L’histoire d’un touche à tout, séducteur toujours, cambrioleur quelquefois, mais jamais gentleman
Il est au fond bien touchant, le petit Virenque, cet adolescent tricheur que l’on aurait voulu protéger contre la société des méchants adultes, qui n’ont que le sarcasme à la bouche. Tricheur, Tapie l’est aussi, et fondamentalement. Mais au niveau supérieur. C’est un fauve lâché dans cette même société, qu’il va se mettre dans la poche, avant qu’elle ne se venge. Virenque faisait pitié, un peu. Tapie fait des jaloux, beaucoup.
Pour qui cherche à caractériser le cas remarquable – sinon unique, car un Stavisky, par exemple, devait probablement lui ressembler – de Bernard Tapie, ce surdoué de la « duperie », les qualificatifs se pressent, parfois contradictoires, tellement complexe est le personnage qu’il s’est fabriqué. Il faut d’ailleurs être prudent dans leur emploi, car il ne laisse rien passer. Et l’on en sait quelques uns qui, pour avoir écrit tout le mal qu’ils pensaient de Tapie, ont connu les effets de sa vindicte. L’homme ne recule pas devant les menaces, même physiques. Tel journaliste écrivain célèbre pour ses révélations sur la fille de Mitterrand, tel reporter du Méridional l’ont appris à leurs dépens.
Extrait du livre Histoires de Réputation , réflexions sur le mensonge des hommes publics
Auteur Jean-Pierre Piotet – Copyright Ed. Eska
Des qualificatifs, en voici un florilège, relevé dans la littérature abondante que Tapie a suscitée : menteur, hâbleur, voyou, escroc, voleur, manipulateur, flambeur, dépeceur d’héritages, mais aussi bagarreur, formidable entraîneur, séducteur, sauveur d’entreprises, etc. Certains y voient un Mr Hyde, d’autres, moins nombreux y retrouvent Dr Jekill ou même Robin des Bois; il est vrai que voler des voleurs…. Si bien qu’il est difficile avec lui de tendre à l’objectivité, lorsque l’on veut saisir sa vraie identité, et comprendre ce qui fait sa réputation. Essayez donc de lui attribuer une profession, qui constitue pour chacun d’entre nous un bon repère. Cet homme du peuple, devenu une saga française à lui tout seul, a fait à peu près tous les métiers : chanteur (médiocre), comédien, animateur de télévision, vendeur, petit commerçant, directeur sportif, chef de grande entreprise, et puis, homme politique, député, ministre même. Dans chacune de ces activités, il est parvenu à attirer l’attention, et souvent à créer autour de lui un vrai spectacle. Cela suppose évidemment du culot mais aussi du talent. Car il est doué ce bougre de touche à tout. Maintes fois, l’on était tenté de crier devant ses démonstrations, même les plus douteuses moralement ou économiquement : « bravo l’artiste ». Quel gâchis !
S’il est quasi impossible d’isoler chacun des éléments d’une réputation aussi complexe, il n’est pas moins ardu de dessiner précisément le portrait du personnage. Comment choisir entre l’image du Tapie à la barre du splendide « Phocéa », celle du Tapie sur le ring politique et infligeant une cuisante défaite médiatique à Le Pen, ou celle du Tapie conduit en prison entre deux gendarmes ? Il est insaisissable dans son identité, la polyvalence même.
Il n’y a même pas de logique à rechercher dans la suite de ses attitudes, ou de ses engagements. Clinton s’est illustré par son talent à différer la révélation de la vérité, Bush junior par son aptitude au mensonge d’Etat, Virenque par son infantilité. Avec Tapie, rien ne s’impose. Il prend tout le monde, tout le temps, à contre-pied. Avec lui, l’histoire n’est jamais linéaire, achevée. Il a cette grande capacité à renaître sans cesse, sous des formes inattendues, souvent hybrides. Une seule chose est sûre : lui croit en son destin, qui ne peut être que suprême.
