août 01

La réputation est une promesse…pas toujours tenue !

Il faut du talent, du travail et, on le croyait, du temps pour se bâtir une réputation.

Pour faire « moderne », on parle aujourd’hui de e-reputation lorsque celle-ci se construit sur les réseaux sociaux, à coup d’images, de pseudo-événements. En fait il ne s’agit que de notoriété à faible contenu, bien volatile, faute de racines.

Mais, il  ne faut pas croire aussi que la réputation apporte une garantie de succès.

La petite histoire politique récente nous l’a appris avec Sarkozy élu dans l’enthousiasme pour une vraie rupture, Hollande élu par défaut avec « le changement c’est maintenant » et la guerre aux riches, et Macron, plus séduisant que convaincant, choisi faute de combattants crédibles, et à qui on ne peut souhaiter que la réussite.

A posteriori, il se bâtit une réputation à grande vitesse. La curiosité aidant, les jugements manquent de nuances : qui aime bien châtie bien ! Perdre 10% en quelques jours relève plus de l’humeur que de la raison. En réalité, sa cote d’amour était plus élevée qu’une cote de confiance chichement accordée par des citoyens déboussolés.

L’ironie de son prédécesseur qui voit dans le frémissement de l’économie le résultat de sa bonne gestion ne changera rien à la médiocrité de l’héritage.

Dans la vie économique, la réputation, fondée sur des succès reconnus, est un capital plus stable et mobilisable.

Prenons l’exemple de Peugeot, au bord du gouffre il y a trois ans, et en pleine santé aujourd’hui ! L’arrivée de Carlos Tavarès (formé à l’ombre de l’autre Carlos), n’y est évidemment pas pour rien. Précédé par sa réputation de dirigeant hors pair, il a pu faire entrer de nouveaux actionnaires yc l’Etat, négocier des accords syndicaux complexes, bref, relancer la machine. Les mauvaises langues diront, que le marché mondial s’est redressé, qu’il a trouvé dans les tiroirs des modèles à succès ! Encore faut-il prendre la vague, choisir et lancer les modèles, initier les bons choix stratégiques et commerciaux, et surtout réveiller la réputation d’une marque dont le taux de fidélité atteint 75% aujourd’hui, devant Toyota ? Ce sont sans doute les mêmes mauvaises langues qui dénoncent les rémunérations de patrons qui sauvent des milliers d’emplois.

Dans le monde boursier, la réputation connaît aussi ses hauts, ses creux et ses paradoxes.

L’arrivée de Trump devait entrainer un vrai crack au vu du programme du candidat et de sa réputation sulfureuse. Et pourtant, les bourses mondiales n’ont jamais été aussi porteuses depuis 5 ans ! En France, on a cru déceler un effet Macron, vite effacé par les marchés.

La réputation serait sensée atténuer l’effet de yo-yo, en introduisant la confiance comme moteur principal des performances. A l’ère industrielle, celle des investissements lourds, le constat était vérifié. Mais lorsque la capitalisation d’Apple égale le budget de la France, la perspective est différente, surtout aux Etats-Unis. Comment d’ailleurs parler de réputation lorsqu’un tiers de la capitalisation boursière américaine se fonde sur des entreprises de moins de 35 ans,…contre près de 100 ans en France pour les sociétés de l’indice phare de Paris ?

Dans le CAC 40, les valeurs industrielles et même financières pèsent de moins en moins. Les services et le luxe prennent les premières places, avec, il est vrai, des marques à très fortes réputations.

Au 1er août 2017, les performances boursières des sociétés cotées les plus réputées (notées au moins 4R par l’Observatoire de la réputation en 2015) confirment à nouveau que la réputation apporte une plus value boursière à moyen terme.

Depuis le 1er janvier 2015, les 10 sociétés composant le reputation index (LVMH, L’OREAL, DANONE, MICHELIN, AIRBUS, AIR LIQUIDE notées 5R, et LEGRAND, PERNOD-RICARD, SAINT-GOBAIN notées 4R) ont progressées de plus de 30% en moyenne, alors que l’indice CAC 40 ne gagnait que 19% !

Les meilleures performances venant d’AIRBUS (+73%), et de deux sociétés « familiales » LVMH (+61%) et MICHELIN (+52%).

