déc 21

On savait que la réputation faisait partie de notre patrimoine.

Que constituée en valorisant nos talents, grands ou petits, avec patience et quelquefois habileté, elle s’inscrit dans la mémoire longue de la société.

Que se gardant du bruit et de la confusion, elle se bâtit davantage sur des faits que des images.

Qu’elle se fonde davantage sur la raison que l’émotion, sans pouvoir s’en soustraire.

On a cru un moment que les medias et réseaux faisaient le jugement de nos contemporains.

Et pourtant, force est de constater que les efforts pour construire une solide réputation se soldent par de vrais dividendes.

En Bourse, bien sûr, comme le démontrent de longue date l’Observatoire de la réputation, avec le reputation index, ou le Reputation Institute avec son classement des « most admired companies », classées par Fortune sur le critère de leur réputation.

Mais l’actualité rejoint nos réflexions, avec la décision de la Cour de Justice de la République qui condamne Christine Lagarde pour sa « négligence » mais ne prononce pas de peine, en raison de sa bonne réputation !… Et le gouvernement français lui renouvelle sa confiance dans l’heure qui suit le prononcé du jugement.

Que Christine Lagarde ait bonne réputation tant en France qu’à l’étranger ne fait aucun doute. Qu’elle participe à la « bonne » réputation de la France en présidant l’une des organisations internationales les plus puissantes du monde est une évidence. Qu’elle ait été manipulée ou se soit montrée naïve est plus que probable. Mais comment expliquer qu’en l’espèce, l’ancienne Ministre ait été sauvée par sa réputation tel que cela a été écrit dans un jugement ?

Si cela est réjouissant pour ceux qui consacre tant d’efforts à mériter la confiance de leurs concitoyens, c’est aussi très inquiétant d’être ainsi jugé sur son passé alors que le droit se réclame des faits. Il existerait un capital juridique de réputation, mobilisable en cas de problème. Mais déjà on parle de justice à deux vitesses. Celle des personnes publiques, exposées aux turpitudes mais respectables. Celle des anonymes, dont les vertus restées discrètes, ne les protègeraient guère des rigueurs de la justice.

Mauvaise querelle !

Car dans le fond, la réputation est présente dans la plupart des décisions de justice concernant des personnes.
En revanche une condamnation sans peine laisse pantois, et en dit long sur l’étrange raisonnement juridique de cette Cour d’exception.

Pino sceptique

sept 04

Le paradoxe de la réputation d’un Président.

Parmi les multiples qualités que l’on souhaite voir incarner par un Président de la République, l’honnêteté figure naturellement au premier plan, avec, bien sûr, l’autorité nécessaire au père de la nation, surtout dans la tempête.

L’observation des élections suprêmes dans la grande majorité des pays, y compris les ténors de ce monde, montre qu’il y de l’espace entre la déclaration du citoyen et son comportement.

Un peu d’histoire électorale de la Vème République éclaire aussi ce paradoxe largement partagé.

En 2002, un sondage place en tête des qualités attendues d’un président, l’honnêteté. Une autre question classait les candidats sur ce critère et, en fin de peloton, on retrouvait Jacques Chirac, présumé innocent.

Que croyez-vous qu’il advint ?

Jacques Chirac fut élu, avant d’être condamné au terme de son mandat pour « abus », et d’être le président préféré des français. Bien sûr, il ne s’agissait que de broutilles. Rien à voir avec les détournements d’hommes et femmes politiques africains ou d’Amérique du Sud, ou même russes.

Bref, il ne faut guère se fier à ces sondages qui mélangent morale affichée et éthique pragmatique. On n’est pas obligé de respecter pour faire confiance et donner les clés de sa maison. Surtout en période difficile.

Pour beaucoup, le principal est plus dans la promesse que dans celui qui l’énonce.

Ainsi de François Hollande dont les promesses ne sont que la caricature du mensonge politique. Faire rêver d’un monde meilleur est un talent de bonimenteur, et non de menteur en politique.