Ainsi, décrire Tapie comme un « menteur compulsif» est par trop hâtif. Dire que l’ambition est son moteur est incomplet. Voir en lui quelqu’un qui cherche avant tout à être aimé, est inexact, à moins qu’il ne s’agisse de l’amour qu’il se porte à lui-même. Le personnage échappe aux classifications habituelles.
Il n’est même pas soucieux de sa propre réputation. Le regard que les autres portent sur lui ne le préoccupe pas. Peu lui importe que la bonne société le considère avec mépris. Il la nargue de sa gouaille, qu’elle nomme vulgarité. Il ne s’intéresse qu’au bruit qu’il fait autour de lui, à cette sorte de gloire que ses réussites, même controversées, lui apportent. Il se complait dans sa notoriété, il la soigne, la nourrit, jusqu’au moment où il va trop loin, et que la Justice le rattrape. Mais il fait en sorte que la prison devienne bientôt l’un des éléments de sa propre saga, en lui donnant un piquant supplémentaire, un certain parfum de romantisme, bien qu’il soit tout le contraire du gentleman cambrioleur…
Il porte lui même sur les autres un regard de souverain mépris. On comprend que Mitterrand l’ait reconnu, en se reconnaissant en lui. Il pense que l’homme est par nature lâche, et corrompu. Tout son art est de l’exploiter, en le séduisant et en s’en faisant aimer. Mais lui n’aime personne. Bref, Tapie, à l’instar de celui qui le fera ministre, est un cynique.
Cela se traduit en politique, quand il parvient à subjuguer la gauche, tellement désireuse de se réconcilier avec l’économie et l’entreprise qu’elle voit en lui l’incarnation du modernisme social. Cela lui permet de fasciner les banquiers, tel un Haberer, le futur fossoyeur du Crédit Lyonnais, qui voyait en lui « un être exceptionnel ». De duper jusqu’aux plus grands industriels, tel Ernest-Antoine Seillière, jamais à court de formules, qui déclarait un jour « Il faudrait une cinquantaine de Tapie à la France ».
Quel parcours tout de même, pour ce fils d’ouvrier nourri au sein « jusqu’à 26 mois », selon sa légende, comme si c’était la source de son énergie vitale ! Il fait d’ailleurs volontiers le tableau de son enfance de petit gars des banlieues, tout en ne négligeant pas d’embellir sa biographie, en se rajeunissant, ou en se dotant de diplômes imaginaires…En vérité, l’école de la vie fut la seule qu’il ait pratiquée, et les enseignants qui l’ont connu à l’époque se rappellent surtout son allergie à l’autorité. Pour eux, Tapie est « un voyou qui a bien tourné »…Bien tourné, eux aussi sont impressionnés par le personnage qu’il est devenu.
Aller plus loin dans l’explication du « cas » Bernard Tapie suppose donc une analyse plus pointue de sa personnalité complexe, telle qu’on peut l’apercevoir au travers des épisodes d’une carrière riche en surprises et en rebondissements. Il semble que cette personnalité présente cinq caractéristiques principales : Tapie est un séducteur cynique. Tapie ne supporte aucun obstacle à la réalisation de ses rêves successifs. Tapie a l’art de se placer au bon moment, au bon endroit. Tapie n’a pas d’amis, il n’a que des obligés. Tapie sait toujours rebondir, tellement il est persuadé que ce qu’il lui arrive de fâcheux n’est jamais de sa faute.
Tapie séducteur cynique. Beau gosse, belle gueule, il a compris très jeune qu’il avait le pouvoir de mettre ses interlocuteurs sous le charme de son verbe, d’autres diraient de son bagout. On verra qu’avec le temps, cet art de la séduction se fera souvent menaçant. Mais, adolescent, ce n’est encore qu’un jeu, une manière de montrer de quoi il est capable. Il obtient déjà beaucoup, à son profit, et pour ses copains. Aucune générosité dans ce comportement, rien que de la vantardise. Devenu vendeur en porte à porte après son service militaire, il découvre que la séduction peut faire vivre, sans autre effort. Ce dragueur naturel développe dès lors ce talent qui lui permettra de charmer aussi bien les supporters de l’OM que des hommes politiques de premier plan. Jusqu’à un chef d’Etat.
