sept 02

En France, la réussite a toujours un côté suspect.

« Trop beau pour être honnête » retient le dicton favori des jaloux.

Dans le monde politique, les plus exposés feront un jour ou l’autre le faux-pas qui réjouira adversaires et amis.

La plupart de ces maladresses restent ignorées, mais beaucoup sont consignées dans de petits dossiers qui ouvrent la voie au chantage. Bien sûr, dans un monde idéal de transparence, les écarts de nos élus seraient soumis au jugement du tribunal de l’opinion qui est en général plus compréhensif, que ceux qui se réjouissent de nos défaillances.

Ne dit-on pas aussi « faute avouée est à moitié pardonnée », et le rebond de Bill Clinton, harcelé par un procureur haineux et une presse ironique, montre que beaucoup de nos turpitudes peuvent passer à la trappe?

Il faut dire que l’homme le plus puissant du monde a su faire preuve d’humilité sur un sujet fort sensible. Petit mensonge dans sa vie privée, devenu affaire d’état, n’a finalement pas entamé sa crédibilité politique.

Ce qui est devenu l’ »affaire Woerth » est d’une toute autre nature. Par la dimension du personnage bien sûr, et par l’objet du délit, aussi.

Avec sa tête de premier de la classe, ce brillant serviteur de l’Etat au service d’un dossier brûlant, a appliqué fidèlement la règle No 1 du politique traqué: démentir avec fermeté et un brin d’émotion.

Et au lieu de reconnaitre ce qui ne sont probablement que des maladresses (qui auraient fait de lui un homme politique comme les autres), il a voulu joué au « père la vertu », outré et  arrogant. Rien de tel pour exciter la curiosité de journalistes en mal de papiers…qui ont trouvé la faille dans un détail.

Nier qu’il avait sollicité une décoration pour le futur employeur de son épouse, fait apparaitre un autre personnage. Le vers est dans le fruit. Et, sur un détail, il a perdu le fondement de sa réputation: la confiance.

Peu doué pour la politique, il faut reconnaitre qu’il n’a fait qu’appliquer des consignes pour continuer à jouer les utilités.

Lâché par ses amis, le grand commis voit ses dossiers lui échapper.

Caramélisé, son retour à la vie civile n’est qu’une question d’heures, de jours au mieux.

Bienvenue dans un monde imparfait.

Pino

août 19

Pas facile de se créer une réputation.

Il faut pour y parvenir, avoir quelque talent, et le cultiver avec patience.

Il faut bien sûr un peu de chance. Mais pour accéder á la reconnaissance publique, il faut que ce talent ainsi mis en scène rencontre les attentes du moment.


Et pour cela, la réputation importe davantage que la réalité. Le rôle des communicants n’est-il pas de transformer une anecdote en exploit?

Le fondement de la réputation de Nicolas Sarkozy dépasse l’anecdote. Il a fallu du vrai courage pour négocier avec « Human bomb » lorsque le President n’était que Maire de Neuilly. Il en faut moins pour traiter de « pauvre con » un chômeur lorsqu’on est escorté par 20 gardes du corps.

Et lorsque la réputation de Sarkozy – celle d’un homme capable de gérer les situations difficiles -devient promesse, et que celle-ci rencontre les attentes des électeurs, alors c’est bingo, comme en 2007.

Il y a fort à parier qu’en 2012, la crainte de l’avenir et la peur de l’autre, ne dominent à nouveau le débat politique.

Au creux de la vague des sondages, Nicolas Sarkozy le pressent. Il sait que la sécurité est  paradoxalement sa force et son talon d’ Achille. Beaucoup de bla-bla mais peu de résultats. Heureusement pour lui, ses adversaires sont peu crédibles sur le sujet.

Alors, comme d’habitude, il en rajoute, lâche ses chiens.

Le guignol du système, ou plutôt l’aboyeur, est Frédéric Lefèbvre qui a le vocabulaire et le physique de l’emploi.

L’homme de la fonction, l’ami du Président, qui confond les auvergnats et les arabes, n’est pas le plus doué de la bande, mais c’est sans doute le plus loyal. Une qualité rare, même à droite.

Le nouveau venu est plutôt sympathique. Mais, Christian Estrosi, ex champion de moto, en fait trop, sort du virage; il faut le remettre en selle jusqu’à la prochaine maladresse.

Nicolas Sarkozy est entré dans la surenchère. Il lui faut arrêter la fuite d’un électorat déçu par 3 années de copinage et d’indécision, tout en restant fidèle à sa réputation.

