juin 12

http://www.chantus.com/notes/uploads/Baltasar-gracian.gif

« Il n’y a rien qui fonde mieux la réputation que la disgrâce »
Winston Churchill

Longue à bâtir, délicate à cultiver, une réputation sans tache est selon William Shakespeare “le plus pur trésor que puisse donner l’existence humaine”.
Construite avec patience sur des comportements et des réalités, la réputation est un patrimoine plus solide qu’on ne le croit souvent.

En fait, la réputation des marques, des entreprises, des personnes ou des institutions s’inscrit dans un cycle. Il faut d’abord la bâtir, et pour cela exploiter avec habileté les opportunités.

Puis, il faut la nourrir par des réalités et des comportements qui la confortent. Vivre sur sa réputation est par la suite un exercice périlleux, car on sort vite du jeu. Mais il faut aussi et surtout la protéger car comme le dit Montesquieu : “les réputations les plus brillantes sont les plus exposées”.

Pour se bâtir une réputation, il faut du talent bien sûr, beaucoup de travail souvent, et surtout du temps. La combinaison de ces facteurs nécessaires peut varier avec l’époque. Beaucoup de talent (et un peu de chance) peut conduire à créer une image, vite diffusée sur le net, et souvent volatile. La réputation est d’une autre nature, elle se construit par sédimentation, en additionnant des images, certaines plus prégnantes que d’autres, formant ainsi le film de la vie publique d’une personne ou d’une institution. La réputation sera jugée bonne ou mauvaise suivant que l’intention et le scénario s’accordent plus ou moins bien avec les valeurs du moment.

Il n’y a pas de réputation sans talent. Certaines vedettes du sport ou du spectacle crèvent rapidement l’écran. Au-delà de leurs dons, c’est surtout leur personnalité qui fascine : Michael Jackson ou Tiger Woods illustrent le propos.

La reconnaissance du talent est moins fréquente dans le monde politique où les suffrages des citoyens se fondent davantage sur la perception de l’action que sur la réalité des actes.

Il faut aussi « travailler » son talent. Derrière un swing parfait ou une note tenue, il y a souvent des milliers d’heures de travail. Et, le talent, c’est aussi de faire oublier le travail pour partager un instant magique.

Il n’y a pas de réputation sans Histoire. Certes il y faut de petites anecdotes qui aideront à bâtir la légende et l’illustreront. Mais la réputation,  regard des autres, ne s’apprécie que dans le temps. Bien peu d’élus accèderont à cette reconnaissance car les pièges sont nombreux et le Tribunal de l’opinion est peu indulgent.

L’équation de Gracian

L’observateur, un peu cynique, se régale tous les jours des maladresses des « puissants ».

Le philosophe qui a le mieux exposé le risque sur la réputation est un Jésuite espagnol du XVIIème siècle. Selon Gracian, le “management” de la réputation s’écrit en une équation simple composant mérite et réputation. Lorsque la réputation est supérieure au mérite, il faut être “réservé”. A l’inverse, lorsque le mérite est supérieur à la réputation il faut “se produire”…. Et de poursuivre “le monde est une carrière qu’il est difficile de bien commencer et de bien finir ; l’expérience nous manque pour l’un, souvent elle nuit pour l’autre”.

Tout est dit ou presque sur la difficile maîtrise de ce patrimoine culturel complexe : la réputation. Lire la suite »

mai 22


« Le meilleur moyen de conserver sa réputation est la modestie ».

Montesquieu

On a longtemps cru que la réputation n’était qu’une rente.

Qu’il avait fallu beaucoup de patience, et quelque talent pour accumuler un petit capital sur lequel il faudra bien vivre.

Que ce magot, souvent plus culturel que financier, reflétait davantage les efforts du passé que les espoirs d’un avenir entreprenant.

Et pourtant, le souci de sa réputation, l’hommage recherché du regard des autres, le jugement du Tribunal de l’Opinion, sont des moteurs essentiels à l’action humaine.

