mar 10

Alors que les réputations usurpées se dévoilent et se dénoncent, que beaucoup se sentent trahis, qu’affirmer une conviction soulève le doute, il est bon de retrouver un peu de fraîcheur en s’attardant sur le passé.
Les réputations de nos contemporains se confrontent aux rumeurs véhiculées complaisamment par les mauvaises langues ou les bonnes âmes. Pour maquiller l’intention de détruire on parle de post-vérité. Après le principe de précaution, le principe de suspicion influence nos jugements.

A qui se fier?

Il est vrai que l’actualité éclaire douloureusement la question. Il est vrai aussi que s’en remettre à la réputation relève plus souvent de la facilité que de l’analyse critique. Mais il est tout aussi vrai qu’entre l’aventure et la promesse, quelquefois fallacieuse, qu’apporte la réputation, celle-ci engendre moins de déceptions.

Laissons de côté l’actualité politique largement commentée!
Regardons plutôt la légende et au delà le mythe qui la nourrit souvent.

Une marque, au contraire de bien des hommes publics ne peut bâtir sa réputation dans le mensonge. Le Tribunal du Marché est plus exigeant que celui de l’Opinion et moins versatile que les médias qui préfèrent trop souvent l’écume. Lorsqu’une marque est prise en flagrant délit, la sanction morale rejoint celle du marché et au besoin de la justice. Elle se défend mais ne se dérobe pas, car il lui faut être au rendez-vous tous les jours et non à de simples échéances.

Il y a même des marques qui ne mentent jamais.
Chacun en connaît dans son univers.
Dans la beauté, le luxe, les vins, les voitures ou les motos, par exemple. Leur promesse est rassurante.
Mythiques par leur histoire, elles nous font partager un imaginaire. Le mythe n’a pas de religion normée, ni de pays. Il crée un « entre soi ». On s’y reconnaît, se retrouve en confiance. La Ford T est un mythe tout comme la Harley-Davidson aujourd’hui. Nul besoin de littérature pour promouvoir les valeurs de la Harley, la liberté bien sûr, la solidarité aussi lorsqu’on entre dans la famille étroite des passionnés.

L’histoire parle pour ces marques mythiques.

La petite histoire parle aussi, hélas, pour beaucoup de nos hommes publics.

Pino, « on the  road again »

jan 29

On ne se méfie jamais assez de ceux qui se prétendent être vos amis.

Toujours prompts à colporter les nouvelles et absents ou maladroits lorsqu’il s’agit de déminer. Si leur rôle est clé pour diffuser, il n’en va pas de même pour leur crédibilité.

La réputation se diffuse par cercle concentrique, lorsqu’il s’agit de la bâtir. Et la crédibilité des propos se dégrade au fur et à mesure de l’éloignement du sujet…quand tout va bien. Dans la crise, la crédibilité s’inverse ! Le soutien – même intéressé – de tel adversaire, donne davantage de crédit que celui d’un proche. Pourquoi serait-il suspect alors qu’il est sensé en tirer avantage ?

La rumeur s’épanouit dans l’ambiguïté.

Elle apparaît comme une réponse raisonnable à une situation « floue ». L’observateur connait bien ses terrains d’élection : le sexe bien sûr, l’argent et la santé. Pour qu’elle prenne corps, elle a besoin de relais, d’amplificateurs, qui, sans y apporter du fond, la « commercialiseront », comme une marchandise précieuse.

Après les media traditionnels, on a cru que les réseaux sociaux seraient les vecteurs préférés des rumeurs. Quelques mots assassins, un réseau, une curiosité entretenue et c’est la gloire ou le rejet. Avec un peu de chance (sic), des journalistes en panne d’actualité, apporteront le crédit de leur signature ou de leur journal. Vite bien sûr, car peu importe la vérité, la mode est à la « post-vérité », celle qu’on arrange après pour coller avec ce que la plupart croient.

