soulignent même que « sa » grande réforme se résume à quelques bus et dimanches d’ouverture, et que la révolution numérique qu’il revendique doit beaucoup à Fleur Pellerin.

Le temps pourrait jouer pour lui. La France rêve toujours d’un Kennedy français. Nous avons eu Giscard, mais celui-ci a fait défaut ; du gâchis !

Mais revenons à l’honnêteté. Le calcul de François Hollande, plutôt un souhait, est de se confronter à Nicolas Sarkozy au second tour. Un souhait largement partagé par l’ex-président, sur le fil du rasoir judiciaire…Encore faudrait-il qu’ils soient au second tour ?

Le pire, pour le pays, est d’avoir « des » présidents élus par défaut et l’actualité ne rend guère enthousiaste.

Pino compréhensif

avr 01

Le pire ennemi de la réputation est le mensonge.

Ecartons d’emblée la réputation des hommes politiques, qui au fil du temps évolue suivant la morale du moment et le commentaire des historiens. Pour la plupart, le mensonge est apprécié avec complaisance et le citoyen pardonne, faute de comprendre, les écarts entre les promesses et la triste réalité.

Passons même sur la réputation des stars et autres hommes et femmes publics, soumis aux caprices de nos contemporains. Ils sont d’un autre monde et le mensonge est oubli ou protection.

Retenons simplement la réputation de nos entreprises et leurs petits et gros mensonges, anecdotiques ou dramatiques.

Derrière le mensonge des entreprises, il y a plus de rationalité que d’émotion. Il y a aussi beaucoup de maladresses, pour des « professionnels » qui sont censés maitriser le réel, l’organiser au mieux de leurs intérêts et au final de ceux de la société.

Le mensonge des dirigeants de Germanwings/Lufthansa ne peut qu’étonner!

Les grandes compagnies aériennes consacrent une énergie et des sommes considérables à se préparer à gérer leur communication de crise sur les catastrophes aériennes : manuels et procédures, simulation, actualisation des messages,…avec un vocabulaire souvent guerrier et le conseil des meilleurs « communicants ». Car il ne s’agit pas d’ajouter du drame à la tragédie, ni de faire des faux-pas qui couteraient très chers.

La règle d’or en la matière est surtout de ne pas mentir.

On prépare des « messages d’attente » qui résument ce qu’on sait, sans spéculer.

Lorsqu’un dirigeant de la Lufthansa déclare que les pilotes avaient subi avec succès tous les tests médicaux et psychologiques, il ment. Pas par omission. Sans doute pas par incompétence. Mais volontairement, pour gagner du temps. Lamentable!

Comment faire à nouveau confiance à une compagnie qui n’assume pas les défauts de ses procédures ?

Il y a hélas des catastrophes aériennes toutes les semaines dans le monde. Mais la réputation d’une grande compagnie crée des exigences, non seulement de qualité, mais aussi de comportement. La force des mots d’excuse et de compassion des dirigeants de la compagnie n’effacera pas la force des images. Mais avec le temps, la solidarité d’une nation et du monde de l’aviation, la tragédie prendra le pas sur une défaillance criminelle et un mensonge partagé.

Pino, bien triste

déc 12

Le jugement du Tribunal de l’Opinion est bien différent de celui de la Justice ou des commentaires ironiques des medias ou réseaux sociaux. Il y a un temps pour chacun.

Lorsque la Justice se prononce pour « mettre en examen » ou énoncer une décision, il y a belle lurette que le citoyen se sera forgé son opinion, guidée habilement par les commentaires des journalistes sur les propos désintéressés de politiques et experts de tout poil. Entretemps, chacun sera attentif au feuilleton, par curiosité malsaine pour la plupart, tactique pour les initiés.