Au-delà d’un capital, la réputation est un patrimoine mobilisable dans les moments difficiles pour les personnes, mais aussi pour les entreprises. C’est en effet dans les crises que l’on apprécie le mieux le bénéfice défensif qu’apporte la reconnaissance sociale.

Le magazine Fortune (« Best reputation companies ») et l’Observatoire de la réputation* (« Reputation index ») évaluent à 5% la plus value-value annuelle moyenne apportée aux entreprises cotées par la réputation sur les 10 dernières années ! Les entreprises les mieux notées par l’Observatoire, et notamment Air Liquide réjouissent leurs actionnaires : + 65% quand l’indice CAC 40 perd 34%.

Et dire que l’on a raillé ces entreprises discrètes et industrieuses, aux dirigeants anonymes ou presque !

La plus-value qu’apporte la confiance en Bourse est tout aussi spectaculaire à court terme. En 2009, les 10 entreprises les plus réputées (notation 2000) rebondissent de 51% quand le CAC 40 ne reprend que 22% ! Ce que Fortune résume en une formule:  “forget about day trading on the internet, buy the stocks of the top ten, beat the S&P. “

Ainsi, la réputation, concept défensif en période de morosité, devient en Bourse un concept spéculatif lorsque les affaires reprennent.
La réputation est aussi promesse de performances.

Par tactique ou dans l’urgence, l’entreprise peut tenter – à court terme – d’infléchir la pente pour recouvrer de l’intérêt, de la crédibilité ou même de la séduction. L’entreprise en panne de réputation, peut céder à la tentation de « louer » la réputation d’un dirigeant réputé pour redresser la barre ; ce qui relève autant de la bonne gestion que de l’habileté de la communication.

Dans le registre spéculatif, il faut saluer les « sauveteurs » d’entreprise…amateurs de challenges. On leur confie les clés d’une société aux dettes abyssales et on se prend à espérer.

Auréolé de ses succès en tant que Président de la FFSA (la puissante Société Française des Sociétés d’Assurance) et surtout de son rôle exceptionnel en tant que penseur et stratège de la refondation sociale du Medef, Denis Kessler prend la tête de la Scor, croulant sous les dettes. Aussitôt on parle d’ « effet Kessler » et celui-ci relève non sans humour qu’il faut distinguer les profils de redresseur : médecin ou croque-mort.

Jean-René Fourtou accepte de prendre la barre de Vivendi Universal que Jean-Marie Messier a conduit au bord du gouffre. Et, en quelques semaines, le cours se redresse, les banquiers se font plus conciliants et l’entreprise retrouve la confiance de ses partenaires. En fait, on ne loue pas seulement les talents des managers, on emprunte aussi leur réputation, dans un pari partagé.

Pour une entreprise, la réputation est une valeur d’autant plus spéculative que son activité s’appuie plus sur des talents que sur des investissements matériels. C’est bien sûr le cas des entreprises de la TNT confrontées à des bouleversements technologiques, mais aussi celui des  marques sensibles aux effets de mode.

Il en va de même pour les personnes. Ainsi, il y a de « vrais » métiers, ingénieur, comptable,…peu spéculatifs; et d’autres, qui ouvrent sur davantage de notoriété sinon de gloire, mais plus risqués et volatils. Le « métier » de communicant n’exige-t-il pas plus de talent que de technique, pour s’y créer une réputation, finalement bien fragile ?

Défensive ou spéculative, la réputation est à nouveau un concept d’actualité.
Longue à bâtir et délicate à gérer, elle est selon Shakespeare « le plus pur joyau que puisse offrir l’existence humaine ».

JPP

Article extrait de la revue « Hommes et Commerce »

mar 31

Air Liquide et Essilor détrônent l’Oréal et obtiennent la notation RRRRR

Xavier Fontanet est le patron qui a la « meilleure réputation »

Créée en 1994 par l’Observatoire de la réputation, l’étude de notation des entreprises du

CAC 40 consacre en 2010 Air Liquide pour sa réputation exceptionnelle… et durable.