En revanche, à court terme, depuis le 1er janvier 2017, la performance n’est que de 7% pour les valeurs les plus réputées, contre 5% pour l’indice CAC 40.

Ce résultat confirme que la réputation fonctionne en général comme une assurance, et que le temps récompense les plus vertueux tout en les protégeant des aléas.

Une observation plus d’actualité à la corbeille que dans la vie politique !

Pino optimiste

mai 12

Lorsque la réputation des hommes publics ne rencontre plus la morale du moment, que la déception est à la hauteur des engagements non tenus, alors on se tourne vers ceux dont la jeune réputation ne connaît pas le discrédit. Pour ces startups de la politique, l’enthousiasme n’est pas toujours au rendez-vous.

Nouveaux talents, élus souvent par défaut, ils suscitent plus d’intérêt et d’espoir chez nos voisins que pour un peuple désabusé par tant de promesses répétées.

La jeune réputation du nouveau président, ses premiers pas, semblent être de nature à favoriser le rebond !

Heureusement, il y a la Bourse, qui s’intéresse plus à l’avenir qu’à un morne passé. Optimiste par obligation, la Bourse spécule, anticipe et quelquefois rassure. Réaliste  par expérience, elle sait aussi prendre quelques risques mesurés.

Au 10 mai 2017, les performances boursières des sociétés cotées les plus réputées (notées au moins 4R par l’Observatoire de la réputation en 2015) confirment à nouveau que la réputation apporte une plus value boursière à moyen terme.

Depuis le 1er janvier 2015, les 10 sociétés composant le reputation index (LVMH, L’OREAL, DANONE, MICHELIN, AIRBUS, AIR LIQUIDE notées 5R, et LEGRAND, PERNOD-RICARD, SAINT-GOBAIN notées 4R) ont progressées de plus de 40% en moyenne, alors que l’indice CAC 40 ne gagnait que 26% !

Les meilleures performances venant d’AIRBUS (+88%), et de deux sociétés « familiales » LVMH (+76%) et MICHELIN (+63%).

A l’inverse, les sociétés les moins réputées (notées 2R en 2015), ne progressent que de 11%.

Plus étonnant, est la survaleur apportée par la réputation à court terme : sur les 6 derniers mois, le CAC 40 a progressé de 19% et le reputation index de 25%.

Ce résultat est d’autant plus intéressant que la réputation fonctionne en général comme une assurance, récompensant les plus vertueux dans le temps. Mais on voit ici qu’en Bourse, la réputation peut avoir une valeur spéculative.

Il est vrai qu’on est ici dans la « vraie vie », que les promesses ne suffisent pas et que la réputation se fonde alors sur des réalités.

Il est vrai aussi que la réputation d’une startup dans le domaine économique ou politique peut, à l’ère du numérique, se bâtir en quelques années, voire quelques mois.

L’école qui forme le plus de nouveaux entrepreneurs, HEC, n’a t’elle pas comme signature « apprendre à oser ».

Pino, intéressé

mar 10

Alors que les réputations usurpées se dévoilent et se dénoncent, que beaucoup se sentent trahis, qu’affirmer une conviction soulève le doute, il est bon de retrouver un peu de fraîcheur en s’attardant sur le passé.
Les réputations de nos contemporains se confrontent aux rumeurs véhiculées complaisamment par les mauvaises langues ou les bonnes âmes. Pour maquiller l’intention de détruire on parle de post-vérité. Après le principe de précaution, le principe de suspicion influence nos jugements.

A qui se fier?

Il est vrai que l’actualité éclaire douloureusement la question. Il est vrai aussi que s’en remettre à la réputation relève plus souvent de la facilité que de l’analyse critique. Mais il est tout aussi vrai qu’entre l’aventure et la promesse, quelquefois fallacieuse, qu’apporte la réputation, celle-ci engendre moins de déceptions.

Laissons de côté l’actualité politique largement commentée!
Regardons plutôt la légende et au delà le mythe qui la nourrit souvent.