L’actualité est l’interrogation sur la candidature d’Emmanuel Macron.

Au cours de la Vème République, tous les présidents avaient en se présentant, une véritable réputation de Président forgée avec le temps, l’expérience et le talent.

A bien y regarder, à part un vrai talent, Macron ne semble pas répondre aux autres critères.

Au pays de Voltaire, son expérience paraît un peu courte,…et même discutable.

Les plus sévères à gauche soulignent même que « sa » grande réforme se résume à quelques bus et dimanches d’ouverture, et que la révolution numérique qu’il revendique doit beaucoup à Fleur Pellerin.

Le temps pourrait jouer pour lui. La France rêve toujours d’un Kennedy français. Nous avons eu Giscard, mais celui-ci a fait défaut ; du gâchis !

Mais revenons à l’honnêteté. Le calcul de François Hollande, plutôt un souhait, est de se confronter à Nicolas Sarkozy au second tour. Un souhait largement partagé par l’ex-président, sur le fil du rasoir judiciaire…Encore faudrait-il qu’ils soient au second tour ?

Le pire, pour le pays, est d’avoir « des » présidents élus par défaut et l’actualité ne rend guère enthousiaste.

Pino compréhensif

août 16

Depuis bientôt 20 ans, Simone Veil occupe les premiers rangs parmi les « personnalités préférées » des français et s’inscrit dans  notre « mémoire longue », à juste titre.

Souvent en tête du Top 50 du JDD, elle fut – au gré des événements –  rejointe par des chanteurs, sportifs, artistes, mais jamais par des   »politiques », que l’on retrouve plutôt au fond de la classe.

Lorsque Yannick Noah est « préféré », il faut certainement y voir le succès de la chanson de l’été « Saga Africa » et le souvenir d’une brillante carrière de tennisman et d’entraîneur.

Citoyen fiscal suisse, Noah est d’abord populaire.

Jean-Jacques Goldman, personnalité préférée en 2015, est certes populaire, talentueux et discret, mais ce qui a surtout forcé l’admiration et le respect était son engagement dans les « Restos du Cœur ». Chapeau et merci l’artiste.

L’arrivée d’Omar Sy en tête du palmarès de l’été 2016, interpelle davantage non sur le résultat, image et non réputation, mais sur la méthode.

Rien à voir avec le talent plébiscité de l’acteur, probablement très sympathique, qui a choisi de faire carrière à Hollywood.

En revanche, on peut s’interroger sur la fiabilité d’un sondage qui propose une liste « fermée » de personnalités choisies suivant les caprices des sondeurs. 50 noms, avec quelques nouveaux chaque année, en fonction de la mode, des événements, bref de l’actualité.

Ainsi Emmanuel Macron fait-il son entrée au 50ème rang,…une place derrière Alain Juppé?

Il est vrai que le Ministre de l’Economie et des Finances figure parmi les personnalités politiques préférées des français, loin devant François Hollande, qui sort du Top 50.

Que de contradictions entre les experts!

La plupart tiennent aux questions posées par les différents instituts, au contexte, aux concurrents en lice, et à l’humeur du jour des français.

Il reste que la formidable réputation de Simone Veil, fondée sur le courage et l’engagement, assure une continuité dans la reconnaissance. Respectée plus que populaire, attachée à de vraies valeurs, c’est sans doute ce qui explique le mieux la place « à part » qu’elle occupe dans le cœur et la mémoire des français.

Pino curieux

juin 06

On a cru longtemps se rassurer en affectant de croire que la mauvaise image des français n’affectait pas la réputation de la France.

Et, il est vrai que l’on entend plutôt de la part de nos voisins – même les plus lointains – « j’aime la France » que « j’aime les français » !

Comme si l’histoire de la France n’était pas le produit de nos heurs et malheurs.

