Après la tempête, il y a souvent de forts coups de vent qui mettent à l’épreuve les embarcations fragilisées et les équipages rendus fébriles. Certes, un bon capitaine, expérimenté et serein, rassure ; mais la mer est là pour nous rappeler aux réalités.
En Bourse, il y a aussi des réalités, des esquifs plus ou moins solides, et des capitaines plus bavards qu’efficaces. Bien sûr, avec la tempête il y a eu quelques naufrages douloureux et de hâtifs retours au port. Et puis, il y a eu l’éclairci tant attendue et, à peine convalescent, il a bien fallu reprendre la mer, la coque pleine de trous !
Rien d’étonnant à ce qu’au premier coup de tabac, réputation oblige, la confiance méritée dans le passé, soit à nouveau reconnue dans la tourmente. Le dicton « qui a bu, boira », devient « qui résiste, résistera ».
Car la réputation n’est pas simplement un jugement, elle est aussi une promesse pour le futur.
On a vite constaté que la réputation était récompensée, notamment en Bourse. En 2009, les entreprises les plus réputées (notation de l’Observatoire de la réputation) ont rebondi de +51% alors que le CAC 40 n’a progressé que de 22%…
Mais, dans le mini krach boursier actuel, comment ont résisté les entreprises que l’Observatoire de la réputation avait notées comme les plus réputées ?
En tête du peloton, Essilor était noté RRRRR, et son patron Xavier Fontanet, désigné comme le patron le plus réputé parmi ceux des entreprises du CAC 40.
Sur les 5 premiers mois de l’année 2010, alors que l’indice CAC perd 12%, le cours d’Essilor progresse de 11% !…Bravo capitaine.
A l’inverse, les derniers de la classe, notés R comme ArcelorMittal, Dexia, Total, perdent en moyenne 20%, confirmant ainsi le manque de confiance que l’on accorde à leur management.
En fait, la tempête ne fait que confirmer ce que l’on appréciait ou redoutait, et il est bien difficile d’échapper à sa réputation.
JPP