De toute façon, les trois-quarts des français pensent qu’ »il n’y a pas de fumée sans feu ». Les jeunes sont plus crédules au début de l’affaire. Heureusement, ils zappent très vite. Les anciens, expérience aidant, en ont vu d’autres, et restent plus méfiants ou indulgents. Mais, souvent, lorsqu’arrive la terrible décision, le « non-lieu », chacun se sent cocu. La victime, présumée innocente par la Justice, et soupçonnée d’être coupable par l’Opinion, ne perçoit qu’une réparation ridicule au vu des frais engagés pour faire reconnaitre son innocence. Au mieux quelques lignes dans les gazettes. Inutile de s’attendre à un mea culpa de la part des journalistes. L’arrogance actuelle de Karl Zéro ou Raphaëlle Bacqué qui lancèrent la soi-disant affaire Baudis est stupéfiante. Bien sûr, les medias ont intérêt à allumer ou souffler sur le feu pour vendre du papier ou faire de l’audience. De là à inventer des faits ou payer un faux témoin comme l’a fait Karl Zéro, finalement condamné… Le Tribunal de l’Opinion, qui, à la révélation de l’affaire était bon public, avide de détails, se détourne, blasé et incrédule devant la décision de non lieu.

Saluons quand même aujourd’hui les efforts de quelques radios pour relayer le « non-lieu » dans l’affaire de l’hippodrome de Compiègne. Eric Woerth y était soupçonné de « prise illégale d’intérêts » pour avoir bradé l’hippodrome à une association qui le gérait de longue date. Actualisée sur Wikipédia (après le  récent jugement), la biographie de l’ancien Ministre comporte toujours un « renvoi en correctionnelle » dans une affaire Bettencourt en octobre 2013…laquelle ne visait que Nicolas Sarkozy! Peu importe, le mal est fait,  il faudra ramer pour revenir en grâce auprès du public.

L’Opinion est bien cruelle. Pour certains, un simple délit de faciès entraine un jugement sans appel; il suffit d’avoir la tête de l’emploi,…ce qui n’est pas bien difficile après 24h de « garde à vue ».

Pour Eric Woerth, comme pour bien des élus portant le chapeau, il faudra remonter la pente, rallier sa famille politique, reconquérir des mandats, locaux d’abord. Car heureusement, pour ces rescapés de la politique, qui ont su garder la confiance de leurs électeurs du terroir, le retour sur la scène locale reste une étape accessible. Leur réputation n’a finalement été qu’égratignée. Forts de leurs blessures et d’un regard local indulgent sinon amical, ils retrouvent leur mandat, tout comme Eric Woerth à la Mairie de Chantilly. Le récent non-lieu ne fera que renforcer la confiance que ses proches lui ont toujours témoignée. Davantage réconforté par ses électeurs que par sa famille politique qui y voit le retour d’un redoutable concurrent, l’ancien Ministre rebondira. Car, contrairement à ce que l’on croit, alors que la très grande majorité des élus sont de bons et honnêtes serviteurs, il y a aussi une justice par les urnes.

Pino optimiste


nov 04

Landru, Tapie ou Hollande sont célèbres, et chacun s’est forgé au fil du temps et des événements une réputation.

A y regarder de plus près, il est probable que Landru s’inscrira plus dans la postérité récente, que la plupart des présidents de la Vème République. Ses mérites ne lui donneront pas une gloire qu’il ne recherchait pas, mais la transgression, la mise en scène de l’horreur, la construction d’un récit relayé dans le temps, lui confèrent une vraie réputation. On n’apprend pas Landru à l’école, et pourtant il reste « exemplaire » dans son triste registre.

Etre célèbre, c’est simplement être connu, très connu même, dans l’époque, de tous et même de ceux qui vous sont inconnus. Un ou plusieurs actes, de barbarie ou simple méfait, aident à parvenir à ce statut envié. Evidemment, dans le meurtre, il faut y mettre les formes; dans l’escroquerie, il vaut mieux ramasser gros. La célébrité n’aime pas la médiocrité. On devient plus facilement célèbre en s’opposant à la société qu’en faisant le dos rond.

Accéder à la réputation suppose des aspérités, de l’excès et de la constance. Tapie a réussi, à force de coups tordus, à se bâtir une vraie réputation. Avec le temps et les affaires, celle-ci est un peu plus grise, mais reste celle d’un aventurier à la mauvaise foi éclatante. Il marquera sans doute plus son époque, dans le registre « magouille », que François Hollande, dans le registre « homme d’Etat ».