Bien sûr, la réécriture de notre glorieux passé insiste davantage sur le siècle des Lumières et le pays des « Droits de l’homme », que sur les moments douloureux …rappelés avec maladresse, ou manipulés.

Suivant le dicton, on ne saurait « être et avoir été ». Et de citer les grands empires, royaumes, dictatures, qui dominèrent le monde, et sont passés aux oubliettes. Rappeler cette vérité n’explique ni n’excuse notre déclin, qui après avoir touché notre réalité économique s’attaque désormais au patrimoine le plus précieux d’un vieux pays : notre réputation.

Ne pas être aimé, n’est guère agréable, titille notre orgueil, mais peut être inscrit dans un épisode de la vie nationale. En revanche, devenir le pays à qui l’on ne fait plus « confiance » et qui perd ainsi – année après année – toute attractivité, ouvre la porte à l’oubli, à la sortie des livres d’histoire. Ce risque est d’autant plus grand que la génération numérique, accélère la confusion entre image et réputation.

La réputation, autrefois solide, fondée sur du talent, du travail et du temps, s’inscrit dans la mémoire longue. Aujourd’hui, la mémoire longue est dans des livres, qui, numérisés pour la plupart, entrent en concurrence avec l’information au quotidien. Une image chassant l’autre, la vérité repose sur la dernière projetée dans les réseaux et la scène médiatisée. Heureusement, il reste quelques « penseurs », philosophes ou simples polémistes. Mais, leur temps de parole est désormais compté et le public, pour ne pas sombrer dans la réflexion, leur préfère les commentateurs qui cèdent à la facilité de l’actualité et ses contradictions.

Bref, nous sortons en douceur de l’histoire, et surtout semblons nous accommoder de cette soi-disant fatalité.

En un siècle, nous sommes passés de la troisième à la sixième place en tant que « puissance », et le rythme s’accélère !

Et surtout, nous passons doucement à la trappe, en ce qui concerne les intentions d’ « investir » chez nous. On nous « visite », mais de moins en moins.

Il n’y a plus de « désir de France »…qui aurait précédé l’ « amour » de notre pays.

Ne parlons pas du quotidien, des renonciations, des grèves iconoclastes, des réformettes, du manque d’ambition, de vision, d’autorité,…qui déconstruisent le pays et affectent son patrimoine réputation. Certains voyaient en la France un pays-musée ; encore faudrait-il accueillir correctement les visiteurs ?…ce qui est loin d’être le cas en ces jours d’Euro de football !

Dans quelques mois, viendra le temps des promesses, et avec bon sens, parions que les français auront les dirigeants qui leur ressemblent.

D’une manière générale, les masochistes que nous sommes, aiguillonnés par les hommes politiques et par les medias, n’en finissent pas de battre leur coulpe, de se repentir de tout et de rien, par crainte d’être accusés d’orgueil ou d’amnésie.

C’est au point que, dans ce pays de procureurs, nous nous sentons devenir des coupables…Albert Camus écrivait à propos de la République : «  Il est bon qu’une nation soit assez forte de traditions et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s’avouer seule coupable, et de la vouer à la pénitence perpétuelle ».

Pino nostalgique

mar 27

Pour bâtir une réputation il faut du talent, bien sûr, du travail et du temps.

S’agissant d’une réputation de Président, le temps peut être compensé par l’argent mobilisé par le candidat ou ses amis, nombreux ou puissants. Mais, quelle que soit la mise, elle ne remplace pas la résonnance des idées avec celles de l’opinion du moment.

Avec JFK, Bill Clinton et plus récemment Barack Obama, la force des idées se fondait sur le « rêve américain ». Et le monde d’espérer !

Avec la plupart des candidats actuels, il se fonde sur le repli et la peur, pour garder son statut individuel ou collectif. Et le nationalisme de se réveiller.

Dans la vieille Europe – caricaturalement en France – et s’agissant toujours de la réputation du Président, on fait davantage confiance au temps qu’au talent. On préfère une promesse, même implicite, de médiocrité, à l’aventure des idées.

