août 01

La réputation est une promesse…pas toujours tenue !

Il faut du talent, du travail et, on le croyait, du temps pour se bâtir une réputation.

Pour faire « moderne », on parle aujourd’hui de e-reputation lorsque celle-ci se construit sur les réseaux sociaux, à coup d’images, de pseudo-événements. En fait il ne s’agit que de notoriété à faible contenu, bien volatile, faute de racines.

Mais, il  ne faut pas croire aussi que la réputation apporte une garantie de succès.

La petite histoire politique récente nous l’a appris avec Sarkozy élu dans l’enthousiasme pour une vraie rupture, Hollande élu par défaut avec « le changement c’est maintenant » et la guerre aux riches, et Macron, plus séduisant que convaincant, choisi faute de combattants crédibles, et à qui on ne peut souhaiter que la réussite.

A posteriori, il se bâtit une réputation à grande vitesse. La curiosité aidant, les jugements manquent de nuances : qui aime bien châtie bien ! Perdre 10% en quelques jours relève plus de l’humeur que de la raison. En réalité, sa cote d’amour était plus élevée qu’une cote de confiance chichement accordée par des citoyens déboussolés.

L’ironie de son prédécesseur qui voit dans le frémissement de l’économie le résultat de sa bonne gestion ne changera rien à la médiocrité de l’héritage.

Dans la vie économique, la réputation, fondée sur des succès reconnus, est un capital plus stable et mobilisable.

Prenons l’exemple de Peugeot, au bord du gouffre il y a trois ans, et en pleine santé aujourd’hui ! L’arrivée de Carlos Tavarès (formé à l’ombre de l’autre Carlos), n’y est évidemment pas pour rien. Précédé par sa réputation de dirigeant hors pair, il a pu faire entrer de nouveaux actionnaires yc l’Etat, négocier des accords syndicaux complexes, bref, relancer la machine. Les mauvaises langues diront, que le marché mondial s’est redressé, qu’il a trouvé dans les tiroirs des modèles à succès ! Encore faut-il prendre la vague, choisir et lancer les modèles, initier les bons choix stratégiques et commerciaux, et surtout réveiller la réputation d’une marque dont le taux de fidélité atteint 75% aujourd’hui, devant Toyota ? Ce sont sans doute les mêmes mauvaises langues qui dénoncent les rémunérations de patrons qui sauvent des milliers d’emplois.

Dans le monde boursier, la réputation connaît aussi ses hauts, ses creux et ses paradoxes.

L’arrivée de Trump devait entrainer un vrai crack au vu du programme du candidat et de sa réputation sulfureuse. Et pourtant, les bourses mondiales n’ont jamais été aussi porteuses depuis 5 ans ! En France, on a cru déceler un effet Macron, vite effacé par les marchés.

La réputation serait sensée atténuer l’effet de yo-yo, en introduisant la confiance comme moteur principal des performances. A l’ère industrielle, celle des investissements lourds, le constat était vérifié. Mais lorsque la capitalisation d’Apple égale le budget de la France, la perspective est différente, surtout aux Etats-Unis. Comment d’ailleurs parler de réputation lorsqu’un tiers de la capitalisation boursière américaine se fonde sur des entreprises de moins de 35 ans,…contre près de 100 ans en France pour les sociétés de l’indice phare de Paris ?

Dans le CAC 40, les valeurs industrielles et même financières pèsent de moins en moins. Les services et le luxe prennent les premières places, avec, il est vrai, des marques à très fortes réputations.

Au 1er août 2017, les performances boursières des sociétés cotées les plus réputées (notées au moins 4R par l’Observatoire de la réputation en 2015) confirment à nouveau que la réputation apporte une plus value boursière à moyen terme.

Depuis le 1er janvier 2015, les 10 sociétés composant le reputation index (LVMH, L’OREAL, DANONE, MICHELIN, AIRBUS, AIR LIQUIDE notées 5R, et LEGRAND, PERNOD-RICARD, SAINT-GOBAIN notées 4R) ont progressées de plus de 30% en moyenne, alors que l’indice CAC 40 ne gagnait que 19% !