Le ragot est d’une autre nature. Il emprunte à la calomnie – mot plus élégant – ce fumet de caniveau qui assure le succès de la nouvelle. Pour connaître le succès populaire, le ragot se nourrit des mêmes ingrédients que la rumeur, mais il s’appuie sur des témoins, surtout des faux, qui veulent profiter de l’aubaine pour exister. On connaît la rumeur Adjani qui périt devant les faits expliqués. Mais on connaît aussi la calomnie contre Baudis qui fit « pschitt » après la rétractation de témoins et la condamnation de Karl Zéro qui paya une prostituée pour étayer son scoop !

« La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer. Sans quoi, elle revient à la charge, plus furieuse que jamais», écrivait Nicolas Chamfort.

Pour résister aux agressions des rumeurs et ragots, une solide réputation ne suffit pas, hélas ! La « victime » a peu de temps pour dire sa vérité. Le recours aux armes lourdes est préférable sinon nécessaire. Le renversement de l’opinion, expose Dominique Baudis dans son livre « Face à la calomnie » s’est fait lors de son intervention sur TF1. Alors que les commentateurs virent de la culpabilité dans l’émotion de l’invité, le public y vit de la sincérité. Mais ce qui a été décisif, fût la contre-attaque juridique. Cela calme les ardeurs des colporteurs de mauvaises nouvelles, des procureurs médiatiques d’opérette qui oublient le sens de leur métier.

A condition de ne pas laisser la plaie s’infecter et quelquefois de préférer la chirurgie à la médecine douce, entre gens bien élevés.
Avant qu’il ne soit trop tard !

Pino pas surpris

déc 21

On savait que la réputation faisait partie de notre patrimoine.

Que constituée en valorisant nos talents, grands ou petits, avec patience et quelquefois habileté, elle s’inscrit dans la mémoire longue de la société.

Que se gardant du bruit et de la confusion, elle se bâtit davantage sur des faits que des images.

Qu’elle se fonde davantage sur la raison que l’émotion, sans pouvoir s’en soustraire.

On a cru un moment que les medias et réseaux faisaient le jugement de nos contemporains.

Et pourtant, force est de constater que les efforts pour construire une solide réputation se soldent par de vrais dividendes.

En Bourse, bien sûr, comme le démontrent de longue date l’Observatoire de la réputation, avec le reputation index, ou le Reputation Institute avec son classement des « most admired companies », classées par Fortune sur le critère de leur réputation.

Mais l’actualité rejoint nos réflexions, avec la décision de la Cour de Justice de la République qui condamne Christine Lagarde pour sa « négligence » mais ne prononce pas de peine, en raison de sa bonne réputation !… Et le gouvernement français lui renouvelle sa confiance dans l’heure qui suit le prononcé du jugement.

Que Christine Lagarde ait bonne réputation tant en France qu’à l’étranger ne fait aucun doute. Qu’elle participe à la « bonne » réputation de la France en présidant l’une des organisations internationales les plus puissantes du monde est une évidence. Qu’elle ait été manipulée ou se soit montrée naïve est plus que probable. Mais comment expliquer qu’en l’espèce, l’ancienne Ministre ait été sauvée par sa réputation tel que cela a été écrit dans un jugement ?

Si cela est réjouissant pour ceux qui consacre tant d’efforts à mériter la confiance de leurs concitoyens, c’est aussi très inquiétant d’être ainsi jugé sur son passé alors que le droit se réclame des faits. Il existerait un capital juridique de réputation, mobilisable en cas de problème. Mais déjà on parle de justice à deux vitesses. Celle des personnes publiques, exposées aux turpitudes mais respectables. Celle des anonymes, dont les vertus restées discrètes, ne les protègeraient guère des rigueurs de la justice.

Mauvaise querelle !

Car dans le fond, la réputation est présente dans la plupart des décisions de justice concernant des personnes.
En revanche une condamnation sans peine laisse pantois, et en dit long sur l’étrange raisonnement juridique de cette Cour d’exception.