La clé du succès électoral est de s’engager à préserver notre modèle social.

Le pays berceau de la révolution est le seul à avoir inscrit le principe de précaution dans sa constitution !

Pour « un » Emmanuel Macron, critiqué par son camp pour n’être pas du sérail politique, on ne rencontre que des routiers de la politique blanchis sur les bancs du syndicalisme étudiant et recasés, embourgeoisés par le « système ». Il est vrai que les réussites de ministres venant de la société civil ne sont pas légions. Aux Finances, certains disent que Thierry Breton ou Christine Lagarde s’en seraient plutôt bien « tirés » ; en tout cas mieux que Francis Mer, plein de certitudes, n’écoutant personne et empêtré dans ses propres réseaux patronaux. En réalité, ils n’ont été bien souvent que des alibis dans un monde de « professionnels », peu enclin à la fraternité. Les ouvertures de Giscard, les Juppettes, les Sarkozettes, et même les récentes nominations du gouvernement Valls 2, tiennent plus de la combinaison que d’une équipe de combat. De toutes façon, il y aura toujours « des » Placé, qui ne sont des « poils à gratter », pour rêver d’un maroquin et vendre leur âme au diable ; peu importe la couleur !

Mais revenons à l’ouvrage de Theodore White, The making of the President.

Machiavel est la référence sur les tactiques et stratégies pour garder et renforcer son pouvoir. White est clairement la référence d’aujourd’hui, pour qui veut le conquérir. Ecrit en 1960, le livre du journaliste, raconte au travers de la campagne de JFK, ce qu’est une campagne multimedia moderne pour conquérir le pouvoir lorsqu’on est intelligent, séduisant, plein de charisme et d’argent. Mais le livre illustre surtout la force d’une idée plus que d’une promesse. Lorsque l’idée rencontre l’opinion, la rumeur verbale, sociale ou numérique fait le reste. La promesse inquiète de plus en plus. A juste titre. Il faut y mettre les moyens, humains et financiers pour la soutenir, surtout si le passé la contredit. Bien sûr, on peut comme en France, faire du neuf avec du vieux. Mais en regardant autour de nous, c’est plutôt avec du neuf, et peu d’occasion, qu’on voit nos voisins redresser la barre, puis la tête.

Mas après tout, rien n’est joué, et il est probable qu’en France ce sera plus avec du courage que de l’argent (surtout celui des autres) que l’on fera bouger les choses.

Pino agaçé

déc 13
Le Général de Gaulle avait voulu que la responsabilité suprême de la nation soit exercée par un homme qui ait une relation singulière avec les français.

