En France, la réussite a toujours un côté suspect.
« Trop beau pour être honnête » retient le dicton favori des jaloux.
Dans le monde politique, les plus exposés feront un jour ou l’autre le faux-pas qui réjouira adversaires et amis.
La plupart de ces maladresses restent ignorées, mais beaucoup sont consignées dans de petits dossiers qui ouvrent la voie au chantage. Bien sûr, dans un monde idéal de transparence, les écarts de nos élus seraient soumis au jugement du tribunal de l’opinion qui est en général plus compréhensif, que ceux qui se réjouissent de nos défaillances.
Ne dit-on pas aussi « faute avouée est à moitié pardonnée », et le rebond de Bill Clinton, harcelé par un procureur haineux et une presse ironique, montre que beaucoup de nos turpitudes peuvent passer à la trappe?
Il faut dire que l’homme le plus puissant du monde a su faire preuve d’humilité sur un sujet fort sensible. Petit mensonge dans sa vie privée, devenu affaire d’état, n’a finalement pas entamé sa crédibilité politique.
Ce qui est devenu l’ »affaire Woerth » est d’une toute autre nature. Par la dimension du personnage bien sûr, et par l’objet du délit, aussi.
Avec sa tête de premier de la classe, ce brillant serviteur de l’Etat au service d’un dossier brûlant, a appliqué fidèlement la règle No 1 du politique traqué: démentir avec fermeté et un brin d’émotion.
Et au lieu de reconnaitre ce qui ne sont probablement que des maladresses (qui auraient fait de lui un homme politique comme les autres), il a voulu joué au « père la vertu », outré et arrogant. Rien de tel pour exciter la curiosité de journalistes en mal de papiers…qui ont trouvé la faille dans un détail.
Nier qu’il avait sollicité une décoration pour le futur employeur de son épouse, fait apparaitre un autre personnage. Le vers est dans le fruit. Et, sur un détail, il a perdu le fondement de sa réputation: la confiance.
Peu doué pour la politique, il faut reconnaitre qu’il n’a fait qu’appliquer des consignes pour continuer à jouer les utilités.
Lâché par ses amis, le grand commis voit ses dossiers lui échapper.
Caramélisé, son retour à la vie civile n’est qu’une question d’heures, de jours au mieux.
Bienvenue dans un monde imparfait.
Pino




Faute avouée, à moitié pardonnée,…surtout devant l’évidence et lorsqu’on ne risque rien.
Après les sportifs Richard Virenque et son cadet Gasquet, c’est au tour d’un politique de se faire épingler.
On sait que de nombreuses entreprises ont leur charte bien mises en évidence dans les bureaux des dirigeants et managers.