Une marque, au contraire de bien des hommes publics ne peut bâtir sa réputation dans le mensonge. Le Tribunal du Marché est plus exigeant que celui de l’Opinion et moins versatile que les médias qui préfèrent trop souvent l’écume. Lorsqu’une marque est prise en flagrant délit, la sanction morale rejoint celle du marché et au besoin de la justice. Elle se défend mais ne se dérobe pas, car il lui faut être au rendez-vous tous les jours et non à de simples échéances.

Il y a même des marques qui ne mentent jamais.
Chacun en connaît dans son univers.
Dans la beauté, le luxe, les vins, les voitures ou les motos, par exemple. Leur promesse est rassurante.
Mythiques par leur histoire, elles nous font partager un imaginaire. Le mythe n’a pas de religion normée, ni de pays. Il crée un « entre soi ». On s’y reconnaît, se retrouve en confiance. La Ford T est un mythe tout comme la Harley-Davidson aujourd’hui. Nul besoin de littérature pour promouvoir les valeurs de la Harley, la liberté bien sûr, la solidarité aussi lorsqu’on entre dans la famille étroite des passionnés.

L’histoire parle pour ces marques mythiques.

La petite histoire parle aussi, hélas, pour beaucoup de nos hommes publics.

Pino, « on the  road again »

sept 21

Lorsque la météo est bonne, que les vents et les augures sont favorables,  la réalité stimule l’optimisme des peuples mais aussi des marchés.

La compétition est alors moins rude, et la plus-value qu’apporte une bonne réputation semble moins utile pour trouver sa place au soleil.

La France a connu ses « trente glorieuses ». Il suffisait de présenter objectivement les qualités requises, et une lecture diagonale d’un CV factuel débouchait sur un « vrai » emploi. Nul besoin de « références » morales, d’appartenance à un réseau pour dire du bien de vous, faciliter la mise en relation.

Il en allait de même pour les marchés financiers, reflets infidèles de l’activité économique et de l’humeur du citoyen. Les anciens racontent qu’à la fin du siècle dernier nombre d’entreprises gagnaient plus d’argent en plaçant leurs liquidités en Bourse que par leur activité nominale. La réputation des sociétés cotées comptait moins que leur résultat à cour terme. Créé en 1994, l’Observatoire de la réputation constatait alors : « en bourse la réputation traine la patte ». C’était le règne de l’image, des directions de la communication confiées à des attachées de presse, plus préoccupées du court terme, du risque médiatique que de la construction d’une réputation, véritable bouclier contre les aléas de la vie, même économique.

Le concept de développement durable traversait l’Atlantique, obligeant les entreprises à créer de nouvelles fonctions, alibi pour la plupart.

Puis boum ! Le 11 septembre  2001 a rappelé à la réalité du monde.

Un réveil bien douloureux pour les nations, les personnes et les entreprises. On se méfie du voisin, l’espionne au besoin à titre préventif.

Le principe de précaution fait son entrée dans la constitution des pays les moins entreprenants ; la France en tête.

En creusant, on s’aperçoit même que les banquiers ont créé, avec les subprimes de véritables bombes à retardement qui ne tardent pas à exploser, propulsant l’économie dans la tourmente. La confiance donnée aux entreprises ou aux candidats n’est plus un préalable. Le CDD est la règle. On n’investit à long terme que lorsque la personne ou l’entreprise présente des références. Bref, avoir la réputation de la fonction. Il ne suffit plus de savoir faire ; il faut que le regard des autres vous soit favorable. La technologie vient en partie au secours des inconnus. Les réseaux sociaux explosent. Tout le monde peut dire n’importe quoi sur tout le monde ; l’investigation indiscrète remplace l’enquête de voisinage. Il faut être « transparent ». Et, se pose aujourd’hui la question de la crédibilité, voire de la réputation des réseaux. Ceux à qui l’on peut faire confiance et les autres : une guerre des réseaux sur le terrain de la réputation et même sur les sols les plus glauques.

Dans la tourmente, on se penche sur le passé, probable garantie d’un succès futur.

Les marchés financiers reflètent en partie ces interrogations.

On savait qu’en Bourse la réputation apporte aux entreprises une « survaleur ».

Les études de notation conduites par l’Observatoire de la réputation depuis 1994 sur la réputation  des entreprises du CAC 40, indiquent que cette « plus-value » est en moyenne de 5 % par an pour les 10 entreprises les plus réputées par rapport à l’indice CAC 40.

Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il lorsque les événements Brexit, Grèce, banques italiennes, entretiennent l’incertitude, et le yoyo boursier ?

Conduite début 2015, la dernière étude de notation a consacré  sans surprise LVMH, L’Oréal, Danone, Michelin, Airbus, Essilor, Air Liquide… en tête des 10 entreprises les plus réputées. 20 mois plus tard, ces 10 entreprises, qui constituent le « Reputation index », progressent en Bourse de plus de 14%,  quand l’indice CAC 40 ne gagne que 1%.

Airbus (notée 5R) progresse de 29% et Arcelor Mittal, (notée R), ferme la marche avec -44% ! Les sceptiques diront qu’Air Liquide, valeur patrimoniale de base, a perdu 7% sur la période.

La fidélité des actionnaires du nouveau leader mondial des gazs, qui ont vu le titre progresser de plus de 40% sur les 5 dernières années, devrait les faire réfléchir.

La réputation n’est pas une assurance.

Fondée sur la confiance, celle d’Air Liquide est totalement acquise auprès des personnes. Pour un « gérant », une telle valeur qui suppose de s’inscrire dans le temps dérange. Le moindre déficit d’explication sur une opération complexe ouvre la porte à un espoir spéculatif, qui sera déçu à coup sûr.

Quand la réputation est bonne, on peut aussi accepter d’être prisonnier de sa réputation, avec ses bons et mauvais cotés.

Pino confiant.

jan 01

En janvier 2015, les « amis de l’Observatoire de la réputation » ont participé à l’étude de notation des sociétés du CAC 40 sur le critère de leur réputation.
Conduite tous les 5 ans, l’étude a aussi pour objet de valider le « credo » fondateur des travaux de l’Observatoire :  la réputation est d’abord un actif patrimonial qui suppose pour une personne ou une entreprise, du talent, du travail et du temps. Fondée sur la confiance, la réputation réhabilite des valeurs traditionnelles. A l’inverse du trading elle suppose la « fidélité ». C’est peu spectaculaire, mais au total, ça paye !

Depuis la création de l’Observatoire de la réputation en 1995, ce credo de bon sens, a été régulièrement validé.
La réputation apporte une plus-value moyenne annuelle de 5% aux entreprises les plus réputées. Entre 2010 et 2015, les performances boursières des 10 entreprises les plus réputées sont spectaculaires : + 60% alors que l’indice CAC 40 ne progresse que de 20% !
Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il dans une année tourmentée comme 2015, alors que les événements, souvent dramatiques, ont entretenu l’incertitude, et le yoyo boursier ?
L’ étude de notation 2015 a consacré LVMH, L’Oréal  Danone, Michelin, Airbus, Essilor en tête des 10 entreprises les plus réputées. 12 mois plus tard, ces 10 entreprises qui constituent le « Reputation index » progressent en Bourse de plus de 17%, quand l’indice CAC 40 gagne 9%.
Airbus (notée 5R) progresse de 51% et Arcelor Mittal, (notée R), ferme la marche avec -56% !

La réputation, concept défensif, serait-elle devenue aussi un concept spéculatif ?

Bonne année boursière

JPP

oct 23
COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’OBSERVATOIRE DE LA REPUTATION
23 octobre 2015

On savait qu’en Bourse la réputation apporte aux entreprises une « survaleur ».

Les études de notation conduites par l’Observatoire de la réputation depuis 1994 sur la réputation  des entreprises du CAC 40, indiquent que cette « plus-value » est de 5 % par an pour les 10 entreprises les plus réputées par rapport à l’indice CAC 40.

Constatée sur le moyen terme, qu’en est-il dans une année tourmentée comme 2015, alors que les événements ont entretenu l’incertitude, et le yoyo boursier ?
Conduite début 2015, la dernière étude de notation a consacré LVMH, L’Oréal et Air Liquide en tête des 10 entreprises les plus réputées. 10 mois plus tard, ces 3 entreprises progressent en Bourse de près de 20%,  quand l’indice CAC 40 gagne 11%.
« Le plus étonnant, est que la progression moyenne suit pratiquement la qualité de la réputation », souligne Jean-Pierre Piotet, Président de l’Observatoire de la réputation.
Les entreprises notées 5R gagnent en moyenne 18% ; celles notées 4R progressent de 16% ; 3R avec 10% et 2R avec 7%…Arcelor Mittal, notée R, ferme la marche avec… -44% !
Entre 2010 et 2015, les performances des entreprises les plus réputées sont spectaculaires : + 60 %, alors que l’indice CAC 40 ne progresse que de 20 % !

