avr 10


La rumeur fonctionne comme un virus.

Ses effets sont d’autant plus graves, que le sujet est fragilisé.

Combien d’entre nous, en pleine forme, sont passés au travers de la grippe pour l’avoir méprisée.

Comme la grippe, la rumeur a ses sujets de préférence. Les puissants, les « people » et ceux qui se poussent du col, constituent des cibles de choix. Souvent surprotégés, ils n’en sont que plus déstabilisés, et résistent aux potions classiques qui conviendraient au commun. Il leur faudra aussi survivre aux couteux conseils des courtisans et parasites qui font flores dans le marigot. Il est vrai que ces faux-amis y trouvent aussi leur compte. Leur pouvoir repose sur l’ambiguïté de la situation. Chacun y va de son traitement et ajoute à la confusion.

Si le virus a ses sujets de prédilection, il a aussi ses objets favoris, ceux sur lesquels la rumeur s’épanouit. Argent, sexe et santé sont ainsi les thèmes préférés permettant à des informations rarement bienveillantes de naître et de proliférer dans un corps social toujours prêt à percer le mystère de l’interdit.

Car si une information, plutôt une rumeur, n’est connue que de quelques initiés, si elle n’est pas officielle donc,  c’est probablement qu’il y a quelque chose à cacher…

En ces années de haute transparence proclamée, ce n’est pas admissible. Il faut, en toute bonne conscience, que le silence soit rompu.

Information, la rumeur est aussi media : c’est même le media principal de la réputation.

Evidemment, pour celui qui est confronté à la rumeur la voie est étroite entre le silence et la réplique car  chacun sait que « qui ne dit mot consent ».

Mais tout bon médecin sait qu’avant le traitement, il faut établir un diagnostic. Et qu’une hypothétique et banale infidélité conjugale se soigne avec un peu de finesse. Qu’il faut éviter les charlatans, et surtout les commères et le dernier qui a parlé. Que les hommes de loi, comme les chirurgiens, auront plutôt tendance à trancher. Que le malade est souvent le plus mal placé pour parler de son état. Bref, qu’avant de sortir l’arsenal de l’action ou de la répression, il faut se poser. Mais aussi que dans la plupart des cas, faute de combustible, le feu s’éteint. Bien sûr, tout cela ne fait que relever du bon sens et non du traitement énergique d’une affection saisonnière. Le bon sens rappelle aussi que les virus comme les rumeurs sont vieux comme le monde ; et tout aussi nécessaires à la vie.

En fait, on a trop tendance à voir le mauvais côté des choses, à considérer que ces épreuves sur notre santé ou notre intégrité, risquent de nous emporter. Au contraire, bien gérées, ces agressions nous renforcent, nous vaccinent d’une certaine façon.

Elles nous rapprochent même du public, nous rendent plus sympathiques, dans une complicité (« bienvenue au club ») qui devrait se retrouver dans le regard des autres.

JPP

déc 18

justice_editedPapa Noël apporte deux bonnes nouvelles ce matin.

Julien Dray et Richard Gasquet seraient blanchis, disculpés, mis hors de cause.
Le Tribunal de l’opinion, alerté par des journalistes médisants ( relayés par Pino, modestement) était allé un peu vite en besogne, en pointant un politique collectionneur de beaux objets et ayant tendance, comme beaucoup de ses collègues, à mélanger les chéquiers.

Pour ce champion au hit-parade des menteurs de l’Observatoire de la réputation, mea culpa donc.  Pas de condamnation, ouf!

Les juges retiendront un simple rappel au droit ; ce qui, entre mauvaises langues, est une façon de confirmer les faits sans punir l’auteur.

Réhabilité au regard de la justice, le député de l’Essonne, va pouvoir sous le regard amical de ses camarades et ironique de ses faux-amis, retrouver les estrades et donner des leçons de morale tout en nous promettant la lune en Ile de France.