Pino sceptique

oct 13

Parmi nos moteurs les plus puissants on trouve peu de vertus.

En revanche, l’argent, le sexe ou le pouvoir, quelquefois réunis, occupent une place de choix. Le souci de sa gloire, sa réputation,  est réservé à un petit nombre, même si chacun d’entre nous souhaiterait laisser une trace, plutôt favorable, dans la petite histoire de nos familles, amitiés, professions. Bien sûr ce n’est pas un ressort ; juste un souci de ne pas décevoir le regard de nos proches.

Chez les hommes politiques, le souci s’exaspère, devient obsédant, pour le meilleur et pour le pire, car il s’agit de l’Histoire, celle d’un village qui accueillera une place à notre nom, voire une statue, un monument, celle aussi du pays, du monde, pour entrer dans les livres. L’homme politique contemporain pressent que les posts , tweets et autres messages numériques n’impriment pas les mémoires ; il y faut le sceau de l’écrit et de l’image. Napoléon l’avait bien compris, qui, dans les brumes de Sainte Hélène, se résolut à écrire le vécu de son action. De Gaulle ou Churchill firent de même avec talent et sincérité sans doute. L’exercice fût d’autant moins difficile que le récit se fondait sur l’action. La réputation s’établit d’autant mieux que l’on a été au cœur des choses, que le temps a consacré la réalité visible et que de mauvais esprits n’ont pas trop travesti la réalité du moment.

L’exercice se complique lorsque, en cours de bilan, il y a peu à conter ou raconter.

Ceci explique sans doute la foison d’ouvrages médiocres qui, faute d’actions déterminantes, relatent les anecdotes qui ne font que banaliser nos élus. Au lieu de les « présidentialiser » (mot curieux), il les rapprochent du peuple sous nos cotés les plus affligeants.

Et lorsque les commentateurs sont défaillants, alors le sujet, devenu objet, dicte à des journalistes consciencieux, ce qu’il aimerait que l’on croit. Jeu de dupes pour chacun. Fasciné par sa propre démarche, le candidat à la postérité oublie simplement la liberté du lecteur dont l’opinion fera un citoyen heureusement critique, souvent caustique. Quant à l’auteur, les miettes de bruit et d’argent adouciront la perception de sa complaisance.

Mais une image en chasse une autre, une nouvelle en remplace une autre ; ne restent que les actes, qui eux fondent la réputation, bien difficile à acquérir en ces temps d’impatience.

L’absence de culture, ou son oubli, ouvrent la voie, de part et d’autres de l’océan, à bien des petitesses.

Dans l’Art de la prudence, le jésuite espagnol Balthasar Gracian écrivait ce que Jacques Pilhan a justement professé au Phénix François Mitterrand : « Une nouveauté médiocre l’emporte d’ordinaire sur la plus haute excellence qui commence à vieillir. Il est donc besoin de renaître en valeur, en esprit, en fortune, en toutes choses, et de montrer toujours de nouvelles beautés, comme le fait le Soleil, qui change si souvent d’horizon et de théâtre, afin que la privation le fasse désirer quand il se couche, et que la nouveauté le fasse admirer quand il se lève. »

JPP

août 16

Depuis bientôt 20 ans, Simone Veil occupe les premiers rangs parmi les « personnalités préférées » des français et s’inscrit dans  notre « mémoire longue », à juste titre.

Souvent en tête du Top 50 du JDD, elle fut – au gré des événements –  rejointe par des chanteurs, sportifs, artistes, mais jamais par des   »politiques », que l’on retrouve plutôt au fond de la classe.

Lorsque Yannick Noah est « préféré », il faut certainement y voir le succès de la chanson de l’été « Saga Africa » et le souvenir d’une brillante carrière de tennisman et d’entraîneur.

Citoyen fiscal suisse, Noah est d’abord populaire.