C’est l’esprit de la Vème République et très peu son vécu.
A part le général, aucun Président ne peut revendiquer cette proximité. Nos présidents sont tous des hommes de parti.
Mitterrand fut sans doute celui qui incarna le mieux l’alternance politique, avant, raison oblige, de se mettre au service des français et de marginaliser son propre parti. La première guerre d’Irak fut pour lui l’opportunité de revendiquer le statut d’homme d’Etat.
Les conflits rassemblent et c’est dans le danger que l’on reconnaît les leaders et leur attribue un statut qui dépasse les urnes et les clivages.
Chirac en s’opposant à Georges Bush s’affirma comme un homme d’Etat, malgré un bilan national plutôt maigre. A l’observation, nos présidents ne sont pas vraiment des « va t’en guerre ». Leur appréciation de l’intérêt du pays prend le pas sur le calcul; faisons leur au moins ce crédit. Il n’empêche que le meilleur moyen de se créer une réputation d’homme d’Etat est d’apparaître en Chef de guerre, quelle qu’elle soit.
Au-delà de la réalité du danger, c’est la mise en scène du rôle de chef, qui installe la fonction et peut-être le statut.
Etre perçu comme un homme d’Etat ne manque pas d’avantages. Celui-ci ne s’occupe pas du quotidien. Il a une vision, prépare l’avenir et ne saurait être jugé sur ses résultats à court terme. Comment lui faire grief d’avoir oublié la plupart de ses promesses? Faute de s’occuper des français, il est en charge de la France, de sa place dans l’histoire et dans le monde.
Cultivé et habile, François Hollande connaît bien l’histoire de France. La chance l’a porté à l’Elysée. Nos malheurs le remettent en scène. Et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il est à la hauteur de la fonction, s’agissant de la France. Ses efforts, complaisamment mis en image et commentés, soulignent ses récents engagements, mieux tenus que ses promesses.
Homme d’Etat, il ferme la porte à toute velléité dans son propre camp et rend dérisoires les querelles de ses adversaires politiques.
Il s’est présenté comme un « président normal », et s’épanouit dans les difficultés. Celles du quotidien se conjuguent au présent et au futur immédiat, et malgré les coups de menton, les « déclarations de guerre » tardives au chômage, les électeurs constatent la désolante réalité de leur situation.
Le capital réputation de François Hollande se construit hors frontières, mais continue de se dégrader sur le terrain.
A suivre, sans cynisme.
Pino
juin 26
Projeter une image détestable réveille souvent sa mauvaise réputation.

On dit que les images collent à la peau. Additionnées, dans un scénario peu maitrisée, elles construisent une réputation. Ainsi, pour l’opinion, les plombiers sont des « voleurs », les fonctionnaires restent des « privilégiés »,…et les chauffeurs de taxi, considérés comme peu aimables pour la plupart, rejoignent le clan des « casseurs ». Peu importe le fondement de la révolte, la force des images complaisamment relayées, rappelle à chacun ses déboires avec la profession et la réputation qui l’accompagne.
On ne soulignera jamais assez les bénéfices d’une bonne réputation. Ce qui est vrai pour une personne l’est tout autant pour une entreprise, une institution, une profession. Pour la bâtir il faut du temps et des efforts. Fondée sur une confiance méritée, elle permet de créer l’écoute et facilite le dialogue. Et, il faut bien reconnaître que la profession de taxi n’a jamais brillé par la qualité du service ou des prestations. Hyper-protégée – à prix d’or pour les chauffeurs – elle n’est ni comprise, ni respectée. Et, lorsque les problèmes surviennent, personne ne s’étonne de la violence, qui ne fait que conforter ce que l’on pensait de la profession, et l’enfermer dans un ghetto qu’elle a créé.
La révolution numérique, GPS, internet, ouvre le métier à des « semi-professionnels » qui y voient une opportunité de boucler la fin du mois.
Le Ministre fait les « gros yeux » contre les « francs tireurs », les rappelle à la loi Thévenoud (un gag!). Il oublie simplement qu’à terme la loi accompagne – avec retard certes – l’évolution de la société. Le problème ne sera pas réglé à coups de menton. Il ne s’agit pas d’un simple problème de « casseurs »; il faut aussi coller aux réalités, comprendre que le numérus clausus imposé par une profession est anachronique, que la France n’est pas un îlot de conservatisme dans un monde en mouvement. Que pour la plupart des touristes l’entrée dans notre beau pays commence par la soupe à la grimace de chauffeurs peu motivés. Le rôle des Pouvoirs Publics n’est pas uniquement de sévir, voire punir, il est aussi d’écouter, de ne pas mettre de l’huile sur le feu, avec des promesses de fermeté et de justice, lorsque celle-ci hésite!
A moins que cette nouvelle agitation permette d’oublier les derniers et désastreux chiffres du chômage.
Pino le motard
avr 01

Le pire ennemi de la réputation est le mensonge.

Ecartons d’emblée la réputation des hommes politiques, qui au fil du temps évolue suivant la morale du moment et le commentaire des historiens. Pour la plupart, le mensonge est apprécié avec complaisance et le citoyen pardonne, faute de comprendre, les écarts entre les promesses et la triste réalité.