JPP

Lire la réputation au service de la rentabilité

oct 07

Une crise ne chasse pas l’autre, mais il faut reconnaitre, pour l’observateur un peu cynique, qu’en quelques jours la réputation des grandes marques mondiales, étendards de leur pays, a été sérieusement écornée.

Ne revenons pas sur la tricherie de Vokswagen, devenue pour longtemps chronique au jour le jour pour les gazettes et les commentateurs, et sujet exemplaire de crise pour les universitaires. Cette affaire a pris tout le monde de court, ou presque Le milieu des constructeurs bien sûr qui se doutait que le mensonge ne tiendrait pas éternellement, mais aussi les régulateurs, les « écologistes », étrangement silencieux avant la révélation et plutôt discrets depuis, tout comme les syndicats.

Aujourd’hui, l’actualité c’est Air France, un moment première compagnie aérienne mondiale, bénéficiant d’une formidable réputation pour son service « à la française », portée un moment par le Concorde, bijou technologique il y a près d’un demi-siècle, et symbole d’une ambition industrielle et commerciale. Abîmée par quelques images et comportements révélateurs d’une mentalité de nantis, la réputation d’Air France, s’est lentement dégradée. Les désastreuses performances économiques et financières ont accompagné lerejet. Dans l’instant, on fait porter à juste titre, le chapeau aux pilotes ; c’est faire peu de cas de l’histoire tourmentée de la compagnie dans les vingt dernières années. Après une privatisation bâclée, un « tour de table » incohérent, une pression politique et syndicale constante, « pas de vagues », Air France est rentrée à « reculons» dans la compétition, sans stratégie puis sans moyens.

L’épisode récent de l’agression de cadres dirigeants, repris par les medias du monde entier, complique singulièrement les choses. La tricherie de Volkswagen a conduit la chancelière allemande à monter au créneau devant la menace sur la réputation industrielle de l’Allemagne. La réaction désordonnée des autorités françaises traduit le manque de compréhension de la gravité du problème. La tactique traditionnelle du « pourrissement » et des effets de manche, dont abuse le Président de la République, risque de mal s’appliquer!

« Air France, c’est la France » clamait grandiloquent un député de l’opposition !

Et alors, puisque « c’est la France », pourquoi ne pas écouter cette majorité qui dit que le rôle de l’Etat dans la compagnie n’est pas proportionnel à sa part dans le capital. Dans le capital financier, certes, mais lorsque le capital « réputation » dépasse le simple transport aérien, on aimerait une voie forte, imaginative, inspirée (!). Au minimum, une autorité.

On sait que l’Etat est mauvais patron. Il a laissé des « fleurons » dans un état lamentable, en sous-investissement, sous-capitalisés, en panne de stratégie industrielle, qui ont été repris et désossés (Arcelor, Péchiney,…). En gardant un pied financier dans la maison, le « politique » croyait rassurer ; en fait, il n’a fait que « geler » les situations, et pousser au conservatisme.

Sous l’angle de la réputation, l’effet est désastreux. La communauté économique internationale n’y comprend rien. Pourquoi investir lorsque le « sleeping » partenaire agit en sous-main, pousse ses amis et soutient les syndicats les plus réfractaires au changement?

Pour faire un grand pays, il ne suffit pas de gérer en père de famille, un patrimoine durement constitué, avec beaucoup de talent et d’efforts, et qui contribue à notre commune réputation. Il  ne faut  pas compter uniquement sur un patriotisme replié, mais créer les conditions de l’audace créatrice de richesses. Au pire, réduire les freins à l’envie de bâtir.

