Regard des autres, la réputation est d’abord un jugement, et personne n’échappe à sa réputation. Lorsqu’elle s’inscrit dans la culture du moment, c’est la porte ouverte à la gloire ; sinon, c’est la traversée du désert.
Fondée sur des valeurs partagées, la réputation s’inscrit dans le temps et il n’y a pas de réputation sans histoire.
Aux Etats-Unis, les « most admired companies » ont en moyenne 83 ans. En France, dans sa dernière notation sur la réputation des entreprises, l’Observatoire de la Réputation a remarqué que les entreprises françaises les plus réputées, étaient en moyenne centenaires ; et ce sont elles qui sur les dernières années sont les plus performantes.
Ainsi la réputation a une valeur mesurable. Ce n’est pas un actif spéculatif, c’est un patrimoine certes fragile, mais qui, bien cultivé, est plus solide qu’on ne le pense…à condition d’être patient.
Regard social, la réputation est un actif mobilisable. Confrontée à une hypothétique OPA, Danone a démontré la force de sa réputation, symbole de notre industrie agroalimentaire.
Dominique Baudis aussi, a su mobiliser sa réputation pour contrer une rumeur. Il lui a d’ailleurs été plus facile de mobiliser sa réputation que ses amis ! Pour sa part, l’Observatoire de la Réputation n’a pas été absent du débat public lors de cette calomnie, en démontrant que seulement 4% des français croyaient à la rumeur, tout en étant 70% à convenir qu’ « il n’y a pas de fumée sans feu ». Ce serait, dit-on, la rançon de la gloire pour tout homme public. Heureusement, le Tribunal de l’Opinion est plus lucide que ses soi-disant leaders.
Mais, bien souvent, il ne suffit pas aux entreprises ou personnalités exposées d’avoir une communication de crise habile ; il faut aussi savoir faire valoir son bon droit et organiser la protection juridique de sa réputation.
S’il faut toujours du temps pour bâtir une réputation, accéder à la notoriété devient plus facile sur le Net. Dans la « vraie vie », il en va autrement !
En pleine confusion des mots et des valeurs, on parle même de « réputation numérique », alors qu’il s’agit simplement de quelques images, souvent manipulées, relayées par la rumeur. Devenue « buzz », la rumeur reste du bruit, bien vite oublié, ou chassé par un autre bruit. On égratigne plus qu’on ne blesse. On fait le spectacle : une émotion chasse l’autre. Faire appel à la raison pour qui veut se construire une réputation devient déraisonnable.
Et pourtant, chacun a le souci de sa réputation; on en perçoit l’utilité sinon la valeur dans sa vie personnelle et professionnelle. Internet offre l’opportunité (et souvent l’illusion !) d’accéder à la notoriété sinon à la gloire. On reconstruit sur la toile son histoire (Facebook, Wikipedia,…). On la présente à sa façon ; sachant que d’autres se chargeront bien de l’ « arranger ».
Gérer sa réputation devient d’autant plus urgent pour tous (personne ou entreprise) que faute de le faire, d’autres s’en chargent pour nous.
