juil 03

Faute de s’être bâti une réputation, le jeune Président additionne les images « sous contrôle ».

Il est vrai que la réputation se construit largement sur des images qui, mises bout à bout, deviennent le film.

Encore faut-il pour assurer le succès un scénario qui souligne l’intention ? Etre auteur et acteur ne garantit pas non plus la cohérence de l’ensemble !

Le succès dépend aussi de la force de quelques images, moments de vérité ( ?), et de leur résonnance, fruit de la rencontre entre l’éthique affichée et la morale du moment.

Sur la scène publique, le Président, acteur plus séduisant que convaincant, a choisi de bâtir sa réputation à marche forcée sur le terrain glissant de la raison. En l’absence de concurrents crédibles et bénéficiant d’un moment faible de la vie politique, il vit aujourd’hui à crédit.

Entrer dans l’action est pour Emmanuel Macron une urgence absolue.

Le problème avec le crédit est qu’il nous rattrape souvent et que la confiance acquise au travers des mots et des images est bien fragile.

La moindre fausse note suscite le doute.

Les américains ont coutume de dire « reputation gives you a second chance ». En traversant l’Atlantique, il faut ajouter au dicton la nécessité d’avoir auparavant construit un « socle de confiance » qui emporte l’indulgence dans les mauvaises passes.

Le Président est conscient de cette urgence. Il l’est sans doute moins de ce que l’isolement naturel à la fonction doit conduire à s’entourer de moins d’obligés que de vrais talents.

Etre un obligé induit à plus ou moins long terme un besoin d’indépendance, porte ouverte à la trahison. La reconnaissance est un sentiment très peu partagé. Une relecture critique de l’histoire de France devrait éclairer le nouveau locataire de l’Elysée.

L’éloignement « institutionnel » est interprété comme du mépris ; ce qui libère les ambitions des nouveaux collaborateurs.

De Gaulle disait que « les français sont des veaux », mais personne n’a jamais douté qu’il aimait la France et finalement les français. Le Général était d’abord un homme d’action à la parole forte.

Emmanuel Macron a mis la barre très haut. Devant la réalité, il lui faudra en rabattre et aussi consacrer davantage d’énergie à redresser le pays, profitant d’une aura vite acquise et sans doute méritée, que de cultiver un personnage qui l’éloigne du citoyen.

A l’affût du moindre faux pas, les journalistes et commentateurs ne manqueront pas de lui présenter l’addition !

Faute de réputation, son crédit est à court terme.

Pino séduit, mais pas encore convaincu

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