Pino passager

oct 01
30, 40, 50 milliards d’euros sont les montants avancés pour chiffrer les pertes financières découlant de la tricherie révélée du constructeur allemand. Et pourtant, il n’y a « pas mort d’homme », comme dans les catastrophes de Bhopal, Toulouse, Servier,…

Dans l’affaire du benzène dans le Perrier, il n’y avait que 13 bouteilles contaminées! Et pourtant l’entreprise a perdu la moitié de son chiffre d’affaires, a du se séparer de la moitié de ses salariés, a été cueillie par Nestlé, et n’a retrouvé son volume que 25 ans après l’incident.

Volkswagen devra t’il attendre une génération pour retrouver son statut et ses résultats? Probablement pas, et les concurrents auraient tort de se réjouir, même si, à court terme, il va falloir défendre chèrement sa peau.
Côté business, il y a fort à parier que sur son marché national, la marque populaire mythique – après un moment de honte - des excuses soient vite trouvées pour expliquer la manip. Après tout, il ne s’agissait que de répondre à des normes américaines protectionnistes. En matière de pollution, l’Allemagne construit encore des centrales à charbon!
Aux Etats-Unis, le pragmatisme prendra vite le dessus. Bien sûr, il faudra payer de lourdes amendes, négocier avec des consommateurs bernés mais réalistes. L’argent effacera en partie la faute. Et après une courte période de pénitence, quelques efforts commerciaux, le business reprendra.
En France, la consigne est de ne pas trop taper sur la marque allemande. Une fois récupérés les bonus versés à tort (1 milliard selon certains experts), la crainte est de voir le marché des diesels s’effondrer; ce qui ne ferait pas l’affaire des constructeurs français!
Il est à craindre aussi que la tricherie n’ait un coût social, dans les usines et les concessions. L’anticipation et la réalité d’une baisse des ventes engendre des comportements frileux. Il faudra donc faire appel à la chirurgie, hélas.
Côté commercial, économique et financier, Volkswagen passera le cap.
Côté réputation, l’affaire est plus complexe.
Que l’on triche sur le « bas de gamme », cela peut s’expliquer; mais que le mensonge s’applique aussi à des marques qui font payer largement le prix de la confiance, ce sera plus difficile à faire avaler. A moins qu’Audi, concerné de façon mineure, n’arrive à passer au travers des gouttes. L’éclatement des marques au sein du groupe Volkswagen devrait permettre de créer des « poches » de moindre turbulence.
En l’état, il est clair que la communication va jouer un rôle crucial, pour le groupe et ses marques.
Un peu moins d’arrogance dans une publicité qui revendiquait la « deutsche qualität » au coeur de son message, est une obligation.
Après la triche, aucune maladresse ne sera permise.
On peut compter sur Volkswagen pour qu’il honore ses futures dettes, mais le constructeur aura t’il l’humilité nécessaire pour retrouver la confiance?
A suivre.
Pino reste confiant.
sept 22
Le mensonge est le pire ennemi de la réputation.

Dans la vie politique, les mots n’ont pas le même sens, et une promesse non tenue n’est pas un mensonge. Au mieux une vérité différée. A moins que le contexte, les circonstances, l’intérêt général n’amènent à réviser les positions.