Pour la première fois, Essilor accède à la notation RRRRR (RRR en 2005).
Sans surprise, Danone, L’Oréal, LVMH, Michelin, St Gobain trustent les places d’honneur, alors que les réputations de Dexia, ArcelorMittal et surtout Total continuent de se dégrader.

L’étude 2010 confirme la plus value qu’apporte la réputation à la valorisation en Bourse des entreprises : + 5% par an en moyenne pour les 10 entreprises les mieux notées en 2000.

En 2009, le rebond boursier des entreprises les plus réputées est spectaculaire : + 51%, alors que le CAC ne progresse que de …22%.

La réputation, concept défensif, serait-il devenu aussi un concept spéculatif ?

Pour Jean-Pierre Piotet, Président de l’Observatoire de la réputation* : « La réputation est d’abord un actif patrimonial qui suppose pour une personne ou une entreprise, du talent, du travail et du temps. L’âge de l’entreprise a une influence considérable sur la réputation. En France, les entreprises les mieux notées ont 130 ans, en moyenne ; et les moins bien notées n’atteignent pas 70 ans ! ». Aux Etats-Unis, grâce à Apple, Google et Amazon, les entreprises accèdent à la reconnaissance plus tôt : 88 ans en moyenne.

La réputation exceptionnelle, durable et rentable (+65% sur 10 ans quand le CAC perd 34% !) d’Air Liquide se fonde largement sur la confiance qu’inspire l’entreprise et un comportement jugé responsable .

Entreprise désormais attractive, Essilor est reconnue d’abord pour la qualité de ses produits, sa santé financière et son management puisque Xavier Fontanet est le dirigeant qui bénéficie de la meilleure réputation, devant Michel Pébereau, un banquier !

Didier Lombard dispute à Henri Proglio le titre du dirigeant ayant la plus mauvaise réputation, devant Arnaud Lagardère !

* Extrait du communiqué de presse de l’Observatoire de la réputation du 30 mars 2010.

mar 13

Trop forts, les Américains!

S’il y a un pays où le mot rebond a un sens, c’est bien sûr aux Etats-Unis.

Alors que chez nous, l’initiative est souvent suspecte et que les courageux devront faire longtemps leur preuves, lutter contre la frilosité des banquiers.

En cas de succès, il faudra avoir la victoire modeste. Dans la défaite, pas d’excuse et profil bas.

La France du XXIème siècle, est bien loin de celle des révolutionnaires ouverte à toutes les idées et hélas aussi à tous les excès. Le conservatisme dans les attitudes et comportements, la bien-pensance dans les discours, le souci de son pré carré dans ses biens ou même sa réputation sont de règle.

Ce qui fait la richesse de notre pays est à coup sûr  son histoire; ce qui en fait sa faiblesse est sans doute sa mémoire. C’est aussi pour cela, que pays latin, nous attachons tant d’importance à la réputation, et au temps qu’il faudra consacrer à la bâtir.

Traversant l’Atlantique on découvre les vertus de l’oubli et la volatilité de la réputation. « Yes we can! » résume la culture américaine, et s’applique si bien lorsqu’il s’agit de construire et pas seulement de protéger. Dans l’exercice, il ne faut pas être alourdi par trop de scrupules, mais le résultat est souvent au rendez-vous.

Le dernier hit-parade du magazine Fortune sur les « Most Admired Companies » (best reputation companies) illustre bien la faculté anglo-saxonne de tourner la page et de fermer un oeil. Alors que les compagnies pétrolières et les constructeurs automobiles ont longtemps trustés les premières places du classement, et que fort logiquement Apple et Google se partagent le podium, Goldman Sachs se classe dans le Top ten de Fortune. Le banquier gagne même 7 places sur 2009!

Fortune précise que malgré son rôle majeur dans la crise financière (sans oublier la spéculation récente en Grèce), le réalisme a prévalu dans les jugements:  Goldman Sachs n’a t’il pas remboursé en 6 mois son emprunt de 10 milliards de dollars et versé 23%  d’intérêts au contribuable américain?

En France, nous sommes plus rancuniers et les banquiers n’ont pas la cote, probablement pour longtemps.