Passons même sur la réputation des stars et autres hommes et femmes publics, soumis aux caprices de nos contemporains. Ils sont d’un autre monde et le mensonge est oubli ou protection.

Retenons simplement la réputation de nos entreprises et leurs petits et gros mensonges, anecdotiques ou dramatiques.

Derrière le mensonge des entreprises, il y a plus de rationalité que d’émotion. Il y a aussi beaucoup de maladresses, pour des « professionnels » qui sont censés maitriser le réel, l’organiser au mieux de leurs intérêts et au final de ceux de la société.

Le mensonge des dirigeants de Germanwings/Lufthansa ne peut qu’étonner!

Les grandes compagnies aériennes consacrent une énergie et des sommes considérables à se préparer à gérer leur communication de crise sur les catastrophes aériennes : manuels et procédures, simulation, actualisation des messages,…avec un vocabulaire souvent guerrier et le conseil des meilleurs « communicants ». Car il ne s’agit pas d’ajouter du drame à la tragédie, ni de faire des faux-pas qui couteraient très chers.

La règle d’or en la matière est surtout de ne pas mentir.

On prépare des « messages d’attente » qui résument ce qu’on sait, sans spéculer.

Lorsqu’un dirigeant de la Lufthansa déclare que les pilotes avaient subi avec succès tous les tests médicaux et psychologiques, il ment. Pas par omission. Sans doute pas par incompétence. Mais volontairement, pour gagner du temps. Lamentable!

Comment faire à nouveau confiance à une compagnie qui n’assume pas les défauts de ses procédures ?

Il y a hélas des catastrophes aériennes toutes les semaines dans le monde. Mais la réputation d’une grande compagnie crée des exigences, non seulement de qualité, mais aussi de comportement. La force des mots d’excuse et de compassion des dirigeants de la compagnie n’effacera pas la force des images. Mais avec le temps, la solidarité d’une nation et du monde de l’aviation, la tragédie prendra le pas sur une défaillance criminelle et un mensonge partagé.

Pino, bien triste

mar 23
Curieuse élection où il n’y aurait que des gagnants.

Les uns se réjouissent d’avoir évité le pire.

Les autres revendiquent le titre de « premier Parti de France ».

Et les derniers, mal aimés, fêtent une progression exceptionnelle.

A lire les commentaires, chacun tire bien son épingle du jeu, et les titres des journaux reflètent parfaitement les affinités partisanes.

Les vrais perdants sont pour un temps plus discrets, après avoir été les « stars » des plateaux de télé.
A en croire les sondeurs, ils avaient « repéré » dans les derniers jours des « frémissements » qui laissaient prévoir une surprise, toujours possible. Hélas, respectueux de la loi, ils ont gardé cette précieuse information…pour leurs clients.
Il faudra bien qu’un jour on s’occupe de ces experts en opinion. Dans les premiers temps, ils présentaient des excuses  pour s’être régulièrement trompés. Aujourd’hui, devenus arrogants, ils expliquent doctement que c’est de notre faute : nous avons mal compris la question, ou les personnes interrogées ont changé d’avis…
Pythie moderne, le monde des sondeurs explique que la nature du scrutin n’a pas facilité les « prédictions ». Et pourtant ! Se tromper de 10% sur la participation relève-t-il de l’erreur statistique ? Quant à la première place promise au FN, on peut légitimement se demander si cette prévision politique relève de la manipulation ou de l’incompétence. A moins que cet épisode ambigu ne s’ajoute à ceux qui gratifièrent Balladur et surtout Jospin de voix imaginaires. Mal informés et conseillés, les deux faux-naïfs choisirent des stratégies peu combattives.
Sachons-le, ce ne sont que des sondages, au pire des tendances, au mieux des indications. Par bonheur, les pseudo-experts ne sont pas toujours d’accord entre eux, et les faits se chargent de les contredire.
Pino observateur