C’est peut-être dans une activité où il excellera – la reprise d’entreprises en difficultés, à l’origine à la fois de ses plus grands succès et de ses déboires judiciaires – qu’il déploiera le mieux ses qualités de charmeur. Ses « victimes » : les familles, veuves ou héritiers des fondateurs. Il sait trouver les mots qu’il faut dire à chacun pour lui faire plaisir, s’agissant des problèmes de succession, ou de la place qu’ils conserveront éventuellement dans l’entreprise. Il console, cajole, entortille. Il pressent ce que l’autre désire. Il emploie un langage simple, direct, en bon dialecticien de la séduction. Et il obtient finalement ce qu’il veut. Son premier coup d’éclat fut l’affaire Wonder, qui lui donna une notoriété nationale. Nul n’a oublié les spots publicitaires où il se mettait lui même en scène, comme la source d’énergie (« Energizer ») permettant le redressement de l’entreprise. Mais c’est bien sûr le rachat d’Adidas qui constitua son coup de maître. Là il fut littéralement génial dans le déploiement de son cynisme séducteur à l’égard de la famille Dassler…
Cynisme en effet, car l’art de Tapie est de créer des relations inégales, dissymétriques si l’on veut, entre lui et ceux qu’il désarme par son verbe. Il réussit à plaire sans rien livrer de lui même, ou s’il doit abandonner quelque chose, c’est le minimum pour faire croire à sa sincérité. Alors qu’il n’est que calcul. Il est vautour, quand les autres sont pigeons ou moutons. Il réussit même à tromper l’adversaire le plus coriace qui soit, un banquier…
Il y a une faille, toutefois, dans ce talent de bonimenteur. Tapie est un séducteur pressé. Son but n’est pas vraiment de convaincre, mais de vaincre. Sitôt qu’il a obtenu le « oui » de ses interlocuteurs, la cible du chasseur change. Sa visée bascule vers d’autres pigeons. Jusqu’au moment où il rencontre le mur sur lequel il se brisera temporairement le bec.
C’est le même talent qu’il mettra au service de ses ambitions politiques. Un talent que l’on peut alors appeler « populiste ». Il sait provoquer l’enthousiasme des foules en leur disant exactement ce qu’elles veulent entendre, dans le langage et avec le vocabulaire qu’elles comprennent. Ce talent lui permet de contrer un Le Pen, parce qu’il sait employer les mêmes armes. Au fond, Tapie aurait pu être un de ces démagogues qui sont des dangers pour la République, s’il avait vraiment pris la politique au sérieux, alors qu’elle ne fut, comme tout le reste, qu’un jeu pour lui.…
Deuxième grande caractéristique : Bernard Tapie ne supporte pas que l’on se mette au travers de sa route. Quand il rêve à quelque chose, il va jusqu’au bout pour l’obtenir. Il vérifie dans son action quotidienne que la fin justifie bien les moyens. Il cherche à balayer les obstacles et les hommes. Son problème, cependant, est dans l’incohérence de ses déterminations successives. Il possède un sens des valeurs qui lui est propre, et qui se définit par l’absence des valeurs traditionnelles. Il ne voit pas très bien la différence entre la petite délinquance, ou le fait de ne pas payer ses impôts, et le grand banditisme fondé sur la corruption.
Pour mener à bien ses desseins, il déploie un sens aigu du moment opportun. Du « timing ». C’est la troisième caractéristique. Comme tous les grands prédateurs, il devine l’instant précis où la proie est mûre pour être dévorée. En toute conscience. Tapie a certainement lu Daudet, et connaît la chèvre de M. Séguin qui se rend, consentante, à l’aube venue…
Bon « timing » dans les affaires : Bernard Tapie reprendra Wonder au bord du gouffre, puis apparaîtra comme le sauveur d’Adidas, quelques semaines après la mort du fondateur, comme celui qui allait permettre à la famille de se ressouder, à la culture d’entreprise de survivre, aux salariés de garder leur emploi, aux cadres d’avoir une promotion. Bref, il rendra tout le monde heureux, jusqu’au moment où sa véritable nature de « déconstructeur » ou de dépeceur reprendra le dessus.