Devenue en partie fallacieuse, il lui faut ajouter des images fortes à cette réputation qui a fait son succès.

Pas facile sur un sujet glissant et avec autant de faux amis ou d’amateurs.

Heureusement pour le Président sortant qu’une élection se gagne largement autant sur les erreurs des concurrents que sur son bilan.

Pino ronchon

août 12

Alors que tous les démentis, contre-feux et déclarations d’amis et obligés politiques n’ont en rien éteint l’incendie allumé par les multiples maladresses d’Eric Woerth, ce sont finalement nos sportifs qui ont sonné l’heure de la trêve.

Il faut dire que l’actualité sportive a été riche dans les dernières semaines.

Les bleus ont ouvert le bal et après l’humiliation sur le terrain ont entretenu les gazettes par des déclarations affligeantes. Le pseudo règlement de comptes qui a suivi, a permis sans suspense, d’attendre d’autres exploits.

Et là, heureuse surprise, les athlètes français nous offrent 18 médailles. Et en plus ils chantent la Marseillaise, répondent poliment aux questions posées par des journalistes étonnés et ravis.

Conséquence naturelle dans notre curieux pays: la cote de popularité du Président ralentit sa dégringolade.

Nouvelle bonne surprise sportive avec la natation: une Marseillaise par jour pendant une semaine. Un rêve pour Sarkozy, branché en direct sur Budapest, pour féliciter nos champions.

Et ça marche, les français aiment à nouveau leur Président, malgré  une nouvelle défaite des bleus face à la Norvège. Perdre, oui, mais avec la manière.

Bien sûr, il y a aussi l’effet vacances, avec tous ces méchants persifleurs  qui reprennent des forces, font les tiroirs pour dénicher la prochaine affaire.

La curiosité de nos concitoyens se porte désormais sur les sages vacances de nos ministres,  président et autres « people ».

Eric Woerth part en randonnée avec Christian Estrosi:  quel scoop!

Heureusement, il reste encore quelques lauriers à glaner par nos sportifs…de quoi tenir encore une petite semaine.

Bonne fin de vacances.

Pino le touriste

juin 29

En choisissant Eric Woerth pour mener à bien « sa » réforme des retraites, Nicolas Sarkozy avait fait le choix de la vertu affichée dans une République « irréprochable ».

Respecté de tous, reconnu pour sa compétence, apprécié pour son sens du consensus, le nouveau ministre, à la réputation enviable, était l’homme du moment.

Hélas, c’était sans compter avec le comportement stupide de ses camarades du gouvernement et un brin de naïveté et d’arrogance de sa part.

Côté camarades, l’addition est lourde : jet privé et permis de construire bidon pour Joyandet, cigares aux frais de la République pour Christian Blanc, appartement de fonction prêté à la famille par Fadela Amara,…déclarations inconséquentes de Rama Yade.

Saluons ici le rôle irremplaçable du Canard Enchainé qui dénonce consciencieusement tous les mercredis les magouilles, maladresses et manipulations des puissants,…sans verser dans le populisme.

Côté Ministre, il y a probablement quelque provocation à jouer avec le feu en cumulant les risques. Etre trésorier d’un parti politique est une fonction éminemment louche. On y est vite rattrapé par la patrouille surtout si on a la main sur le Budget de la nation,…et que sa femme conseille le plus gros contribuable du pays.

Croire que sa bonne mine et son intégrité revendiquée, évitent de respecter quelques règles de prudence, relève de la forfanterie. La vertu est suspecte. S’en réclamer crée beaucoup plus d’obligation que d’obligés.

Après avoir été l’ « homme de la situation », Eric Woerth, présumé innocent (mais la question n’est plus là), est devenu un « obligé » du président, un de plus.

Un moment au dessus du lot politique, le ministre encore « droit dans ses bottes » rentre dans le rang.
Au fait, à qui profite le crime ?

Pino le vertueux

juin 12

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« Il n’y a rien qui fonde mieux la réputation que la disgrâce »
Winston Churchill

Longue à bâtir, délicate à cultiver, une réputation sans tache est selon William Shakespeare “le plus pur trésor que puisse donner l’existence humaine”.
Construite avec patience sur des comportements et des réalités, la réputation est un patrimoine plus solide qu’on ne le croit souvent.

En fait, la réputation des marques, des entreprises, des personnes ou des institutions s’inscrit dans un cycle. Il faut d’abord la bâtir, et pour cela exploiter avec habileté les opportunités.