Jean-Jacques Goldman, personnalité préférée en 2015, est certes populaire, talentueux et discret, mais ce qui a surtout forcé l’admiration et le respect était son engagement dans les « Restos du Cœur ». Chapeau et merci l’artiste.

L’arrivée d’Omar Sy en tête du palmarès de l’été 2016, interpelle davantage non sur le résultat, image et non réputation, mais sur la méthode.

Rien à voir avec le talent plébiscité de l’acteur, probablement très sympathique, qui a choisi de faire carrière à Hollywood.

En revanche, on peut s’interroger sur la fiabilité d’un sondage qui propose une liste « fermée » de personnalités choisies suivant les caprices des sondeurs. 50 noms, avec quelques nouveaux chaque année, en fonction de la mode, des événements, bref de l’actualité.

Ainsi Emmanuel Macron fait-il son entrée au 50ème rang,…une place derrière Alain Juppé?

Il est vrai que le Ministre de l’Economie et des Finances figure parmi les personnalités politiques préférées des français, loin devant François Hollande, qui sort du Top 50.

Que de contradictions entre les experts!

La plupart tiennent aux questions posées par les différents instituts, au contexte, aux concurrents en lice, et à l’humeur du jour des français.

Il reste que la formidable réputation de Simone Veil, fondée sur le courage et l’engagement, assure une continuité dans la reconnaissance. Respectée plus que populaire, attachée à de vraies valeurs, c’est sans doute ce qui explique le mieux la place « à part » qu’elle occupe dans le cœur et la mémoire des français.

Pino curieux

oct 19


A coup sûr Michel Platini est plein de talent et ne manque pas de qualités.
Le talent est un don qui fait bien des jaloux. Il n’y a pas à discuter devant cette inégalité.
Les qualités font appel au jugement de ses contemporains. Lequel est d’autant plus sévère lorsqu’il est formulé par ceux qui tiennent leur fonction par l’effort plus que par la grâce.
Mais revenons à Michel Platini, candidat à la présidence d’une organisation où la magouille est reine.


En période électorale il est habituel de se pencher sur le passé des postulants. Surtout celui des « Chevaliers blancs ».

Il est tout aussi courant que ceux qui tirent les ficelles laissent quelques mines, ici ou là. Car après tout il s’agit bien d’une élection avec son cortège de pièges, promesses et mensonges. Et, à la FIFA on apprécie – à tout point de vue – l’habileté. Le manque d’habileté, confinant à la naïveté est rédhibitoire.

Aller jusqu’à affirmer qu’on n’est pas intéressé par l’argent alors qu’on vient de toucher 2 millions d’euros est un argument contre-productif.

Hélas !
La reputation du champion est inaltérable. Celle du « patron » du foot reste limitée à la volonté de celui qui en a fait sa « chose » puis son prisonnier, en l’entraînant dans ses combines.

Vraiment dommage !
Notre « Platoche » avait le talent mais probablement pas les qualités « politiques » pour postuler.
Probablement un meilleur président que candidat.
La rumeur distillée puis relayée a déjà installé le doute chez nos voisins.
Et la contre-attaque de notre champion semble peu convaincante, malgré les multiples témoignages affectueux qui l’accompagnent.
Bad luck!

