déc 06

Au-delà de la notoriété et de la réputation, il y a la légende puis le mythe.

Contrairement à la réputation, regard social fondé sur les valeurs de l’époque, le mythe ne repose sur aucun jugement, il ne « mesure » (« reputare ») pas, il s’inscrit dans le temps, ouvre les portes de l’Histoire.

A chaque siècle et dans chaque activité, la dimension mythique ne retient que peu de sujets.

La force d’un mythe vient souvent du mystère qui entoure l’élu et de la dévotion qu’il suscite. Alors qu’une star se décode en partie au travers de ses actes, le mythe étonne, surprend, captive. Le mythe n’a pas de fans, il a des adeptes.

Il n’y a pas de mythe sans parcours tragique!

Marylin Monroé ou James Dean n’auraient probablement été que de simples stars si le destin n’en avait décidé autrement.

Johnny Hallyday les a rejoint aujourd’hui, auprès d’Elvis Presley, dans la légende.

Il faut remonter à l’Antiquité pour, mystère et obscurité aidant, poètes complaisants aussi, que les grandes figures deviennent des mythes.

On parle aussi de marques mythiques, avec un respect quasi-religieux. Chanel et probablement Dior, signent leur siècle en lettres d’or, sur fond de parcours tragique.

Dans le monde religieux des motards, les marques stars côtoient les mythes italiens et américains.

L’histoire d’Harley Davidson est exemplaire. Marque centenaire, HD a bien du mal à passer les années 50. Faillite à l’américaine et reprise par un fond malin, qui renifle la pépite.

Il y a un côté cannibale chez les repreneurs d’un mythe. La croyance est toujours présente et on s’achète à bon compte du talent, de la vitalité.

Mais l’histoire se termine bien, et aujourd’hui la famille Davidson est revenue au guidon.

Avec « notre » motard du blues, on a chanté, rêvé, vécu par procuration, mais c’est l’Histoire qui décidera si la désormais légende deviendra mythe.

Pino motard

nov 17

On a cru longtemps dans notre vieux pays qu’accéder à la réputation supposait talent, travail et du temps pour dépasser la simple notoriété ou l’image d’un moment. La réputation serait ainsi un regard social, un jugement plus ou moins bienveillant suivant la morale en cours.

Comment alors expliquer que deux petites années aient suffi à Emmanuel Macron pour bousculer les étapes et acquérir la réputation de Président de la République qui a fait défaut à son prédécesseur ?

Le Talent, il n’en manque pas. Hollande était plus habile, limite combinard, que fin politique. 9 mois avant l’élection il flirtait avec les 3% d’intentions de vote, avant de rafler la mise par défaut.

9 mois avant l’élection, Macron créait le mouvement « En marche », dans l’enthousiasme et peu de crédit. Plombés par leurs idéologies, leurs querelles, les vieux partis se sont disqualifiés et ont ouvert un boulevard.

Macron est devenu le chouchou des medias et Mélenchon, celui de la rue…pour un temps.

Dans la pagaille, le choix est devenu évidence.

Elu, il préfère l’image à la parole, demande à ses ministres d’expliquer, se réservant celui de diriger, d’avancer à marche forcée, d’être là où on ne l’attend pas et de faire ce qu’on ne croyait pas qu’il ferait. Un moment déboussolés, les journalistes se sont sentis réduits au commentaire. Bien sûr, il y a eu quelques maladresses qui ont suscité un bavardage médiatique rappelant les ex.

Aujourd’hui, les louanges sont partagées devant un président qui maîtrise l’effet miroir de la couverture du Time, ose parler « vrai » aux grands de ce monde, rappelle le rôle de la France sur la scène internationale, invite à Paris un Premier Ministre libanais semi-otage…Président des riches, sans doute et sans surprise, transgressif annoncé, il bouscule, prend le haut de la vague et surfe sur les bonnes nouvelles économiques et même sportives (JO, rugby,…), même s’il n’y est pas pour grand chose !

Pourvu que ça dure

Pino étonné

juin 06

On a cru longtemps se rassurer en affectant de croire que la mauvaise image des français n’affectait pas la réputation de la France.