François Hollande est certes célèbre, mais le côté huileux du personnage ne permet pas de le saisir. Brillant, à sa façon, probablement sympathique et honnête, il ne donne que peu de prise au jugement et donc à la réputation. Plus connu que reconnu. Longtemps ignoré des citoyens, se créant avec patience une image d’homme politique dans le petit cercle des militants, il a joué le coin du bois, et profité des indélicatesses d’un collègue. A peine élu, faute de combattant crédible, il s’est révélé insaisissable tant dans sa vie publique que privée. Au détour d’un événement le citoyen – bon public – a perçu un bon baratineur, et s’est montré indulgent au gré des promesses non tenues. Manipulateur, il est capable d’endormir son public. Les « sanctions » électorales ne le concernent pas plus que de désespérants sondages. Il joue avec le temps et les institutions. A tort. Car, après le faible enthousiasme, l’indifférence, vient le temps du mépris. Il n’y aura même pas eu – comme avec Sarkozy – un moment d’espérance, voire de grâce, pour lancer la machine. Ceux qui se sont le moins trompés sont ceux qui le connaissent le mieux, et ont dénoncé le « flou » du personnage ou les faiblesses du « capitaine ». Le mépris est probablement le pire sentiment que puisse inspirer un homme politique; il colle à la peau. Mépris de ses alliés politiques, qui comme les écolos crachent dans la soupe, mépris de ses ex-ministres qui sentent qu’il y a un « créneau », mépris des commentateurs qui se lâchent. Cela va singulièrement compliquer la tâche du Président qui n’a pas su (ou voulu) se créer une réputation de peur d’en devenir prisonnier. A force de vouloir être libre, de refuser de s’engager dans sa vie politique ou privée, on « désintéresse » son public. Célèbre, François Hollande n’a pas de réputation, pas d’alliés crédibles pour relayer ses promesses. Il n’a plus que de rares obligés dont la plupart ne manquent pas de projets.

Mais, il a une grande chance et connaît le dicton « quand je me regarde, je me désole; quand je me compare, je me console »!

A suivre…de près.

Pino le discret

sept 05

En utilisant l’expression « coup de grâce » pour qualifier le best-seller romantico-politique de Valérie Trierweiler, la plupart des commentateurs font montre d’une connaissance approximative de la langue française ou du monde politique.

Le « coup de grâce » désigne un « coup fatal porté à une personne ou un animal blessé dans le but d’abréger ses souffrances ».


Dans le roman feuilleton élyséen, le témoignage de l’ex-compagne ne fait qu’ajouter du discrédit sur la longue liste des événements qui entament la confiance accordée à un Président élu par défaut. Coup vengeur certainement, assassin dans le sentiment sans doute, mais rassurons-nous, la « victime » y survivra, à coup sûr. Après tout, ce n’est pas lui qui a été répudié!

Quant à « abréger les souffrances » du Président, on en sourit presque.

Ainsi, les journalistes de plateaux, qui « fricotent » pour beaucoup avec les « politiques », et pseudo-experts se sont précipités pour commenter savamment un livre qu’ils n’avaient même pas lu!

Il leur suffisait, comme d’habitude, d’extraire quelques phrases pour condamner l’auteur de ce « coup de grâce » si indécent. Et de confondre – eux qui sont prêts à tout pour un scoop – vie privée, vie sentimentale et intimité.

Le lecteur qui cherchera de l’ »intime » dans « Merci pour ce moment » sera bien déçu.

La plupart des coups portés à François Hollande, s’attaquent à son autorité, sa compétence,…alors que l’ex-compagne révèle un homme insensible, calculateur, méprisant. Là où on le croyait proche, attentif, bon camarade, on découvre qu’il serait, dans la vie politique et au quotidien, comme les autres, presque « normal ».

Ce qui rapprochait hier, éloigne aujourd’hui. Cet homme, dont nous ne pouvons plus partager les valeurs affichées, a sérieusement entamé son capital réputation. A petites touches. Tout comme avec Nicolas Sarkozy – qui a multiplié les fautes de goût – le citoyen s’interroge, l’électeur se sent trompé, sinon « cocu » s’agissant du locataire de l’Elysée.