L’erreur de conduite de Dray n’affectera pas son casier. En revanche, elle écornera singulièrement son maigre capital réputation. Le Tribunal de l’opinion, friand d’ambiguïté et peu complaisant, accompagnera longtemps de ses sarcasmes notre édile.

L’affaire du baiser cocaïné de Pamela à Richard est d’une autre nature.

Chacun avait accueilli la nouvelle avec le sourire, alors que les maladresses de l’homme politique avaient suscité l’ironie.

Comme quoi, le Tribunal de l’opinion fonctionne largement à la tête du client. Les explications embarrassées du champion, étaient plus touchantes que convaincantes. Nous avions envie de croire le gamin piégé à l’insu de son plein gré.

Richard Gasquet nous est spontanément sympathique alors que Julien Dray ne suscite guère ce sentiment.

La réputation se fonde largement sur l’émotion et peu sur les faits, ce qui explique largement la cote d’amour de Jacques Chirac, malgré certaines évidences. Et Gasquet, sur un registre ludique certes, nous a émus, alors qu’au fond Dray, ne fait que nous conforter dans l’idée que politique et argent ne font pas bon ménage.

Il n’empêche, les juges, raisonnables et documentés, ont décidé : circulez, il y a rien à voir!
Un mea culpa souriant, donc.

Pino

PS – N’hésitez pas à voter pour corriger l’injustice…

jan 19

Le droit a reconnu très tôt la notion de réputation puisque celle-ci est incluse dans les travaux préparatoires de la loi de 1819, comme recouvrant à fois la notion d’honneur et de considération : « tout ce qui touche à la réputation touche à l’honneur, et l’on peut sans blesser l’honneur, porter atteinte à la considération».
Le texte de référence en matière de réputation est la loi Le Chatellier de 1881, dite loi sur la liberté de la presse.
La difficulté d’une approche juridique de l’atteinte à la réputation d’une entreprise réside dans la notion même de réputation, car le droit ne lui reconnaît pas une protection à part entière.
Les différents « attributs » de la réputation sont protégés par des dispositifs différents. Si l’entreprise est victime d’une atteinte à sa réputation due aux excès de la liberté d’expression, elle devra se tourner vers la loi pénale ou la responsabilité civile, et, si elle résulte de la liberté du commerce et d’industrie, elle devra s’orienter vers le régime de la concurrence déloyale ou de la responsabilité contractuelle. S’agissant du préjudice de dépréciation de la réputation, trois juridictions peuvent être retenues : le juge pénal s’intéressera aux diffamations et aux injures, le juge civil au dénigrement, et le juge consulaire à la déloyauté des atteintes à la réputation en matière de concurrence notamment.

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jan 30

L’histoire exemplaire d’une bataille gagnée par un notable réputé en jouant sur l’audace et sur l’émotion

hist-couv-blog-2Extrait du livre Histoires de Réputation, réflexions sur le mensonge des hommes publics

Jean-Pierre Piotet – Copyright Ed. Eska

«  La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer. Sans quoi, elle revient à la charge, plus furieuse que jamais ».

Cette phrase de Nicolas Chamfort va illustrer pour nous, au moment d’évoquer le cas spectaculaire de Dominique Baudis, l’avantage que donne la réputation face à la calomnie nourrie de la rumeur.

Accéder à la réputation, on l’a vu à maintes reprises dans cet ouvrage, n’est pas si facile. Pas si facile d’accéder à la reconnaissance de ses amis, de ses voisins, de ses collègues, ou de ses concitoyens. A cette gloire limitée dans le temps et l’espace, qui est souvent le moteur de l’action. A ce regard social, ce jugement des autres qu’on aimerait voir s’inscrire dans l’Histoire – ne serait-elle que l’histoire de sa propre famille.