Et, il est vrai que l’on entend plutôt de la part de nos voisins – même les plus lointains – « j’aime la France » que « j’aime les français » !

Comme si l’histoire de la France n’était pas le produit de nos heurs et malheurs.

Bien sûr, la réécriture de notre glorieux passé insiste davantage sur le siècle des Lumières et le pays des « Droits de l’homme », que sur les moments douloureux …rappelés avec maladresse, ou manipulés.

Suivant le dicton, on ne saurait « être et avoir été ». Et de citer les grands empires, royaumes, dictatures, qui dominèrent le monde, et sont passés aux oubliettes. Rappeler cette vérité n’explique ni n’excuse notre déclin, qui après avoir touché notre réalité économique s’attaque désormais au patrimoine le plus précieux d’un vieux pays : notre réputation.

Ne pas être aimé, n’est guère agréable, titille notre orgueil, mais peut être inscrit dans un épisode de la vie nationale. En revanche, devenir le pays à qui l’on ne fait plus « confiance » et qui perd ainsi – année après année – toute attractivité, ouvre la porte à l’oubli, à la sortie des livres d’histoire. Ce risque est d’autant plus grand que la génération numérique, accélère la confusion entre image et réputation.

La réputation, autrefois solide, fondée sur du talent, du travail et du temps, s’inscrit dans la mémoire longue. Aujourd’hui, la mémoire longue est dans des livres, qui, numérisés pour la plupart, entrent en concurrence avec l’information au quotidien. Une image chassant l’autre, la vérité repose sur la dernière projetée dans les réseaux et la scène médiatisée. Heureusement, il reste quelques « penseurs », philosophes ou simples polémistes. Mais, leur temps de parole est désormais compté et le public, pour ne pas sombrer dans la réflexion, leur préfère les commentateurs qui cèdent à la facilité de l’actualité et ses contradictions.

Bref, nous sortons en douceur de l’histoire, et surtout semblons nous accommoder de cette soi-disant fatalité.

En un siècle, nous sommes passés de la troisième à la sixième place en tant que « puissance », et le rythme s’accélère !

Et surtout, nous passons doucement à la trappe, en ce qui concerne les intentions d’ « investir » chez nous. On nous « visite », mais de moins en moins.

Il n’y a plus de « désir de France »…qui aurait précédé l’ « amour » de notre pays.

Ne parlons pas du quotidien, des renonciations, des grèves iconoclastes, des réformettes, du manque d’ambition, de vision, d’autorité,…qui déconstruisent le pays et affectent son patrimoine réputation. Certains voyaient en la France un pays-musée ; encore faudrait-il accueillir correctement les visiteurs ?…ce qui est loin d’être le cas en ces jours d’Euro de football !

Dans quelques mois, viendra le temps des promesses, et avec bon sens, parions que les français auront les dirigeants qui leur ressemblent.

D’une manière générale, les masochistes que nous sommes, aiguillonnés par les hommes politiques et par les medias, n’en finissent pas de battre leur coulpe, de se repentir de tout et de rien, par crainte d’être accusés d’orgueil ou d’amnésie.

C’est au point que, dans ce pays de procureurs, nous nous sentons devenir des coupables…Albert Camus écrivait à propos de la République : «  Il est bon qu’une nation soit assez forte de traditions et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s’avouer seule coupable, et de la vouer à la pénitence perpétuelle ».

Pino nostalgique

mar 27

Pour bâtir une réputation il faut du talent, bien sûr, du travail et du temps.

S’agissant d’une réputation de Président, le temps peut être compensé par l’argent mobilisé par le candidat ou ses amis, nombreux ou puissants. Mais, quelle que soit la mise, elle ne remplace pas la résonnance des idées avec celles de l’opinion du moment.

Avec JFK, Bill Clinton et plus récemment Barack Obama, la force des idées se fondait sur le « rêve américain ». Et le monde d’espérer !

Avec la plupart des candidats actuels, il se fonde sur le repli et la peur, pour garder son statut individuel ou collectif. Et le nationalisme de se réveiller.