Les meilleures performances venant d’AIRBUS (+73%), et de deux sociétés « familiales » LVMH (+61%) et MICHELIN (+52%).

En revanche, à court terme, depuis le 1er janvier 2017, la performance n’est que de 7% pour les valeurs les plus réputées, contre 5% pour l’indice CAC 40.

Ce résultat confirme que la réputation fonctionne en général comme une assurance, et que le temps récompense les plus vertueux tout en les protégeant des aléas.

Une observation plus d’actualité à la corbeille que dans la vie politique !

Pino optimiste

jan 02

La déjà longue expérience de l’Observatoire de la réputation nous avait appris que la réputation apporte bien des satisfactions, que les efforts et le talent sont récompensés, tout au moins en Bourse !

2016 nous a apporté bien des surprises et souvent un monde à l’envers.

Les entreprises du CAC 40 n’ont pas toujours échappé à cet étrange dérapage du destin.

Début 2015, l’étude de notation de l’Observatoire classe Lakshmi Mittal en tête du classement des patrons qui ont la plus mauvaise réputation et dans la foulée, ArcelorMittal est l’entreprise du CAC 40 qui a la plus mauvaise réputation (R) .

A l’inverse, Bernard Arnault est reconnu comme le patron ayant la meilleure réputation et LVMH l’entreprise qui a la meilleure réputation.

Et, dans l’un des nos derniers « posts » de l’Observatoire, nous nous étions avancés à affirmer que la réputation avait en Bourse un caractère spéculatif. Imprudemment, sans doute, comme le confirme l’année boursière 2016.

En 2016, ArcelorMittal est l’entreprise qui, et de loin avec + 75%, fait la meilleure performance, alors que l’indice CAC 40, ne progresse que de 5%.

Heureusement, et pour la morale de l’histoire, LVMH tire bien son épingle du jeu, avec +27 %.

Les experts ou même les boursicoteurs, nous expliqueront que les sociétés côtées à « la casse », ne peuvent que remonter; du bon sens.

Pas faux. Surtout si l’on observe la performance moyenne des entreprises notées RR, avec + 16%, comme si la performance était inverse de la réputation !

Bref, le monde à l’envers.

Ou alors, la confirmation que la réputation est d’abord un actif « patrimonial », qu’on peut la mobiliser à court terme pour traverser une mauvaise passe, mais que son principal bénéfice s’inscrit dans le temps.

En 2016, les valeurs notées RRRRR ( LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Essilor, Airbus, Air Liquide) ont fait mieux que résister avec + 11 %. En revanche, sur les 5 dernières années, elles ont progressées de plus de 45% en moyenne quand l’indice CAC 40 gagnait 16%.

Rassurant!

Bonne bourse 2017.

Pino patient

nov 15

Parfois, un de nos amis confortablement installé au Café de Flore parvient, lors d’une conversation plutôt banale, à vous glisser « tu sais, on ne relit pas assez Spinoza »..« et toi, as-tu relu les maximes de La Rochefoucauld?…il a tout dit de notre société d’aujourd’hui. »

En effet, il avait prévu et écrit.

Sur François Hollande et son scooter:

« La prudence et l’amour ne sont pas faits l’un pour l’autre: à mesure que l’amour croît, la prudence diminue.»

Sur Nicolas Sarkosy:

«On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a, que par celles que l’on affecte d’avoir.»

Sur Alain Juppé:

« Peu de gens savent être vieux

Sur les Primaires:

« Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplait pas.»

Sur Patrick Buisson:

« On donne des conseils, mais on n’inspire point de conduite

Sur Emmanuel Macron:

«Le désir de paraitre habile empêche souvent de le devenir. »

Sur les médias:

«On loue et on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer

Et enfin, sur Donald Trump:

«La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés qui ne sont en sûreté que parce qu’on ne les cherche pas.»

