« Il n’y a rien qui fonde mieux la réputation que la disgrâce »
Winston Churchill
Longue à bâtir, délicate à cultiver, une réputation sans tache est selon William Shakespeare “le plus pur trésor que puisse donner l’existence humaine”.
Construite avec patience sur des comportements et des réalités, la réputation est un patrimoine plus solide qu’on ne le croit souvent.
En fait, la réputation des marques, des entreprises, des personnes ou des institutions s’inscrit dans un cycle. Il faut d’abord la bâtir, et pour cela exploiter avec habileté les opportunités.
Puis, il faut la nourrir par des réalités et des comportements qui la confortent. Vivre sur sa réputation est par la suite un exercice périlleux, car on sort vite du jeu. Mais il faut aussi et surtout la protéger car comme le dit Montesquieu : “les réputations les plus brillantes sont les plus exposées”.
Pour se bâtir une réputation, il faut du talent bien sûr, beaucoup de travail souvent, et surtout du temps. La combinaison de ces facteurs nécessaires peut varier avec l’époque. Beaucoup de talent (et un peu de chance) peut conduire à créer une image, vite diffusée sur le net, et souvent volatile. La réputation est d’une autre nature, elle se construit par sédimentation, en additionnant des images, certaines plus prégnantes que d’autres, formant ainsi le film de la vie publique d’une personne ou d’une institution. La réputation sera jugée bonne ou mauvaise suivant que l’intention et le scénario s’accordent plus ou moins bien avec les valeurs du moment.
Il n’y a pas de réputation sans talent. Certaines vedettes du sport ou du spectacle crèvent rapidement l’écran. Au-delà de leurs dons, c’est surtout leur personnalité qui fascine : Michael Jackson ou Tiger Woods illustrent le propos.
La reconnaissance du talent est moins fréquente dans le monde politique où les suffrages des citoyens se fondent davantage sur la perception de l’action que sur la réalité des actes.
Il faut aussi « travailler » son talent. Derrière un swing parfait ou une note tenue, il y a souvent des milliers d’heures de travail. Et, le talent, c’est aussi de faire oublier le travail pour partager un instant magique.
Il n’y a pas de réputation sans Histoire. Certes il y faut de petites anecdotes qui aideront à bâtir la légende et l’illustreront. Mais la réputation, regard des autres, ne s’apprécie que dans le temps. Bien peu d’élus accèderont à cette reconnaissance car les pièges sont nombreux et le Tribunal de l’opinion est peu indulgent.
L’équation de Gracian
L’observateur, un peu cynique, se régale tous les jours des maladresses des « puissants ».
Le philosophe qui a le mieux exposé le risque sur la réputation est un Jésuite espagnol du XVIIème siècle. Selon Gracian, le “management” de la réputation s’écrit en une équation simple composant mérite et réputation. Lorsque la réputation est supérieure au mérite, il faut être “réservé”. A l’inverse, lorsque le mérite est supérieur à la réputation il faut “se produire”…. Et de poursuivre “le monde est une carrière qu’il est difficile de bien commencer et de bien finir ; l’expérience nous manque pour l’un, souvent elle nuit pour l’autre”.
Tout est dit ou presque sur la difficile maîtrise de ce patrimoine culturel complexe : la réputation. Lire la suite »


Après les déclarations extravagantes de l’ex- patron de France Télécom qualifiant d’ « incidents regrettables » les suicides de collaborateurs supportant difficilement la pression d’un encadrement zélé, le Gouvernement a décidé de reprendre la main.

On sait que de nombreuses entreprises ont leur charte bien mises en évidence dans les bureaux des dirigeants et managers.