Dans la vieille Europe – caricaturalement en France – et s’agissant toujours de la réputation du Président, on fait davantage confiance au temps qu’au talent. On préfère une promesse, même implicite, de médiocrité, à l’aventure des idées.

La clé du succès électoral est de s’engager à préserver notre modèle social.

Le pays berceau de la révolution est le seul à avoir inscrit le principe de précaution dans sa constitution !

Pour « un » Emmanuel Macron, critiqué par son camp pour n’être pas du sérail politique, on ne rencontre que des routiers de la politique blanchis sur les bancs du syndicalisme étudiant et recasés, embourgeoisés par le « système ». Il est vrai que les réussites de ministres venant de la société civil ne sont pas légions. Aux Finances, certains disent que Thierry Breton ou Christine Lagarde s’en seraient plutôt bien « tirés » ; en tout cas mieux que Francis Mer, plein de certitudes, n’écoutant personne et empêtré dans ses propres réseaux patronaux. En réalité, ils n’ont été bien souvent que des alibis dans un monde de « professionnels », peu enclin à la fraternité. Les ouvertures de Giscard, les Juppettes, les Sarkozettes, et même les récentes nominations du gouvernement Valls 2, tiennent plus de la combinaison que d’une équipe de combat. De toutes façon, il y aura toujours « des » Placé, qui ne sont des « poils à gratter », pour rêver d’un maroquin et vendre leur âme au diable ; peu importe la couleur !

Mais revenons à l’ouvrage de Theodore White, The making of the President.

Machiavel est la référence sur les tactiques et stratégies pour garder et renforcer son pouvoir. White est clairement la référence d’aujourd’hui, pour qui veut le conquérir. Ecrit en 1960, le livre du journaliste, raconte au travers de la campagne de JFK, ce qu’est une campagne multimedia moderne pour conquérir le pouvoir lorsqu’on est intelligent, séduisant, plein de charisme et d’argent. Mais le livre illustre surtout la force d’une idée plus que d’une promesse. Lorsque l’idée rencontre l’opinion, la rumeur verbale, sociale ou numérique fait le reste. La promesse inquiète de plus en plus. A juste titre. Il faut y mettre les moyens, humains et financiers pour la soutenir, surtout si le passé la contredit. Bien sûr, on peut comme en France, faire du neuf avec du vieux. Mais en regardant autour de nous, c’est plutôt avec du neuf, et peu d’occasion, qu’on voit nos voisins redresser la barre, puis la tête.

Mas après tout, rien n’est joué, et il est probable qu’en France ce sera plus avec du courage que de l’argent (surtout celui des autres) que l’on fera bouger les choses.

Pino agaçé

déc 13
Le Général de Gaulle avait voulu que la responsabilité suprême de la nation soit exercée par un homme qui ait une relation singulière avec les français.

C’est l’esprit de la Vème République et très peu son vécu.
A part le général, aucun Président ne peut revendiquer cette proximité. Nos présidents sont tous des hommes de parti.
Mitterrand fut sans doute celui qui incarna le mieux l’alternance politique, avant, raison oblige, de se mettre au service des français et de marginaliser son propre parti. La première guerre d’Irak fut pour lui l’opportunité de revendiquer le statut d’homme d’Etat.
Les conflits rassemblent et c’est dans le danger que l’on reconnaît les leaders et leur attribue un statut qui dépasse les urnes et les clivages.
Chirac en s’opposant à Georges Bush s’affirma comme un homme d’Etat, malgré un bilan national plutôt maigre. A l’observation, nos présidents ne sont pas vraiment des « va t’en guerre ». Leur appréciation de l’intérêt du pays prend le pas sur le calcul; faisons leur au moins ce crédit. Il n’empêche que le meilleur moyen de se créer une réputation d’homme d’Etat est d’apparaître en Chef de guerre, quelle qu’elle soit.
Au-delà de la réalité du danger, c’est la mise en scène du rôle de chef, qui installe la fonction et peut-être le statut.
Etre perçu comme un homme d’Etat ne manque pas d’avantages. Celui-ci ne s’occupe pas du quotidien. Il a une vision, prépare l’avenir et ne saurait être jugé sur ses résultats à court terme. Comment lui faire grief d’avoir oublié la plupart de ses promesses? Faute de s’occuper des français, il est en charge de la France, de sa place dans l’histoire et dans le monde.
Cultivé et habile, François Hollande connaît bien l’histoire de France. La chance l’a porté à l’Elysée. Nos malheurs le remettent en scène. Et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il est à la hauteur de la fonction, s’agissant de la France. Ses efforts, complaisamment mis en image et commentés, soulignent ses récents engagements, mieux tenus que ses promesses.
Homme d’Etat, il ferme la porte à toute velléité dans son propre camp et rend dérisoires les querelles de ses adversaires politiques.
Il s’est présenté comme un « président normal », et s’épanouit dans les difficultés. Celles du quotidien se conjuguent au présent et au futur immédiat, et malgré les coups de menton, les « déclarations de guerre » tardives au chômage, les électeurs constatent la désolante réalité de leur situation.
Le capital réputation de François Hollande se construit hors frontières, mais continue de se dégrader sur le terrain.
A suivre, sans cynisme.
Pino
août 04