Patrice

oct 23

On sous-estime à tort le besoin d’être aimé des hommes et femmes de pouvoir.Car l’amour, notamment de soi, n’est-il pas le moteur de la plupart d’entre nous ?

Le regard des autres ou son reflet dans le miroir du quotidien fonde beaucoup de nos choix. Pour les plus pressés ou superficiels l’image projetée au travers d’un tweet, d’un article élogieux, d’une émission soi-disant appréciée suffit au bonheur d’un jour.

Les plus ambitieux préfèreront laisser une trace dans la mémoire collective. Leur réputation au sein de leurs proches ou d’une collectivité est un atout puissant qui suppose la rencontre entre leur éthique et la morale de l’époque. Avoir une bonne réputation ne garantit pas le succès à court terme, mais elle y contribue. Ce regard social s’acquiert par l’action commentée. Un peu de complaisance ne nuit pas. L’homme politique dont le principal capital est sa réputation, promesse a priori de futur succès, consacre une considérable énergie à peaufiner son image et mitonner sa réputation.

Les plus naïfs croient que ces jugements populaires peuvent être manipulés. Ils aimeraient être aimés pour ce qu’ils sont…et plébiscités dans la foulée.

Pêché d’orgueil!

C’est prendre l’électeur pour un gogo. On peut être aimé sans être choisi et élu sans être aimé.

Pour être aimés tels qu’ils sont, quelques hommes politiques choisissent la stratégie de l’inoculation. Un chemin pas facile. Quelquefois avec succès comme Bill Clinton. Plus souvent sur un mode suicidaire comme François Hollande.

Le mode d’emploi est simple. Il suffit de faire connaître, avant l’incident, le coté obscur de sa personnalité. Bref, lorsque celui-ci survient, personne n’est surpris. Bien sûr, le coté obscur doit être largement partagé!

Ainsi, aucun américain n’a découvert le goût prononcé de Clinton pour les jeunes femmes. Le reproche portait sur le mensonge, bien banal. Et l’acharnement maladroit du procureur Starr a sauvé la mise d’un président si populaire.

Bon tacticien, mais stratège au petit pied, notre président par défaut s’est emmêlé les pinceaux.

En s’exposant sans limite à la curiosité de journalistes étonnés de l’aubaine, il a cru que cette soi-disant opération vérité allait le faire aimer dans toute sa complexité. Billard à trois bandes ou jeu de la vérité?

Qui est pris qui croyait tenir! Au lieu de se faire accepter tel qu’il est, il révèle un personnage étrange qui rend perplexes ses plus fidèles. Encore une fois raté. Cela n’a fait que conforter une réputation peu enviable d’opportuniste qui donne une réalité à la célèbre phrase de  la grand-mère de Martine Aubry.

Guère rassurant, peu prometteur.

Caramba!

JP

oct 20

Il a suffi de la rumeur de l’arrivée de Carlos Ghosn à la tête d’un Mitsubishi en déroute pour que le titre prenne 10% dans la journée à la Bourse de Tokyo. La nouvelle du sauvetage du constructeur japonais par Renault-Nissan était déjà dans les cours depuis plusieurs semaines ; mais il manquait l’essentiel : un patron.

En politique, on connaît l’effet rassurant de l’arrivée de telle ou telle personnalité ; hélas trop souvent contrarié par les faits. Et pourtant, nombreux sont nos voisins, qui sous l’impulsion d’un vrai leader, courageux et tenace, quelquefois stratège, a embarqué le pays sur la voie du redressement. Le Royaume Uni avant Margaret Thatcher était en bien piteux état et l’Allemagne, au sortir d’une réunification difficile comptait plus de chômeurs que la France, avant l’arrivée de Gerhard Schröder.

On sait comment ces leaders charismatiques et visionnaires ont été récompensés !

