Faute avouée, à moitié pardonnée,…surtout devant l’évidence et lorsqu’on ne risque rien.
On aimerait que nos idoles sportives nous sortent du quotidien et même soient exemplaires, mais semaine après semaine on découvre la banalité de leur comportement, ce qui au fond nous les rend plus proches.
Virenque, Agassi, Zidane, Henry, …même combat, ou presque. A l’inverse du coup de boule vengeur de Zizou, vite pardonné, la main qui traine de Thierry Henry pourrait rester pour notre star du foot l’image dominante du film de sa réputation, l’affiche. Car la réputation se construit sur des valeurs, et on préfère un joueur susceptible à un tricheur par effraction.
La fonction d’une « star », c’est de nous permettre d’exister par procuration, de nous identifier dans ses exploits, d’emprunter une part de sa réputation. Une star est aussi un ambassadeur, qui nous représente et bâtit ou abîme notre réputation.
Ainsi on a dit les Italiens « truqueurs » (Materazzi, Berlusconi…) ; et ce qualificatif peu amical, leur colle au maillot. Avec la main d’Henry, on parle déjà des Français « tricheurs ». On pourra ajouter que les Irlandais sont plutôt « beaux joueurs »…
Bref, une égratignure à une réputation gauloise que l’on disait enviable. Rassurons-nous, ce n’est qu’un léger bobo, qui sera vite soigné, malgré la maladresse des médecins qui préfèrent guérir que prévenir.
Interviewé en connaisseur sur le sujet, Bernard Tapie, nous explique que dans un cas comme cela il faut fermer sa gueule et que « le problème, c’est plus d’avoir une équipe de bras cassés… » . Et, il est vrai qu’en matière de réputation, Nanard s’y connaît.
Platini, élu sur son conservatisme et ferme opposant à la vidéo (qui existe de fait puisque les matchs sont à la TV en direct !), préfère ajouter des arbitres aux téléspectateurs vigilants…Combien ? Il n’a sans doute pas vu le film « A mort l’arbitre ».
Domenech empoche ses 862 000€, pour avoir permis cette qualification haut la main.
Le coach le plus détesté des Français répète qu’un « fait de jeu » n’a rien à voir avec une « petite tricherie ». On n’a sans doute pas vu le même match ! Circulez.
En fait, ce débat dans lequel se confrontent de soi-disants intérêts sportifs et une morale élastique, est bien symbolique du moment.
Comme le disent les Chinois, « le poisson pourrit par la tête ».
Et, il faut bien reconnaître qu’en matière de respect des valeurs, l’exemple vient d’en haut.
Les derniers épisodes avec Frédéric Mitterrand, le repenti du tourisme sexuel, ou avec Jean Sarkozy, le jeune homme pressé, ont déjà bien fait rigoler nos voisins. Avec le foot, on élargit les frontières de la moquerie. Dommage.
Pour beaucoup, ce débat n’est qu’un exutoire permettant aux belles âmes de se lever à bon compte et sur un vrai « détail ». Le scénario est bien rodé. Un événement-émissaire qui permet un moment d’oublier l’essentiel.
On s’en remettra.
Pino le honteux

23 novembre 2009 à 12:25
Phrase de Romain Gary
IL FAUT MIEUX PERDRE QUE DE SE PERDRE
24 novembre 2009 à 10:24
Merci Patrice pour ce rappel.
C’est beau la culture. A propos Romain Gary n’avait-il pas un pseudo ou un « double » pour gagner sans se perdre?
Pino