François Hollande n’est jamais si éloquent que lorsqu’il réveille le passé.

Et l’année 2014, avec le débarquement, les centenaires de Jaurès, l’anniversaire de la déclaration de la Première guerre mondiale, sans oublier les événements sportifs, artistiques, ou même les catastrophes, l’ont plutôt gâtés.

Le public apprécie, pour le moment.

Avec de belles paroles et des images soigneusement triées, la cote d’amour remonte. Il faut dire que le citoyen aime bien son côté IVème République, limite « congés payés » ; une victoire de la gauche qu’il se plait à rappeler. Alors que son Premier Ministre crie « au feu », attribuant tous nos déboires à l’Europe, le Président, sourd et myope sans doute, nous promet la lune pour la fin de l’année.

En panne du respect naturellement due à la fonction, il cherche la reconnaissance en commémorant « à tout va », car se pencher sur un passé glorieux ou compatir devant les drames du présent remplit l’agenda. Bien sûr, il faut une bonne plume et un bon acteur. Côté acteur, celui qui nous promettait le changement, n’est pas dénué de talent. La plume s’achète et se jette lorsqu’elle profite de la faiblesse du prince.

Les critiques glissent sur cet éternel optimiste, dont les sobriquets retrouvent un écho dans le réel. Fatigués (35 !!!!),  mais avec des vacances raccourcies, les Français seraient-ils résignés ? Dans cette quasi torpeur politique, alors que la situation internationale a rarement été aussi tendue, l’action présidentielle illustre le manque de discernement, la petitesse de vue et la médiocrité des ambitions.

Inconsistant sur la grande scène, François Hollande laisse désormais à son Premier Ministre le soin de dénoncer les boucs émissaires expliquant son échec. Et, d’abord Bruxelles ! Il devient même capricieux, voulant y imposer Pierre Moscovici  comme Commissaire aux Affaires économiques. Un vrai gag aux yeux de nos voisins plus exigeants sur les compétences démontrées, et la rigueur minimum.

Bref, le Président, occupe le terrain, lance des polémiques mineures, entretient les petites querelles, enfume ses faux amis, et endort les autres.
Bonnes vacances.

Pino désabusé

jan 24

L’image écornée du président peut-elle affecter la réputation de la France ?

Pour les français, les frasques amoureuses du président relèvent de l’anecdote. Bien sûr, les photos volées accentuent le ridicule d’une situation banale. Mais personne ne lui en veut vraiment, comme le confirment les « sondeurs ». Chacun préfère un président heureux et optimiste, à un élu frustré sous la coupe d’une « première dame » revêche et de passage. Déjà peu crédible, il sera davantage jugé sur le fond que sur ses aventures.

Avec le temps, Mitterrand le dispute à De Gaulle dans l’estime des français, avec des vies sentimentales opposées. De Gaulle, par conviction, Mitterrand, par opportunisme, laisseront leur trace dans l’Histoire. Les autres auront été, au mieux, des gérants en commandite, avec des fortunes variables. Pour avoir négligé la voix de la France, et trop pensé aux voix des Français, la postérité les oubliera. Car la réputation d’un pays se forge sur ce qu’il fait et sur ce qu’il dit. Nulle parole honteuse n’y contribue.