Puis, il faut la nourrir par des réalités et des comportements qui la confortent. Vivre sur sa réputation est par la suite un exercice périlleux, car on sort vite du jeu. Mais il faut aussi et surtout la protéger car comme le dit Montesquieu : “les réputations les plus brillantes sont les plus exposées”.

Pour se bâtir une réputation, il faut du talent bien sûr, beaucoup de travail souvent, et surtout du temps. La combinaison de ces facteurs nécessaires peut varier avec l’époque. Beaucoup de talent (et un peu de chance) peut conduire à créer une image, vite diffusée sur le net, et souvent volatile. La réputation est d’une autre nature, elle se construit par sédimentation, en additionnant des images, certaines plus prégnantes que d’autres, formant ainsi le film de la vie publique d’une personne ou d’une institution. La réputation sera jugée bonne ou mauvaise suivant que l’intention et le scénario s’accordent plus ou moins bien avec les valeurs du moment.

Il n’y a pas de réputation sans talent. Certaines vedettes du sport ou du spectacle crèvent rapidement l’écran. Au-delà de leurs dons, c’est surtout leur personnalité qui fascine : Michael Jackson ou Tiger Woods illustrent le propos.

La reconnaissance du talent est moins fréquente dans le monde politique où les suffrages des citoyens se fondent davantage sur la perception de l’action que sur la réalité des actes.

Il faut aussi « travailler » son talent. Derrière un swing parfait ou une note tenue, il y a souvent des milliers d’heures de travail. Et, le talent, c’est aussi de faire oublier le travail pour partager un instant magique.

Il n’y a pas de réputation sans Histoire. Certes il y faut de petites anecdotes qui aideront à bâtir la légende et l’illustreront. Mais la réputation,  regard des autres, ne s’apprécie que dans le temps. Bien peu d’élus accèderont à cette reconnaissance car les pièges sont nombreux et le Tribunal de l’opinion est peu indulgent.

L’équation de Gracian

L’observateur, un peu cynique, se régale tous les jours des maladresses des « puissants ».

Le philosophe qui a le mieux exposé le risque sur la réputation est un Jésuite espagnol du XVIIème siècle. Selon Gracian, le “management” de la réputation s’écrit en une équation simple composant mérite et réputation. Lorsque la réputation est supérieure au mérite, il faut être “réservé”. A l’inverse, lorsque le mérite est supérieur à la réputation il faut “se produire”…. Et de poursuivre “le monde est une carrière qu’il est difficile de bien commencer et de bien finir ; l’expérience nous manque pour l’un, souvent elle nuit pour l’autre”.

Tout est dit ou presque sur la difficile maîtrise de ce patrimoine culturel complexe : la réputation. Lire la suite »

avr 10


La rumeur fonctionne comme un virus.

Ses effets sont d’autant plus graves, que le sujet est fragilisé.

Combien d’entre nous, en pleine forme, sont passés au travers de la grippe pour l’avoir méprisée.

Comme la grippe, la rumeur a ses sujets de préférence. Les puissants, les « people » et ceux qui se poussent du col, constituent des cibles de choix. Souvent surprotégés, ils n’en sont que plus déstabilisés, et résistent aux potions classiques qui conviendraient au commun. Il leur faudra aussi survivre aux couteux conseils des courtisans et parasites qui font flores dans le marigot. Il est vrai que ces faux-amis y trouvent aussi leur compte. Leur pouvoir repose sur l’ambiguïté de la situation. Chacun y va de son traitement et ajoute à la confusion.

Si le virus a ses sujets de prédilection, il a aussi ses objets favoris, ceux sur lesquels la rumeur s’épanouit. Argent, sexe et santé sont ainsi les thèmes préférés permettant à des informations rarement bienveillantes de naître et de proliférer dans un corps social toujours prêt à percer le mystère de l’interdit.

Car si une information, plutôt une rumeur, n’est connue que de quelques initiés, si elle n’est pas officielle donc,  c’est probablement qu’il y a quelque chose à cacher…

En ces années de haute transparence proclamée, ce n’est pas admissible. Il faut, en toute bonne conscience, que le silence soit rompu.

Information, la rumeur est aussi media : c’est même le media principal de la réputation.

Evidemment, pour celui qui est confronté à la rumeur la voie est étroite entre le silence et la réplique car  chacun sait que « qui ne dit mot consent ».