fév 14
Pour vivre heureux

Du point de vue qui nous intéresse, celui de la réputation, il existe une différence fondamentale entre le monde  politique et le monde des affaires. Elle explique sans doute pourquoi il y a si peu de chefs d’entreprise dans la politique…
L’homme politique est avant tout préoccupé de sa notoriété, de sa gloire. Pour lui, médiatisation vaut largement réputation. Pour un  « patron », la célébrité peut se révéler contraire à ses propres intérêts, et en tout cas à ceux de l’entreprise qu’il dirige.

L’homme politique désire être présent à l’esprit de ses électeurs. C’est pour lui la seule garantie de continuité. Car, et ce n’est pas lui faire injure que de le dire, son métier est d’abord de se faire élire, puis de durer afin de se faire ensuite réélire. Dès le lendemain de son élection, il se prépare pour la suivante, même si elle ne doit avoir lieu que dans plusieurs années. Et tout son comportement est dicté par cette préoccupation majeure. Le talent, et aussi la chance, aidant, il multipliera les mandats, en rêvant, plus ou moins selon la force de ses ambitions, au plus élevé d’entre eux, le mandat présidentiel.
Qu’elle soit politique ou économique, une entreprise est généralement sous tendue par une vision, par un dessein, qui justifient la confiance sollicitée. Mais en matière politique, au regard de l’histoire récente, il est peu de hauts responsables dont on peut dire qu’ils ont influencé réellement et surtout durablement le cours de la vie de leur pays. Pour les autres, après eux, le déluge.  Certains, faute de succès dans le pays, s’aventurent hors des frontières, pour sauver le monde ! Peu y connaissent la réussite, et, comme chacun le sait, les peuples ont souvent la mémoire courte.
Il y a quelques années, les « patrons » embauchaient des Dircoms, au profil d’attachés de presse, quelquefois journalistes en rupture ou intéressés par le pouvoir et le gain. Leur cahier des charges : mettre en avant la tête de leur patron dans les grands medias, et truster les prix témoignant de la reconnaissance des pairs ! Accessoirement, faciliter les flirts avec le pouvoir politique, toujours fascinant. Puis vint le temps des crises, du développement durable, du principe de précaution, et avec, la professionnalisation d’une fonction qui ne s’enseignait pas. Côté politique, alors que la famille (au sens large) était le réservoir du recrutement des assistant(e)s parlementaires, le même virage est observé vers une communication mieux maitrisée dans la forme, le contenu et les techniques (réseaux sociaux par exemple).
Il est vrai que les difficultés économiques ont rendu chacun plus modeste et donc discret. Paradoxe : alors que les medias se multiplient, les patrons se replient ! Il faut dire aussi que dans le même temps, la scène s’agrandit. Mondiale elle fait appel à de nouveaux medias, globaux, mais plus intimes en apparence.
Les bateleurs comme Tapie ne font plus recettes !
Dans le monde des affaires, un chef d’entreprise digne de ce nom a la préoccupation d’assurer l’avenir de celle-ci, et donc de préparer sa succession. Dans le monde politique, le souci principal est de se montrer, le plus possible, puis de durer, aussi longtemps que possible. L’idée de sa succession est étrangère à l’homme politique. Ou plutôt, certain de son propre génie, il ne voit dans un éventuel successeur qu’une sorte d’usurpateur, incapable en tout cas de se hisser au niveau où il s’est lui-même situé. Un ennemi, qui précipite le terme de son existence publique. Il ne faut rien faire pour aider cet intrus à assumer d’entrée les responsabilités qui lui incombent soudain, par hasard bien plus que par mérite. A la limite, il faut lui « savonner » la planche, jusqu’à favoriser quelqu’un d’un autre bord. On l’a vu naguère et récemment.
On le verra encore, bientôt peut-être…
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Pino le bavard