Bon « timing » dans le sport : Tapie surgira, avec la complicité de Gaston Defferre, à l’instant opportun pour sortir l’Olympique de Marseille de la déconfiture. Il en retirera gloire sportive, promotion médiatique, et ouverture politique.
C’est d’ailleurs peut-être dans ce dernier domaine, la politique, que Tapie, dès qu’il eut le pied à l’étrier, sut agir le plus vite et le plus juste. En bon tacticien, il se plaça sur le terrain où la gauche socialiste tentait de s’installer sans succès jusqu’alors, celui de l’économie. Avec sa façon de parler de l’argent sans complexe, il devint vite l’homme providentiel qui allait réconcilier le mitterrandisme, et au-delà, les Français, avec l’entreprise créatrice d’emplois.
Mais son exploit majeur fut, nous l’avons vu, d’affronter victorieusement Le Pen à la télévision et sur le terrain. Et tout le monde, droite et gauche réunies, d’applaudir le triomphe de l’élève de Mitterrand sur l’enfant incestueux de celui-ci. Car le Président de la République, qui avait crée Le Pen pour affaiblir la droite, a aussi utilisé Tapie pour contrer sa créature. Le virus, puis l’antidote…A manipulateur, manipulateur et demi.
En reconnaissance du service ainsi rendu à l’Etat, droite et gauche vont ensuite ouvrir un boulevard devant les entreprises médiatiques et politiques de Tapie.
Bon « timing » dans les medias : avec lui, les journalistes sont toujours sûrs d’avoir du grain à moudre. Mais c’est dans ses rapports avec TF1 qu’il montra l’étendue de son habileté et son sens de l’opportunité. Son attitude à l’égard de Francis Bouygues, au moment de la privatisation de la première chaîne, lui valut l’amitié éternelle des nouveaux patrons de la chaîne.
Quatrième caractéristique : Tapie n’a pas d’amis, seulement des obligés. C’est plus qu’une habitude, une règle de vie. L’amitié, cela crée des problèmes, des devoirs. Cela fait perdre du temps. Lui n’en a pas à perdre. Il faut que les choses aillent vite, alors il séduit, il prend ce qu’il y a à prendre, puis il jette. Seule la conquête, en tout, l’intéresse. La gestion l’ennuie. Si l’on excepte Adidas, confiée, un temps, à une banquière, Gilberte Beaux, Tapie a de la gestion une conception bien personnelle. Il sait valoriser une marque, le type d’actif qu’il connaît bien, mais il apprécie surtout la revente à la découpe.
Pour tenter une formule, on pourrait dire que Tapie, c’est le Karcher associé au Kleenex. Le Karcher pour nettoyer ce ou ceux qui commencent à le gêner. Le Kleenex pour consoler.
Il aime par-dessus tout mettre les gens sous influence. Prédateur solitaire, il finit toujours par se brouiller avec ses associés. Il n’entretient guère de relations vraies, approfondies, à quelques exceptions près, pour des gens qui lui sont utiles, comme le publicitaire Jacques Séguéla, ou le patron de TF1, Patrick Le Lay. Il sait créer des réseaux à sa dévotion, mais n’entre dans aucun cercle d’amitié, de crainte d’y contracter des obligations. La fameuse « Banque des faveurs » chère à Paulo Coelho. Solitaire ou presque, accompagné d’une poignée d’obligés et admirateurs sur le pont du Phocéa, il essuie des refus de la part de personnes qu’il aimerait pourtant y accueillir. Il ne fait vraiment partie d’aucun monde, ni de la politique, ni du sport, ni de l’entreprise, ni du théâtre aujourd’hui. Il n’est vraiment reconnu, au sens fort du terme, par aucun groupe particulier. Il appartient un peu à tous. C’est sa force, et aussi sa faiblesse. Si bien qu’il ne trouve personne pour le défendre vraiment quand il est attaqué. Car il a évidemment toutes sortes d’ennemis. « Tapie la menace » des milieux d’affaires ou de la banque, entre autres gentillesses.
