sept 03

Faute de s’être bâti une réputation, le jeune Président additionne les images « sous contrôle ».

Il est vrai que la réputation se construit largement sur des images qui, mises bout à bout, deviennent le film.

Encore faut-il pour assurer le succès un scénario qui souligne l’intention ? Etre auteur et acteur ne garantit pas non plus la cohérence de l’ensemble !

Le succès dépend aussi de la force de quelques images, moments de vérité ( ?), et de leur résonnance, fruit de la rencontre entre l’éthique affichée et la morale du moment.

Sur la scène publique, le Président, acteur plus séduisant que convaincant, a choisi de bâtir sa réputation à marche forcée sur le terrain glissant de la raison. En l’absence de concurrents crédibles et bénéficiant d’un moment faible de la vie politique, il vit aujourd’hui à crédit.

Entrer dans l’action est pour Emmanuel Macron une urgence absolue.

Le problème avec le crédit est qu’il nous rattrape souvent et que la confiance acquise au travers des mots et des images est bien fragile.

La moindre fausse note suscite le doute.

Les américains ont coutume de dire « reputation gives you a second chance ». En traversant l’Atlantique, il faut ajouter au dicton la nécessité d’avoir auparavant construit un « socle de confiance » qui emporte l’indulgence dans les mauvaises passes.

Le Président est conscient de cette urgence. Il l’est sans doute moins de ce que l’isolement naturel à la fonction doit conduire à s’entourer de moins d’obligés que de vrais talents.

Etre un obligé induit à plus ou moins long terme un besoin d’indépendance, porte ouverte à la trahison. La reconnaissance est un sentiment très peu partagé. Une relecture critique de l’histoire de France devrait éclairer le nouveau locataire de l’Elysée.

L’éloignement « institutionnel » est interprété comme du mépris ; ce qui libère les ambitions des nouveaux collaborateurs.

De Gaulle disait que « les français sont des veaux », mais personne n’a jamais douté qu’il aimait la France et finalement les français. Le Général était d’abord un homme d’action à la parole forte.

Emmanuel Macron a mis la barre très haut. Devant la réalité, il lui faudra en rabattre et aussi consacrer davantage d’énergie à redresser le pays, profitant d’une aura vite acquise et sans doute méritée, que de cultiver un personnage qui l’éloigne du citoyen.

A l’affût du moindre faux pas, les journalistes et commentateurs ne manqueront pas de lui présenter l’addition !

Faute de réputation, son crédit est à court terme.

Pino séduit, mais pas encore convaincu

sept 01

Au-delà de la notoriété et de la réputation, il y a le mythe.

Contrairement à la réputation, regard social fondé sur les valeurs de l’époque, le mythe ne repose sur aucun jugement, il ne « mesure » (« reputare ») pas, il s’inscrit dans le temps, ouvre les portes de l’Histoire.

A chaque siècle et dans chaque activité, la dimension mythique ne retient que peu de sujets.

La force d’un mythe vient souvent du mystère qui entoure l’élu et de la dévotion qu’il suscite. Alors qu’une star se décode en partie au travers de ses actes, le mythe étonne, surprend, captive. Le mythe n’a pas de fans, il a des adeptes.

Il n’y a pas de mythe sans parcours tragique!

Marylin Monroé ou James Dean n’auraient probablement été que de simples stars si le destin n’en avait décidé autrement.

Aujourd’hui à la date anniversaire de la mort de Diana, la presse people inscrit la princesse, dans l’univers mythique. Et de justifier cette promotion par l’histoire tragique de la « Princesse des cœurs », et d’une soi-disant proximité avec le quotidien de chacun d’entre nous.

Dans la vie politique, il faut remonter à l’Antiquité pour, mystère et obscurité aidant,  poètes complaisants aussi, que les grandes figures deviennent des mythes.

Dans la vie économique, on parle aussi de marques mythiques, avec un respect quasi-religieux. Chanel et probablement Dior, marquent leur siècle en lettres d’or, sur fond de parcours tragique.

Dans le monde automobile, porté souvent à l’excès et l’élitisme, les marques mythiques sont nombreuses. Le mythe s’appuie sur une légende relayée, cultivée. Une marque mythique ne meurt jamais, quelle que soit la médiocrité de celui qui en hérite. L’indien Tata rachète Rolls Royce, BMW reprend Bentley, un tycoon chinois investit dans PSA pour relancer la DS.

Il y a un côté cannibale chez les repreneurs d’un mythe. La croyance est toujours présente et on s’achète à bon compte du talent, de la vitalité.

Dans le monde religieux des motards, les marques stars côtoient les mythes italiens et américains.

L’histoire d’Harley Davidson est exemplaire. Marque centenaire, HD a bien du mal à passer les années 50. Faillite à l’américaine et reprise par un fond malin, qui renifle la pépite. Mais l’histoire se termine bien, et aujourd’hui la famille Davidson est revenue au guidon.

Pino motard