Serions nous plus vertueux?

Pino



Most Admired Companies 2010

fév 25

dessin-jppAprès les déclarations extravagantes de l’ex- patron de France Télécom qualifiant d’ « incidents regrettables » les suicides de collaborateurs supportant difficilement la pression d’un encadrement zélé, le Gouvernement a décidé de reprendre la main.

L’opération anti-stress est lancée et confiée au Ministre du Travail (ex Education), qui se félicite rapidement de la forte mobilisation que l’initiative – fort légitime – suscite.

Pour être sûr que les patrons s’engagent, Xavier Darcos choisit la méthode un peu scolaire du Tableau d’honneur, crée un site « travailler-mieux.gouv.fr » en classant les entreprises du vert (Prix d’excellence) au rouge « bonnet d’âne ». Tant pis pour la réputation des derniers de la classe!

Grande idée a priori, un peu démago et hypocrite certes, mais il faut faire quelque chose, vite. Car notre Ministre est stressé, et comme c’est contagieux, le meilleur moyen pour alléger la pression, c’est de l’imposer, voire la partager.

Effet d’affichage oblige, à quelques mois des régionales, le hit-parade tricolore (vert-orange-rouge) est publié sur le site gouvernemental.

Tant pis pour les entreprises retardataires qui auront oublié de renvoyer leur questionnaire rempli (comme à l’école) ou fait part de leurs intentions pour réduire le stress professionnel : dans le rouge les Galeries Lafayette, SFR, Siemens, Avis…

Heureusement, il suffira de quelques coups de téléphone bien placés pour que le rouge vire au vert.

Ouf ! On passe du gadget de communicant au gag,…sur un sujet qui méritait plus de sérieux.

Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, le Ministre aurait quand même pu se souvenir que la dénonciation publique a laissé quelques traces auprès de l’opinion, que lorsqu’on lutte contre l’élitisme universitaire, on évite le hit-parade des entreprises sur des critères qui ne relèvent que de la « bonne intention ».

La belle époque des punitions est passée, mais avec Xavier Darcos, celle du bonnet d’âne pourrait revenir.

Pino

Travailler Mieux

fév 08

p0Il parait que les français aiment bien leur « boite », surtout petite et en bonne santé, mais on dit aussi que les patrons n’ont plus la cote.

Bien sûr, il ne faut pas généraliser y compris chez les « mercenaires », souvent reconnus pour leur efficacité, mais dont l’arrogance (Henri Proglio) ou la maladresse (Didier Lombard) entachent profondément la réputation.

Car la réputation est d’abord un regard social, au filtre de valeurs d’humanité et de proximité.

La fortune n’a rien à voir dans l’affaire, et les patrons les plus admirés, respectés, peuvent aussi être les plus riches ou les mieux payés, tout comme Bill Gates.

A l’inverse, on peut aussi allier mépris des autres, incompétence stratégique et catastrophe financière, tout comme Jean-Marie Messier l’a démontré aux frais des actionnaires de Vivendi.

Etablir un hit parade des patrons sur la base de leur réputation, analyser la relation entre la réputation du patron, celle de l’entreprise qu’il dirige et sa performance financière, relèvent des axes de recherche de l’Observatoire de la réputation.

La corrélation est étonnante…et rassurante.

Au hit parade 2005 de l’Observatoire, l’entreprise la plus réputée était L’Oréal, dont le patron était Lindsay Owen Jones…dirigeant ayant la meilleure réputation. Accessoirement, il était le mieux payé et aussi le plus performant : sur les 5 dernières années, le cours de L’Oréal a progressé de 40%, quand l’indice CAC 40 ne gagne que 3% !

Quant à l’entreprise la moins réputée, Vivendi, elle perd 11%. Son ex-patron JMM était bien sûr le dirigeant le moins réputé, avant de conduire son entreprise au bord du gouffre tout en continuant à parader sur les plateaux de journalistes complaisants.

Bref, l’exercice du hit-parade est riche d’enseignement : investir dans la société d’un dirigeant réputé, garantit la plus-value à coup sûr.