Lorsqu’il est acculé, cet homme, dont la mémoire est un véritable fichier, n’hésite pas à sortir des dossiers, à crier au règlement de comptes, à pratiquer l’amalgame et la calomnie pour abattre ses adversaires. S’il est confondu, s’il doit « plonger », il entraîne avec lui ceux qu’il a mouillés dans ses affaires. Le cas de Jacques Mellick, le maire de Béthune, dont il a fait un ridicule champion de conduite automobile, est exemplaire.
Pourtant, celui qui osa qualifier la Justice française de « gestapo » finit par tomber pour une banale affaire d’abus de biens sociaux, de subornation de témoin, ce qui le conduira pour quelques semaines en prison, après levée de son immunité parlementaire.
Mais, et c’est la cinquième caractéristique, Bernard Tapie sait toujours rebondir. Vedette autoproclamée de ce qu’il considère avec dédain comme une comédie humaine, il ne s’attache jamais à tirer des leçons d’ordre moral des épisodes pénibles de sa vie. Il ne songe qu’à repartir. Sur des bases inchangées. C’est une grande force que cette négation de ses propres errements. Doté d’une extraordinaire combativité, il se « ré-énergise », comme la pile Wonder. Il revient, tel qu’en lui-même, mais sur un autre terrain, là où il n’a pas encore usé sa faculté d’apparaître comme le voyou bien aimé. Car il y a du Gabin ou du Belmondo dans son comportement, le Gabin et le Belmondo du cinéma ; la générosité et le talent en moins, bien sûr. Tapie, c’est dans la vie réelle qu’il déploie son talent. Le voyou fait rêver les braves gens. Il rend tout possible. Mais là où d’autres voyous célèbres mettaient des bornes à leur action, lui va jusqu’à l’excès. Il y a des mots dont il ignore jusqu’à la signification, éthique, remords, don de soi, respect des autres. C’est au point qu’aller en prison n’est après tout, à ses yeux, qu’un épisode normal dans une vie comme la sienne, un enrichissement de sa saga, un ajout bienvenu à sa légende grandissante. Il va en faire un capital pour de nouvelles conquêtes. Sitôt sorti de geôle, en effet, où le retrouve-t-on ? Au cinéma, avec Claude Lellouch, lui-même à la recherche d’un nouveau souffle. Puis au théâtre, où on lui donne un rôle sur mesure, celui du « beau salaud ». Enfin, il arrive chez ses amis de TF1, où il tourne la série des « Commissaire Valence », magnifique contre emploi pour un personnage que l’on aurait plutôt vu dans « Flic et voyou ». Invité favori des talk-shows, le démagogue fatigué ressort ses vieilles ficelles, y ajoutant un brin de provocation, façon Doc Gyneco. Bref, il est populaire le bougre.
Pour couronner cette extraordinaire résurrection, il parvient à faire rendre gorge à un banquier… ce que chacun d’entre nous rêve de faire, à un moment ou à un autre de son existence.
Alors, au terme de ce survol du cas Tapie, que dire de la réputation qu’il s’est acquise, et qu’il continue à fabriquer ? Qu’elle échappe à toutes les catégories traditionnelles. Qu’elle en fait un personnage véritablement à part, qu’il étonne ou qu’il fasse peur. Mais surtout qu’elle a un mérite exceptionnel, celui de contribuer à nourrir la légende de ce surdoué de la triche.
Dût la morale continuer d’en souffrir.
Extrait du livre Histoires de Réputation , réflexions sur le mensonge des hommes publics
Auteur Jean-Pierre Piotet – Copyright Ed. Eska