Mais tout bon médecin sait qu’avant le traitement, il faut établir un diagnostic. Et qu’une hypothétique et banale infidélité conjugale se soigne avec un peu de finesse. Qu’il faut éviter les charlatans, et surtout les commères et le dernier qui a parlé. Que les hommes de loi, comme les chirurgiens, auront plutôt tendance à trancher. Que le malade est souvent le plus mal placé pour parler de son état. Bref, qu’avant de sortir l’arsenal de l’action ou de la répression, il faut se poser. Mais aussi que dans la plupart des cas, faute de combustible, le feu s’éteint. Bien sûr, tout cela ne fait que relever du bon sens et non du traitement énergique d’une affection saisonnière. Le bon sens rappelle aussi que les virus comme les rumeurs sont vieux comme le monde ; et tout aussi nécessaires à la vie.

En fait, on a trop tendance à voir le mauvais côté des choses, à considérer que ces épreuves sur notre santé ou notre intégrité, risquent de nous emporter. Au contraire, bien gérées, ces agressions nous renforcent, nous vaccinent d’une certaine façon.

Elles nous rapprochent même du public, nous rendent plus sympathiques, dans une complicité (« bienvenue au club ») qui devrait se retrouver dans le regard des autres.

JPP

jan 06

transpa 3« Il n’y a rien qui fonde davantage la réputation que le mensonge » relevait aussi Pascal.

Et pourtant, à lire les résultats du hit-parade du mensonge de l’Observatoire de la réputation, il faut bien constater l’indulgence de nos contemporains pour les turpitudes des plus exposés.

 

Face aux mensonges de nos Pinocchios, le Français est plus goguenard que scandalisé. A preuve, le classement établi sur vos votes et non scientifiquement (!) pour désigner le menteur de l’année 2009.

Des résultats sans surprise, où l’on constate qu’il ne suffit pas d’une vérité officielle favorable (décision de justice) pour que le Tribunal de l’opinion, alerté par les médias et l’Internet, s’accorde sur un non-lieu. Ainsi, les moulinets de Julien Dray n’y feront rien, il conserve son Pinocchio d’Or ; délit de sale gueule diront les uns, parcours peu linéaire et ambiguïté pour les autres.

Pas de surprise non plus sur ses dauphins.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se disputent la deuxième place ;  plus sous l’effet de leur notoriété que de comportements souvent discutables. On ne prête qu’aux riches, n’est-ce pas ?…et les deux finalistes des dernières présidentielles, portés par un ego surdimensionné, sont plus enclins à l’exagération, voire la provocation, qu’au mensonge. Personnalités complexes, tempéraments de feu, Royal et Sarkozy sont davantage appréciés sur le registre  j’aime ou je déteste que sur celui de la confiance, fondement de la réputation. Faute de concurrents sérieux, chacun domine avec son style la scène politique, en référent, sans pour autant bénéficier d’une solide réputation, gage de fidélité.

Les tricheries, faux-pas, bourdes et maladresses des autres nominés, comme Frédéric Mitterrand, Gasquet, Hortefeux, Morano, Sarko junior, ne laisseront que des traces mineures, sauf pour les intéressés, qui au mieux en tireront les enseignements.

L’apprentissage de la vie publique, et les obligations et risques de la transparence, supposent qu’on réfléchisse à deux fois avant de s’exposer.

Bref, la réputation, bonne ou mauvaise, cela se mérite !

Pino 2010

déc 18

justice_editedPapa Noël apporte deux bonnes nouvelles ce matin.

Julien Dray et Richard Gasquet seraient blanchis, disculpés, mis hors de cause.
Le Tribunal de l’opinion, alerté par des journalistes médisants ( relayés par Pino, modestement) était allé un peu vite en besogne, en pointant un politique collectionneur de beaux objets et ayant tendance, comme beaucoup de ses collègues, à mélanger les chéquiers.

Pour ce champion au hit-parade des menteurs de l’Observatoire de la réputation, mea culpa donc.  Pas de condamnation, ouf!

Les juges retiendront un simple rappel au droit ; ce qui, entre mauvaises langues, est une façon de confirmer les faits sans punir l’auteur.

Réhabilité au regard de la justice, le député de l’Essonne, va pouvoir sous le regard amical de ses camarades et ironique de ses faux-amis, retrouver les estrades et donner des leçons de morale tout en nous promettant la lune en Ile de France.

L’erreur de conduite de Dray n’affectera pas son casier. En revanche, elle écornera singulièrement son maigre capital réputation. Le Tribunal de l’opinion, friand d’ambiguïté et peu complaisant, accompagnera longtemps de ses sarcasmes notre édile.

L’affaire du baiser cocaïné de Pamela à Richard est d’une autre nature.

Chacun avait accueilli la nouvelle avec le sourire, alors que les maladresses de l’homme politique avaient suscité l’ironie.