Pino déçu

Envoyé de mon iPhone

oct 02
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui engage – en principe – les pays membres des Nations-Unis, retient les droits fondamentaux issus pour la plupart des déclarations en Amérique, en France et en Angleterre. il s’agissait surtout d’affirmer les droits des « individus » à la liberté, l’égalité, la justice,..puis vinrent l’éducation, la santé et un cortège d’interdictions, qui, comme la torture, ne furent signées, en toute hypocrisie, que pour la forme. Les « promesses n’engagent… », et, « à circonstances exceptionnelles… »
Depuis, on a inventé, sans l’écrire, le droit d’ingérence et en France, pays conservateur s’il en est, on a même ajouté le « principe de précaution », considérant l’audace comme un risque inacceptable.
L’actualité vient contredire les belles intentions et il serait bon d’analyser avec réalisme l’application de ces textes votés dans l’enthousiasme, et de les mettre en accord avec nos comportements.
Prenons par exemple notre droit à la liberté ou l’égalité.
En affirmant la « liberté de la presse » les rédacteurs avaient une vue univoque de ce qu’elle signifiait: le droit de quelques uns à s’adresser à tous sans subir la censure du pouvoir. Ce premier pas vers plus de démocratie déboucha hélas sur plus de propagande. Le pouvoir, sous toutes ses formes, récupéra cette liberté, pour orienter ou mieux tenir une opinion avide de nouvelles et de points de vue. Il s’agissait d’ »informer » le public. Le contre-pouvoir se trouve dans la presse concurrente.
Mais, le droit d’informer n’a rien à voir avec le droit de communiquer.
Avec les medias du XXème siècle, il ne reste qu’un vague droit de réponse, pour contredire la version médiatique.
Aujourd’hui, tout a changé! Tel blogger diffuse sur Facebook des images que reprennent les medias officiels, créant ainsi le débat au mieux, le buzz bien souvent, le bazar au pire.
La crédibilité des « grands » quotidiens, comme le Monde est discutée. Et surtout, face à une « information », la multiplication des prises de parole crée une confusion que les plus habiles savent exploiter. Bref, tout le monde communique. Le mobile à l’oreille et plus souvent en utilisant le clavier qui permet de faire partager ses petits et grands bonheurs, soucis, ou positions. Pour le meilleur et pour le pire. Devant cette réalité, qui consomme selon les experts, une à deux heures de notre quotidien, il y a une profonde et double inégalité: matérielle et culturelle.
Matérielle, à l’évidence:. Un quart de la population mondiale serait équipé de mobiles et encore moins de smartphones. Pour les « réfugiés », l’usage d’un outil de communication est indispensable pour savoir à quelle sauce ils risquent d’être mangés. Quelle frontière s’ouvrira? Pour qui? Quelles formalités? Quelle aide espérer? Quels droits revendiquer?
Culturelle, en prime. Il ne suffit pas d’avoir l’outil, encore faut-il en tirer le meilleur parti? Entre celui qui peut appeler quelques numéros amis, et celui qui maitrise l’accès aux réseaux sociaux, porte ouverte à une solidarité souhaitée, il y a un gouffre. Ce qui est vrai des réfugiés, l’est aussi de beaucoup d’entre nous, vite dépassés par une technologie pas toujours facilement accessible.
Alors que la communication prend souvent le pas sur les faits, reconnaissons que nous ne sommes pas égaux face à cette nouvelle exigence.
Alors, pourquoi ne pas créer un « droit à communiquer ».
Le droit d’informer s’adresse à des « sujets », celui de communiquer ouvre la voie à une citoyenneté active.
Pino communique
août 16
Aux dernières nouvelles « sondagières » du JDD, Jean-Jacques Goldman et Simone Veil confirment leur statut durable de « personnalités préférées des français », alors qu’elles sont parmi les plus discrètes et réservées.
Sans surprise, François Hollande – toujours à l’affût d’une caméra – retrouve le fond de la classe, de même que sa compagne dont le nom était bien peu connu avant l’épisode du casque de la rue du Cirque, le bien nommé.
La plume du journaliste relève la chute de Yannick Noah, qui, 22 ans après son triomphe à Roland Garros puis en Coupe Davis, quelques chansonnettes plus ou moins engagées, voit sa cote d’amour s’ecrouler.
Evaluer dans le même sondage des personnalités aussi différentes que Simone Veil et Yannick Noah laisse perplexe. Outre la popularité passée, qu’y a t’il de commun entre le sportif reconverti et la dame qui a porté  contre tous une loi majeure? Médiocre chanteur mélo, Noah a bien du mal à entretenir une notoriété acquise sur le terrain. Ses efforts  souvent pathétiques sur la scène pour maintenir une présence à l’esprit des français, ne font que créer de la confusion auprès du jeune public qui y voit un chanteur à la voix fluette, aux textes décalés, et non le champion qui nous a fait rêver. Du gâchis! Ceux qui comme Jacques Séguéla, lui ont fait croire que le « principal, c’est qu’on parle de toi », n’ont fait qu’entamer l’embryon de gloire, sinon de réputation, que le sport lui avait offert.
La réputation, reconnaissance enviée et durable de ses contemporains, suppose un peu de cohérence. La répétition confirmant le talent y ajoute, mais la dispersion brouille les cartes, et à l’arrivée il est difficile de retrouver ses petits.
A l’inverse, et bien que reconnus et respectés dans des domaines bien différents, Simone Veil et Jean-Jacques Goldman ont su se créer et gérer une réputation bien méritée. Du talent, du temps et une oeuvre qui touche le coeur et entre dans notre quotidien. Une réputation doit pouvoir se résumer, s’énoncer simplement, un chanteur populaire et une femme politique courageuse, qui marquent leur époque.