En 2010, l’Observatoire de la réputation récidive avec les votes de ses bloggeurs.

A partir d’un questionnaire « ouvert », une première liste de patrons a été établie sur la base de leur réputation.

Pour faciliter l’exercice, seuls les 5 premiers de chaque catégorie sont proposés à vos votes.

Il suffit d’un clic (colonne de droite du blog) pour élire le patrons qui a la « meilleure » ou celui qui a la « moins bonne » réputation.

Merci

JPP

Lire aussi dans le Nouvel Economiste

jan 12


Bourse 2010On se doutait que la réputation n’est pas une rente tranquille.

Que travailler dur et promouvoir son talent avec patience n’ouvrent pas forcément à la reconnaissance du public.

Que l’opinion, une fois conquise, se montre capricieuse, voire velléitaire.

Que tout cela est vrai dans notre vie de tous les jours, mais se vérifie aussi dans la vie des affaires.

Qu’ainsi, une « bonne » réputation ne garantit pas de garder son job ou bien de gagner en Bourse.

Et pourtant, avec un fond de morale et d’optimisme, on se doutait aussi que la réputation ne rend pas seulement prisonnier du respect de valeurs partagées, mais que, dans la mouise, la vertu serait récompensée.

Bonne nouvelle, la vertu est enfin récompensée,…tout au moins en Bourse.

Il faut reconnaître qu’on a eu très chaud, et que nos entreprises stars du CAC 40, aimées, respectées ou réputées, ont dégusté en pleine tourmente. La Dame blanche a frappé à l’aveugle, et  il fallait avoir des nerfs d’acier pour regarder fondre ses économies…même placées dans des valeurs pépères.

L’hypothèse fondatrice de l’Observatoire de la réputation (dès 1995 !) suivant laquelle les entreprises réputées résistent mieux aux crises et rebondissent plus vite, a été confrontée à la réalité.
Ouf, ça marche…ou presque !
L’Observatoire de la réputation avait remarqué que les entreprises les plus réputées étaient les plus anciennes (belle perspicacité), mais aussi que les sociétés centenaires étaient deux fois plus performantes en Bourse que la moyenne. Bref, que patience et réputation font la plus-value.

En 2005 (étude Datops), l’Observatoire de la réputation a publié un classement  des entreprises du CAC 40 les plus réputées (notées au moins RRRR) : N° 1 L’Oréal, suivie par Peugeot, Renault, Michelin et Danone. Et en queue de peloton (notées R) : Veolia, Dexia, ST Micro et Vivendi.

Comment nos stars de la réputation ont-elles traversé le grand bazar financier de 2009 ?

Ouf, après avoir trainé la patte, pendant 4 ans, les 5 valeurs les plus réputées redressent la tête en 2009, et progressent de 51% alors que le CAC 40 ne gagne 22%.

Joli rebond !

L’Oréal, la vedette (notée RRRRR), progresse de 25% en 2009 et de 40% sur 5 ans contre 3% pour le CAC.

Quand aux sociétés les moins réputées (R), elles progressent quand même de 16% en 2009, mais perdent 38% sur les 5 dernières années…

Bien sûr, les analystes financiers, pointilleux et désormais plus discrets, relèveront qu’à l’opposé de notre constat, Danone, valeur réputée, a perdu 1% en 2009, alors que Dexia, valeur mal notée, a gagné 39%. C’est  oublier que sur 5 ans, Danone gagne 26%, et Dexia perd…74%.

Ainsi, on peut toujours tortiller les chiffres et alimenter une polémique.

En fait, la réputation tout comme la vertu, n’est pas un actif spéculatif.

Elle est promesse plus qu’assurance et crée davantage d’obligations que d’obligés.

Mais avec le temps, ça finit par payer,…au moins dans les affaires.

Pino

Boursorama

juil 15

patriceOn sait que de nombreuses entreprises ont leur charte bien mises en évidence dans les bureaux des dirigeants et managers.
Ces chartes indiquent en principe des valeurs auxquelles se réfèrent l’entreprise. Mais ces chartes demandent aujourd’hui plus que jamais un décodage précis.