De là à considérer que Valérie Trierweiler a porté un « coup fatal » au Président. C’est oublier qu’avant la publication du livre contesté, François Hollande avait déjà explosé tous les records d’impopularité avec 85% des français qui « ne lui font plus confiance » et 3% seulement qui « souhaiteraient le voir se représenter! »…et pourtant Constitution aidant, le Président  »bouge » toujours.

Pino, lecteur attentif.

oct 20

 Accéder à la réputation n’est pas si facile.

 Pas si facile d’accéder à la reconnaissance de ses amis, de ses voisins, de ses collègues, ou de ses concitoyens. A cette gloire limitée dans le temps et l’espace, qui est souvent le moteur de l’action. A ce regard social, ce jugement des autres qu’on aimerait voir s’inscrire dans l’Histoire – ne serait-elle que l’histoire de sa propre famille.

Bâtir une réputation, bonne ou mauvaise d’ailleurs, représente un effort quotidien, un travail à plein temps, même si le hasard, les événements, le contexte peuvent apporter le coup de pouce décisif. Mais combien de cols a-t-il fallu que Virenque gravisse avant de sortir de l’anonymat du peloton ! Peut-être sa réputation serait-elle restée plus discrète si son entêtement, au demeurant nécessaire dans un sport aussi exigeant, ne l’avait conduit à nier ce que chacun savait depuis belle lurette, à savoir qu’il se dopait. Combien de mains Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy ont-ils dû serrer, quelquefois à contre cœur, avant d’acquérir une réputation de présidentiables …? Combien pour Ferrari de voitures d’exception et de victoires  avant d’acquérir le statut mondial ? Combien de menaces, de coups tordus, de bagarres, pour Tapie avant de se créer une réputation peu enviable, et de lire dans le regard des autres une lueur de crainte panachée de jalousie, pour celui qui crache sur le système avec cynisme.

Et pour nous tous, combien d’heures d’effort, de sacrifices parfois, pour approcher la satisfaction d’avoir bien fait notre travail, au mieux en tout cas, et que ce soit reconnu sinon apprécié!  Recherche de l’estime de soi, quête de réputation,  voilà  bien pour beaucoup des moteurs de notre vie personnelle et sociale ?

En réalité, rien n’est jamais définitivement acquis. La réputation s’inscrit dans un cycle. Elle se construit, ce qui suppose du talent, de la persévérance, et une certaine capacité à exprimer des valeurs qui rencontrent un écho auprès des contemporains.

Accéder à la réputation est donc difficile. Mais il n’est pas non plus aisé de vivre avec elle. Sur elle. De savoir rester à sa hauteur. D’éviter les déboires qu’elle peut inversement provoquer. Elle crée des exigences pour soi-même, et pour les autres. La tension collective que représente l’idée d’une France glorieuse et fière n’a été supportée qu’un temps par les Français. La conception gaullienne de notre pays est devenue très vite fatigante, insupportable même, pour un peuple trop gâté. La réputation se fit alors contreproductive, et la France un moment abusé par un sarkozisme maladroit se réfugia avec François Hollande dans une promesse implicite d’immobilisme, voire de médiocrité.

Les Français sont fiers d’être des Gaulois. Mais, il faut le reconnaître franchement, le goût de l’effort n’est pas notre vertu première. Hannibal, occupé à recruter des légions pour combattre Rome, l’écrivait à son frère, en train lui-même de lever des mercenaires en Espagne et dans les pays voisins : « Ne prends pas trop de Gaulois. Ils sont courageux dans l’action, téméraires au combat, mais vite découragés et jamais contents ». On ne saurait mieux dire…Cette réputation inscrite dans notre histoire est un peu notre ghetto. Elle est aussi notre richesse. Il nous faut à la fois la combattre dans sa généralité, mais aussi en cultiver le bénéfice possible.

On peut devenir en effet prisonnier de sa réputation. Ils sont nombreux les acteurs qui se plaignent d’être confinés dans des rôles comiques, alors qu’ils se sentent une âme de tragédiens. Et quelle difficulté de jouer les boute en train quand on est porté à la sinistrose…ou le contraire.

