On se doutait que la réputation n’est pas une rente tranquille.
Que travailler dur et promouvoir son talent avec patience n’ouvrent pas forcément à la reconnaissance du public.
Que l’opinion, une fois conquise, se montre capricieuse, voire velléitaire.
Que tout cela est vrai dans notre vie de tous les jours, mais se vérifie aussi dans la vie des affaires.
Qu’ainsi, une « bonne » réputation ne garantit pas de garder son job ou bien de gagner en Bourse.
Et pourtant, avec un fond de morale et d’optimisme, on se doutait aussi que la réputation ne rend pas seulement prisonnier du respect de valeurs partagées, mais que, dans la mouise, la vertu serait récompensée.
Bonne nouvelle, la vertu est enfin récompensée,…tout au moins en Bourse.
Il faut reconnaître qu’on a eu très chaud, et que nos entreprises stars du CAC 40, aimées, respectées ou réputées, ont dégusté en pleine tourmente. La Dame blanche a frappé à l’aveugle, et il fallait avoir des nerfs d’acier pour regarder fondre ses économies…même placées dans des valeurs pépères.
L’hypothèse fondatrice de l’Observatoire de la réputation (dès 1995 !) suivant laquelle les entreprises réputées résistent mieux aux crises et rebondissent plus vite, a été confrontée à la réalité.
Ouf, ça marche…ou presque !
L’Observatoire de la réputation avait remarqué que les entreprises les plus réputées étaient les plus anciennes (belle perspicacité), mais aussi que les sociétés centenaires étaient deux fois plus performantes en Bourse que la moyenne. Bref, que patience et réputation font la plus-value.
En 2005 (étude Datops), l’Observatoire de la réputation a publié un classement des entreprises du CAC 40 les plus réputées (notées au moins RRRR) : N° 1 L’Oréal, suivie par Peugeot, Renault, Michelin et Danone. Et en queue de peloton (notées R) : Veolia, Dexia, ST Micro et Vivendi.
Comment nos stars de la réputation ont-elles traversé le grand bazar financier de 2009 ?
Ouf, après avoir trainé la patte, pendant 4 ans, les 5 valeurs les plus réputées redressent la tête en 2009, et progressent de 51% alors que le CAC 40 ne gagne 22%.
Joli rebond !
L’Oréal, la vedette (notée RRRRR), progresse de 25% en 2009 et de 40% sur 5 ans contre 3% pour le CAC.
Quand aux sociétés les moins réputées (R), elles progressent quand même de 16% en 2009, mais perdent 38% sur les 5 dernières années…
Bien sûr, les analystes financiers, pointilleux et désormais plus discrets, relèveront qu’à l’opposé de notre constat, Danone, valeur réputée, a perdu 1% en 2009, alors que Dexia, valeur mal notée, a gagné 39%. C’est oublier que sur 5 ans, Danone gagne 26%, et Dexia perd…74%.
Ainsi, on peut toujours tortiller les chiffres et alimenter une polémique.
En fait, la réputation tout comme la vertu, n’est pas un actif spéculatif.
Elle est promesse plus qu’assurance et crée davantage d’obligations que d’obligés.
Mais avec le temps, ça finit par payer,…au moins dans les affaires.
Pino

15 janvier 2010 à 10:03
Bravo Pino,
il parait même que des singes auraient (stock picking) fait des choix de valeurs meilleurs que 95% d’un échantillon d’analystes financiers. Un vrai gag…
Plus sérieusement, si la réputation permettait de gagner à tous les coups, cela se saurait.
Marcel
15 janvier 2010 à 10:08
Les résultats sont spectaculaires en 2009!
L’Observatoire n’a jamais soutenu que la réputation en Bourse, cela marchait à tous les coups!
Mais sur le long terme, ça paye.
Le problème en Bourse est qu’il y a finalement très peu de valeurs durablement réputées; à part depuis 15 ans, des sociétés comme Air Liquide, L’Oréal, Danone, toujours bien notées par l’Observatoire.
Et là, la performance boursière est toujours au rendez-vous!
Pino
15 janvier 2010 à 10:15
J’avais lu quelque part que les valeurs les plus performantes étaient souvent celles des entreprises les moins respectées (ugly companies).
Lilith
15 janvier 2010 à 10:18
Cela se vérifie quelquefois lorsque des valeurs (cycliques, souvent) ont été massacrées.
Dans ce cas là, le rattrapage est spectaculaire et les « ugly companies » redécouvertes peuvent battre des entreprises respectées.
Mais ce n’est pas le cas en 2009.
il valait mieux être réputé pour profiter du rebond.
Pino
21 janvier 2010 à 11:26
Aujourd’hui est paru un palmarés des entreprises au niveau aussi des relations clientèles. Ne crois tu pas Pino, que la réputation d’une entreprise se construit d’abord sur la relation client et le suivi, donc l’importance que l’on accorde à sa clientèle?
Fée clochette