A 6 mois des élections présidentielles, notre pays semble avoir tiré un trait sur l’homme providentiel pour lui préférer un homme de confiance, un mandataire ad-hoc à mission limitée. Il n’y aura pas de traitement de cheval, peu de chirurgie et quelques antidouleurs. Après l’élection par défaut, ce sera une élection sans enthousiasme,…ce qui conduit habituellement aux potions tièdes et au risque d’immobilisme. La raison et peu de passion.

On aura sans doute évité le pire.

La comparaison avec un monde des affaires si décrié ne tourne vraiment pas à l’avantage des politiques lorsqu’il faut du courage et une vision. Bien sûr, dans l’entreprise, on parle aussi de valeurs, on connaît aussi la sanction faute de les pratiquer. Mais on sait surtout qu’on ne peut pas dépenser durablement  plus que l’on ne gagne, que faute de crédit, l’issue fatale n’est pas loin.

Dans un monde hyper-compétitif, il y a peu de réputations usurpées. Il vaut mieux payer un « patron » à prix d’or, et en tirer de larges bénéfices financiers et sociaux, que d’aller dans le mur.
La plupart des « grands patrons » sont loués sur leur réputation, promesse d’un avenir meilleur.

Ces mercenaires sont peu nombreux, rapportent gros, et leur tarif suscite le débat, même en cas de succès !

La bonne réputation d’un manager est chose infiniment précieuse pour une entreprise, surtout lorsque celle-ci est en panne de réussite ou de réputation.

Denis Kessler  prend la responsabilité du réassureur SCOR, croulant sous les dettes. Aussitôt on parle d’« effet Kessler », et l’intéressé relève non sans humour qu’il faut distinguer les profils de redresseurs : médecin et croque mort ! Dix années plus tard, on apprécie le talent du praticien qui a fait entrer la SCOR dans le trio des premiers réassureurs mondiaux.

Jean René Fourtou accepte, de prendre la barre de Vivendi, en pleine déconfiture après le passage de Jean-Marie Messier. En quelques semaines, le cours se redresse, les banquiers se font plus conciliants et l’entreprise au bord du naufrage retrouve la confiance de ses partenaires.

Ainsi existe-t-il, à côté de trop rares entrepreneurs fondateurs, type Bellon ou Michelin, une caste de mercenaires internationaux qui mettent leur talent et leur notoriété au service des entreprises. Pour les attirer, puis pour les garder, celles-ci acceptent de payer des millions d’euros. Il arrive que ces mariages arrangés soient bénéfiques, et que les profits réalisés se chiffrent, eux, en centaines de millions, voire en milliards d’euros, comme avec Lindsay Owen Jones qui a fait passer le patrimoine de son actionnaire principal, Liliane Bettencourt, de 500 millions d’euros à près de 15 milliards durant son mandat.

Dans ces résultats, il n’y a rien de magique !…Une vision claire, une stratégie, de la ténacité et du courage pour la mettre en œuvre, et de la reconnaissance, au moins financière.

En politique, ces qualités sont plus rares et le culte de la popularité, faux gage électoral, occulte l’ouverture sur la réalité.

JP P

oct 13

Parmi nos moteurs les plus puissants on trouve peu de vertus.

En revanche, l’argent, le sexe ou le pouvoir, quelquefois réunis, occupent une place de choix. Le souci de sa gloire, sa réputation,  est réservé à un petit nombre, même si chacun d’entre nous souhaiterait laisser une trace, plutôt favorable, dans la petite histoire de nos familles, amitiés, professions. Bien sûr ce n’est pas un ressort ; juste un souci de ne pas décevoir le regard de nos proches.