Le feuilleton que nous offre le président est affligeant. Que d’efforts pour rester à la hauteur d’une réputation bâtie avec habileté. Car il n’est pas si facile de vivre dans le compromis permanent, même si la nature vous a doté d’une nature généreuse et conciliante. Il avale avec appétit toutes les couleuvres  à portée. Celles que lui tendent ses proches sont sans doute les  plus difficiles à digérer : amis politiques (!), parti, alliés, … A l’étranger le menu n’est pas différent. Il y a bien sûr celles que lui offre avec gourmandise la Chancelière, et celles qu’il avale dans la surprise avec notre allié américain.

On croyait que « diriger c’était choisir ». La méthode Hollande est différente, fidèle à sa réputation, il laisse au temps le soin d’aplanir les conflits, de relancer la machine économique. Taper sur les riches a un moment amusé la galerie. Mais devant le peu d’efficacité de l’artifice, il a fallu taper dans le gras, renier ses promesses, s’arranger avec ses engagements. Exercices dans lesquels il excelle.

Prisonnier de sa réputation d’indécision, il la nourrit au quotidien par des expédients.
Elu président par défaut, il gagne désormais du temps.

Le désordre chez ses adversaires, le « risque » brandi de l’extrémisme, le tempérament légitimiste des citoyens, seront-ils suffisants pour tenir ?

Probablement.

Pino incrédule

juil 24

Ouf les vacances sont là!

Surtout celles des journalistes et bavards, qui, par curiosité, éthique ou perversité, dénoncent les travers de nos contemporains les plus exposés, du Président normal à Nabila.

Bien sûr, il y a eu la séquence « collector », du Tour de France, le plus propre, juré craché.

Le seul fait que l’un de ses principaux commentateurs s’appelle Richard Virenque, devrait attirer l’attention des mauvaises langues. Mais bon, il ne faut pas gâcher la fête.

Bien sûr aussi, le petit tricheur bien aimé des français, a un vrai regard d’expert sur toutes les facettes de cette magnifique épreuve.

Qui parle mieux de l’alcoolisme qu’un pochard?

Qui parle mieux de la prison qu’un tolard?

Qui parle mieux des paradis fiscaux que Nanard?

A propos du come-back involontaire de Tapie, professionnel du bobard, formidable  acteur qui gérait ses relations avec les media au fil de ses intérêts, un épisode récent et illustratif  mérite d’être rappelé.

Bernard Tapie a une réputation à soutenir, et au besoin met la main à la pâte pour rappeler ses domaines d’expertise.

Invité à un débat sur une chaîne publique en panne d’audience, il se fait soudain silencieux lorsque l’actualité sur l’évasion fiscale est abordée. Mais bien vite, sa bonne nature reprend le dessus, et devant la naïveté des propos des invités politiques, journalistes et juristes, il explose: « vous ne savez même pas de quoi vous parlez! »

Même si on a beaucoup de raisons de ne pas apprécier le super-tricheur, il faut respecter le talent, et lui rendre justice de son excellente connaissance – couteuse – du monde des « affaires », du foot, du vélo, des media,…de la politique. Avec un secret, le « mélange des genres », il est l’un des rares séducteurs à finir par convaincre, ou presque! Armateur plus que capitaine, il sait parfaitement naviguer par gros temps et en eaux troubles. Ses cales sont remplies de « souvenirs » bien utiles en cas de tempête.

Voyou ou victime, il a même réussi à faire croire qu’il était un véritable entrepreneur lorsqu’avec son ex-ami et avocat Jean-Louis Borloo, il arpentait les couloirs des tribunaux pour reprendre à la casse des sociétés en difficulté moins financière que de management familial. Heureusement que toutes les reprises d’entreprises ne se soldent pas par de tels désastres sociaux. Roi de l’entourloupe, il a même contraint un banquier à s’emmêler les pinceaux, sur ordre!

…sans doute sera-t-il rattrapé un jour par la patrouille, qui y met un zèle évident. Avocats et journalistes perdraient alors un bon client.

Dans l’attente du prochain gros mensonge…

Bonnes vacances.

Pino au repos