juin 24

« France exited in disgrace from the World Cup on Tuesday with no victory and little sympathy for a team that infamously use an intentional handball to get into The tournament and self-destructed on the way out ».

Pas facile de faire la une du New-York Times!

Cet exploit des bleus,   sous le regard d’une presse internationale ironique, affecterait même  l’ image de la France.

On ne va pas revenir sur histoire et la description imagée (hélas fidèle) qu’en a faite Roselyne Bachelot, profitant de l’occasion pour se refaire une santé: « des caïds immatures commandent à des gamins apeurés, un coach désemparé et sans autorité, une fédération aux abois… »

Bref, un désastre national, mais aussi une opportunité que Nicolas Sarkozy, en politique à l’affût, ne pouvait laisser passer.

Car notre président se préoccupe davantage de l’image de la France que de sa réputation. C’est vrai qu’il est plus facile de s’indigner que de « sanctionner » les comportements honteux ou simplement maladroits de ses proches.

Heureusement pour nous, la réputation de la France se construit par sédimentation. Il y a des couches plus ou moins résistantes ou brillantes, mais sur un organisme fragilisé, l’addition de gestes peu glorieux laissera quelques traces, pour un temps bien sûr.

Au fond, on voit bien que ce n’est pas la défaite qui égratigne notre réputation, c’est notre comportement. Ce qu’épingle la presse internationale, c’est la lâcheté de la fédération, le cynisme du coach, la tricherie d’un joueur aussi talentueux que stupide.

Rassurons-nous toutefois, lorsque l’image de la France est en question Sarkozy monte au créneau, comme s’il n’avait pas mieux à faire.

Un fois de plus, par démagogie, il loupe l’occasion d’agir en homme d’Etat,  se concentrer sur l’essentiel.

Il est vrai, qu’en homme pressé, il préfère gérer le quotidien et son image.

Entre image et réputation , il a fait pour lui-même et notre pays, le choix de la facilité.

Pino grognon

juin 18

Les « bleus » n’ont pas fait mentir le dicton.
Après une qualification arrachée, une préparation sabordée, les multiples maladresses et provocations d’un coach caractériel et de joueurs immatures, on retrouve un brin de justice dans la déroute.
Du beau gâchis, à en croire les amateurs.

Et pourtant la réputation des bleus faisait trembler nos adversaires et monter les enchères.

Précédée par ce redoutable préjugé (98…et même 2006), l’équipe de France était jouée à 3 contre 1 dans le dernier carré de la Coupe du monde.
Comme quoi la réputation (au bénéfice d’un passé glorieux) peut être une promesse fallacieuse.

Deux années de piteux résultats, de susceptibilité affichée, n’avaient fait qu’ébrécher une réputation enviable.
Comme quoi aussi, la réputation est plus solide qu’on ne le présume.

Dans le foot, la part de rêve de chacun sur fond cocardier, vient au secours des demi-talents.
Après avoir eu le bénéfice du doute, les bleus, sous la houlette d’un coach irascible adoubé par une fédération couarde et complice, ont réussi l’exploit de se mettre à dos les supporters les plus indulgents.
Le 17 juin, ils ont libéré la parole, et ce qui se disait avec mauvaise conscience, est désormais clamé au grand jour, dans une solidarité enfin retrouvée.

Pino le honteux

sept 20

L’histoire d’un pays au patrimoine exceptionnel, qui pour rester français, doit cesser d’être gaulois

Extraits d’Histoires de réputation

Par Jean-Pierre Piotet, Copyright Ed Eska

A en croire les sondeurs, nous serions les mal aimés de la planète. Heureusement, cette opinion n’engage qu’eux-mêmes. D’ailleurs, il faudra bien qu’un jour on s’occupe de ces experts en opinion. Dans les premiers temps, ils présentaient des excuses pour s’être régulièrement trompés. Aujourd’hui, devenus arrogants, ils expliquent doctement que c’est de notre faute : nous avons mal compris la question, ou les personnes interrogées ont changé d’avis…Pour le reste, voyez Elisabeth Teissier !

Donc, sachons-le, ce ne sont que des sondages, au pire des tendances, au mieux des indications. Par bonheur, ils ne sont pas toujours d’accord entre eux, et les faits se chargent de les contredire.

L’exemple de l’image de la France est à cet égard significatif. Les Français, disent les sondeurs, ne sont pas accueillants. Et pourtant la France est le premier pays touristique du monde. Cherchez l’erreur. Quitte à être un « pays-musée », autant être le numéro 1.

Pour être juste, cependant, admettons que les touristes viennent plus visiter la France que rencontrer les Français. Serions nous donc des hôtes si peu aimables ?

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jan 03

En France, la réalité est moins désastreuse qu’on ne le dit, et notre réputation meilleure qu’on ne le croit…(Les Echos – 3 janvier 2005)

rester-francais1

mai 31

Publié dans Les Echos en mai 2003

Le désamour dont souffriraient les Français auprès du public américain, illustre bien le paradoxe entre l’image et la réputation, entre la réaction affective du citoyen et le pragmatisme du business.

L’image d’une personne, d’une entreprise ou d’un pays n’est qu’un cliché, une photo instantanée qui reflète la perception sous le coup de l’événement, de l’émotion voire de la colère. Sans référence à ce qui rassemble, elle s’inscrit dans un schéma schizophrène sur le registre de la « cote d’amour » : j’aime ou je n’aime pas !

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