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nov 22

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sept 27

L’histoire de ces prétendues « informations » qui peuvent aller jusqu’à tuer ceux qu’elles prennent pour cibles

Extraits d’Histoires de réputation, réflexions sur le mensonge des hommes publics

Par Jean-Pierre Piotet , Copyright Ed Eska

Pour deux Français sur trois, selon le dicton populaire, « il n’y pas de fumée sans feu ! ». Les sondeurs patentés, perfectionnistes et bien utiles pour éclairer nos sombres pensées, diront que l’âge venant, l’on devient plus prudent. D’ailleurs les chimistes ne prouvent-ils pas que l’aphorisme célèbre n’est en rien fondé?…Les jeunes sont plus ouverts, plus crédules aussi. Ils accueillent avec le sourire le moindre canular, le croient, et puis…l’oublient. Là comme ailleurs, ils zappent. Et prennent les choses avec moins de sérieux que leurs aînés.

Nous sommes de plus en plus bombardés d’informations de toutes natures, de toutes provenances. Et nous avons appris à nous méfier de tout et de tous. Le principe de précaution, plutôt d’immobilisme, s’applique ici parfaitement.

Mais revenons à notre dicton. S’il n’y a pas de fumée sans feu, alors tout est possible. Lorsqu’un journaliste affirme « de source sûre » mais non dévoilée que Pepsi Cola va lancer une OPA sur Danone, c’est sans doute vrai. Et le titre Danone s’envole, sur la foi de cette « information ». A qui profite-t-elle ?

Si on laisse courir le bruit que quatre des maires des cinq plus grandes villes de France sont homosexuels, ce qui d’ailleurs serait bien leur droit, c’est de notre part faire preuve d’une vilaine curiosité. Certains n’en font pas moins remarquer que l’on ne voit guère leur famille sur les photos de Paris Match. Mais ce ne sont encore que ragots.

Si un ami médecin vous dit que l’on a vu récemment le Premier ministre au Val de Grâce, voilà de quoi alimenter vos conversations, et nourrir les gazettes.

Argent, sexe et santé sont ainsi les thèmes favoris permettant à des informations rarement bienveillantes de naître et de s’épanouir dans un corps social toujours prêt à percer le mystère de l’interdit. Car si une information, plutôt une rumeur, n’est connue que de quelques initiés, si elle n’est pas officielle donc, c’est probablement qu’il y a quelque chose à cacher…

En ces années de haute transparence proclamée, ce n’est pas admissible. Il faut, en toute bonne conscience, que le silence soit rompu. Relayer l’information, c’est en somme rendre service. C’est aussi se rendre intéressant…Il y a ceux qui savent, et les autres. Il y a ceux qui font partie du milieu des « informés » et le reste de l’opinion.

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fév 28

Les Echos – 28 février 2005

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déc 01

Publié dans CB News en décembre 2003

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juin 30

(Nouvel Observateur)

Sondage

Selon un sondage Ifop pour l’Observatoire de la réputation, 58,5% des Français n’étaient pas au courant de l’affaire avant que le président du CSA n’en parle. Seuls 3% des personnes interrogées pensent que ces rumeurs sont vraies.

L’Observatoire de la réputation publie lundi les résultats d’un sondage mené quatre jour après l’intervention de Dominique Baudis à la télévision, intervention dans laquelle ce dernier démentait son implication dans le dossier Alègre. Selon ce sondage, 66% des interviewés déclarent avoir entendu parler des rumeurs concernant Dominique Baudis, après son intervention.
Surtout, sachant que 11% de ces 66% ont déclaré les connaître avant le 18 mai (ce qui représente 7,5% de la population totale). « On peut donc dire que l’événement a fait connaître les rumeurs et allégations à 58,5% des Français en quelques jour », selon l’étude de l’Observatoire. Le démenti a ainsi multiplié par 9 la connaissance de ces rumeurs et allégations. Les auteurs notent à ce propos que « la démarche d’un démenti, face au grand public, prenant les devants face à la calomnie, est rarissime », ce qui expliquerait en partie le fort impact médiatique.

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juin 06

Publié dans Stratégies le 06/06/2003

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