Comme quoi, le Tribunal de l’opinion fonctionne largement à la tête du client. Les explications embarrassées du champion, étaient plus touchantes que convaincantes. Nous avions envie de croire le gamin piégé à l’insu de son plein gré.

Richard Gasquet nous est spontanément sympathique alors que Julien Dray ne suscite guère ce sentiment.

La réputation se fonde largement sur l’émotion et peu sur les faits, ce qui explique largement la cote d’amour de Jacques Chirac, malgré certaines évidences. Et Gasquet, sur un registre ludique certes, nous a émus, alors qu’au fond Dray, ne fait que nous conforter dans l’idée que politique et argent ne font pas bon ménage.

Il n’empêche, les juges, raisonnables et documentés, ont décidé : circulez, il y a rien à voir!
Un mea culpa souriant, donc.

Pino

PS – N’hésitez pas à voter pour corriger l’injustice…

déc 01

Patrice(Lettre ouverte de Patrice à Eric Raoult)

Cher Eric,


Quelle joie de vous entendre réclamer le devoir de réserve!


Mais, puis-je vous suggérer de ne pas limiter ce devoir au seul Prix Goncourt ; il faut l’étendre aux Prix Femina, Renaudot, de l’Académie Française…et autres récompenses.
Recevoir des Prix et se permettre de critiquer, mais où va-t-on ?

D’ailleurs je peux me donner en exemple : j’ai en effet reçu deux fois le Prix d’Excellence au Lycée Buffon, en 1960 et 1961, et je vous assure Cher Eric, que depuis, je n’ai jamais critiqué qui que ce soit, quoi que ce soit !

J’espère que votre initiative si pertinente, sera suivie de beaucoup d’autres.

Continuez donc dans cette voie et sachez que je suis prêt à adhérer à votre Association des Fayots !

Faites-le savoir à mon ami Pino qui transmettra.

Votre dévoué.

Patrice

PS – Dans cette affaire, félicitez pour moi notre Ministre de la Culture ; après tout Ponce Pilate a fait une très belle carrière.

nov 12

krach 2Les sondages devraient être payés en fonction de leur utilité et non au gré des besoins financiers de vagues intermédiaires.

Avec l’affaire Urba, le public avait découvert le bon business de certaines officines d’études de marché, véritables collecteurs (ou plutôt « receveurs ») de taxes pour financer des campagnes électorales du Parti socialiste.

Avec l’affaire des sondages de l’Elysée, on apprend comment un soi-disant génial conseiller multiplie par 6 le prix d’un sondage pour le revendre à son client président.

Mieux que pour un grand cru à la Tour d’Argent.

Même si l’exceptionnel n’a pas de prix, on constatera en souriant, faute de mieux, que la valeur ajoutée par l’expert en question, Patrick Buisson, n’a pas empêché l’effondrement de la cote d’amour de son client.

Un moment redevenus discrets sinon modestes (aucun n’avait prévu la présence de Le Pen au 2ème tour en 2002), les sondeurs reviennent parader sur les plateaux de TV pour nous exposer des évidences.

Après avoir failli dans la prévision de l’avenir, ces Pythies modernes s’intéressent aussi au passé.
Un sous-ministre teste un projet, une indiscrétion relate que le fils du président serait nommé (pardon, élu ), …vite un sondage !

L’opinion publique est remplacée par le Tribunal de l’opinion, suprême institut de sondage, élevé au rang d’institution par les sondeurs.

Bien sûr, il y a quelques actes de courage politique comme la taxe carbone qui ne soulève guère l’enthousiasme du citoyen, ou le bouclier fiscal qui en réjouit un petit nombre.
On sonde tout, n’importe quoi, n’importe comment.

On pose des questions qui ne servent qu’à animer les débats des plateaux de TV où se croisent les habitués. C’est d’ailleurs bien la première utilité des sondages que de nourrir les sondeurs … et leurs assesseurs.

A en croire un dernier sondage, DSK battrait Sarkozy en 2012, qui ferait jeu égal avec Bayroux, mais renverrait Ségolène Royal dans le Poitou. Ouf, on aurait échappé au pire.
A part alimenter la chronique, faire oublier l’essentiel, il y a là quelque chose de surréaliste.

Deux ans avant l’élection, les mêmes sondeurs affirmaient que Giscard était imbattable, que Mitterrand serait battu par Chirac, lequel battrait Jospin, avant d’être défait par Balladur contre toute attente,…

Au fond, tout cela est plutôt rassurant sur l’exercice de la démocratie.

Pino l’ex Pythie