Chez les hommes politiques, le souci s’exaspère, devient obsédant, pour le meilleur et pour le pire, car il s’agit de l’Histoire, celle d’un village qui accueillera une place à notre nom, voire une statue, un monument, celle aussi du pays, du monde, pour entrer dans les livres. L’homme politique contemporain pressent que les posts , tweets et autres messages numériques n’impriment pas les mémoires ; il y faut le sceau de l’écrit et de l’image. Napoléon l’avait bien compris, qui, dans les brumes de Sainte Hélène, se résolut à écrire le vécu de son action. De Gaulle ou Churchill firent de même avec talent et sincérité sans doute. L’exercice fût d’autant moins difficile que le récit se fondait sur l’action. La réputation s’établit d’autant mieux que l’on a été au cœur des choses, que le temps a consacré la réalité visible et que de mauvais esprits n’ont pas trop travesti la réalité du moment.

L’exercice se complique lorsque, en cours de bilan, il y a peu à conter ou raconter.

Ceci explique sans doute la foison d’ouvrages médiocres qui, faute d’actions déterminantes, relatent les anecdotes qui ne font que banaliser nos élus. Au lieu de les « présidentialiser » (mot curieux), il les rapprochent du peuple sous nos cotés les plus affligeants.

Et lorsque les commentateurs sont défaillants, alors le sujet, devenu objet, dicte à des journalistes consciencieux, ce qu’il aimerait que l’on croit. Jeu de dupes pour chacun. Fasciné par sa propre démarche, le candidat à la postérité oublie simplement la liberté du lecteur dont l’opinion fera un citoyen heureusement critique, souvent caustique. Quant à l’auteur, les miettes de bruit et d’argent adouciront la perception de sa complaisance.

Mais une image en chasse une autre, une nouvelle en remplace une autre ; ne restent que les actes, qui eux fondent la réputation, bien difficile à acquérir en ces temps d’impatience.

L’absence de culture, ou son oubli, ouvrent la voie, de part et d’autres de l’océan, à bien des petitesses.

Dans l’Art de la prudence, le jésuite espagnol Balthasar Gracian écrivait ce que Jacques Pilhan a justement professé au Phénix François Mitterrand : « Une nouveauté médiocre l’emporte d’ordinaire sur la plus haute excellence qui commence à vieillir. Il est donc besoin de renaître en valeur, en esprit, en fortune, en toutes choses, et de montrer toujours de nouvelles beautés, comme le fait le Soleil, qui change si souvent d’horizon et de théâtre, afin que la privation le fasse désirer quand il se couche, et que la nouveauté le fasse admirer quand il se lève. »

JPP

mai 01

Nous vient l’envie d’appliquer à Monsieur Platini ce poème de Rimbaud : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… sous les tilleuls verts de la promenade ».

On n’est donc pas sérieux Monsieur Platini quand on a 60 ans et qu’on se promène sur les rives du lac de Lausanne.

Monsieur Platini vous êtes furieux, vous en voulez à la terre entière, les médias, les méchants journalistes, le juge Eckert et le TAS bien entendu. Tous ceux qui – vous semble-t-il – veulent mettre fin à votre carrière exceptionnelle de dirigeant où vous deviez finir naturellement dans le fauteuil de Président de la FIFA.

Et pourtant je voudrais vous dire que pour nous, supporters de toujours, votre attitude nous choque et qu’on souhaiterait vous poser une seule question : pourquoi ces 2 millions de dollars pour des travaux effectués entre 2002 et 2004 ? Qu’est ce qui fonde ce tarif ? Quelles sont vos compétences, vos savoir- faire qui justifient qu’on puisse vous payer environ  100 000 dollars par mois ?

Pouvez-vous nous dire les travaux réellement effectués, pouvez-vous nous dire si les rapports existent et qui démontrent votre travail ? De cela vous n’en parlez pas : comprenez donc nos doutes !

Pour nous hélas vous vous êtes disqualifié vous-même ; oui cette fois-ci le carton rouge est pour vous !

Il nous semble que vous l’avez bien mérité.

Patrice

juil 18

Personne n’échappe à sa réputation.