Dans la vie personnelle, l’éthique du moment prend souvent le pas sur la morale. La vie en société retient pour règle que toute vérité n’est pas bonne à dire.
Face au consommateur, au régulateur, surtout anglo-saxon, les choses se compliquent singulièrement.
20 ans après Mercedes, c’est aujourd’hui Volkswagen qui en fait les frais. Pour avoir trop promis!
Mercedes s’affichait comme le roi de la sécurité avant que lors d’un banal « test de l’élan », la voiture – confiée à des journalistes éméchés – ne se retrouve sur le toit. L’image a fait le tour du monde, provoquant des sarcasmes et obligeant la marque à l’étoile à en rabattre. Revendiquer, avec arrogance, la sécurité crée une obligation bien difficile à tenir. Avec le temps, cette aventure – qui a obligé la marque à revoir ses promesses publicitaires et lui a finalement rendu service – relève de l’anecdote. La réputation du constructeur allemand n’a été qu’égratignée, mais la brèche s’était ouverte pour ses concurrents BMW et Audi, à la communication plus « réaliste ».
Les ennuis que rencontrent  Volkswagen sont autrement plus graves. Entre une sortie de route et un mensonge industriel entretenu, puis reconnu, on change de catégorie. Avec un mea culpa le feu a été vite éteint par Mercedes.  En revanche, pour le constructeur géant, l’incendie est loin d’être maitrisé. Cela va être « haro » sur Volkswagen et bien sûr Audi pou longtemps, avec une suspicion généralisée pour les concurrents. Le feu éteint, les épisodes judiciaires viendront rallumer la flamme plus loin…médias et réseaux sociaux vont rivaliser dans les révélations. Bref, la marque munichoise n’est pas sortie de l’auberge. Pour Mercedes, quelques médicaments et un peu d’humour ont suffi. Avec Volkswagen, il va falloir envisager la chirurgie. A commencer par le départ du PdG; mais hélas, avec de probables conséquences sociales.
Quant à la réputation des marques (Audi et surtout Volkswagen), elle sera durablement affectée. L’intérêt revendiqué de l’entreprise  ne saurait atténuer la faute morale.
Comment désormais faire confiance à une marque qui ment sciemment et durablement?
Les Grandes Marques sont aujourd’hui les étendards des nations. Coca-Cola, Apple, Vuitton, Mercedes,..Tromper le consommateur, c’est faillir à la parole du citoyen et porter préjudice à son pays.
Ce n’est pas par hasard que la chancelière Angela Merkel, cherche à reprendre la main sur un dossier bien délicat.
La réputation suppose l’excellence de tous.
Surtout pas d’amalgame!
Pino écolo
avr 14
Peu de crimes sont imprescriptibles.
La plupart du temps, l’action judiciaire s’arrête faute de prévenu ou de coupable.

Avec le « Cher disparu », alors que le glaive de la Justice se levait avec sévérité, on aurait même tendance à se montrer compatissant, voire complaisant. Une enfance difficile, des rencontres malheureuses, un milieu plein de tentations,…mais tout cela est de l’histoire ancienne.

Les dossiers judiciaires étant refermés, les média, saisis par une mauvaise conscience révélée, vont plutôt voir le bon côté des choses. Comme si le viol d’une adolescente, le détournement de fonds publics, la trahison, n’étaient pour tel sportif, homme politique ou star du petit écran, que des anecdotes que la réussite devrait écarter. Le coupable devient victime. Sa mort naturelle, accidentelle ou « au terme d’une longue maladie », comme on le dit pudiquement, apparait comme un châtiment presque cruel. Et les faux et vrais amis de se précipiter vers les micros pour apporter leur commentaire, des tranches de vie qui nous feraient croire que l’on est passé à côté d’un héros. Avec sa disparition, la mémoire se raccourcit ; on a tendance à ne garder que les bons moments. Heureusement sans doute, cela contribue à favoriser la vie en société,…qui continue.
A côté de la Justice et de sa rigueur, il existe un autre Tribunal, qui n’interrompt pas son action, ne connait pas la prescription, inscrit les événements dans sa mémoire longue, y porte même un jugement suivant la morale de l’époque.
Ce Tribunal de l’opinion n’est ni juste, ni complaisant. Connaissant bien la vie, il est tout en nuances. Regard social, il est le film de la vie de chacun, quelquefois en couleur et éclatant, d’autres fois gris et terne. Ce film a une affiche, contrôlée, qui sera reprise par les media, et des scènes, qui remontent et révèlent les facettes plus ou moins glorieuses de nos existences. Bref, une réputation.
Il y a de grands moments d’hypocrisie dans les discours sur nos disparus. De façon amusante, on croirait que celui qui prononce l’oraison pense plus à lui qu’à celui qu’il est censé honorer. Lorsque François Mitterrand dénonce « l’honneur d’un homme jeté aux chiens » à propos de Pierre Bérégovoy, il réveille aussi son propre passé. François Hollande, champion de la récupération, s’épanouit dans la tragédie. Untel, résistant de la dernière heure devient un « sauveur » du pays.
Sur un ton plus léger, on aurait pu citer quelques moments. Lorsque l’élu du jour aurait du se délecter des éloges: remise de décoration ou même pot de départ surtout lorsque le fêté est remercié!
Pino caustique