En traversant les frontières, les traces de chacun dans les esprits et les écrits, sont bien différentes. L’un a marqué par ses mots et ses actes, l’autre a géré un moment de la vie d’un « vieux pays ». Au-delà de la puissance, ce sont les hommes publics, artistes, sportifs, politiques qui témoignent du passé d’un pays, contribuent à bâtir sa réputation. Et, c’est le temps qui consacre cette réputation et non l’anecdote, même imagée. L’anecdote s’inscrit dans la mémoire courte, les actes, les exploits, les œuvres font l’Histoire.

Affirmer aujourd’hui que notre réputation s’est dégradée, c’est méconnaître le fait que les valeurs qui nous rassemblent dans le temps sont plus fortes que celles qui nous séparent dans l’instant. L’image, fondée sur une relation émotive, varie au gré des humeurs, et il est sûr que l’opposition frontale à propos de l’Irak a entraîné aux Etats-Unis une réaction de franche hostilité … mais de courte durée.  L’épilogue de « l’affaire DSK » s’inscrit dans un mauvais feuilleton, peu glorieux. L’épisode du président-motard casqué puis démasqué rencontre plus le sarcasme que le sourire complice.

Ainsi, se construit une réputation, comme un film, avec une addition d’images, plus ou moins prégnantes, souriantes ou respectables. Et l’Histoire retient autant les anecdotes que les rares moments de gloire.

Pino et la mémoire longue

jan 15

On croit à tort que l’excès porte préjudice à la réputation, alors que l’excès n’est qu’une affirmation, voire une exagération de ce que la réputation laissait pressentir. Une image, davantage chargée d’émotion, dans le film de la réputation, sur fond de valeurs plus ou moins partagées. Bref, l’affiche du film, ou plutôt « une » affiche, car la réputation d’une personne, d’une entreprise, d’un pays, ne se construit pas en un jour.

Certaines images, qui contrarient la morale de l’époque, révèlent une facette peu recommandable du comportement d’un personnage. Longtemps ignorant, incrédule ou complice, le public est à l’affût des écarts de la vie des puissants. DSK, bien connu pour ses « exigences », n’a connu la disgrâce que par ses excès médiatisés.

Qui aime bien châtie bien, et longtemps.

Le haro sur Gérard Depardieu est d’une autre nature. S’installer en Belgique pour des raisons fiscales avait un côté « petit » pour un acteur si généreux à l’écran. La maladresse du Premier ministre, qualifiant de « minable » son comportement a en partie récupéré lcet écart. Car, après tout, le génial artiste n’est pas un voleur !

En revanche, la commedia dell’arte russe, illustrée par l’accolade de Poutine, la remise du passeport, ne font que renforcer la réputation de Depardieu. Personnage formidable, imprévisible, souvent fascinant Raspoutine, comment reprocher à Gérard Depardieu d’être dans la vie comme il est dans ses films ?

Les plus grands acteurs du siècle n’étaient pas tous de gentils garçons ou des mamans attentionnées. Au hasard, Jean Gabin, Bourvil, Frank Sinatra, Marylin…

En matière de réputation et pour mieux l’installer, on ne fait pas dans la dentelle.
La neutralité condamne à l’anonymat.
De là à s’installer à Méchin !

Pino cinéphile

oct 20

Alors que le Ministre du Redressement productif s’affiche en marinière bien de chez nous, un robot ménager aux origines multiples dans les bras, sur fond de drapeau national, les constructeurs allemands rivalisent dans des publicités plus arrogantes qu’humoristiques pour vanter leurs voitures : das Auto !

 

Bien sûr, la publicité fonctionne davantage sur la caricature que sur les faits, et il n’est pas toujours inutile de réveiller certaines facettes des réputations. Toutefois, le « clin d’œil » suppose un minimum de talent. Insister avec «légèreté» sur l’extrême qualité des voitures made in Germany et faire ainsi passer nos constructeurs pour d’aimables bricoleurs, devraient susciter quelques rejets. Poser en marin rebelle a plus pour but de faire parler et commenter que de vendre des appareils ménagers dont la plupart sont fabriqués ailleurs pour l’essentiel.