Stratégiquement construite, habilement entretenue, elle vous précède pour le pire et le meilleur. Homme de compromis, probablement par nature (il a horreur des conflits mais adore mettre le bazar chez ses adversaires) François Hollande a transformé un trait de caractère en outil politique, avec un réel succès. Reconnu en France pour son art du compromis, il s’essaie à faire profiter nos voisins de ses talents, et surtout à le faire reconnaitre pour mieux exister. Il est vrai que « nul n’est prophète en son pays » et que lorsque chez soi les nouvelles son médiocres et que les ficelles deviennent un peu grosses, il n’est pas maladroit de chercher ailleurs de nouveaux alliés.

D’emblée, dans le dernier épisode Gréco-européen, Hollande s’est situé comme un go-between, un intermédiaire ferme et constructif. Mais avait-il vraiment le choix?

Comment, avec un tel échec économique, pouvait-il soutenir une solution autre que celle de la solidarité? Comment l’un des plus mauvais élèves de la classe aurait-il pu donner des leçons de gestion à ses voisins?

Dès lors, l’histoire – à court terme et courte vue – était écrite. Il ne restait plus qu’à finaliser le scénario et répartir les rôles. Angela serait la méchante, mais pas trop, et Fraçois se  réserve le beau rôle, celui qui rassemble, arrondit les angles. Après tout, ce n’est qu’un épisode, et ce n’est que de l’argent, qui de toute façon, ne reviendra pas dans la caisse. Alors, autant en tirer un bénéfice politique la veille du 14 juillet, et bénéficier d’une nouvelle aura médiatique européenne.

Un leader européen est né!

Fatigué, probalement un peu gonflé par cet apparent succès, le Président n’a pas résisté à la tentation d’annoncer les nouvelles en grillant la politesse à son ministre de l’Intérieur et en mettant le bazar dans une enquête en cours (encore une promesse!). Ou, comment transformer une affaire de « pieds-nickelés »  en un présumé attentat islamiste programmé par de fins stratèges?

Ceal rappelle son prédécesseur, si décrié par le locataire de l’Elysée.

Dommage.

Pino l’europhile

juin 02

Notre Observatoire ne ferait pas son métier s’il ne s’interrogeait sur la réputation de la FIFA et l’image de son inamovible Président, Sepp Blatter. Dans un univers sportif, où les vrais acteurs de terrain sont souvent au bord de la disqualification, on découvre (!) que pour les organisateurs du spectacle, l’impunité existe et persiste.

Curieusement, le cynique Sepp Blatter passe au travers des gouttes, trouve des boucs émissaires, grille son entourage, dénonce les seconds couteaux, et se fait ovationner par ses obligés!

Président depuis 1998, tel un président de pays qui le soutiennent, il n’a rien vu, rien entendu, rien soupçonné et affiche sa surprise. La presse, y compris les medias helvétiques longtemps complaisants, accable  l’homme le plus puissant du sport. Son Secrétaire Général, déclare vouloir démissionner devant les soupçons: trop tard, il est rattrapé par la patrouille américaine, et devra s’expliquer…lui qui n’a rien vu non plus.

Michel Platini, Président de l’UEFA, soutien historique de Blatter, retrouve  la mémoire et se mue, dixit L’Equipe, « en démolisseur de son ami Sepp ».

Mais rien n’y fait. En brillant manipulateur, Blatter promet et se présente comme le mieux placé pour « faire le ménage« , en  sauveur,… « Voter pour moi » disait-il, c’est « me permettre de ramener le bateau à quai, de voir réellement ce qui se passe…je vais enfin découvrir ce que je n’ai pas vu depuis plus de 16 ans…Votez, et je serai le pirate, pardon le capitaine, qui sauvera les navires des 5 continents« .

Lyrique!…et gagnant par 133 fédérations sur 209.  Vive la démocratie. Un pays, une voix.