Pino

(A suivre)

fév 02
A en croire les sondages (commandés par qui?), près de quatre français sur cinq penseraient que Dominique Strauss-Kahn ferait un meilleur président que François Hollande…surtout des femmes. De quoi gâcher le plaisir du locataire de l’Elysée, qui remonte la pente de la popularité au gré des événements, surtout tragiques.
Alors que beaucoup croyaient voir dans la dernière aventure judiciaire de DSK le coup de grâce pour celui qui est présumé innocent dans l’affaire du Carlton, et a bénéficié d’un non-lieu dans celle du Sofitel, il y a matière à réfléchir sinon s’inquiéter.

Ceux-là même qui s’étaient, dans l’émotion, joints à la meute des bien-pensants – sans arrières pensées, bien sûr – ne manquent pas aujourd’hui de rappeler que la culpabilité de DSK pour un viol n’a jamais été établie, que le Procureur américain a même abandonné les charges. Ils oublient simplement que leurs déclarations de l’époque étaient beaucoup moins complaisantes, craignant sans doute que l’on s’attarde sur leur propre vie privée.
DSK était probablement plus une cible de choix qu’un modèle de vertu. Gauche et droite ont vu dans l’épisode du Sofitel une formidable opportunité de mettre en selle un candidat plus « normal », en apparence. De là à y voir un complot, certains franchissent le pas. D’autres, rappellent qu’ « il n’y a pas de fumée dans feu! »
L’ouverture du procès de Lille peut apporter un autre éclairage, sous l’angle de la réputation.
A tort ou à raison, la réputation de DSK a été massacrée en mai 2011: un « prévenu » en tenue orange d’incarcéré, des images répétées pendant des mois, et surtout un total lâchage de ses pseudos amis politiques. Haro, sur un le héros de la gauche, réputé compétent, sympathique, proche (sans doute trop). Avec bien sûr quelques dérives sexuelles bien connues de tous. Impulsif, à coup sûr…Et personne pour le défendre, si ce n’est son épouse, magnifique dans l’épreuve. Le procès au civil évacué, le pénal aussi dans la foulée, l’opinion est passée à autre chose, une autre personne, réputée plus reposante.
Mais s’il faut du temps pour bâtir une réputation, qu’une atteinte à la morale entraine de considérables dégâts, celle-ci peut comporter des facettes moins fragiles que d’autres. Dans l’esprit des français, DSK est resté bizarrement un personnage sympathique pour beaucoup, et surtout un remarquable économiste visionnaire; sans indulgence toutefois pour les violences présumées de son comportement.
Avec le procès de Lille, trop c’est trop, après le désistement du procureur, les hésitations des témoins, la rumeur de l’acharnement prend corps.
Hier, pésumé coupable, DSK apparait pour beaucoup comme victime d’un acharnement politico-judiciaire.
Et paradoxalement, suivant le verdict, on pourrait assister par l’excès, à un début de reconstruction de la réputation d’un libertin assumé! Une réputation contrastée, pour le moins.
…ce qui rappelle d’autres époques, et d’autres personnages, embastillés puis gratifiés.
Pino s’interroge
déc 12

Le jugement du Tribunal de l’Opinion est bien différent de celui de la Justice ou des commentaires ironiques des medias ou réseaux sociaux. Il y a un temps pour chacun.