L’avantage de la publicité sur le pseudo-événement est surtout que le « tireur » contrôle mieux la situation : il peut simuler, tester, changer son fusil d’épaule, passer en mode répétitif,…et en plus, la cible sait que c’est de la pub. Et donc se montre indulgente, à condition de ne pas trop l’énerver. L’auteur d’un « pseudo-événement » est plus dépourvu. Le jour venu, il ne contrôle plus grand-chose. Livré aux commentateurs, il lui faudra enfoncer le clou ou passer vite à autre chose.

Une image chasse l’autre et contribue au film de la réputation. Peillon et Montebourg, jadis compères dans la chasse aux paradis fiscaux, tendance justiciers, finalement plus vélléitaires qu’efficaces, ont choisi de se montrer. Quitte à passer davantage pour des agitateurs que des gouvernants responsables. Après tout le « volontarisme » est l’un des moteurs de l’action politique, et faute d’actions, on ne pourra leur reprocher d’avoir évité le débat, fait « bouger les lignes » (comme ils disent). De là, à laisser sa trace dans la petite histoire d’une mandature ! Face au « mammouth » de l’Education et de ses syndicats, on ne peut que souhaiter du courage au Ministre. Quand à Arnaud Montebourg, il faudrait qu’il arrête de nous enfumer à coup de menaces pour les uns, de promesses intenables pour les autres, et de caricatures exhibitionnistes. Gageons que les salariés se lasseront plus vite que les électeurs, ce qui au total ne fait pas notre affaire, mais peut-être celle de nos voisins,… à force d’être contre-productifs.

Das Pino

jan 10

 

La force d’un « conseil » est rarement dans la qualité de ses recommandations, mais plutôt dans sa capacité à convaincre son »client » de faire ce qu’il préconise. 

Dans ce curieux métier, on peut être payé cher, et finalement ne voir que rarement ses conseils mis en oeuvre. Et, logique oblige, plus on monte dans la hiérarchie, moins de temps un client prestigieux aura à consacrer aux analyses et injonctions du gourou.

Bien sûr, l’addition, et éventuellement les méandres financiers pour rémunérer de précieuses élucubrations, seront à la hauteur de la notoriété et des soucis du client.

Se réclamer d’être le confident de tel important personnage, peut même trouver gratification de toute nature, en réputation notamment.

Sans malice, on s’étonnera quand même de voir l’intérêt que suscitent encore les augures de Jean-Marie Messier,…qui a couté si cher à ses actionnaires.

D’autres brillants esprits, lors de leur passage en entreprise ou institution comme Alain Minc ou Jacques Attali, ont laissé des souvenirs mitigés. Leur intelligence affutée et médiatique, s’exprime mieux en prévoyant le pire, qu’en exerçant le pouvoir.

A chacun son talent!

Avec le temps, et beaucoup de réalisme, ils savent qu’être bien en Cour suppose quelques arrangements avec ses convictions.

Il y a aussi des conseillers – politiques – forts gourmands, tels Patrick Buisson, qui se font une spécialité de commenter les sondages d’instituts amis, tout en prélevant au passage une juste commission.

Après tout, il n’y a pas grand chose à redire à ces échanges entre adultes consentants sinon éclairés. Chacun y trouve son compte, et au hazard des conversations, il est rare que le rappel à un peu de bon sens, et une pointe d’habileté, ne fassent avancer les choses.

Les plus dangereux sont ceux qui exploitant quelque faiblesse et sous prétexte de faire gagner des voix, entrainent le Prince sur des chemins hasardeux, quitte à le mettre en danger. Le vote récent par une poignée de députés d’une loi “pénale” sur la non-reconnaissance du génocide arménien, complétant un texte témoignant d’une position forte de la France sur ce drame, illustre hélas le rôle néfaste de ces charlatans.

Il y a des sujets “citoyens” sur lesquels la crédibilité des historiens, conforte mieux notre vocation de pays des “droits de l’homme”, que l’engagement d’une polémique, qui rappelle de mauvais souvenirs.

Pino conseil en “bon sens”