Ouand une entreprise écrit dans sa charte :

- « La responsabilité est partagée par tous ». Le décodage est : la décision appartient aux dirigeants mais s’il y a une erreur, c’est la faute du personnel.

- « Nous veillons à la transparence ». Le décodage est : vous ne saurez rien de ce qui est vraiment important, nous avons le goût du secret.

- « Nous développons les compétences de notre personnel ». Le décodage est : le budget de formation est réduit au stricte minimum et réservé aux cadres supérieurs.

- « le respect de nos clients est notre premier parti-pris ». Le décodage est : quels sont les produits bientôt obsolètes qu’on pourra « refiler » aux clients ; nos retards de livraison ne sont jamais de notre ressort.

- « Nous revendiquons notre intégrité professionnelle ». Le décodage est : ce sont les commissions occultes et autres compromis qui nous permettent de survivre : il faut bien être réaliste.

De principes en principes non appliqués, de valeurs en fausses valeurs, l’entreprise se décrédibilise : advienne ce qui pourra.

Patrice Stern

mai 22
dessin-jppLorsque tout va mal, que l’essentiel n’est pas acquis, avoir le souci de sa réputation relève de la frivolité

On a cru un moment que, fondée sur la confiance méritée, la réputation était le meilleur garde-fou contre les turbulences. Hélas, l’actualité donne raison aux plus cyniques, et dans la crise, le regard des autres s’attache davantage aux réalités qu’aux supposées vertus.
La sécurité d’abord !
Et, ce n’est pas un hasard, si l’entreprise préférée des français est désormais EDF…
Côté patrons, le retour de Bernard Tapie sur le devant de la scène et le départ honteux de Daniel Bouton qui s’était érigé en « père la morale », laissent pantois ceux qui croyaient qu’éthique et affaires pouvaient faire bon ménage.
Mais ne soyons pas injustes, la nomination de Pierre Bellon au « Comité Ethique » du Medef, est plutôt une bonne nouvelle. Pour lui, la réputation paye, même en Bourse, puisque Sodexo a plutôt bien résistée aux coups de tabac. En revanche, les autres entreprises « réputées » ne sont pas toujours à la fête. Michelin a été élue il y a peu de temps entreprise « préférée » des français et GM nommée « most admired company » des Américains !
Peut-être ne se pose t-on pas les bonnes questions ?
Vaut-il mieux être riche et mal aimé comme Total (en être actionnaire ou salarié) ou respecté et fragile comme tant d’autres ?
A chacun sa réponse.
Pino
fév 18

tottA voir la mine contrite des dirigeants de Total, annonçant les résultats du pétrolier, on aurait pu croire à un nouvel Erika, à moins qu’il ne s’agisse d’argent mal gagné.

Notre champion national aime à se présenter comme un industriel. Ce n’est en fait qu’une demi-vérité ou un demi-mensonge, car plus de la moitié des profits de l’entreprise proviennent de la pure spéculation sur le prix du baril.

Bref, les bénéfices record de Total, comme de tout pétrolier, sont davantage liés au marché qu’au talent de « big moustache ».

Pas facile d’être pétrolier.

Accusé de tous les maux (Erika, Pau, Birmanie…) Total risque aujourd’hui de se voir spolier des bénéfices de sa rente, démagogie oblige.

Et pourtant le pétrolier avait choisi de la jouer modeste et, prévoyant, s’était déjà attaché les services d’un expert en communication de crise. Bravo l’artiste!

Sur fond de capitalisme honteux, chacun a sa petite idée pour se partager les profits dont le pays a bien besoin.

Après le bonus des banquiers, c’est au tour des bénéfices des pétroliers, moins imaginatifs, il est vrai.

Entreprise mal aimée, peu respectée, Total démontre à nouveau que « l’argent ne fait pas le bonheur ».

A 35$ le baril, on sortira les mouchoirs !

Pino

Voir aussi L’argent ne fait pas le bonheur