David Gill, Vice-président a dit qu’il ne siégerait pas au Conseil Exécutif si le sortant était réélu. Il a tenu sa promesse, au grand étonnement de Sepp Blatter qui se dit choqué: « il ne s’est même pas excusé,… »

Platini a voté Prince Ali tout en serrant chaleureusement (ou sportivement) la main du réélu. Mais il affirme se donner le temps de la réflexion.

Noël le Graet, Président de la Fédération française est l’un des très rares européens à voter pour le sortant. Ce qui n’étonne pas les connaisseurs du foot. Sans doute, admire-t’il les talents de manipulateur de Blatter, et voudrait-il aussi faire carrière?

Heureusement, comme l’écrivait le Prince de Machiavel, « un jour, vous tomberez en disgrâce…et alors.. »

Patrice Stern

Ndlr – Quelques heures après l’édition de ce « Point de vue », Sepp Blatter démissionnait!

mai 06

Peu de présidents ont été élus par défaut.

Bien peu aussi, ont été élus par acclamations.

Bien peu surtout, laisseront une trace dans l’Histoire.

Les circonstances ont imposées le retour du Général de Gaulle sur sa réputation, dans un mélange d’émotion et de raison. Peu d’années plus tard, les français, rassurés aux frontières, à nouveau plus soucieux de confort que de gloire, fatigués par les efforts exigés par le Général pour retrouver un statut conforme à notre histoire, ont profité d’un malentendu sur les institutions pour se tourner vers un bourgeois rassurant aux ambitions mesurées.

Brillant, peu scrupuleux, Giscard a incarné la jeunesse, l’espoir libéral. Un Kennedy à la française,  charisme et charme, mis à part. Trop occupé par ses affaires, notamment sentimentales, méprisant, il déçoit rapidement et ouvre la porte à l’alternance.

L’élection de Mitterrand est un vrai choix des français qui n’a rien à voir avec les maladresses de son prédécesseur ou les trahisons des alliés du moment. Secret, habile, il s’imposera pendant 14 années face à des adversaires divisés, malgré un bilan catastrophique.

Chirac, le « bien aimé » des français prendra la relève sur une promesse de proximité et de rupture sociale. La voie est ouverte, mais le président hésitant, loupe le virage. Mal entouré, il doit se résoudre rapidement à une cohabitation qui permet à chacun de fourbir ses armes. Entre le « sinistre » Jospin et Le Pen, il triomphera au second tour, sans combattre réellement. A victoire mal acquise succèdera un mandat de fin de règne, à peine sauvé par le refus de l’aventure irakienne.Jacques Chirac reste toutefois le président « préféré » des français, malgré quelques ennuis judiciaires!

Avec Nicolas Sarkozy, les français, tentés par le bonapartisme, ont rêvé un moment. Mettre tant d’énergie au service de son pays devait apporter la prospérité. Hélas, on s’aperçut vite que la réputation de caractériel du personnage était vite dépassée par la réalité de l’exercice du pouvoir. Sarkozy s’impose davantage dans la gestion des crises financières et politiques extérieures, que dans une France qui aime qu’on lui parle plus gentiment. Rejeté, il ouvre la porte à une gauche revancharde.

L’épisode DSK crée l’ « occasion qui fait le larron »…venu du diable Vauvert! François Hollande, au fond du trou, croyait et croit toujours en son destin. Fils spirituel de Mitterrand, il manœuvre, gère les conflits ou les entretient, cherche à s’imposer en créant des non-choix. Même si la déception est à la hauteur des promesses, il ne lui déplairait pas d’être à  nouveau élu par défaut. Davantage concentré sur le rejet de ses concurrents que sur la tenue de ses engagements, il regagne du terrain dans son camp. Déjà les medias analysent tout frémissement d’une côte de popularité dramatique trois ans après son élection. Eternel optimisme, il croit en sa bonne étoile : une vie sentimentale apaisée, un climat économique mondial favorable, des adversaires divisés, un style rassurant pour commenter les catastrophes,…et du temps.

De quoi susciter l’enthousiasme !

Pino nostalgique