Lorsque la Justice se prononce pour « mettre en examen » ou énoncer une décision, il y a belle lurette que le citoyen se sera forgé son opinion, guidée habilement par les commentaires des journalistes sur les propos désintéressés de politiques et experts de tout poil. Entretemps, chacun sera attentif au feuilleton, par curiosité malsaine pour la plupart, tactique pour les initiés.

De toute façon, les trois-quarts des français pensent qu’ »il n’y a pas de fumée sans feu ». Les jeunes sont plus crédules au début de l’affaire. Heureusement, ils zappent très vite. Les anciens, expérience aidant, en ont vu d’autres, et restent plus méfiants ou indulgents. Mais, souvent, lorsqu’arrive la terrible décision, le « non-lieu », chacun se sent cocu. La victime, présumée innocente par la Justice, et soupçonnée d’être coupable par l’Opinion, ne perçoit qu’une réparation ridicule au vu des frais engagés pour faire reconnaitre son innocence. Au mieux quelques lignes dans les gazettes. Inutile de s’attendre à un mea culpa de la part des journalistes. L’arrogance actuelle de Karl Zéro ou Raphaëlle Bacqué qui lancèrent la soi-disant affaire Baudis est stupéfiante. Bien sûr, les medias ont intérêt à allumer ou souffler sur le feu pour vendre du papier ou faire de l’audience. De là à inventer des faits ou payer un faux témoin comme l’a fait Karl Zéro, finalement condamné… Le Tribunal de l’Opinion, qui, à la révélation de l’affaire était bon public, avide de détails, se détourne, blasé et incrédule devant la décision de non lieu.

Saluons quand même aujourd’hui les efforts de quelques radios pour relayer le « non-lieu » dans l’affaire de l’hippodrome de Compiègne. Eric Woerth y était soupçonné de « prise illégale d’intérêts » pour avoir bradé l’hippodrome à une association qui le gérait de longue date. Actualisée sur Wikipédia (après le  récent jugement), la biographie de l’ancien Ministre comporte toujours un « renvoi en correctionnelle » dans une affaire Bettencourt en octobre 2013…laquelle ne visait que Nicolas Sarkozy! Peu importe, le mal est fait,  il faudra ramer pour revenir en grâce auprès du public.

L’Opinion est bien cruelle. Pour certains, un simple délit de faciès entraine un jugement sans appel; il suffit d’avoir la tête de l’emploi,…ce qui n’est pas bien difficile après 24h de « garde à vue ».

Pour Eric Woerth, comme pour bien des élus portant le chapeau, il faudra remonter la pente, rallier sa famille politique, reconquérir des mandats, locaux d’abord. Car heureusement, pour ces rescapés de la politique, qui ont su garder la confiance de leurs électeurs du terroir, le retour sur la scène locale reste une étape accessible. Leur réputation n’a finalement été qu’égratignée. Forts de leurs blessures et d’un regard local indulgent sinon amical, ils retrouvent leur mandat, tout comme Eric Woerth à la Mairie de Chantilly. Le récent non-lieu ne fera que renforcer la confiance que ses proches lui ont toujours témoignée. Davantage réconforté par ses électeurs que par sa famille politique qui y voit le retour d’un redoutable concurrent, l’ancien Ministre rebondira. Car, contrairement à ce que l’on croit, alors que la très grande majorité des élus sont de bons et honnêtes serviteurs, il y a aussi une justice par les urnes.

Pino optimiste